Pièce conçue pour la lecture mais dotée d'une puissance scénique manifeste, "Lorenzaccio" de Musset est une œuvre du paradoxe et du renversement : le vice y masque la vertu, le pouvoir s'y révèle déprédation, et les espaces comme les consciences s'y défont sous le poids de la corruption et de l'inertie. Cet ouvrage analyse le clair-obscur qui structure la pièce, de la sombre ruelle au palais ducal. Il montre comment l'espace florentin fonctionne à la fois comme révélateur des âmes et tombeau des illusions, et comment, dans cette cité où lieux du pouvoir et lieux de débauche se confondent, le drame consigne l'échec du politique. Écho au pessimisme des premières années de la monarchie de Juillet, il révèle ainsi la modernité désespérée de Musset.
Ce livre est le fruit d'une expérience capitalisée le long de plusieurs années d'enseignement de la théorie de l'information. Son contenu est puisé principalement dans le module dispensé a la faculté des sciences et techniques de Mohammedia, université Hassan II de Casablanca, aux étudiants de la licence Informatique, Réseaux et Multimédia. Indiscutablement, le cours a été amélioré et enrichi par les discutions et les échanges avec les étudiants. La rédaction de chaque notion technique est illustrée par un ou plusieurs exemples. Les exercices (plus de 130 traités et vus en classe), sont d'un niveau comparable à celui des universités et des grandes écoles. Par souci de clarté, les corrigés présentés sont amplement détaillés. L'ouvrage est composé de cinq chapitres. Le premier donne un aperçu sur les codes historiques les plus célèbres que la société humaine a connus et parfois utilise encore aujourd'hui pour véhiculer l'information. Le deuxième chapitre traite de la mesure de l'information et de l'entropie de Shannon. Une attention particulière sera accordée a ces concepts. Le troisième chapitre étudie le codage des sources discrètes. Il contient l'algorithme de Sardinas et Patterson qui teste si un ensemble ni peut servir comme code de transmission ou bien il va créer une confusion lors du décodage à la réception des données. Le quatrième chapitre s'occupe des canaux discrets sans mémoire. Le cinquième chapitre est dédié à la théorie des codes détecteurs et correcteurs d'erreurs survenues lors d'une transmission. Le contenu du livre est destiné aux étudiants en licence ou, comme une introduction de la théorie de l'information, aux étudiants des masters ou des écoles d'ingénieurs. C'est un support de cours pour des enseignements correspondants a ces niveaux. Il peut aussi être utile à tous les jeunes passionnés de nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Les oraisons funèbres de Bossuet, oscillant entre déploration et consolation, grandeur et néant, ne correspondent pas à l'image pétrifiante qu'en donne notre histoire littéraire. Réinscrivant ces discours dans leur tradition rhétorique et mettant au jour les tensions qui les traversent, cet essai réinscrit ces discours dans leur tradition rhétorique, met au jour leurs tensions, et montre que la mémoire de la perte est convertie en ressource pour l'avenir de la communauté endeuillée.
L'œuvre de Claire de Duras déjoue l'image convenue de l'aristocrate éclairée et de la salonnière influente sous la Restauration. Ses trois romans donnent voix à des figures marginales, dont les souffrances révèlent les contradictions idéologiques et les désillusions de l'ère postrévolutionnaire. Loin de se conformer pleinement aux attentes du roman sentimental, son œuvre explore le " mal du siècle " selon une perspective singulière, pour en dénoncer les racines sociales et politiques. Elle examine ainsi la persistance des préjugés de race et de classe, non sans conserver les ambivalences d'un imaginaire colonial et genré. Cet essai entend montrer que le cadre traditionnel du roman sentimental n'est ici que prétexte à une redéfinition du canon romanesque, qui s'ouvre aux questions sociales pour déployer une critique, en creux, des inégalités et des structures oppressives.À défaut d'un salut possible dans l'amour, Ourika, Édouard et Olivier ou le secret explorent un horizon de solitude adoucie par les valeurs de l'amitié et de la spiritualité. Longtemps reléguée au second plan des histoires littéraires, l'œuvre de Claire de Duras esquisse les prémisses d'une pensée lucide sur la condition féminine entravée – qui est aussi celle des autrices de son temps – et préfère, aux impasses de l'idéal amoureux, des liens plus justes fondés sur l'égalité et l'émancipation.
Le présent ouvrage propose une étude de trois comédies de Pierre Corneille (1606-1684): La Place royale (1634), Le Menteur (1643) et La Suite du Menteur (1644).
Il s'agit d'offrir au lecteur une introduction à la comédie du début du XVIIe siècle, c'est-à-dire à la comédie avant Molière. Il s'agit aussi de voir sous un autre jour un dramaturge surtout connu pour son œuvre tragique ou tragi-comique (Le Cid, Cinna, etc.), mais qui consacra en vérité la première partie de sa longue carrière (1629-1674) à renouveler en profondeur et avec succès le théâtre comique, mettant en scène les amours et les désamours de la jeunesse citadine de son temps. L'étude est suivie d'une anthologie critique et d'une bibliographie.
En 1800, Staël fait paraître De la littérature. L'ouvrage se veut une réflexion sur les rapports entre la littérature et les "institutions sociales" (lois, mœurs, religion) pour comprendre l'histoire des formes littéraires et le progrès des idées. Empruntant à Montesquieu et à Condorcet, il s'agit pour l'autrice de réfléchir à ce que pourrait être une littérature en régime républicain, spécifique au cas français. Mais la conception d'une humanité toujours en progrès est-elle absolument tenable? N'existe-t-il pas des obstacles puissants à une telle évolution? La présente étude se propose de guider le lecteur pour mieux appréhender les différentes facettes du premier grand essai staëlien.En 1800, Staël fait paraître De la littérature. L'ouvrage se veut une réflexion sur les rapports entre la littérature et les "institutions sociales" (lois, mœurs, religion) pour comprendre l'histoire des formes littéraires et le progrès des idées. Empruntant à Montesquieu et à Condorcet, il s'agit pour l'autrice de réfléchir à ce que pourrait être une littérature en régime républicain, spécifique au cas français. Mais la conception d'une humanité toujours en progrès est-elle absolument tenable? N'existe-t-il pas des obstacles puissants à une telle évolution? La présente étude se propose de guider le lecteur pour mieux appréhender les différentes facettes du premier grand essai staëlien.
