Comment, par l'intermédiaire du commentaire en ligne touristique, les communautés francophone et hispanophone évaluent-elles le musée qu'elles ont visité. Existe-t-il un positionnement évaluateur en fonction de l'appartenance du visiteur à une communauté linguistique donnée. Si oui, comment s'exprime-t-il?Pour y répondre, cette monographie mène une analyse discursive des commentaires que les visiteurs francophones et hispanophones des musées du Louvre et du Prado ont laissés entre 2009 et 2019 sur TripAdvisor. Ces commentaires évaluatifs possèdent une portée argumentative dans le choix des mots et des thématiques, décelé par la méthode quantitative textométrique. L'approche statistique couplée à une étude linguistique et discursive des commentaires classés selon la note attribuée à la visite, selon le musée et la communauté linguistique aide à la caractérisation d'un e-lecte, celui du commentaire en ligne touristique muséal.
L'ouvrage explore deux courants contemporains qui nourrissent l'approche linguistique de la traduction.Dans le courant fonctionnaliste, les outils utilisés peuvent être de nouvelles grammaires contrastives, de nouvelles méthodologies visant à la traduction du figement, de nouveaux concepts comme celui de " traducteur multicible " en traduction audiovisuelle, voire de nouvelles définitions remettant en cause des appellations comme celles de " realia " ou de " culturème ". De nouvelles réflexions peuvent servir à analyser les éléments constitutifs du discours, d'un texte politique par exemple. Enfin des ressources terminologiques multilingues récentes sont évoquées, comme en traduction médicale.Dans le courant plus sémantique, une étude sur la traduction de la métaphore dénonce le primat de l'ordre référentiel, une autre s'interroge sur la correspondance mécanique entre les prépositions, une troisième propose une méthode visant la maitrise des niveaux de langues en traduction technique.
L'ouvrage propose une analyse linguistique de la communication liée à la pandémie de Covid-19 (début de la crise, février – juin 2020). Il se base sur les outils de la linguistique énonciative et de la pragmatique, articulés avec ceux de la rhétorique et de la stylistique. L'étude se fonde sur des corpus français et britannique, politique comme journalistique, les deux axes étant les suivants:- l'axe politique examine les structures saillantes et les marqueurs grammaticaux au service de l'argumentation et de l'ethos, dans les discours d'Emmanuel Macron et de Boris Johnson;- l'axe journalistique analyse les positionnements énonciatifs, mais aussi les actes de langage, notamment dans des titres et sous-titres d'articles fournis par Le Monde, Le Figaro ainsi que The Guardian et The Telegraph.L'ouvrage s'adresse à un public large de personnes intéressées par la communication, et les outils dont on dispose pour la décrypter.
En adoptant une approche comparative, La syntaxe du chinois: une perspective comparative présente les différences syntaxiques cruciales et les propriétés communes entre le chinois mandarin et les autres langues. S'inscrivant dans le cadre de la syntaxe générative, cet ouvrage offre des solutions inédites aux problématiques importantes de la linguistique chinoise.
Victor Junnan Pan est Membre Junior de l'Institut Universitaire de France, Maître de conférences en linguistique du chinois à l'Université Paris Diderot-Paris 7, docteur en sciences du langage, titulaire de l'Habilitation à Diriger des Recherches (HDR). Spécialisées dans la syntaxe générative, ses recherches sont centrées sur les interfaces morphosyntaxe, syntaxe-sémantique et syntaxe-prosodie-discours. Il a publié de nombreux articles de recherches dans des revues scientifiques internationales ainsi que trois ouvrages de recherche en français et en anglais: Resumptivity in Mandarin Chinese: A Minimalist Account (Mouton De Gruyter, 2016); La résomptivité en chinois mandarin dans le programme minimaliste (Lambert-Lucas 2016); Interrogatives et quantification en chinois mandarin: une approche générative (Presses Universitaires de Rennes, 2011).
