Une rentrée aux couleurs des SHS
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Une rentrée aux couleurs des SHS

Pour bien préparer votre rentrée, nos libraires vous proposent une sélection de livres incontournables des sciences humaines et sociales, entre grands classiques et ouvrages qui les éclairent, les commentent ou les revisitent.

 

À livres ouverts, Georges DIDI-HUBERMAN (INHA)

C'est un moment rare lorsque s'ouvre une nouvelle bibliothèque d'histoire de l'art. Elle nous offre un nouvel espace, plus: un nouvel outil. Un nouveau rapport au temps, au savoir, à la pensée. Fût-ce avec l'héritage combiné de fonds d'ouvrages déjà constitués avant et ailleurs, elle inaugure, par sa configuration inédite et son fonctionnement, de toutes nouvelles possibilités pour la recherche, pour la connaissance et la pensée sur les images, sur leur histoire. Une nouvelle bibliothèque d'histoire de l'art serait donc, à strictement parler, un ouvroir d'histoires de l'art potentielles (il faut évidemment écrire "histoires de l'art" au pluriel, puisque qui dit potentialité dit aussi multiplicité des possibles).

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L'historien face à l'animalMichel PASTOUREAU (École nationale des chartes)

Longtemps les historiens ne se sont guère préoccupés de l'animal, abandonnant celui-ci aux recueils d'anecdotes et à la " petite histoire ". Leur attitude a toutefois changé au cours des dernières décennies, et l'animal est enfin devenu un objet d'étude à part entière. Dans cette mutation, les médiévistes ont joué un rôle pionnier, mais pour ce faire ils ont dû affronter différents obstacles. S'il est patent que le Moyen Âge est prolixe sur les animaux – sans doute plus que toute autre époque, du moins en Europe – la zoologie médiévale n'est pas la zoologie moderne: les pièges de l'anachronisme guettent le chercheur à chaque coin de document. Après avoir exposé ces obstacles et ces pièges, l'ouvrage de Michel Pastoureau présente les principaux terrains documentaires sur lesquels peut s'aventurer l'historien, parmi lesquels : les bestiaires et le Roman de Renart pour ce qui est des textes ; les miniatures pour ce qui est des images. Ce faisant, il s'interroge sur plusieurs questions essentielles. Que faire des savoirs de notre temps quand on est historien d'un passé lointain ? Comment éviter de conduire des enquêtes téléologiques ? En quoi la zoologie d'aujourd'hui aide-t-elle à étudier la zoologie médiévale ? Nos connaissances actuelles ne sont pas des vérités, seulement des étapes dans l'histoire des savoirs.

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L'histoire, mesure du monde, Fernand BRAUDEL (Éditions de la MSH)

Fernand Braudel, grand historien du XXe siècle, a profondément renouvelé notre manière de penser l'histoire, les sciences sociales et le monde. "L'histoire n'est peut-être pas condamnée à n'étudier que des jardins clos de murs. Sinon ne faillirait-elle pas à l'une des tâches présentes, qui est aussi de répondre aux angoissants problèmes de l'heure", écrit-il en mai 1946, dans la préface de La Méditerranée. Bien connu de ses lecteurs, c'est sur des cahiers d'écolier entre les murs d'un Oflag où il est prisonnier qu'il écrit ce grand texte. Ce que l'on sait moins, c'est qu'au même moment il prononce devant ses codétenus L'Histoire, mesure du monde, une série de conférences, long plaidoyer en faveur d'une forme d'histoire, la recherche d'une méthode pour s'écarter des remous créés par les évènements et se concentrer sur une histoire profonde (la longue durée) ; pas seulement celle du passé, mais celle qui mène à la connaissance de la condition humaine. Pour cela l'histoire ne peut se passer des autres sciences, aussi insiste-t-il sur l'importance du décloisonnement et de l'interdisciplinarité, allant jusqu'à envisager une nouvelle forme plus globale que serait la géohistoire.

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Aux origines de l'histoire globale, Sanjay SUBRAHMANYAM (Éditions du Collège de France)

Qui pense le monde ? Les hommes du passé ou les historiens du présent ? L'histoire universelle telle qu'elle était pratiquée depuis l'Antiquité s'est transformée à partir du XVIe siècle dans des contextes variés, de l'Asie orientale à l'Amérique espagnole. Grâce à sa connaissance des archives dispersées à travers le monde, sa maîtrise des langues et des traditions historiographiques d'Asie, d'Europe et des Amériques, Sanjay Subrahmanyam remet en perspective l'histoire des réseaux et des échanges de biens, de mythes et d'idéologies en sortant des cadres géopolitiques traditionnels soumis au modèle de l'État-nation. Il présente l'histoire globale comme un champ défini et redéfini par des "histoires en conversation".

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Du préjugé, Max HORKHEIMER (Éditions de la MSH)

Max Horkheimer, philosophe et sociologue, est l'un des plus éminents représentants de l'École de Francfort et de la théorie critique. Publié en 1963 et traduit ici pour la première fois en français, Du préjugé (Über das Vorurteil) réunit le texte d'un exposé de Horkheimer et la discussion qui l'a suivi, tenus en 1962. Dans ce court essai, Horkheimer analyse la structure du préjugé, sa forme apparemment inoffensive et ses effets destructeurs. Loin d'être une simple erreur de pensée, le préjugé relève d'une disposition à la fois psychique et sociale : il exprime le besoin de certitude, d'appartenance et de supériorité, il contribue à justifier et à main­tenir les hiérarchies établies. La discussion, quant à elle, réunit sept intervenants venus de la philo­logie, de la théologie, de l'histoire, de la sociologie, du droit et de la critique d'art. Elle approfondit la réflexion sur les dimensions culturelles et psychologiques du préjugé, tout en soulignant le rôle essentiel de l'éducation et des médias pour le dévoiler et le combattre. À l'heure de la montée du populisme et des replis identitaires, Horkheimer nous ramène à une réflexion et à une vigilance critique face aux mécanismes qui divisent la société.

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Le continent sans qualités, Peter SLOTERDIJK (Éditions du Collège de France)

Habitée par un demi-milliard de personnes, refuge convoité pour d'innombrables migrants, l'Europe cherche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale une nouvelle définition pour elle-même et pour ses peuples. Elle a réussi, sous la forme de l'Union européenne, une improvisation politique qui n'était pas prévue dans les scénarios de l'histoire du monde. Ce quasi-continent a créé un grand corps politique qui, en dépit de ses amples dimensions, ne présente ni les convictions ni la posture d'un empire.Dans une telle situation, celui qui se consacre à la mission de repenser l'Europe doit savoir qu'il s'agira de former des concepts pour une nouveauté politique et culturelle dont l'existence est placée sous des présages encore largement inconnus. Ce "continent sans qualités "saura-t-il dépasser la tentation du scepticisme, du nihilisme et de l'autonégation pour se forger une nouvelle identité ? Cet ouvrage est issu de la leçon inaugurale prononcée au Collège de France le jeudi 4 avril 2024 par Peter Sloterdijk, professeur invité sur la chaire annuelle L'invention de l'Europe par les langues et les cultures (2023-2024), créée en partenariat avec le ministère de la Culture.Texte français établi en collaboration avec Olivier Mannoni.

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Immer-son, Anaïs MARTIN (ENS Éditions)

À l'heure où l'adjectif " immersif " semble devenu le gage de qualité d'expositions artistiques et de gadgets numériques, l'étude du potentiel immersif du son est pourtant délaissée par les sciences humaines. Cet ouvrage développe le concept d'" immer-son ", à savoir la façon dont le son facilite l'immersion, et soutient que l'écoute d'un roman est tout aussi importante que sa lecture, en montrant comment les écritures de Charlotte Brontë et Bram Stoker stimulent l'imagination auditive des lecteurs et renforcent leur immersion dans les univers fictifs de Jane Eyre et Dracula. L'étude conjointe de ces romans et de leurs adaptations radiophoniques françaises souligne par ailleurs comment leurs paysages sonores prennent vie en changeant de médium. Entre textualisation du son et sonification du texte, cet ouvrage intermédial s'inscrit donc dans le champ des études sonores, en y apportant l'éclairage d'analyses littéraires et radiophoniques, afin de proposer une nouvelle lecture de Jane Eyre et Dracula, avec les oreilles grand ouvertes.

