Comment redonner à un peuple sa voix, sa loi, sa dignité ? Entre 1792 et 1795, le Comité de législation s'attelle à cette tâche immense : bâtir la République par le droit. Ce livre éclaire le travail discret mais décisif de ces juristes et députés qui, dans l'ombre, ont voulu fonder un monde nouveau.
Le mariage et la conjugalité à la cour de France ont, jusqu'à présent, été trop souvent considérés comme un sous-sujet de l'histoire politique. Familles royales et princières ont ainsi été au centre de l'attention, éclairant les enjeux diplomatiques et dynastiques qui accompagnent les alliances à l'échelle internationale. Qu'en est-il pour les autres acteurs de la vie aulique, aristocrates et officiers évoluant dans l'entourage des souverains ? C'est ce qu'entend révéler cet ouvrage collectif : montrer ce que la cour fait au couple, et inversement. Représentant un lieu favorable aux ambitions familiales et à l'ascension sociale, la cour est également un milieu strictement réglé, qui s'avère contraignant dans le choix du conjoint ou l'organisation de la vie conjugale. Cette ambivalence perpétuelle semble faire évoluer l'objet historique " couple " sur un fil étroit, entre affirmation sociale, fructification des acquis matériels et sociaux, et ruine, voire disgrâce.
L'Angleterre contre Napoléon est le premier ouvrage à expliquer comment l'État britannique est parvenu à se réorganiser pour vaincre l'Empereur, en frôlant toutefois la défaite, alors que l'armée française dominait le continent depuis vingt ans. Comment, malgré les multiples changements de gouvernements et l'assassinat d'un Premier ministre, l'Angleterre a survécu, remportant le combat de toute une génération contre un régime qui, à son apogée, disposait de troupes et de ressources très supérieures. Roger Knight nous révèle un degré insoupçonné d'implication, face à l'ampleur et l'intensité des hostilités, mobilisant l'ensemble de la société : industriels, agriculteurs navals et fabricants d'armes. Les services secrets, eux aussi, ont montré toute leur importance mais, comme l'affirme Knight, aucun acteur n'a été plus déterminant que la City, sans laquelle les alliés du Royaume-Uni n'auraient pu être présents et victorieux sur le champ de bataille.
u XIIe au XIVe siècle dans l'Occident latin, le phénomène de la " révolution de l'écrit " accompagne la naissance et le développement des gouvernements municipaux. S'ils sont bien étudiés pour les XIVe-XVe siècles, les mécanismes de leur émergence et de leur construction aux XIIe-XIIIe siècles demeurent mal connus, en particulier dans les petites villes qui constituent pourtant l'essentiel du tissu urbain de l'Occident médiéval. Celles du Rouergue, dans le Midi de la France, ont laissé des archives d'une rare richesse. Dès la seconde moitié du XIIe siècle, les petites sociétés urbaines y apparaissent comme des laboratoires des innovations sociales, politiques, juridiques et scripturaires de leur temps. Formées en communautés autoreprésentées, elles construisent progressivement des institutions municipales légitimes – des " consulats " – afin de gouverner la ville en relative autonomie et de participer au jeu des pouvoirs seigneuriaux et royal.
Sous l'Ancien Régime, les finances du roi de France étaient nimbées de secret jusqu'au jour où le célèbre Necker décida de publier le montant estimé des recettes et surtout des dépenses de la monarchie. Le public découvrit alors le montant faramineux des pensions que Louis XVI payait à une grande partie de la noblesse. À la Révolution, l'Assemblée nationale décida d'enquêter puis révéla la manière dont les fonds publics tirés de la contrainte fiscale avaient pu servir à subventionner des courtisans. C'est à la fois l'histoire de cette enquête mais aussi celle de l'objet enquêté que ce livre propose de faire découvrir au lecteur. En décrivant pour la première fois, grâce à des archives inédites, les usages de cette pratique sociale qui liait le roi à la noblesse, l'auteur jette un regard nouveau sur les ressorts de la crise finale de l'Ancien Régime et retrace la genèse du premier système de retraite de la fonction publique d'État.
L'actuelle cathédrale d'Amiens, dont la reconstruction a commencé en 1220, il y a 800 ans, est souvent présentée comme un " joyau " ou un " chef d'œuvre " de l'art gothique. Ces appréciations témoignent de son rayonnement, qui se mesure aux échelles locale, régionale, nationale voire européenne, et qui s'inscrit dans de multiples registres, depuis le Moyen Âge jusqu'à nos jours. Ainsi, la cathédrale est célébrée par des écrivains, chantée par des poètes, fréquentée par des pèlerins venus vénérer l'insigne relique du chef de saint Jean-Baptiste. Elle est aussi un modèle du point de vue de son architecture et de sa construction. Elle est enfin le siège d'un pouvoir spirituel et temporel, celui des évêques et des chanoines, avant que de nouveaux enjeux politiques, civiques, touristiques et patrimoniaux s'en emparent. La cathédrale d'Amiens rayonne ainsi auprès de ceux qui y prient, la regardent, s'en inspirent ou la pensent, à travers l'imaginaire, l'art ou l'histoire.
