Ce livre se penche sur le travail invisible, sur la face cachée de l'événement spectaculaire qu'est la Fête des Vignerons, qui ne se produit qu'une fois par génération.
Alors que l'attention du public, des médias et du monde de la recherche porte principalement sur la partie visible du spectacle, sa charge symbolique et la part de créativité artistique qu'il exhibe, il s'agit ici de s'intéresser aux travailleuses et aux travailleurs de l'ombre – professionnel·le·s et bénévoles – et aux défis auxquels ils et elles se confrontent pour que le spectacle soit pure fête, art et tradition. Leur travail est considérable, suppose compétence et engagement de leur part, mais aussi créativité et innovation. Il se réduit rarement à de la pure et simple exécution ; au contraire, il demande des compétences, de la débrouille, et même parfois du génie, tout en gardant bien l'esprit de la fête et sa singularité pour façonner l'infrastructure qui convient.
L'ouvrage enquête sur les arcanes du spectacle en portant l'attention au travail d'organisation et de façonnage des infrastructures.
Dévoilant les étapes de la création de Salle d'attente du metteur en scène polonais Krystian Lupa, ce livre est un travail collectif sur l'élaboration de ce spectacle monté au Théâtre de Vidy à Lausanne.
Adaptation de Catégorie 3.1 de l'auteur suédois Lars Norén, Salle d'attente est le fruit d'une rencontre entre le scénographe et pédagogue polonais, l'un des plus importants de la mise en scène contemporaine, et une quinzaine de jeunes comédiens et comédiennes sortis d'écoles de théâtre suisses et françaises. Rapidement, ce projet scénique devient à la fois une création théâtrale et un processus de transmission du savoir sur le jeu d'acteur.
Ce livre revient sur la genèse de ce projet et restitue cette métamorphose au travers d'un récit polyphonique. Il propose à la fois les témoignages de cette équipe de création, des analyses de ce spectacle, ainsi qu'un regard plus large sur le travail de Krystian Lupa, donnant à voir des échanges de savoirs entre différentes générations et nationalités d'artistes. Il s'adresse aux professionnel·le·s, aux étudiants et étudiantes des écoles de théâtre et des universités, mais également aux spectateurs et spectatrices qui souhaitent lire des témoignages d'une grande force et une réflexion critique consacrée à ce spectacle.Des extraits du spectacle Salle d'attente sont accessibles sur: [www.antipodes.ch/librairie/salle-d-attente-de-krystian-lupa-703-detail].
Pendant plus de septante ans (de 1918 à 1990), l'acte fondateur du régime soviétique, "la Grande Révolution Socialiste d'Octobre", se commémore et se donne à voir sous la forme d'un spectacle grandiose lors du 7 novembre, permettant au pouvoir soviétique de se mettre en scène.D'abord organisées sous la forme d'une parade militaire et populaire, les commémorations d'Octobre sont à l'origine d'une immense production iconographique.S'éloignant vite de l'iconoclasme révolutionnaire, les pratiques commémoratives varient les supports, allant des banderoles aux films en passant par les affiches, les photographies, les tableaux, la vaisselle de porcelaine, les cartes postales, les timbres, les médailles, les documentaires filmés, la musique ou encore les monuments.Parfaitement maîtrisé en URSS, le spectacle de la Révolution s'exporte aussi. Dans les pays "frères", mais encore dans les démocraties occidentales, l'image commémorative est reçue, réappropriée ou détournée, se pliant aux impératifs politiques et aux nécessités locales.Dix-sept spécialistes de l'histoire de l'Union Soviétique et de culture visuelle décortiquent dans cet ouvrage illustré les aspects les plus connus, mais aussi ceux dont l'importance a longtemps été ignorée, d'un siècle de commémorations de la Révolution d'Octobre, en URSS comme ailleurs.Cet ouvrage inaugure une nouvelle collection intitulée " Univers visuels " donnant la part belle aux images dans un format album, en proposant un choix d'illustrations riche et pertinent, accompagné de textes solides scientifiquement, mais lisibles par un large public.
Ce livre étudie le processus de création de La Suisse s'interroge, série de cinq courts-métrages réalisée par Henry Brandt dans le cadre de l'Exposition nationale de 1964.La Suisse s'interroge rencontra un succès dont l'écho se répercuta jusque dans la presse internationale, mais fut l'objet d'une forme de censure. En effet, si la direction de l'Exposition de 1964 espérait ouvrir les yeux des citoyens sur les problèmes rencontrés par la Suisse, la manifestation nationale devait néanmoins insuffler un sentiment de fierté patriotique. Henry Brandt reçut pour mission de conscientiser sans faire scandale: les scénarios des courts-métrages furent maintes fois remaniés. Parmi les thématiques écartées se trouvaient le divorce, le suicide ou la "peur des idées audacieuses et nouvelles". La question de l'immigration provoqua également des débats houleux.
Chefs-d'œuvre méconnus, ces cinq courts-métrages dénoncent avec audace des problèmes à l'actualité brûlante.
Ce livre, qui en retrace l'étonnante genèse, intéressera autant les historiens et les sociologues que toute personne qui se plairait à "remettre en question notre monde".