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Viande à feu (1907) : un drame en quatre actes par Georges Darien, Aurélien LORIG (ÉPURE - Éditions et Presses universitaires de Reims)

Dans le second XIXe siècle, la révolution industrielle change le rapport au travail et à la question sociale. Les usines se développent et la main-d'œuvre ouvrière est un maillon essentiel dans la France industrielle, celle des travailleurs du fer qui œuvrent à la lueur des hauts-fourneaux, des travailleurs de l'industrie textile dans le Nord, confrontés à l'enfer des tisseurs, et des travailleurs du feu, avec leurs cueilleurs et leurs souffleurs. Cet univers des ouvriers verriers sert de cadre à une pièce inédite de Georges Darien: La Viande à feu (1907). À la tâche, on ne trouve pas simplement des adultes, mais des enfants affrontant la violence des patrons, la faim, l'indignité, et les brasiers des fours, des enfants en somme devenus de la "viande à feu". C'est dans ce contexte que Georges Darien, dramaturge de sensibilité anarchiste, choisit de mettre en scène une enfance sacrifiée, tout en prenant soin d'associer ce motif révoltant à d'autres thématiques: la fausse philanthropie, le bourgeois sans scrupule pour qui seul compte l'argent, le prêtre devenu un "monstre en soutane" œuvrant à de basses besognes – esclavagisme, complicité d'attentats à la pudeur. À travers une pièce qui emprunte à la société du début du XXe siècle, qui lui est contemporaine, Darien esquisse la peinture d'une "Comédie Inhumaine" ouvrière, manière pour lui de proposer un nouveau "Théâtre Social", théâtre qui questionne et qui tout à la fois fait date, tant pour ce qui est du ton adopté que des rapports qu'il entretient avec le genre dramatique.

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Bateson anthropologue, Julien CLAPARÈDE-PETITPIERRE (ENS Éditions)

L'anthropologie moderne s'invente dans les années 1930 sous l'influence de penseurs comme Malinowski, Radcliffe-Brown ou Benedict. Au sein de ce champ théorique émergent tiraillé entre fonctionnalisme, structuralisme social et culturalisme, Gregory Bateson s'efforce de proposer une synthèse inédite de ces approches apparemment divergentes. Il entreprend alors dans Naven (1936) un travail d'épistémologie des sciences sociales de premier plan. Mais, loin de se contenter de faire la synthèse des méthodes anthropologiques de son temps, Bateson ouvre une voie originale et féconde, celle d'une approche interactionnelle – c'est-à-dire sémiotique et cognitive – des sciences sociales. Il contribue ainsi à l'exploration des virtualités encore non perçues de la sociologie durkheimienne tout en dessinant de façon précoce les linéaments des débats actuels portant sur l'interaction et la cognition sociales. L'œuvre de Bateson constitue ainsi un jalon décisif de l'histoire récente de l'anthropologie et des sciences sociales. En revenant sur l'apport théorique de l'entreprise batesonienne, ce livre entend permettre au lecteur intéressé par l'épistémologie des sciences sociales de mieux s'orienter dans les débats classiques comme dans les enjeux contemporains de l'anthropologie.

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De la poubelle au musée. Anthropologie des restes, Octave DEBARY (CRÉAPHIS)

Cet ouvrage traite de la difficulté à nous séparer des objets et de leur histoire. De la poubelle à l'usine, des marchés de vide-greniers aux puces , du théâtre d'objets au mémorial, du patrimoine au musée et à l'objet comme reste, Octave Debary cherche à interroger le pouvoir de faire autre chose des objets. Il questionne des manières de rendre compte de l'histoire. S'agit-il de dettes ? De devoirs de mémoire ? Ou d'arts du souvenir qui placent au cœur de leur pratique un art de l'oubli ?

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Scènes féministes, Lorraine WISS (ENS Éditions)

Le présent ouvrage propose une analyse des enjeux politiques et esthétiques des théâtralités féministes des années 1970 en France. Il présente, dans un double mouvement, une histoire des pratiques spectaculaires des militantes féministes ainsi qu'une histoire féministe des metteuses en scène, comédiennes et compagnies de théâtre de l'époque. L'analyse de leurs créations militantes, qui portent sur scène les idées et les revendications des mouvements féministes d'alors, permet d'esquisser des hypothèses sur les formes et les constructions dramaturgiques que peuvent adopter ces théâtralités. S'inscrivant tout autant dans l'histoire du mouvement des femmes que dans celle du théâtre, cette étude des "scènes féministes" défend l'idée selon laquelle les mouvements féministes ont bouleversé l'histoire du théâtre.

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Les fantômes de Christian Boltanski, Octave Debary (CRÉAPHIS)

Entretien entre l'anthropologue et l'artiste sur les relations entre l'anthropologie et l'art contemporain dans ses rapports à la mémoire collective et individuelle. Octave Debary suit le chemin d'une pensée qui laisse une place à ses "enquêtés" à l'intérieur même de son propre texte, offrant ainsi la matière première d'énonciation du discours de l'artiste. Depuis plusieurs années Octave Debary, professeur à l'université Sorbonne-Paris-Cité et directeur du centre d'anthropologie culturelle (Paris-Sorbonne), développe un projet d'anthropologie comparée de la mémoire et du temps. En s'intéressant à la façon dont une société met en mémoire (et en musées) son histoire, ses recherches l'ont conduit à l'étude de l'art contemporain dans ses rapports à la mémoire collective et individuelle. Au-delà de sujets, il s'agit de construire une posture et une analyse qui promeuvent une dimension collaborative, comme avec les artistes allemands Jochen Gerz et Swaantje Güntzel et comme ici avec l'artiste français Christian Boltanski. Ce livre s'inscrit dans une recherche entreprise depuis presque vingt années sur les "artistes de la mémoire" et constitue une contribution originale et importante au développement d'une anthropologie de l'art et de la réception. Ce livre a comme sujet principal les relations entre l'anthropologie et l'art contemporain. Il s'est construit pendant toute une année en intelligence et en connivence avec Christian Boltanski.

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Lire la romance, Delphine CHEDALEUX et Marine LAMBOLEZ (ENS Éditions)

Écrit au début des années 1980, dans un contexte d'émergence des women studies et des feminist studies au sein des universités américaines, Lire la romance s'intéresse à un phénomène culturel alors en plein essor, qui se décline presque exclusivement au féminin: la consommation de romances. Devenu un véritable best-seller des sciences sociales anglo-américaines, l'ouvrage déploie une méthodologie inédite qui lui permet d'étudier les romans de ce genre littéraire populaire, depuis leur production jusqu'à leur réception. Lire la romance constitue en particulier la première enquête sociologique sur les lectrices de romances, et contribue par conséquent à démystifier cette pratique dénigrée et prise en tenaille entre le mépris culturel et la condamnation féministe. La démonstration de l'ouvrage s'articule autour d'une question centrale: la lecture de romances renforce-t-elle la culture patriarcale et les systèmes de croyances qui la soutiennent, ou bien dote-t-elle les femmes d'une forme de pouvoir résultant de la revendication d'une pratique peu conforme à leurs rôles sociaux d'épouses et de mères? Cette traduction inédite de l'édition de 1991 de Reading the Romance met à la disposition d'un lectorat francophone un texte majeur.

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Comme on peut. En lisant, en photographiant "Ceux de 14" de Maurice Genevoix, COLLECTIF (CRÉAPHIS)

Cet ouvrage, aux dimensions artistique, littéraire et historique, est une invitation à (re)prendre contact avec l'œuvre incontournable de Maurice Genevoix sur la Grande Guerre : le livre Ceux de 14. Les photographes Fabrice Dekoninck et Sylvain Demange ont arpenté les Éparges, avec Ceux de 14 en tête. Dans cette partition visuelle silencieuse, plusieurs régimes d'images se côtoient. Elles montrent ce paysage paradoxal, apaisé mais encore bouleversé par les traces visibles des combats, dans lequel résonne encore le sourd murmure de tant de vies enfouies. Elles invitent à scruter ce que la nature a reconquis ou a altéré et font entrevoir l'extrême violence de la guerre. Au cours de leur enquête, ils ont rencontré des habitants gardiens de la mémoire dans leurs intérieurs chargés de souvenirs, des jeunes pour qui ces paysages sont aussi un fabuleux terrain d'aventures, des passionnés d'histoire militaire, des élus locaux, des descendants des combattants et des proches de l'écrivain. Ces personnes sont présentes dans le livre par leur portrait, leurs lieux et leurs objets ou en situation : chez eux, marches en forêt, instants plus solennels de la commémoration.

