Cet ouvrage, à partir de contributions originales, s'efforce de traiter le thème des corps intermédiaires qui revient en force dans le champ des Sciences humaines, de manière concrète, à partir d'un territoire bien délimité, le Languedoc, afin de donner plus de cohérence et donc de pertinence aux analyses faites souvent encore jusqu'ici dans un cadre trop général. Cela permet de mieux apercevoir la formation des groupes d'intérêts qui structurent la société ainsi que les interactions qui s'établissent entre le cadre régional et les centres du pouvoir, qu'il s'agisse des ministères ou du Parlement, Chambre des députés et Sénat.
La manière d'envisager les questions de santé change radicalement au cours de la période moderne. On passe d'une politique d'assistance aux pauvres, d'une attitude fataliste face aux épidémies comprises comme un châtiment de Dieu, à des mesures de prévention et de défense contre les contagions, à un engagement plus assumé du pouvoir royal dans l'organisation hospitalière symbolisé par la mise sur pied de l'Hôpital général et au XVIIIe siècle par la création de la Société royale de médecine.
Les signes d'une mutation en profondeur se multiplient, ténus, dépourvus de liens entre eux, au moins au premier abord. Quelle relation existe-t-il en effet entre la fondation d'ordres féminins dédiés au soin des malades dans les hôpitaux, les cartes placées au fond des lits des forçats malades, annonciatrices des futurs dossiers médicaux, où seraient indiqués leurs noms et les soins à leur apporter, l'intention royale de faire distiller les eaux minérales afin d'en connaître les propriétés, et la grande réorganisation hospitalière de l'Hôpital général voulue par Louis XIV?
Ces faits, du XVIIe siècle, ouvrent un horizon nouveau en matière de santé, constituent des conditions préalables à la révolution médicale qui prendra une substance plus scientifique ultérieurement. Peut-on parler d'une étape préscientifique où, autant que la science et ses représentants, comptent les initiatives publiques et privées des ordres religieux, de la puissance publique, voire des édiles municipaux?
Allant des aspects les plus concrets, comme l'hygiène en ville, jusqu'au ciel, non pour la mort mais pour célébrer la vie – ce que sont les ex-voto –, les contributions de ce volume s'intéressent aux malades, au personnel de santé, médecins et chirurgiens, aux saints guérisseurs comme aux hôpitaux, aux bains et aux eaux minérales, offrent un large éventail des questions de santé au cours de l'âge moderne.
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le littoral du golfe du Lion fut quasi désert, d'où sans doute la rareté des études qui lui ont été consacrées. Centré sur la période moderne, cet ouvrage innove en s'intéressant aux relations entre la population et une zone côtière incommode. Simultanément frontière et zone de contact de populations, de techniques, de sensisbilités différentes, ce littoral connaît alors de profondes transformations, notamment dans les domaines du commerce, de la pêche, du réseau urbain ou de l'hygiène publique.
Les processus de transmission sont omniprésents dans la société moderne (XVIe-XVIIIe siècle) et concernent autant les biens, les savoirs et les métiers que les offices publics, l'art et même les institutions. Étudier les moyens, les stratégies employés par les individus, les familles et les groupes sociaux pour assurer leur succession, se maintenir dans un métier ou une fonction informe toujours beaucoup sur une société ou une époque. Les études ici réunies associent les approches d'historiens, d'historiens du droit et des institutions et d'historiens de l'art.
Précédemment parues dans des revues spécialisées, les études rassemblées ici concernent la terre, les échanges commerciaux, la fiscalité, le crédit, l'activité notariale, la justice, les relations sociales, les conflits de pouvoir, le sentiment religieux et la culture. Elles révèlent entre le XIIe et le XXe siècle la puissante cohérence d'une société beaucoup plus originale et complexe qu'on ne l'a pensé jusqu'ici. Par-delà 1659 et le traité des Pyrénées, les continuités y apparaissent également plus fortes qu'on ne l'affirme généralement.
Avant le XIXe siècle, un individu sur deux mourrait avant vingt ans. La minorité se prolongeait jusqu'au mariage – tardif alors –, à vingt-cinq ans et parfois au-delà. Les mineurs, qu'ils soient appelés à disparaître prématurément ou à entrer dans le monde des adultes, constituaient la majorité de la population. Or on les connaît mal. Les historiens ne s'y sont intéressé qu'assez tardivement en privilégiant les turbulences juvéniles. Mineurs, minorité ; jeunes, jeunesse, est pourtant un thème d'une incomparable fécondité si on l'embrasse depuis la naissance jusqu'à son terme, l'émancipation. C'est ce qui est tenté ici en mettant en synergie les compétences du droit, de l'histoire, de l'histoire de l'art.Le droit protège les mineurs, trace des bornes. Entre elles, le flou est beaucoup plus grand, des âges de la vie, des représentations, précisées ici grâce à celles de l'enfant dans les retables baroques. Le désordre, les transgressions, commis exclusivement par les garçons célibataires âgés de plus de quinze à seize ans, permettent de mieux apercevoir une jeunesse plus diversifiée qu'on ne le croit, mais aussi, en contrepoint, les comportements, les normes sociales à la campagne comme à la ville.Une contribution importante, dans le cadre du nord-ouest de la Méditerranée, à un champ d'étude insuffisamment cultivé en dépit des problèmes et interrogations que suscitent actuellement les mineurs et la jeunesse en général.
Métiers et gens de métiers sont un des socles les plus solides et les plus représentatifs des sociétés préindustrielles. A travers des études de cas portant sur le Languedoc et le Roussillon, l'ouvrage étudie la formation, l'accès à la maîtrise, les habitations, le recrutement et l'esprit de corps des gens qui relevaient des "arts mécaniques". Au-delà des seuls artisans, il s'intéresse aussi aux métiers de la santé, de la justice, voire à de nouveaux venus comme les marchands juifs au XVIIIe siècle.
Cet ouvrage aborde dans une perspective comparative un thème neuf de l'histoire de la justice : les justices de proximité. Il renouvelle profondément notre vision du fonctionnement de la justice et des relations sociales pendant la période moderne. Les justices locales fonctionnaient mieux qu'on ne l'a longtemps dit. Aussi les populations les sollicitaient-elles avec confiance.