Qu'est-ce qu'être père ? Comment la paternité était-elle pensée et vécue au cours des derniers siècles ? Le présent ouvrage cherche à éclairer les profondes mutations de la figure paternelle en Occident du XVe au XXe siècle. S'intéressant aux relations personnelles et concrètes des pères avec leurs enfants, notamment tout-petits, aux émotions de même qu'aux enjeux de transmissions et de pouvoir, les contributeurs de ce volume donnent à voir les expériences paternelles et les modèles qui s'imposent aux pères dans toute leur diversité. Au profit d'un dépassement de stéréotypes et de simplifications communes, historiens et historiens de l'art mènent ici une série d'études variées qui révèlent des pans méconnus de la paternité d'hier et d'aujourd'hui.
Personnage majeur de la IIIe République et illustre représentant du Pas-de-Calais, Alexandre Ribot (1842-1923) demeure dans l'ombre de la mémoire collective. Cent ans après sa disparition, l'examen des multiples facettes de son parcours par une vingtaine d'historiens permet de saisir toute l'importance de cet homme d'État.Parlementaire influent, il a pesé sur les grands débats législatifs de son temps (protectionnisme, enseignement, Séparation des Églises et de l'État, accession à la petite propriété, retraites ouvrières et paysannes). Cinq fois président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, de l'Intérieur, des Finances, de la Justice, il gouverna à des moments difficiles (Panama, Grande Guerre), fut l'un des artisans de l'alliance franco-russe (1893), puis réussit à financer l'effort de guerre et à surmonter les différents chocs de l'année 1917. La richesse de son action fut donc considérable dans tous les domaines de la politique et contribua à l'enracinement du régime.
Ouvrage publié avec le soutien du Dans un monde régi par le droit et la loi, l'idée d'un arbitraire du pouvoir est surprenante, voire choquante. On ne retient souvent du mot que sa connotation négative, celle du bon plaisir d'un maître dont l'appétit de puissance serait sans frein. Pourtant, la notion d'arbitraire est intimement liée à celles de prudence et de discernement. Elle est chargée de valeurs morales d'intelligence et de sensibilité que l'on réserve volontiers aux juges dans l'exercice de leurs fonctions. Le pouvoir arbitraire, dès lors, est un pouvoir d'arbitrage, dans le règlement des conflits et l'administration de la justice mais aussi face aux carences, aux incertitudes ou à l'incomplétude des normes établies. En Occident, entre le XIIe et le XVIIIe siècle, la notion d'arbitraire, zone grise du pouvoir, plutôt technique et neutre à l'origine, se charge progressivement de connotations négatives aboutissant à son rejet par les philosophes des Lumières. Le présent ouvrage aborde sous différents angles des aspects jusqu'ici méconnus d'une histoire conceptuelle du pouvoir dans la longue durée.
Des guerres de Religion à la révocation de l'édit de Nantes
Au XVIIe siècle, certains scandales construisent l'enfance comme catégorie, et leur mise en récit littéraire permet de percevoir l'évolution des normes, des seuils de tolérance et des émotions.
Si les événements traumatiques touchant des enfants ou mettant en jeu la construction sociale et littéraire de l'enfance affectent notre époque, suscitent des réactions émotionnelles fortes et mobilisent des formes nouvelles de diffusion médiatique du scandale, le phénomène est ancien.
Des guerres de Religion à la révocation de l'édit de Nantes, dans une société encore très fortement marquée par la prégnance du fait confessionnel et par l'encadrement religieux des groupes et des individus, le facteur principal de scandale est de nature spirituelle. Le religieux est générateur de normalisation et de contrôle, mais il est aussi, en creux, producteur de scandale.
Comment et pourquoi l'enfant, individuellement ou en groupe, peut-il être au cœur des processus de fabrique du scandale ? Certains scandales construisent l'enfance comme catégorie. Leur mise en récit littéraire permet de percevoir l'évolution des normes sociales et culturelles, mais aussi des émotions au cours de l'époque moderne.
Les Amériques ont connu depuis leur conquête par les Européens de nombreux bouleversements démographiques, sociaux, politiques et culturels. Elles sont devenues pour beaucoup d'hommes et de femmes, désireux de fuir le vieux continent où ils étaient persécutés pour leurs convictions religieuses, une destination, un lieu d'accueil, une espérance.La question mérite cependant d'être reprise afin de saisir, au-delà de l'étude des raisons d'un départ qu'il est nécessaire de revisiter, la façon dont les minorités religieuses ont opéré pour s'insérer dans une nouvelle société. Les contributions réunies dans ce livre proposent des clefs pour la compréhension des logiques de peuplement de l'espace américain (continental et insulaire), à la croisée d'une histoire des minorités et des migrations.
Dans cet ouvrage se trouvent les fondements de la réflexion actuelle sur le port éventuel d'un uniforme à l'école.
Sous le feu des projecteurs médiatiques depuis la rentrée scolaire de 2023, l'uniforme est en réalité une question d'ordre politique posée dans un temps long. Le cœur de ce travail collectif repose sur la volonté d'interroger les réflexions préexistantes, dans des contextes historiques différents, sur le fait de demander aux écoliers, aux élèves, de porter un habit distinctif, ou au contraire de ne pas le promouvoir.
Historiens, anthropologues, juristes, aidés par des conservateurs, analysent donc les sources administratives et normatives (lois, règlements intérieurs d'établissements), en les croisant avec d'autres fonds documentaires, en particulier iconographiques, pour fonder le vêtement scolaire comme un " fait total " reflet d'une conception des apprentissages, du corps de l'enfant et de la place de l'écolier dans la société considérée.