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Femmes indisciplinées, Stephen HUGH-JONES (Société d'ethnologie)

Les hommes d'Amazonie trouvent intolérable l'idée que les femmes portent des ornements de plumes ou jouent de la flûte. Les hommes de la Renaissance trouvaient menaçante et émouvante la transgression d'une femme chanteuse.Certains d'entre vous trouveront peut-être cette ethnographie amazonienne bien étrange et ces parallèles européens farfelus. Stephen Hugh-Jones répondra que ni l'ethnographie ni les parallèles ne sont aussi exotiques qu'ils le paraissent à première vue.

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Lors de chaque événement de notre programmation, nos libraires vous accueillent au Comptoir, au 1er étage de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 54 Boulevard Raspail - Paris 6. 

Ge Zhaoguang reçoit le Prix Tang 2026
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Ge Zhaoguang reçoit le Prix Tang 2026
Ge Zhaoguang, auteur de l'ouvrage Qu'est-ce que la Chine ? paru aux Éditions de la MSH, a reçu le Prix Tang 2026, catégorie sinologie.

Un éminent historien de la Chine traditionnelle récompensé

Cette distinction vient saluer les travaux de recherche d'une grande envergure de Ge Zhaoguang, qui ont influencé les milieux universitaires en Chine et dans le monde entier.

" M. Ge a été choisi pour sa maîtrise de la pensée chinoise antique ", a déclaré David Wang, président du comité de sélection du prix Tang pour la sinologie, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 17 juin à Taipei.

" Depuis ses premiers travaux sur le bouddhisme Chan, le taoïsme et l'histoire de la pensée philosophique jusqu'à sa série d'études plus récentes intitulée Qu'est-ce que la Chine ?, le professeur Ge n'a cessé d'apporter des perspectives originales et des découvertes révolutionnaires. Ses réalisations ont non seulement exercé une influence considérable en Chine, mais elles ont également trouvé un écho au sein de la communauté universitaire sinophone mondiale, ainsi qu'au Japon, en Corée, en Amérique du Nord et en Europe ", a ajouté M. Wang.

Dans son dernier son ouvrage, Qu'est-ce que la Chine ?, l'auteur propose un récit de l'intérieur sur son pays d'origine. Il aborde les problèmes sensibles de l'identité chinoise et il montre comment la recherche moderne sur la Chine – qu'elle soit menée en Chine, en Asie de l'Est ou en Occident – a tenté de donner un sens aux frontières territoriales changeantes du pays et à la diversité des groupes ethniques et culturels.

 

Le Prix Tang

Depuis l'avènement de la mondialisation, l'humanité a bénéficié d'avantages sans précédent grâce aux progrès de la civilisation et de la science. Cependant, de nombreux défis, tels que le changement climatique, l'émergence de nouvelles maladies infectieuses, le creusement des inégalités et la dégradation des valeurs morales, sont apparus. C'est dans ce contexte que le Dr Samuel Yin a créé le prix Tang en décembre 2012.

Ce prix comprend quatre catégories : Développement durable, Sciences biopharmaceutiques, Sinologie et État de droit. Tous les deux ans, quatre comités de sélection indépendants et professionnels, composés de nombreux experts, chercheurs et lauréats du prix Nobel de renommée internationale, désignent les lauréats du prix Tang qui ont apporté des contributions majeures et eu un impact significatif sur le monde, sans distinction de race, de nationalité, de sexe ou de religion.

Un prix en espèces de 50 millions de NT$ (environ 1,6 million de dollars US) est attribué à chaque catégorie, dont 10 millions de NT$ (environ 320 000 dollars US) constituent une subvention destinée à des programmes de recherche ou de sensibilisation éducative visant à encourager les professionnels de tous les domaines à examiner les besoins les plus urgents de l'humanité au XXIe siècle et à devenir des forces motrices du développement durable de la société humaine grâce à leurs résultats de recherche exceptionnels et à leur engagement civique actif.

L'été à travers les pages
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L'été à travers les pages

À l'aproche des beaux jours, nos libraires vous proposent une sélection de livres estivaux à glisser dans votre valise, pour mieux comprendre le monde que l'on parcourt.

L'été est souvent synonyme d'évasion, de départs et de découvertes. Mais que nous disent les sciences humaines et sociales de nos pratiques touristiques, de notre rapport au voyage ou de l'invention des vacances ? À travers cette sélection de lectures estivales, nous vous invitons à porter un regard nouveau sur ces expériences qui rythment la belle saison.

 

Cahiers Robinson, "Les grandes vacances", n° 53/2023, Francis MARCOIN (Artois Presses Universitél)

L'expression "grandes vacances", qui fait aujourd'hui partie du vocabulaire scolaire le plus courant, illustre et détourne à la fois la notion plus générale de "vacances", qui a désigné les congés accordés pour participer aux récoltes et aux moissons dans des sociétés réglées par le calendrier agricole. Avec l'industrialisation de l'agriculture et la généralisation des congés payés, les vacances sont de plus en plus liées aux loisirs, mais leur durée en fait une autre vie dans la vie, une longue parenthèse identifiée avec la liberté, la disparition des horaires, un été sans fin. Elles ont d'emblée un caractère romanesque dont s'empare du reste le roman, les vacances devenant le moment de l'aventure. Plusieurs livres et séries emblématiques sont évoqués dans ce numéro, Les Vacances de la comtesse de Ségur, Le Club des Cinq, Les Six Compagnons, ainsi que les robinsonnades, qu'elles s'adressent aux jeunes ou aux adultes. On n'oubliera pas les magazines illustrés, qui en font un thème de prédilection.

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Vivent les vacances !, Olivier LAZZAROTTI (Presses Universitaires du Septentrion)

Qu'apporte la lecture du corpus, inexploré à ce jour, des chansons populaires à la saisie du phénomène touristique ? Que nous permet de comprendre des chansons populaires leur croisement avec le tourisme ? La réponse, simple à formuler, est riche dans ses développements : en paroles, en musiques et en pratiques, être touriste, c'est choisir une manière d'habiter le Monde.

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Balnéaire, Philippe DUHAMEL, Magali TALANDIER et Bernard TOULIER (Presses universitaires de Rennes)

Le Balnéaire, de la Manche au Monde est le résultat d'une rencontre et d'échanges improbables entre des historiens de l'art, des sociologues, des géographes, des économistes, des urbanistes réunis pendant plus d'une semaine pour un colloque au château de Cerisy, dans la Manche. Ce livre offre un regard renouvelé, sur un temps long, pour mieux comprendre comment le littoral a été investi depuis plus de deux siècles par de nouvelles pratiques développant un "Habiter" original des bords de mer. Ce modèle balnéaire du XIXe siècle s'est pérennisé, diffusé, modifié pour conquérir progressivement mais inexorablement la planète entière. C'est cette circulation d'un modèle architectural, patrimonial, culturel, économique et social qui est abordée et analysée au fil des pages et des illustrations proposées dans cet ouvrage.

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Muse voyageuse, tome 1, Adeline LIONETTO (ÉPURE - Éditions et Presses universitaires de Reims)

Aux XVIe et XVIIe siècles, les circulations entre France et Italie jouent un rôle structurant dans l'élaboration des discours sur l'art. En proposant les récits de voyageurs français et italiens, de Joachim Du Bellay à Robert de Cotte, de Léonard de Vinci au Bernin en passant par d'autres voyageurs moins célèbres, cette anthologie de textes relevant de genres variés (légations, récits, lettres, chroniques, journaux, et même textes poétiques), donne à lire une histoire croisée du regard et du langage sur l'art. Offrant un éclairage à la fois littéraire, historique et artistique, cette anthologie n'est pas seulement un outil pour la recherche. C'est aussi une invitation à redécouvrir les premiers pas du voyage culturel, en amont du Grand Tour.