La négation est-elle "le propre de l'homme" ? Présente dans toutes les langues humaines, elle ne l'est dans aucune forme de communication animale. Le neuvième colloque franco-roumain de linguistique et didactique s'est attaqué à la problématique de la négation, pour l'examiner sous différents angles: non seulement du point de vue linguistique, mais également en didactique du français et dans certains emplois régionaux. Ces approches, qu'elles soient contrastives ou non, révèlent dans quelle mesure les marqueurs de la négation sont diversifiés et provoquent des effets interprétatifs divers.
Ce recueil offre au lecteur averti – chercheur, étudiant, "honnête homme" intéressé par les sciences du langage – les travaux de recherche de neuf universitaires sur la construction du sens. Présentés et discutés au cours de conférences et de table-rondes depuis 2010 à l'université d'Artois, ces travaux sont multidisciplinaires – linguistique, analyses de discours politiques, traductologie, didactique. Ils abordent les "effets de sens" sous un angle théorique, à partir des développements de Gustave Guillaume. D'autre part, les analyses du discours politique et de leur argumentation ne peuvent pas, à leur tour, être dissociées des analyses effectuées concernant le sens, la négociation du sens et les effets de sens. L'argumentation est au cœur des préoccupations de ceux qui ont pour vocation de "manipuler" la langue, que ce soit pour transmettre des informations et des savoirs, pour agir sur autrui et communiquer ou pour étudier la langue dans ses dimensions interlocutive, dialogique et pragmatique. La construction du sens sera abordée, par exemple, lors des débats opposant les candidats à l'élection présidentielle. Procédant de cultures et de langues diverses, ces travaux examinent aussi la portée argumentative et le pouvoir de manipulation de la construction du sens, comme les perceptions induites et l'impact émotionnel qu'elle procure aux récepteurs (auditeurs, lecteurs, etc.). Le cheminement du traducteur est scruté avec attention, lui aussi, à partir de l'exemple d'œuvres célèbres pour en comprendre les ressorts sémantiques et les intentions, manifestes ou implicites. Finalement, la défense de la langue catalane elle-même à travers sa promotion et son enseignement fournit la matière d'une analyse précise des usages qui se sont déployés, d'une façon très "politique".Offrant l'illustration d'une recherche vivante, ce recueil amènera le lecteur à des discussions très actuelles, favorisant l'ouverture du regard à de nouveaux questionnements.
Les contributions proposées dans ce volume, par leur diversité, apportent un nouvel éclairage sur des questions centrales relatives à l'enseignement / apprentissage du verbe. Elles permettent de mettre en évidence le lien étroit entre recherche linguistique et application didactique dans ce domaine et de réfléchir sur les conditions d'une transposition didactique, en vérifiant la pertinence des propositions faites dans le cadre d'expérimentations menées en classe. En proposant une réflexion sur les critères identificatoires de cette unité ou sur l'organisation du système verbal, en portant une attention particulière sur les manuels scolaires ou encore sur les constructions syntaxiques dépendant du verbe, les études proposées ici ébauchent aussi des pistes qui pourraient être envisagées utilement dans le cadre de la formation des enseignants.
Très débattus au sein de la communauté linguistique, les thèmes du temps, de l'aspect et des classes de mots sont abordés ici sous un angle résolument novateur, étant donné qu'ils sont traités d'un point de vue à la fois théorique et didactique et qu'ils sont étudiés en relation les uns avec les autres. En effet, on ne s'attend pas a priori à ce que les prépositions (sauf les temporelles), les noms (excepté les noms d'action), les adverbes (exception faite des aspectuels et temporels), les adjectifs, soient porteurs d'indications aspectuelles/ temporelles. Les auteurs se proposent d'explorer et d'expliciter le réseau serré d'informations relatives au temps et à l'aspect dont sont chargées plusieurs (sous)-classes de mots, ainsi que les problèmes théoriques et didactiques qui en découlent, aussi bien en français qu'en roumain.