Dans les dernières années de sa vie, Scarron a beau être cloué sur sa chaise de paralytique, sa plume alerte n'a rien perdu de son allégresse ni de sa vivacité: dans le Roman comique, les tribulations d'une troupe de théâtre au Mans sont l'occasion d'une fantaisie romanesque foisonnante, où les anecdotes de taverne et les scènes de farce alternent avec les nouvelles sentimentales et les histoires de pirates. Grands seigneurs méchants hommes, belles dames mystérieuses, hommes de loi véreux et comédiennes trop séduisantes constituent le personnel hétéroclite et haut en couleurs d'aventures trépidantes au rythme échevelé, bâties sur de permanentes ruptures de ton. Contrepoint des grands romans de l'époque, inspiré aussi par une veine espagnole picaresque, soutenu enfin par une verve ironique dévastatrice, le Roman comique nous donne une image inattendue de la France du XVIIe siècle: celle des duels et des relais de poste, celle des chemins de boue et des châteaux perdus, celle des eaux-fortes de Jacques Callot et d'Abraham Bosse. Malgré son inachèvement, le Roman comique constitue à coup sûr une savoureuse scène de la vie de province au temps de la Régence, dont bien plus tard Théophile Gautier saura se souvenir en composant son Capitaine Fracasse.
Cette monographie consacrée à Mauprat (1837), roman de George Sand, propose une réflexion sur ses enjeux politiques (les droits fondamentaux et en particulier les droits des femmes), en les contextualisant. Elle comporte en outre une analyse de la composition, de l'esthétique et de la logique du récit; elle cherche à cerner la singularité de ce discours et de ce style, tout en identifiant ses ascendants littéraires et philosophiques.Mauprat interroge la stéréotypie romantique du masculin héroïque (brigands, lions, séducteurs sentimentaux, chevaliers et révoltés), et fait dysfonctionner l'histoire d'amour avant de la remettre sur pied.
Machine de guerre au service des Anciens, lancée au plus fort de la Querelle, instrument d'une christianisation des pratiques littéraires, Les Caractères stupéfient par ce qui fut à leur époque considéré comme " une manière d'écrire toute nouvelle ", utilisant l'écriture discontinue pour s'interroger sur l'intelligibilité des comportements humains. Cette œuvre ouverte permet d'inventer un mode d'investigation à même de restituer le processus par lequel s'élabore un savoir en perpétuelle réflexion sur lui-même, et rend sensible la force d'indignation et d'inquiétude qui perce derrière l'humour, l'ironie et la comédie. Une hygiène de la pensée est nécessaire à celui qui entend résister à la puissance de falsification de l'égocentrisme. Elle est aussi condition d'efficacité du discours moral : le lecteur ne deviendra pas " raisonnable et plus proche de devenir chrétien " en demeurant passif, mais en entrant dans la dynamique cognitive du livre de morale, et en faisant pour son propre compte le parcours intellectuel déjà effectué par l'écrivain.
Tiré de dix années d'oubli par Verlaine, rival posthume de Laforgue, salué par Tzara et Breton, Corbière n'est pas seulement le " poète maudit " ni " moderniste " qu'une certaine histoire littéraire a construit. Son œuvre, traversée par une puissance de dérision féroce, propose un recommencement du lyrisme à partir d'une esthétique polyphonique qui mêle dissonance antiromantique et consonance primitiviste. Son " ironie lyrique " (Bakhtine) perpétuelle ne peut plus être une quête de soi, mais une quête du vrai qui se fera aussi recueil de voix. Où l'on découvrira un " Maître-philosophe cynique " qui nous apprend à mourir de rire, qui " joue du couteau " contre une certaine tradition, romantique, contre le présent, parnassien, mais aussi contre la domination graphocentrique, et donc pour l'inscription du corps dans la langue : " Si ce n'est pas vrai – Que je crève ! ".
Que nous disent les enluminures de manuscrits sur les textes littéraires du Moyen Âge ? Quelles lumières ces peintures peuvent-elle projeter sur le roman ou sur le poème médiéval ? Cet ouvrage, qui s'adresse à tous les lecteurs intéressés par le dialogue entre texte et image, propose une initiation à la lecture de l'un des poèmes courtois les plus célèbres et les plus richement illustrés du Moyen Âge : le Roman de la Rose, roman en vers commencé par Guillaume de Lorris dans la première moitié du xiiie siècle. L'étude, qui adopte une perspective diachronique, s'interroge sur la manière dont ce texte fondateur a pu être reçu, interprété, transmis par les peintres-enlumineurs du début du xiiie jusqu'à l'aube du xvie siècle. Quatre cycles iconographiques complets appartenant à quatre manuscrits d'époques différentes (conservés à la Bibliothèque nationale de France, à la British Library, à la Pierpont Morgan Library et accessibles en ligne) ont été retenus pour éclairer une démarche fondée sur l'observation et la description méthodiques des cycles d'illustrations. Le but de ce volume est de montrer comment l'examen des enluminures peut offrir des clefs d'interprétation du texte médiéval et de sensibiliser les lecteurs d'aujourd'hui à un art dont la finesse et la beauté ne cessent d'étonner.