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La mer allée avec le soleil, Collectif (CREAPHIS)

Déployé sous la forme d'un abécédaire alliant textes et images, mer x soleil est un livre-album qui réfléchit et actualise le concept de "cinéma de poésie" tel que défini historiquement par Pier Paolo Pasolini lors d'une conférence prononcée en 1965 au Festival du nouveau cinéma de Pesaro : peut-on voir ce que l'on dit et peut-on dire ce que l'on voit ? À l'heure d'une novlangue technofasciste et d'une imagerie dystopique dévastatrices, repenser le dicible et le visible à partir de l'art vidéo est une promesse consolatrice. Dans une approche à la fois critique et prospective, Frank Smith explore une histoire expérimentale du cinéma au gré de l'œuvre comme déplacement et impossible définition qu'en plateaux.

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Les mondes du voyageur, Simón GALLEGOS GABILONDO (Éditions de la Sorbonne)

Qu'est-ce que l'exploration? Comment se présente-t-elle dans les voyages qui ont dessiné la cartographie du monde moderne de la Renaissance aux Lumières? Par l'étude d'un corpus portant sur le Nouveau Monde et le Continent austral, cet ouvrage analyse le rapport avec le nouveau et l'inconnu.

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Langage et société, "La part langagière du tourisme", n° 178/2023, Claudine MOÏSE et Adam WILSON (Éditions de la MSH)

Comment s'est construite la Côte d'Azur, cette région touristique emblématique, depuis l'arrivée des premiers hivernants dans la seconde moitié du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours ? L'ouvrage est la première tentative d'une approche pluridisciplinaire globale d'un territoire qui déborde le cadre national car inclus dans la Riviera et partagé entre trois États, la France, l'Italie et la principauté de Monaco. Géographes, historiens, historiens de l'art, architectes, anthropologue ou économistes sont ici associés pour montrer l'importance mondiale de cette contrée où plusieurs moments fondamentaux pour le tourisme comme pour la société s'y sont joués.

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Démarche qualité en tourisme, François BURHIN et Georges VANDALLE (Presses Universitaires du Septentrion)

Qualité et tourisme sont-ils compatibles ? La multiplication des labels, normes, engagements et chartes de qualité dans le vocabulaire de tous les acteurs du tourisme le laissent supposer. Phénomène de mode ou réelle transformation ? Professionnels et touristes peuvent s'interroger : les premiers sur la pertinence d'une démarche qualité et sur les bénéfices qu'ils peuvent en escompter et les seconds, soucieux de réussir leurs vacances sur la satisfaction qu'ils en retireraient. Qu'en est-il ? Cet ouvrage apporte à des questions simples et directes : la qualité c'est quoi ? Pourquoi et comment entreprendre une démarche qualité ? Où et quand la créer ?, des réponses qui explicitent les différentes facettes du mot qualité, en montrent les enjeux économiques, environnementaux et sociaux dans une entreprise ou un territoire touristiques et apportent des éléments de réponse pour sa réalisation.

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Une géohistoire de la Côte d'Azur, Collectif (Presses universitaires de Rennes)

Comment s'est construite la Côte d'Azur, cette région touristique emblématique, depuis l'arrivée des premiers hivernants dans la seconde moitié du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours ? L'ouvrage est la première tentative d'une approche pluridisciplinaire globale d'un territoire qui déborde le cadre national car inclus dans la Riviera et partagé entre trois États, la France, l'Italie et la principauté de Monaco. Géographes, historiens, historiens de l'art, architectes, anthropologue ou économistes sont ici associés pour montrer l'importance mondiale de cette contrée où plusieurs moments fondamentaux pour le tourisme comme pour la société s'y sont joués.

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Cinémas méditerranéens, Diane BRACCO (Presses universitaires de Limoges)

Au-delà de son indéniable hétérogénéité, le monde méditerranéen a généré depuis l'Antiquité une mythologie consolidée par des facteurs historiques, culturels et politiques cohésifs qui semblent conférer une certaine unité à ce vaste espace situé au carrefour des langues et des civilisations. Le septième art n'a eu de cesse d'alimenter et d'actualiser cet imaginaire, comme le révèlent tout particulièrement pour la rive sud-européenne les cinématographies espagnole et italienne, fondamentales dans la constitution d'une méditerranéité audiovisuelle.Quelles résonances, quelles convergences, quels transferts thématiques et textuels lient intrinsèquement ces deux cinémas matriciels ? C'est à cette question que s'efforce de répondre l'étude collective proposée ici, à travers l'examen pluriel d'un large spectre de corpus espagnols et italiens, saisis tantôt isolément, tantôt depuis une perspective comparée et dialogique.

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Patrimoine et œnotourisme, Bernard CHERUBINI (Presses universitaires de Bordeaux)

Apporter avec l'ethnologie, l'anthropologie du tourisme, une contribution théorique et pratique à la diversité des approches disciplinaires qui participent à l'analyse de l'engouement actuel pour l'œnotourisme. Valoriser le lien entre patrimoine et œnotourisme qui s'articule sur les préoccupations actuelles pour le patrimoine (labellisations UNESCO, etc.), la préservation et la valorisation des terroirs, des paysages culturels, des traditions et des identités régionales, la montée en puissance des thématiques écologiques (environnement sain, vin nature, biodynamie, etc.). Témoigner des expériences régionales (Alsace, Bourgogne, Val de Loire, Charente-Cognac).

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Lors de chaque événement de notre programmation, nos libraires vous accueillent au Comptoir, au 1er étage de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 54 Boulevard Raspail - Paris 6. 

L'œil des libraires : le Mois des Fiertés
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L'œil des libraires : le Mois des Fiertés

Les libraires du Comptoir vous proposent des sélections thématiques. Celle d'aujourd'hui est consacrée au Mois des Fiertés.

Célébré chaque année au mois de juin, le Mois des Fiertés est un temps de visibilité, de solidarité et de mobilisation pour les droits des personnes LGBTQIA+. Il rappelle les combats menés contre les discriminations et l'importance de poursuivre la construction d'une société plus inclusive et respectueuse de toutes les identités, au-delà du genre et de l'orientation sexuelle. Parce que la lecture est un puissant vecteur de connaissance et d'ouverture, nous vous proposons une sélection d'ouvrages pour explorer ces questions et nourrir la réflexion.

 

Le genre, Anne Tomiche (Presses universitaires Blaise-Pascal)

Le genre s'invite aujourd'hui partout, dans les débats de société comme dans les études universitaires. Que ce soit pour s'attaquer à une "idéologie du genre" supposée ou, au contraire, pour dénoncer la dimension idéologiquement réactionnaire de ces attaques, le genre mobilise l'université comme la société civile et les politiques. D'où le terme vient-il ? Que recouvre-t-il dans ses différents emplois ? En quoi et comment cette notion permet-elle de penser des questions d'identités sexuées et des questions de sexualité ? In fine, à quoi sert-elle et que peut-on faire avec elle ? C'est à ces questions que ce volume répond.

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Le corps du genre, Luca Greco (Éditions de la MSH)

De quoi le genre est-il fait ? De langage ? De matière ? Est-ce que le genre, dès lors que l'on prend en compte le langage, mais aussi d'autres matérialités telles que les objets, les corps, la technologie, la nature, reste une caractéristique intrinsèque de l'être humain ? Ou bien dépasse-t-il l'humain pour atteindre le non humain, l'au-delà de l'humain, le post-humain ? Voici quelques questions auxquelles ce livre, à l'intersection d'un débat théorique et d'une actualité politique, répond. Luca Greco, sociolinguiste et spécialiste en études de genre, s'appuie sur un matériau analytique riche et composite, constitué d'enquêtes ethnographiques à la fois autour des mouvements éco-trans-féministes, des relations entre virilité, nationalisme et alimentation, du statut du fœtus dans les échographies prénatales ou dans les gender reveal parties, des campagnes contre le droit à l'avortement, et enfin d'un corpus d'interactions entre travesties et partenaires dans les espaces de rencontre en ligne.La multiplicité des données et la richesse sémiotique prises en compte dans ce livre – langagières, corporelles, technologiques, artéfactuelles – permettent une nouvelle conception du genre, "en excès", dépassant les frontières de l'humain et du langage verbal, au prisme d'assemblages multi-matériels, humains et non humains, dont les enjeux sont d'ordre analytique, théorique et politique.

