Aboutissement de plusieurs décennies de recherche, l'ouvrage envisage divers cheminements de la " République sociale ". Son sous-titre " Culture politique, patrimoine et protection sociale aux 19e et 20e siècles " donne l'orientation générale des études qui sont à l'origine de ce livre abondamment illustré.Il est d'abord porté une attention particulière à la diffusion de la quantification comme critère de modernité. Les rapports entre culture et politique sont envisagés à partir d'exemples tirés de l'édition et de la littérature, de la correspondance égyptologique de Paul Guieysse et de l'approche historiographique du constituant Jacques-Guillaume Thouret. Les enjeux de la protection sociale sont évoqués par le biais de l'étude de quelques acteurs individuels (Wilfred Monod, Jules Siegfried, Richard Waddington...) et collectifs (la franc-maçonnerie, les médecins normands). L'approche historique du patrimoine de la protection sociale, effectuée sous différents angles, permet de relier les traces du passé aux questions d'actualité.
Viva Cité est un festival des arts de la rue qui anime Sotteville-lès-Rouen depuis bientôt vingt ans. Qui sont ses publics ? Qu'y font-ils ? Qu'y voient-ils ? Qu'y vivent-ils ? Si la rue est le lieu du bien commun, comment un festival comme Viva Cité y fabrique-t-il du lien pendant un temps de création partagé? La parole étant donnée aux spectateurs de cette manifestation, il s'agit d'interroger cet événement par les récits qu'il engendre, dans sa capacité à transformer (réellement ou symboliquement) temps et espaces, à modifier les modalités de réception des spectacles. Ce festival, qui mobilise l'agglomération rouennaise, constitue aussi un vaste " théâtre " où se mettent en scène des rêves de société, où la mixité sociale serait re-créée, où le monde commun serait plus juste et plus équitable. Autant d'éléments réflexifs qui donnent à lire cette manifestation comme un tout artistique, social et politique où chacun témoigne, à sa façon, non seulement de ce qui fonde la vie collective mais aussi, à travers la proximité de l'art, de l'invention de soi. Les propos recueillis proposent une définition implicite du théâtre de rue qui souligne la nécessité de l'effervescence dans la constitution du social et qu'incarne la fête, expression de la vitalité.