Longtemps intégré à la catégorie du nom avec le substantif, l'adjectif a acquis un statut de partie du discours indépendante au dix-huitième siècle. Depuis lors, les études sur l'adjectif ont permis d'en opérer non seulement une sous-catégorisation de plus en plus précise mais aussi de relever les nombreux points de contact entre cette classe de mots et les autres : substantifs, verbes, participes, adverbes, déterminants et connecteurs discursifs. Loin d'en déduire que l'adjectif n'aurait pas d'existence indépendante, les auteurs de ce volume analysent ces passages d'entités réputées " adjectives " vers une autre partie du discours, dressant ainsi le portrait d'une classe de mots à l'identité bien définie mais qui montre une souplesse extraordinaire.
La grammaire générative joue un rôle capital dans l'histoire de la linguistique. Depuis le premier modèle élaboré par Chomsky, cette théorie a connu de multiples réaménagements. Le premier moteur de l'évolution a été la question de savoir quelle place doit occuper la description du sens dans une grammaire. Dans la théorie standard, seul le composant syntaxique de la grammaire est génératif, c'est-à-dire capable d'expliquer l'aptitude d'un sujet parlant à produire et comprendre une infinité de phrases. Le composant sémantique, tel qu'il a été décrit par Katz & Fodor, est interprétatif : il ne fait qu'associer des significations aux objets formels produits par la syntaxe.Dans Explorations en théorie sémantique, Weinreich montre qu'une telle conception de la sémantique n'est pas adéquate, et qu'il faut rendre compte, à côté de la créativité formelle, d'une créativité sémantique propre à la langue. Le modèle de Weinreich, conçu pour être compatible avec la syntaxe de la théorie standard, est beaucoup plus intéressant que celui de Katz & Fodor pour décrire la construction du sens d'une phrase. Il comporte en effet des mécanismes génératifs qui permettent d'expliquer l'aptitude d'un sujet parlant à introduire des mots nouveaux dans le lexique, ou des sens nouveaux pour un mot déjà enregistré.Faute de traduction, ce texte a été trop peu connu en France. En publiant aujourd'hui une version française, on se propose donc d'éclairer sous un jour nouveau un moment important de l'histoire de la grammaire générative. On veut aussi montrer que, même si la théorie de Weinreich est tributaire, dans sa forme, de représentations datées, elle n'en comporte pas moins un intérêt très actuel. Par exemple, tout en restant fidèle à l'hypothèse chomskienne d'une distinction radicale entre syntaxe et sémantique, le modèle de Weinreich comporte un dispositif capable de prévoir l'articulation du sens des phrases sur un discours, ce qui est une idée extrêmement moderne.
Cet ouvrage fait suite à une journée d'étude qui s'est tenue à Arras en mars 2006 et qui était organisée par le centre de recherche Grammatica. Il se veut le premier jalon d'une série d'études sur la composition dans de nombreuses langues et contient des contributions portant sur l'anglais, le français, le grec, l'italien, le mandika et le néerlandais ; la plupart ont été effectuées dans une perspective " monolingue ", mais quelques-unes proposent une perspective comparative. Les auteurs des articles qui sont présentés ici sont reconnus pour être des spécialistes du domaine ; nous les citerons par ordre alphabétique : J.-P. Arnaud, L. Bauer, G. Booij, D. Creissels, G. Dal & D. Amiot, J. Goes, K. van Goethem, F. Montermini, A. Ralli et F. Villoing.
Les études ici réunies s'attachent pour les unes à décrire les conditions d'emploi d'unités lexicales jusqu'à présent peu étudiées, ou de constructions syntaxiques particulières ; d'autres se situent dans une perspective constrastive (français et roumain) ; d'autres encore s'engagent dans une démarche résolument diachronique ou métalinguistique. Plusieurs perspectives se découvrent à la lecture de cet ouvrage. Sur le plan empirique, s'agissant du détachement lui-même, apparaît clairement la nécessité de déconnecter les phénomènes prosodiques des marques caractéristiques de l'écrit d'une part (ponctuation) et des propriétés distributionnelles de l'autre (place). Du point de vue méthodologique et théorique, la réconciliation semble prometteuse entre l'approche synchronique et l'approche diachronique sous l'égide des nouvelles théories de la grammaticalisation, et fécond le rôle de la comparaison des langues, notamment à propos de la question de la polysémie.