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Lesbiennes et gays au charbon, Marie Cabadi (Éditions de l'EHESS)

De 1984 à 1985, le Royaume-Uni a été secoué par une longue et dure grève opposant le syndicat des mineurs à son employeur public, dont la mémoire est toujours vive outre-Manche. En étudiant les liens de solidarité noués entre des communautés de mineurs en grève et des groupes de militant·e·s gays et lesbiennes, ce livre explore une facette de ce moment central dans l'histoire britannique récente qui a été redécouverte par le grand public à la sortie du film Pride (2014). Marie Cabadi interroge ces liens, particulièrement forts entre Londres et le sud du pays de Galles, sous l'angle de la solidarité, comprise comme une relation certes partielle mais bien réelle. Les sociabilités qui naissent de ce travail politique et le nourrissent éclairent sous un jour nouveau les rapports de genre en jeu dans ces rencontres militantes. Essayant de penser ensemble histoire du mouvement social ouvrier et histoire LGBTQ et féministe britanniques, cet ouvrage montre que l'organisation de soutiens lesbiens et gays à la grève n'était pas seulement une " rencontre improbable ", mais bien l'appropriation d'un discours et de pratiques de solidarité avec les mineurs s'appuyant sur une histoire et des réseaux militants et politiques lesbiens et gays.

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Gays et lesbiennes en politique, Hugo Bouvard (Presses Universitaires du Septentrion)

Comment peut-on aujourd'hui être gay ou lesbienne en politique ? Cet ouvrage retrace les mobilisations qui, depuis le milieu du vingtième siècle, ont visé à augmenter le nombre de gays et de lesbiennes dans les partis politiques et les assemblées. À partir d'entretiens menés avec des élu·es ayant rendu publique leur homosexualité, il analyse le rôle que celle-ci a joué dans leurs trajectoires, et interroge ce que signifie un " coming out " en politique. Il contribue aux débats sur le lien entre les caractéristiques des élu·es et la représentation des groupes sociaux en étudiant la façon dont ces gays et lesbiennes prétendent (ou non) représenter les minorités sexuelles. Alors que le débat public est saturé de discours comparant la place des minorités en France et aux États-Unis, l'ouvrage sociologise les différences observées en rendant compte des contraintes asymétriques qui pèsent de part et d'autre de l'Atlantique sur l'exercice d'un mandat politique, lorsqu'on appartient à un groupe minorisé.

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Genre, sexes, sexualités, Danielle Constantin et Catherine Viollet (Presses universitaires de Rouen et du Havre)

Les questions de genre, de sexes et de sexualités, envisagés dans leur pluralité, constituent un domaine majeur de l'expérience humaine et un vaste champ de recherche qui concerne toutes les pratiques, tant sociales que symboliques, et tout particulièrement le langage et l'écriture. Ces notions permettent d'interroger les idées reçues, de déconstruire les évidences et d'explorer les textes sous un angle neuf.Les écrits autobiographiques abordent certains aspects de la vie humaine parmi les plus secrets, les plus intimes, notamment les relations complexes entre les sexes et le genre (comme construction de la relation entre le biologique et le social), entre les sexes et les différentes sexualités, entre le genre et les sexualités. L'étude des processus de genèse de ces écrits suppose de prendre en compte les contraintes, tant matérielles que symboliques, liées à ces catégories qui structurent la société, et à cerner leur fonctionnement dans la production des textes. Les recherches sur le genre, sur les questions d'identités sexuelles et sur les représentations discursives des sexualités qui leur sont liées trouvent ainsi dans l'étude de la genèse de textes autobiographiques un matériau de choix, en raison d'un pacte d'authenticité.Lieux par excellence d'élaboration créatrice, ces textes portent trace de conflits, d'enjeux, d'ambiguïtés et de contradictions, d'autocensure et de censure, d'ajustements entre reproduction et subversion des normes, de métamorphoses propres au processus de production. Ce volume montre l'originalité et la pertinence d'analyses littéraires se situant au croisement, encore trop peu exploré, d'un questionnement sur le genre, les sexes et les sexualités, de recherches sur les formes autobiographiques et de travaux en critique génétique.

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Psychiatrie et homosexualité, Malick Briki (Presses universitaires de Franche-Comté)

Inverti•e, lesbienne, homosexuel•le, autant de catégories créées ou investies par la médecine et la psychologie au 19e siècle pour traiter ce que l'on perçoit, au mieux, comme des "anomalies". Aujourd'hui, en Europe comme aux États-Unis, l'homosexualité n'est plus considérée comme une maladie mentale. Que dire alors de la reparative therapy et de ses "ex-gays", de l'orientation sexuelle "égo-dystonique" en psychiatrie ou encore de la "perversion" en psychanalyse ? Le présent ouvrage se propose d'analyser, dans une perspective historique, la construction de l'homosexualité comme maladie mentale, dans ses rapports avec la science, la politique et le social. Il s'agit ici d'interroger les disciplines médico-psychologiques sur les questions de normalisation des genres, des sexes, et des désirs, pour sortir de cette logique catégorielle. La psychologie, la psychanalyse et la psychiatrie sont-elles prêtes à relever le défi de la lutte contre la stigmatisation, pré-requis incontournable à la disparition du classement identitaire ? Ce livre intéressera les professionnels de la santé, les spécialistes en sciences humaines, ainsi que toute personne motivée par la réflexion sur les normes et les différences.

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De l'amour et de la souffrance, Reiner Herrn (Éditions de la MSH)

Fondé en 1919 par Magnus Hirschfeld (1868-1935), l'Institut berlinois de science sexuelle était sans équivalent. À la fois centre de recherche, de soins, d'enseignement et de sensibilisation, il rassemblait médecins, juristes, psychologues, militants et personnes concernées autour d'un projet commun : explorer la diversité des sexualités et défendre celles et ceux marginalisés en raison de leur orientation ou de leur identité. Au-delà de sa vocation scientifique, l'Institut constituait aussi un refuge : un espace de protection et de reconnaissance, où se nouaient des solidarités inédites et s'expérimentaient de nouvelles formes de vie. Symbole d'une société plus libre et plus juste, il s'imposa comme le laboratoire d'une modernité sexuelle et sociale durant la république de Weimar – avant d'être détruit par les nazis en 1933. Rainer Herrn retrace avec rigueur et sensibilité l'histoire intellectuelle, médicale et politique de cette aventure collective, en présentant la diversité de ses acteurs, ses débats, ses réseaux et ses contradicteurs. L'important héritage scientifique et social de ce travail pionnier du début du xxe siècle éclaire aujourd'hui encore les luttes pour l'émancipation.

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Lors de chaque événement de notre programmation, nos libraires vous accueillent au Comptoir, au 1er étage de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 54 Boulevard Raspail - Paris 6. 

Cinq nouveaux éditeurs rejoignent FMSH Diffusion
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Cinq nouveaux éditeurs rejoignent FMSH Diffusion

La Commune, les Éditions de la Villette, Créaphis, Inflexions et Ent'Revues

Le service Diffusion-Distribution de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme a le plaisir d'annoncer l'arrivée de cinq nouveaux éditeurs entre octobre 2025 et mars 2026. Ces partenariats permettent d'ouvrir un véritable rayon Architecture-Urbanisme et d'élargir notre offre de revues.

Un nouveau rayon Architecture-Urbanisme

La Commune (octobre 2025), les Éditions de la Villette et Créaphis (janvier 2026) constituent désormais un nouveau rayon consacré à l'urbanisme et l'architecture. Ces trois éditeurs développent des catalogues originaux qui illustrent l'influence des sciences humaines et sociales dans ces domaines. Ce nouveau rayon renforce notre présence en librairie.

 

Éditions La Commune

Fondée en 2013 à Paris, La Commune est une maison d'édition indépendante centrée sur la publication d'ouvrages autour de l'architecture, de l'urbanisme, du territoire et de l'expérience. Inspiré par la Commune de Paris, son nom rend hommage à la liberté de création, à l'émancipation collective.

Depuis ses débuts, La Commune explore les paysages urbains et leurs architectures, en mêlant les voix de la recherche, de la poésie, de la cartographie, de la photographie et du dessin.

