1792. La guerre éclate au beau milieu de la Révolution : la République naissante est brusquement confrontée à un défi redoutable et Paris, sous la menace d'une invasion, se retrouve en première ligne. Des centaines de milliers d'hommes partis au combat doivent être équipés et la capitale fait sa part face à un problème logistique d'une ampleur inconnue jusque-là. La ville se transforme ainsi en un vaste chantier destiné à la production d'armes, de poudres de salpêtre, d'habillement et d'équipement. S'ouvre alors un chapitre de la Révolution qui impacte profondément sur le plan économique et social et qui se poursuit tout au long de son cours. Cet ouvrage s'intéresse plus particulièrement à la confection d'articles d'habillement qui mobilise un grand nombre d'ouvrières et d'ouvriers de la couture, dans le sillon d'une tradition productive solidement enracinée dans la capitale. Cette expérience inédite contribue à refaçonner la notion même de travail, désormais associée à l'élan patriotique. Tandis que la figure du soldat-citoyen se consolide aux frontières, celle du citoyen-soldat prend forme à l'arrière. Si des aspects politiques et idéologiques rentrent donc en jeu, le changement d'échelle des armées pose aussi d'énormes problèmes sur le plan administratif, mettant à rude épreuve le régime révolutionnaire. L'étude de ce secteur spécifique rejoint ainsi des questions de fond relatives au système de gouvernance élaboré par la Révolution, à l'émergence d'un nouveau protagonisme populaire et au rôle joué par l'État.
L'idée d'art moderne et le concept de nouveauté qui la sous‑tend ont été combattus non seulement de l'extérieur, par les regardeurs (public et critiques), mais aussi de l'intérieur, par les artistes eux‑mêmes, et non des moindres. Car, en définitive, c'est des acteurs historiques de la modernité que proviennent les objections les plus stimulantes. Renoir, Seurat, Denis ou Derain, pour ne retenir que ces quatre exemples, incarnent, chacun à leur manière, la figure baudelairienne de l'antimoderne, c'est‑à‑dire un moderne à contre‑cœur, un moderne critique envers la modernité, mais un moderne quand même. Les différentes formes de résistance à la modernité artistique dont il est ici question sont donc le fait des créateurs et elles ne sont pas appréhendées dans leur relation au politique. Cette perspective méthodologique explique le cadre géographique de l'étude. Écarter le politique comme instrument d'analyse suppose en effet d'examiner le phénomène à des époques et sous des latitudes où le principe de " l'autonomie de l'art " n'a pas été mis à mal par le cours de l'histoire. Outre Paris, où le concept de modernité artistique a vu le jour, l'enquête se déploie donc dans les capitales culturelles des deux plus anciennes démocraties libérales : Londres et New York.
Ce volume rassemble des travaux nés depuis 2010, qui proposent une relecture critique des restaurations de monuments au XIXe siècle. Son ambition est de renouveler l'historiographie, mais aussi d'éclairer les pratiques actuelles, en préparant un " manifeste renouvelé de la restauration " pour poser une réflexion susceptible de répondre aux limites du cadre actuel. L'ouvrage comprend des travaux nés du projet Construire, Restaurer, Détruire: les chantiers du XVIIIe au XXe siècle, dirigé à partir de 2017 par Arnaud Timbert à l'Institut National d'Histoire de l'Art. Les deuxième et troisième séances du cycle de séminaires organisé à l'INHA dans le cadre de ce projet sont publiées ici: celle du 6 avril 2018 dirigée par Bruno Phalip, Une image trompeuse ou l'illusion du temps aboli. Les " fantômes mensongers " du restauré aux XIXe et XXe siècles, et celle du 8 juin 2018 dirigée par Fabienne Chevallier et Bruno Phalip, Les technologies modernes dans les chantiers de restauration du début du XIXe siècle à 1920. Sources, pratiques et théories dans l'environnement européen.
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