Cet ouvrage nous plonge dans l'univers du japonisme durant la seconde moitié du XIXe siècle à travers l'histoire singulière de Charles Appleton Longfellow, voyageur états-unien en quête d'identité. Subjugué par le Japon, il adopte le kimono pour se réinventer et défier les normes de son temps. Sous l'objectif du photographe Felice Beato, Longfellow se métamorphose, jouant à être Japonais dans des mises en scène qui mêlent exotisme et introspection. Derrière ces clichés se cache une quête plus profonde : celle d'une liberté, d'une fluidité des genres et d'une rébellion contre les conventions sociales de l'époque. Le kimono, objet de désir et de subversion, devient un pont entre deux mondes. Entre appropriation et réciprocité, ces échanges vestimentaires dévoilent un Japon idéalisé, en pleine mutation, témoin des tensions entre tradition et modernité. Longfellow, tel une carpe koï, remonte le courant, pour incarner un Japon rêvé autant qu'une identité hors-norme.
Que peuvent bien avoir en commun le boucher et l'artiste? Des gestes, des outils de précision, des savoir-faire spécifiques au moyen desquels ils détiennent le pouvoir singulier d'ôter ou de donner forme et vie. Le premier peut sacrifier l'animal pour le transformer en viande, nourriture par excellence; le second travaille la matière même pour l'animer. À travers trois œuvres qui sont autant de portraits de l'artiste en boucher – une peinture, un dessin, une performance –, l'autrice nous fait traverser plusieurs siècles d'histoire de l'art pour déceler les changements radicaux touchant notre rapport à la production et à la consommation de viande, mais aussi aux animaux.
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