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Éditions de la Villette

Les Éditions de la Villette ont été créées en 1980 par l'École d'architecture de Paris la Villette, et publient des ouvrages sur l'architecture, la ville et le paysage, destinés aussi bien à un public de spécialistes que d'amateurs. Les arts de l'espace sont mis à l'honneur, et sont abordés à partir de perspectives diverses, sous la forme d'essais, de manuels, d'anthologies ou encore de synthèses. Le catalogue des Éditions de la Villette contient également des rééditions d'ouvrages ayant eu un impact considérable sur la discipline.

Le catalogue compte plus de 200 titres.

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Créaphis

Maison très favorablement connue, forte d'un catalogue de près de 250 titres publiés en un peu plus de 40 ans, Créaphis vient élargir le nouveau rayon Architecture-Urbanisme, parmi les autres thèmes qu'ils travaillent en SHS, en photographie voire en littérature. La notion de transversalité est au cœur des travaux proposés par Créaphis, mettant à l'honneur le livre en tant qu'objet, afin que sa dimension matérielle soit en accord avec son contenu.

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Deux nouvelles revues

La Diffusion-Distribution accueille également deux nouvelles revues : Inflexions (janvier 2026) et La Revue des revues (Ent'Revues - mars 2026). Les revues sont la prolongation naturelle du livre pour la diffusion du savoir scientifique et ont toute leur place à la FMSH, où nous assurons déjà la vente au numéro et la gestion des abonnements pour une cinquantaine d'entre elles. Cette diversité de formats enrichit notre proposition éditoriale.

 

Revue Inflexions

Depuis 2005, la revue Inflexions, qui publie trois numéros par an, propose de mettre en lien les regards civils et militaires afin de mettre en place une réflexion nouvelle sur l'action des forces armées. Elle n'est ni une revue académique ni une publication institutionnelle classique, encore moins un outil de communication. Portée par l'Armée de Terre, Inflexions entend ouvrir un dialogue avec les chercheurs de toutes disciplines, et confronter des avis différents, et parfois divergents, à travers un partage d'idées effectué de façon libre et stimulante, sans message institutionnel.  

Avec 61 numéros publiés, Inflexions est devenue une revue de référence.

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La Revue des revues (Ent'Revues)

Fondée en 1986, La Revue des revues est une publication semestrielle consacrée au phénomène des revues dans tous les domaines (arts, sciences humaines et sociales, littérature). L'association éditrice, Ent'Revues, est bien connue du monde des revues, puisqu'elle organise depuis 1990 le Salon de la revue, qui se tient chaque année à la Halle des Blancs-Manteaux à Paris.

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Découvrez notre sélection de Noël !
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Découvrez notre sélection de Noël !

Le compte à rebours est lancé : nous approchons des fêtes de fin d'année. Pour l'occasion, voici notre sélection d'ouvrages, à offrir ou à s'offrir.
Joyeux Noël à tous !
 


La FMSH comme chaque fin d'année, va fermer ses portes pendant quelques jours, entre le 25 décembre et le 04 janvier 2026 inclus.

Par conséquent, les commandes réceptionnées jusqu'au 22 décembre inclus seront traitées avant les fêtes.  Les commandes réceptionnées à partir du 23 décembre seront traitées à partir du 5 janvier 2026.

Nous vous souhaitons de très bonnes fêtes de fin d'année et une très belle année 2026 !


 

Contes

 

Le Cas Blanche-Neige, Pascale Auraix-Jonchière (Presses universitaires Blaise-Pascal)

Les contes littéraires sont un médium idéal de transfert des représentations sociales au cours du temps. C'est pourquoi il convient de les envisager au fil de leurs transformations, induites par des mutations sociohistoriques. Qu'ils s'adressent aux enfants, aux adultes, ou qu'ils mettent en œuvre une double adresse, ils relatent l'histoire de personnages sans cesse confrontés au regard de l'autre et aux prises avec les mécanismes sociaux. La légitimité d'une telle approche est proportionnelle à leur persistance à travers le temps et à leurs pouvoirs de métamorphose. Le conte des frères Grimm, Blanche-Neige, fait partie de ces textes aux relectures pléthoriques, dont l'omniprésence ne saurait être dissociée d'un éclairage socioculturel déterminant. Or le personnage de Blanche-Neige, image de relative passivité, prend désormais la parole et gagne en visibilité sur l'échiquier social. Les canevas amoureux, familiaux et générationnels que le conte semblait avoir fixés, s'en trouvent renversés, ce qui est significatif des mutations du statut des femmes et de leur prise en compte dans nos sociétés contemporaines. Confrontée à l'infanticide comme au féminicide, celle qui est devenue l'héroïne de nombreuses œuvres littéraires, iconographiques ou cinématographiques se trouve désormais au cœur de la réflexion sur la place du féminin.

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Les Voix des contes, de Cyrille François (Presses universitaires Blaise-Pascal)

Les contes de Perrault, des frères Grimm, et d'Andersen sont parmi les plus connus du genre, mais leur rapprochement masque parfois le fait qu'ils n'ont pas été écrits à la même époque, ni dans la même culture, et qu'ils comportent de nombreuses différences. Avec une double approche linguistique et comparatiste, l'ouvrage propose un nouveau regard sur ces textes et s'attache à montrer que les auteurs construisent des manières de raconter particulières, des stratégies narratives qui doivent être mises en relation avec un "projet discursif". L'analyse des différences entre Perrault, les Grimm et Andersen permet en outre de construire une poétique du genre: le conte apparaît comme un enchevêtrement de voix où un conteur relate une histoire déjà racontée auparavant, comme s'il rapportait la voix d'un autre conteur, s'inscrivant ainsi dans une tradition où l'on parle toujours à la suite de quelqu'un.

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Lire La Petite Sirène d'Andersen, de Danielle Dubois-Marcoin (ENS Éditions)

L'inscription explicite de la littérature au primaire en France depuis 2002, les incidences de la recherche menée dans le premier degré, celles qui concernent le second degré et la récente définition du socle commun des connaissances et compétences sont autant d'éléments qui amènent à questionner les modalités d'enseignement de la littérature de l'école au lycée. L'expérience de la lecture d'un même texte, La Petite Sirène d'Andersen, à tous les niveaux de classe et dans divers pays a permis de mettre en dialogue les différentes conceptions didactiques et de les interroger. Comment, aujourd'hui, lit-on un tel texte (que tous croient connaître du fait de l'adaptation de Walt Disney) en maternelle, au collège, au lycée, en France, au Québec, au Maroc, en Pologne, en Italie, en Suède, en Lettonie, ou encore en Belgique ? Quels modèles didactiques et pédagogiques, quelles théories critiques sous-tendent les démarches de lecture, les évaluations ici et là dans nos institutions ? Quel est le poids des traditions culturelles et institutionnelles, des situations historiques et économiques des pays sur les pratiques quotidiennes de la classe ? Quelles évolutions paraissent perceptibles ? Prenant appui sur cette confrontation internationale et sur l'expérience conduite dans une cinquantaine de classes par l'équipe "Littérature et enseignement" de l'INRP, l'ouvrage propose des pistes de réflexion aux formateurs et enseignants : une réelle prise en compte du sujet lecteur et de ses références culturelles, des modalités d'appropriation active et réflexive du texte, des formes d'évaluation intégrée aux processus individuels de compréhension/interprétation.

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Études de lettres, n° 310/09-2019, "La nouvelle jeunesse des contes. Transcréations des recueils de Perrault et des Grimm", de Cyrille François, Martine Hennard Dutheil De La Rochère (Études de lettres)

Sans cesse repris et réactualisés, les contes de Perrault et des Grimm sont dotés d'une éternelle jeunesse. Les multiples rééditions de ces "classiques" ont donné lieu à de nouvelles interprétations, entre répétition et différence, hommage et détournement, citation et transposition, tant au niveau du texte que de l'image.

