Comme le métis n'est pas métis par son enveloppe, mais par sa capacité à se construire en permanence, le sujet n'est pas sujet par analogie mais par différence. La différence porte en elle le double à condition de comprendre que le double n'est pas deux fois une unité mais l'impossibilité pour une chose d'être une.Des notions (l'étranger, la différence, l'altérité, le métis, la relégation, le métèque, l'autochtone,
le même, l'unicité, l'identité…) mais aussi des penseurs (Héraclite, Parménide, Blanchot, Levinas, Maître Eckhart, Platon, Michaux, Lao Tseu, Deleuze, Derrida…) pour mieux saisir la nature profonde
de cette communauté humaine.Fragmenter l'unité apparente de chaque singularité pour faire remonter sa propre étrangeté:
c'est à cet instant précis peut-être que le mouvement de la communauté prend tout
son sens, quand il résiste à l'uniforme.Commun, communion, communisme, communauté, communautaire, communautarisme… le terme de communauté est complexe. Utilisé à tort et à travers il perd son sens. Qu'est-ce qu'une communauté finalement? Comment distinguer la communauté du communautarisme et comment éviter de réduire la communauté au communautaire ou l'identité à l'identitaire?" Qu'est-ce donc qui nous manque? ", pour reprendre la question de Maître Eckhart.
La communauté pour combler un manque ou la communauté comme comble du manque?
C'est l'interrogation centrale de cet essai sur la place de l'étranger dans la communauté humaine.
Depuis une trentaine d'années, psychologues comparatistes et éthologistes de la cognition ont transformé nos conceptions sur la communication et la cognition de l'animal.Cet ouvrage expose de façon synthétique ces recherches contemporaines. Les fondements historiques sont abordés, en portant une attention particulière à la révolution darwinienne et à ses conséquences sur la continuité évolutive de l'animal à l'homme. Les apports méthodologiques de l'approche béhavioriste et ceux de la psychologie cognitive sont discutés en soulignant les difficultés inhérentes à l'étude des animaux. Les traitements cognitifs de l'environnement physique et celui des relations sociales sont abordés ici essentiellement par le prisme d'études sur les primates.Il s'agit également de discuter la connaissance des états mentaux de ces animaux ainsi que les ressemblances et les différences entre la communication animale et le langage articulé humain. Puis, se pose inévitablement la question éthique liée aux droits des animaux et aux devoirs de l'homme. Enfin, l'intérêt d'une cognition comparée est souligné pour mieux comprendre la cognition humaine, conçue comme le produit indissociable de l'histoire ontogénétique et du passé phylogénétique de notre espèce.
La conférence est un récit, elle retrace le parcours intellectuel de J.-M. Salanskis.
Un parcours nous conduisant, depuis le climat de la philosophie française subversive des années 60-70, jusqu'à l'actuelle ambiance de la philosophie: éclectique, post-phénoménologique, propice à la tentation de la clarté analytique. On y voit les fidélités maintenues (la volonté de ménager une place éminente aux mathématiques, à la tradition juive) et des influences qui changent (Lyotard, Deleuze, Heidegger, Kripke, Levinas).
Un temps, la figure autour de laquelle tout s'organise est celle de la série, bientôt reprise dans le langage herméneutique. De façon décisive, la conception du sens bascule vers l'ethanalyse, la grande affaire de l'auteur: le projet de décrire nos partages de sens. L'ethos tient alors le premier rang.
Au bout de cet itinéraire, la satisfaction de pouvoir afficher une unité, mais surtout, le naïf enthousiasme de qui, indéfectiblement, désire enseigner.
Les ouvrages sur le travail ne manquent pas. Celui-là ne ressemble toutefois à aucun autre. En une centaine de pages denses, mais claires, il se propose de traiter cet objet aux mille visages dans ses multiples dimensions en se déjouant des frontières disciplinaires. Ce n'est pas pour autant une compilation académique car il est soutenu par une thèse forte: le travail doit être pensé comme une activité à vocation productive. En conséquence, on ne peut comprendre les mutations actuelles de la société salariale sans s'attacher aux transformations de l'activité productive elle-même, qu'elle fasse, ou non, l'objet d'un échange marchand.
Par son caractère didactique, cet ouvrage constitue un outil précieux pour les étudiants de toutes les disciplines qui se trouvent confrontés à la notion de travail: économistes, historiens, philosophes, politistes, psychologues, sociologues. Mais il s'agit aussi d'un essai dont le point de vue peut intéresser, outre les chercheurs, les professionnels et les citoyens qui veulent mieux comprendre une notion qui se trouve au cœur des débats sociaux depuis plusieurs siècles.
Définie en 1848 comme science des milieux, la mésologie est née des travaux d'un disciple d'Auguste Comte, le médecin Charles Robin. Sous l'influence de la phénoménologie, elle a été refondée sur d'autres bases au xxe siècle par le naturaliste Jakob von Uexküll – précurseur de l'éthologie et de la biosémiotique – et par le philosophe Tetsurô Watsuji.
Tous deux – Uexküll au niveau du vivant en général, Watsuji à celui de l'humain en particulier – introduisent un double principe: d'une part, dans sa relation à l'environnement, l'être n'est pas un objet, mais un sujet qui interprète activement l'environnement pour en élaborer son milieu propre; d'autre part, le milieu ne doit pas être confondu avec le donné brut de l'environnement. L'environnement fait l'objet de l'écologie, le milieu celui de la mésologie.
Il y a urgence à réembrayer rationnellement l'existence humaine à l'environnement. À force de s'abstraire du monde-objet qu'il s'est donné par le dualisme, le sujet moderne en vient à risquer de se supprimer lui-même. Il a commencé à le faire en ravageant l'environnement qui fonde son propre milieu. Sans mésologie, notre glorieux Anthropocène pourrait bien être bref…