Le travail policier est depuis longtemps l'objet de récits et d'images qui ont durablement influencé notre imaginaire. Cette puissance narrative acquise fait aujourd'hui de l'univers policier l'un des arrière-plans préférés des médias.À partir de ce constat, cet ouvrage se propose d'explorer comment des représentations de la police sont produites et circulent dans, et entre, les champs du divertissement et de l'information, mais également comment l'institution policière s'est elle-même constituée en pourvoyeuse et en gardienne de son "image publique". Plus que jamais, le monde réel et le monde médiatique de la police coexistent et se confrontent, car les corps de police sont devenus des producteurs actifs d'images et de discours sur leurs propres actions.Par un double mouvement, "médiatiser la police" et "policer les médias", ce livre étudie l'imaginaire social sur la police, sa diffusion dans les médias de masse (télévision, presse, affiches, espaces muséaux…) ainsi que le travail communicationnel des polices modernes.
Que devient le héros lorsque celui-ci est une femme ou que devient une femme lorsqu'elle devient héros?Lara Croft et ses Uzi, Beatrix Kiddo et son Katana ou encore Lisbeth Salander et son Q.I. hors norme: les personnages féminins semblent de mieux en mieux armés pour faire face à l'adversité. Projetées dans ce rôle traditionnellement masculin de moteur de l'intrigue, les femmes entrent de plus en plus dans une logique d'héroïsation.Elles se battent dans les pages d'un roman, entre les photogrammes d'un film, les cases d'un manga ou parmi des pixels et sont ici discutées par des auteur·e·s de différentes disciplines que ce soit l'histoire, la sociologie ou les études Genre. Ces diverses contributions nous aident à découvrir quelles sont les normes et les signes de leur féminité et de leur héroïcité. Qu'est-ce qu'une femme et qu'est-ce qu'un comportement héroïque dans nos fictions? Comment ces deux modèles se combinent-ils dans les industries culturelles contemporaines ?Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration internationale. Il débute par un petit essai sur la figure du " héros féminin " dans la fiction qui est suivi par quatorze articles portant chacun sur un personnage particulier. Ainsi plus qu'un panorama des " nouvelles héroïnes ", notre livre propose une réflexion sur l'agencement du masculin et du féminin dans nos mythes contemporains.
De nombreux ouvrages portent sur l'histoire de et à la télévision. En revanche, la question de l'importance de ce média en tant qu'acteur spécifique de l'histoire ou en tant que constructeur des mémoires collectives reste souvent en suspens.Cet ouvrage s'intéresse au lien qu'entretient le journal télévisé avec l'histoire, la mémoire et l'historiographie. Ancré dans une apparente démarche d'actualité, le journal télévisé est également la plateforme d'une expérience du temps présent historique. Les images de la chute du mur de Berlin et du 11 Septembre 2001 en sont des exemples.L'analyse de ces deux événements et de leur commémoration montre que le journal télévisé intervient dans la construction des mémoires collectives et révèle également que la télévision s'insinue parfois dans le déroulement même de l'événement, devenant ainsi un acteur de l'histoire en cours.De plus, les années 1990 sont marquées par de profonds changements sur les plans politique et médiatique. L'essor des nouvelles technologies permet au journal télévisé de proposer un direct encore plus performant. C'est ainsi que le 11 Septembre 2001 présente l'apogée tragique d'une évolution qui a commencé avec la chute du communisme. La télévision est prise en otage et raconte ainsi une tout autre histoire.
Consommée au quotidien, la photographie de presse fait partie de notre paysage visuel depuis bien plus d'un siècle. Si elle a été rejointe par d'autres formes de mise en image de la réalité, sa fonction ne s'est pas estompée. La photographie de presse a même gagné en considération: des prix prestigieux lui sont consacrés chaque année et certains de ceux qui étaient autrefois considérés comme de simples artisans jouissent désormais d'une renommée internationale.La plupart des auteurs de cet ouvrage entament leur réflexion à partir de cet objet ultime qu'est le magazine illustré (ou quelquefois la presse quotidienne, désormais illustrée elle aussi). Ils ne se limitent pas à en questionner les qualités formelles et artistiques, mais considèrent en priorité la photographie de presse comme un objet symbolique, socialement inscrit, qui permet de questionner ce qui est montrable et de quelle manière ce qui est montrable est effectivement montré.Cet ouvrage explore également les terrains dans lesquels l'image de presse est réinvestie par d'autres usages, qui la distancient de son usage premier en l'introduisant au musée ou dans une exposition d'art.
Si la télévision a souvent été étudiée dans son contenu ou en tant que médium de masse, elle a plus rarement été l'objet d'une histoire de ses dispositifs compris en tant qu'agencements entre une représentation, un appareillage et un (télé)spectateur. Réunissant des contributions de spécialistes des études télévisuelles et cinématographiques, cet ouvrage propose de parcourir l'histoire de certains dispositifs télé-visuels fonctionnant sur le principe générique d'une transmission à distance de données, d'images et/ou de sons. Les études rassemblées ici s'intéressent autant aux machines fictives du 19e siècle, qu'au dispositif "standard" de l'appareil électronique à usage privé, en passant par les nombreuses variantes utopiques et actualisées. La télévision est donc déclinée autant à travers ses réceptions critiques et ses fantasmatiques que via les technologies qui la mettent en jeu, à savoir du Téléphonoscope à YouTube. Participant à une archéologie de l'audiovision, ce collectif prend en considération un ensemble aussi large que possible de dispositifs télé-visuels dont la télévision ou le cinéma ne seraient qu'une des manifestations possibles, ni plus, ni moins emblématiques de cette audiovision.Ce livre publie pour la première en fois en français des études en partie inédites de Stefan Andriopoulos, Christina Bartz, Brigit Schneider, Jeffrey Sconce, Lynn Spigel, William Uricchio et Siegfried Zielinski. Des chercheurs et chercheuses suisses, français et belge complètent des contributions couvrant ainsi l'histoire du télévisuel en Suisse, France, Allemagne et États-Unis.