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Masques et métamorphoses de l'auteur dans les contes de Grimm, de Corona Schmiele (Presses universitaires de Caen)

Que les Grimm soient à considérer comme les auteurs à part entière des contes qu'eux-mêmes prétendaient obstinément avoir simplement recueillis, la recherche le découvre depuis les travaux de Heinz Rölleke. Mais en quoi précisément consiste ce travail d'auteur, quel en est l'esprit ? – Cette question n'a pas encore trouvé de réponse. En somme, la lecture des Contes comme d'une œuvre reste à fournir. Par le travail minutieux de confrontation des versions successives des contes, cette monographie fait un pas dans cette direction et met en évidence une image des Grimm qui va à l'encontre des idées reçues. Loin d'entretenir une morale conformiste, les contes proposent une éducation à la liberté; quoique nourrie jusqu'à la saturation par la pensée et par les littératures de leur temps, la réflexion poétologique qui sous-tend les Contes témoigne d'une conception de l'auteur et de l'œuvre qui transcende son époque; le travail des Grimm est une entreprise éminemment européenne et, par cela, proche de nos propres interrogations.

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Peau d'âne et peaux de bêtes, de Frédéric Calas (Presses universitaires Blaise-Pascal)

Depuis l'Antiquité, le motif de la bête que l'on sacrifie et de la peau que l'on revêt est récurrent dans la littérature, notamment dans les mythes, les fables et les contes, que l'on pense au mythe de la Toison d'or, à Ésope, à Basile, à Perrault, à La Fontaine ou encore aux frères Grimm. Les pouvoirs que l'on prête à la peau ou à la fourrure animale sont, de même que ses fonctions narratives, multiples : tantôt parure et trophée, gage de puissance et de fécondité voire d'immortalité, tantôt agent d'une métamorphose protectrice, la peau de bête en général et la peau de l'âne en particulier, font souvent office d'adjuvant. Située à la frontière de l'hybridité, de la marginalité et de la monstruosité, la peau de bête est un motif qui continue d'inspirer des fables et des fictions contemporaines. Le présent ouvrage se propose d'interroger, de manière diachronique, non seulement la fonction narrative et symbolique de la peau ou de la fourrure que l'on revêt, à partir, notamment, du conte central de "Peau d'Âne", mais aussi ses représentations picturales, aussi bien fixes qu'animées, ainsi que les potentialités poétiques de ce bestiaire si particulier, tant la fourrure suscite, comme attribut de l'animalité, tout autant fascination (érotique ou taxidermique) que répulsion. Les chercheurs réfléchissent à partir d'horizons épistémologiques différents, à la question complexe, et commune pour les genres retenus, des réappropriations, reformulations, reconfigurations ou rédifications que le thème a pu connaître, et qui pourra être abordée sous l'angle de la transtextualisation et de la transmédialité.

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Voix et voies du conte : les mutations d'un genre (Artois Presses Université)

Le conte, par essence, se recrée à l'infini, il vit des mutations liées à ses reprises orales et écrites. Pour en rendre compte, l'analyse littéraire, les études folkloristes et les recherches en arts du spectacle sont des approches complémentaires. Cet ouvrage les réunit, dans le sillage des travaux contemporains qui accordent une place centrale à l'intertextualité, la transgénéricité et l'intermédialité, repensant ainsi l'articulation entre la parole et le livre, le populaire et le savant. Une première partie étudie une série de reconfigurations littéraires depuis le Moyen Âge autour de personnages et motifs connus, faisant ressortir la pérennité d'une problématique identitaire soit individuelle, sexuée, soit collective. Reliant études folkloristes et analyses contemporaines de l'intermédialité, entre Europe et Afrique, le deuxième volet est consacré aux interactions entre l'oral et l'écrit tant dans la fixation des traditions populaires que dans leurs recréations modernes. Le déploiement du conte dans un espace pictural et scénique, l'agora de l'iconographie populaire, du théâtre et de l'opéra, selon des enjeux collectifs toujours actualisés, fait l'objet du dernier chapitre.

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Beaux Livres

 

Mains coupées sur paupières closes, de Claire Maingon (Presses universitaires de Rouen et du Havre)

Les conséquences de la Grande Guerre sur les sociétés européennes sont bien connues : des millions de morts, mais aussi quantité de soldats blessés et de mutilés… La guerre a laissé des traces persistantes dans les chairs.Que nous disent les images de ces hommes blessés jusqu'au tréfonds d'eux-mêmes ? Existe-t-il une iconographie officielle de la blessure? Quels messages intimes offrent à notre mémoire les artistes enrôlés et souvent blessés sous l'uniforme ? Certains ont été acteurs, d'autres témoins. Tous nous livrent une vision de la guerre qui nourrit un champ historiographique en plein développement, celui de la culture de guerre. Le peintre et le sculpteur, touchés dans leur chair, ont dû parfois réapprendre leur métier, en s'adaptant à un handicap nouveau. Cet ouvrage propose également une réflexion autour d'un thème iconographique et littéraire, celui de la main coupée, en écho au roman de Blaise Cendrars paru en 1946. Image fondatrice, la main coupée devient un symbole du corps martyr, central dans les œuvres de propagande. Place est aussi faite à la question de la prothèse et de l'artificialité, envisagée du point de vue de l'esthétique et de l'iconographie.

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Perspective : actualité en histoire de l'art, 2023-2, Collectif (Éditions Alphil)

Perspective interroge la mode en tant que pratique rhétorique, artistique et culturelle. Historiens de l'art, de la mode et archéologues, mais aussi designers et conservateurs se penchent sur les manières dont le vêtement et la parure ont servi à exprimer le lien des individus aux identités individuelles et collectives qui composent une société à un moment de son histoire. Manifestation visuelle, matérielle et symbolique du changement, la mode s'assimile à un processus interactif d'hybridation, de négociation et d'adaptation. Interrogeant son historiographie, ce sont autant d'auteurs et de disciplines qui éclairent l'histoire des formes portées ou des mises en forme et en image de soi, de l'Antiquité au présent. Car dénouer les enchevêtrements aussi bien esthétiques, sociaux et politiques que la mode suscite nécessite une approche résolument globale.

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Reynold Arnould. Une poétique de l'industrie, de Gwenaële Rot et François Vatin (Presses universitaires de Paris Nanterre)

Tubulures de l'industrie chimique et grands pylônes électriques, pales de turbines et torchères pétrolières… La grande industrie moderne respire une beauté particulière, inquiétante et fascinante. Peu de peintres pourtant s'en sont saisis. Aucun, en tous cas, autant que Reynold Arnould (1919-1980), qui a transfiguré cette industrie dans des toiles d'apparence abstraite à l'occasion d'une grande exposition au musée des Arts décoratifs en 1959. Artiste typique de la génération d'après-guerre, Reynold Arnould a dirigé les musées du Havre de 1952 à 1965 et inauguré en 1961 dans cette ville le premier musée de conception moderne en France. André Malraux l'appela en 1965 à la direction des Galeries nationales du Grand-Palais. Mais cette brillante carrière de conservateur ne doit pas occulter son oeuvre picturale, inlassablement poursuivie pendant cinquante ans, dont les toiles industrielles sont une composante majeure. La première partie de cet ouvrage décline le thème de l'industrie chez Reynold Arnould, depuis ses portraits d'automobiles de 1955 jusqu'à ses oeuvres murales des années 1960-1970. La seconde partie éclaire cette peinture par le récit de la jeunesse de cet artiste, de sa rencontre avec le peintre et écrivain mondain Jacques-Émile Blanche en 1934 à sa nomination au Havre en 1952. À travers ce cas singulier: jeune prodige, premier Prix de Rome à vingt ans, professeur de beauxarts dans une université du Texas de 1949 à 1952, c'est aussi un pan d'histoire sociale de la peinture du XXe siècle qui est ainsi mis à jour.

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Couples peints, de Nicole Gaillard (Éditions Antipodes)

Les aventures du couple nous sont familières, sous de multiples formes, dans la réalité comme dans la fiction. De près ou de loin, en tant qu'acteurs, lecteurs ou spectateurs, nous avons affaire au couple. À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, le couple devient un objet de quête dans la conscience collective, et au cours du XXe siècle, la difficile question des rôles et des prérogatives respectives de l'homme et de la femme prend une importance croissante. Les conditions sont réunies pour doter la représentation du couple d'un impact spécifique parmi les autres sujets traités par la peinture figurative. Manet, Degas, Vuillard, Bonnard, Vallotton, Matisse, Munch, Schiele, Kirchner, Beckmann, Hopper et Freud… Les œuvres étudiées dans ce livre montrent la richesse et la variété du thème, en donnant à voir comment le couple peut être le lieu de la séduction, du pouvoir exercé ou subi, de l'ennui, du deuil, comme aussi de la plénitude, de l'apaisement ou du plaisir partagé. La peinture a beaucoup à nous dire sur le couple : tendre l'oreille, c'est ouvrir l'œil.

