La découverte de la Préhistoire suscite une fascination hors du commun : dès le XIXe siècle, savants et artistes s'emparent avec le même enthousiasme d'une époque mystérieuse qu'ils contribuent à définir autant qu'à inventer. Objet scientifique, la Préhistoire devient aussi un continent fertile de l'imaginaire, ce monde perdu qu'hommes et femmes de science, mais aussi écrivains, peintres et sculpteurs peuplent de leurs hypothèses et de leurs rêveries, souvent insolites ou spectaculaires, parfois contradictoires. Si la recherche connaît d'intenses progrès, elle se construit en effet dans un jeu de miroirs où chaque génération projette ses aspirations et ses fantasmes, produisant sans cesse de nouvelles images de nos origines. Que fut alors la Préhistoire : âge de pierre synonyme d'âge d'abondance, âge d'or de l'humanité ou guerre du feu de tous contre tous ?
L'exposition " À bras-le-corps ! Savants et instruments au Collège de France au XIXe siècle " retrace près d'un siècle de recherches sur le corps, entre physiologie et physique. À partir de la collection d'instruments historiques conservée par le Collège de France, elle fait revivre un cheminement scientifique singulier, de la médecine expérimentale de Claude Bernard à la physique biologique d'Arsène d'Arsonval, en passant, entre autres, par l'analyse du mouvement d'Étienne-Jules Marey. Les savants n'y figurent pas seuls face à leurs découvertes ; c'est un riche milieu qui est dépeint, où interagissent artisans, sujets expérimentaux, ingénieurs, assistants, médecins, professeurs, patients, industriels, société civile et outils matériels du savoir.De la fabrication des instruments jusqu'à la théorisation de la méthode expérimentale, les textes rassemblés dans ce volume donnent à voir l'enchevêtrement d'acteurs, de pratiques et d'intérêts qui caractérise la science en train de se faire.