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Peindre au temps des impressionnistes, de Bénédicte Trémolières (Presses universitaires de Rouen et du Havre)

Les récents travaux menés à l'occasion de campagnes de restauration sur l'histoire matérielle et les techniques de la peinture du dernier quart du XIXe siècle, ont contribué de façon déterminante à un renouveau des études sur les œuvres et la vie artistique de cette période. Le présent volume, qui réunit des contributions de restaurateurs travaillant en Europe ou aux États-Unis, porte une attention particulière aux supports toile et aux préparations, éléments peu visibles des œuvres, qui ont pourtant une incidence directe sur la couche colorée. L'étude des châssis, de la toile à nu, des étiquettes, des tampons, des marques et des différentes couches de préparation donne à voir de nouvelles manières de peindre et met l'accent sur l'attention que portaient des artistes comme Claude Monet, Vincent van Gogh, Émile Bernard, Auguste Renoir, Paul Cézanne ou Paul Gauguin à la technique picturale. En regardant le dessous des peintures de ces artistes nous entrons en quelque sorte dans la fabrique de leurs œuvres.

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Cinéma

 

Gorki au cinématographe, de Valérie Pozner (AFRHC - Association française de recherche sur l'histoire du cinéma)

L'ouvrage propose la traduction intégrale des deux articles où l'écrivain décrit ses premières impressions du cinématographe Lumière découvert à Nijni-Novgorod durant l'été 1896. Gorki est alors surtout connu comme journaliste d'opposition et ces articles sont rédigés pour deux quotidiens libéraux (l'un de Nijni, l'autre d'Odessa) pour lesquels il couvre l'Exposition panrusse d'art et d'industrie. Sa réaction est des plus circonspectes quant à l'avenir de cette innovation qu'il met en relation d'une part avec la tendance générale aux "divertissements" de mauvais aloi que propose la foire, et d'autre part avec les œuvres musicales et picturales proposées au public de l'exposition – deux aspects de la modernité qu'il considère comme néfastes. C'est ce contexte politique et culturel qu'éclaire le commentaire qui accompagne la traduction, augmentée de quelques autres textes de Gorki publiés à la même période.

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Tim Burton, un cinéma de la ré-imagination, de Florence Cheron (Artois Presses Université)

Perspective interroge la mode en tant que pratique rhétorique, artistique et culturelle. Historiens de l'art, de la mode et archéologues, mais aussi designers et conservateurs se penchent sur les manières dont le vêtement et la parure ont servi à exprimer le lien des individus aux identités individuelles et collectives qui composent une société à un moment de son histoire. Manifestation visuelle, matérielle et symbolique du changement, la mode s'assimile à un processus interactif d'hybridation, de négociation et d'adaptation. Interrogeant son historiographie, ce sont autant d'auteurs et de disciplines qui éclairent l'histoire des formes portées ou des mises en forme et en image de soi, de l'Antiquité au présent. Car dénouer les enchevêtrements aussi bien esthétiques, sociaux et politiques que la mode suscite nécessite une approche résolument globale.

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Dans le sillage de Jean Rouch, de Rina Sherman (Éditions de la Maison des sciences de l'homme)

Pour célébrer, en 2017, le centenaire de la naissance de Jean Rouch, Rina Sherman a invité des amis, des collègues, des spécialistes de son œuvre, à nous faire partager à travers la rédaction de textes courts certaines singularités du foisonnement "rouchien" : sa traversée de l'histoire coloniale et postcoloniale, ses films, ses expérimentations techniques, sa pratique de "l'anthropologie partagée", sa place dans l'histoire du cinéma comme dans les sciences humaines, son enseignement novateur de l'ethnographie visuelle… Rina Sherman a ainsi rassemblé une vingtaine d'essais inédits, contrastés et surprenants à plus d'un titre – angles nouveaux de prospection, témoignages inédits et révélations diverses sur tel ou tel aspect de son travail et de sa vie –, qui attestent la qualité interpellatrice de l'œuvre, sa complexité, et soulignent la vitalité actuelle de l'héritage Jean Rouch, la diversité des recherches qui s'inscrivent dans son sillage, la force des souvenirs et, aussi, la difficulté à définir la pluralité de ses défis.

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John Carpenter, de Gaspard Delon, Quentin Mazel, Mélanie Boissonneau, Thomas Pillard (Presses universitaires de Bordeaux)

Premier ouvrage universitaire en français dédié à la carrière du cinéaste américain John Carpenter, ce volume offre de nouveaux éclairages sur la filmographie, aussi composite que foisonnante, du "maître de l'horreur". En 50 ans d'un parcours marqué par autant de réussites que d'échecs, de collaborations fructueuses que de déboires avec les studios, le réalisateur a alterné des projets aux moyens modestes ou importants, personnels ou de commande, développés de façon plus ou moins contrainte. Tantôt attribués à un professionnel aguerri, à un artisan du cinéma ou à un "auteur frondeur", ses films (Halloween, The Thing, Christine…) ont été perçus selon les cas comme politiquement de gauche ou de droite, subversifs ou conservateurs. Dans une perspective pluridisciplinaire, cet ouvrage interroge dès lors, au sein de l'œuvre de Carpenter, les tensions entre art et industrie, politique et divertissement, logiques créatives et économiques, régime de singularité et culture de masse, cinéphilies savantes et populaires. Rassemblant des approches variées (technique et industrielle, pragmatique, musicologique, formelle, générique, culturelle et genrée), il couvre un large spectre allant de ses longs-métrages distribués en salles à ses téléfilms et ses bandes originales, de ses réalisations les plus fameuses aux moins étudiées ou aux plus obscures.

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Le Droit contre-attaque, de Alexandre Ciaudo, Yannick Lécuyer et Anne-Laure Mosbrucker (Presses universitaires de Franche-Comté)

Étudier les aspects juridiques des différents pans de la pop culture constitue l'un des enjeux pédagogique et de recherche qu'un groupe d'universitaires s'est donné il y a quelques années. Cet ouvrage, qui constitue le second opus de la série Droit et pop culture, s'attache à étudier l'univers de la saga Star Wars au regard des canons du droit public et privé. Le lecteur, fan ou non de Star Wars, découvrira dans ce travail collectif une analyse rigoureuse de la Force, du système intergalactique et des protagonistes de l'univers de Star Wars au regard des modèles et règles, entre autres, du droit international, du droit administratif, du droit de la famille et du droit canon.Que la force soit avec chaque heureux lecteur de cet ouvrage.

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1895, n° 104, hiver 2024 (AFRHC - Association française de recherche sur l'histoire du cinéma)

Le nouveau numéro de 1895 revue d'histoire du cinéma (n°104, Hiver 2024) est un varia. En "Point de vue", Laurent Véray s'interroge sur les dangers que fait courir l'I.A. aux images d'archives. En "Études", Elisabeth Magotteaux examine la réception que reçut Ballet mécanique de Fernand Léger aux États-Unis et au Canada dans les années 1930-1940 et l'influence qui fut la sienne. Jean-Pierre Berthomé s'affronte à la rude tâche d'identifier les lieux de tournage d'Othello d'Orson Welles. Alessia Botani revient sur un moment particulier de l'histoire des festivals et des cinémathèques avec le Festival du film de demain (Bâle, 1957). En "Archives", Rafael Zanatto analyse le rôle qu'a joué Georges Sadoul dans le développement de l'historiographie du cinéma brésilien. Les "Chroniques" rendent compte de festivals, colloques, livres et DVD. Enfin la revue rouvre le dossier "musée du cinéma en France" après la tribune de Costa-Gavras et la réponse de la ministre de la Culture. Avec deux collages inédits de Jean-Michel Alberola et une riche iconographie.

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Nous vous donnons rendez-vous à la rentrée pour découvrir notre tout nouveau programme trimestriel !