L'objet de ce numéro de RDST est de faire le point sur les recherches qui prennent pour objet le changement climatique, afin de comprendre comment se situe la didactique des sciences et des technologies dans ce paysage. En effet malgré l'ancienneté des premières alertes scientifiques sur le changement climatique, l'éducation au changement climatique est un courant éducatif récent et encore sous-théorisé, qui émerge à l'interface de la didactique des sciences et des technologies, de l'éducation à l'environnement et de l'éducation au développement durable. Les travaux de recherche sont devenus rapidement nombreux, car tous les niveaux d'enseignement se trouvent impactés en même temps, dans la plupart des pays, à la fois dans le champ de l'éducation formelle, du fait de politiques éducatives internationales plus ambitieuses, et dans le champ de l'éducation informelle dans lequel les initiatives se multiplient également. Ce dossier vise également à décrire dans quelle mesure l'urgence climatique renouvelle les questions didactiques des disciplines scientifiques et technologiques à propos du climat comme objet scientifique, mais aussi socio-politique.
La question de l'évaluation est particulièrement présente et vive dans les systèmes éducatifs. Or, paradoxalement, elle n'apparait pas comme un sujet d'étude de première importance dans les recherches en didactique des sciences et des technologies. Ce numéro de RDST tente de faire le point sur ce que ces recherches ont à dire à ce sujet. Fondé sur une revue de la littérature anglophone et francophone, son éditorial pointe ce qui a caractérisé le développement des études sur l'évaluation, leur focalisation récente sur la notion de compétence lorsque des formes plus complexes d'enseignement en sciences ou d'ouverture des enseignements disciplinaires ont pris de l'importance, et l'influence des évaluations internationales (PISA et TIMSS). Trois articles donnent à voir comment l'évaluation est désormais interrogée. Le premier article fait écho au fait qu'il n'est pas facile d'adapter l'évaluation à des formes plus complexes d'enseignement de la biologie, au regard des intentions et du point de vue de l'enseignant. Le deuxième article s'inscrit dans le contexte de l'apprentissage des sciences et techniques médico-sociales (STMS). Le processus évaluatif est abordé en lien avec le rapport à l'erreur et sa prise en charge par l'enseignant. Le troisième article discute les résultats des élèves français de 4e à l'évaluation internationale TIMSS 2019. Par une analyse critériée de l'ensemble des items de l'enquête, il met en valeur ce qui les rend performants ou moins performants.
Ce numéro est consacré à une approche didactique des ressources éducatives que les enseignants de sciences ou de technologie utilisent ou conçoivent.Trois articles se focalisent le travail que les enseignants effectuent sur et avec les ressources et la perception qu'ils en ont: comment mettre en place des processus de problématisation en classe en prenant appui sur des documents d'histoire des sciences; comment mieux bénéficier des textes documentaires proposés dans les manuels scolaires en mettant en évidence les implicites qu'ils contiennent; comment et selon quels critères faire un choix des ressources vidéo publiées sur Youtube et les légitimer pour l'enseignement.Une introduction ouvre les questionnements sur des terrains de recherche communs aux didactiques des sciences et des technologies et aux ressources éducatives: conception, acceptabilité, légitimation, validation, indexation, expérimentation, modélisation…
RDST est une revue internationale de didactique des sciences et des technologies, issue de la fusion de deux revues: Aster et de Didaskalia. RDST étudie le domaine de l'apprentissage et de l'enseignement des sciences et des technologies, de la maternelle à l'université, dans différents contextes (scolaires, muséologiques, etc.). Chaque numéro de la revue est composé d'une partie thématique et d'une partie varia elle même séparée en plusieurs rubriques: articles, compte-rendu d'innovation, notes de lecture. La revue s'adresse aux chercheurs en didactique des sciences, aux formateurs, aux enseignants de sciences et de technologies et plus généralement à tous ceux qui s'intéressent la diffusion des savoirs scientifiques et technologiques.
À un moment où l'enseignement supérieur scientifique doit relever des défis importants et est en profonde mutation, où il est le lieu de questionnements tant de la part des praticiens que des chercheurs en éducation, ce numéro revient sur un ordre d'enseignement auquel la didactique s'est intéressée dès son émergence, et qui, depuis, a été moins exploré comparativement aux ordres primaire et secondaire. Parmi les articles présentés ici, la physique est la discipline la plus représentée comparativement à la biologie. Deux autres disciplines font à présent l'objet de recherches: la chimie et l'informatique. Parallèlement à une ouverture vers l'exploration de davantage de disciplines et d'institutions, on note un déplacement d'objet. Alors qu'à l'origine, en France, les travaux en didactique des sciences sur l'enseignement supérieur s'intéressaient essentiellement aux étudiants, la majorité des articles du dossier se rapporte aux enseignants, et un seul concerne les étudiants. Les articles aident à cerner les pratiques enseignantes sur différents points (les travaux pratiques et la démarche expérimentale, les modèles et la modélisation, le numérique, les disciplines/pratiques de référence et d'enseignement) et invitent à explorer des questions didactiques. Parallèlement, apparaissent ceux de l'appropriation d'outils issus de la recherche en didactique par les enseignants et de leur développement professionnel.
Nul ne conteste la nécessité aujourd'hui de se former tout au long de la vie pour faire face aux évolutions rapides de nos sociétés et à leur complexité toujours croissante. Les enseignants de sciences et de technologies n'y échappent pas, et leur formation conditionne pour partie l'intégration de leurs élèves à la société dans laquelle ils vont vivre.Dans ce contexte, les apports de la recherche notamment en didactique peuvent être décisifs, qu'ils nourrissent directement les actions de formation (quand ils concernent l'enseignement et l'apprentissage de concepts et de méthodes scientifiques ou technologiques, ou encore la nature des sciences ou des technologies) ou qu'ils analysent des actions de formation des enseignants du domaine et de leurs effets sur les pratiques.C'est à ce second volet de la recherche que le numéro est consacré: que nous apprend la recherche en didactique des sciences et des technologies sur la formation des enseignants de ces domaines?Au-delà de la spécification des enjeux actuels des formations et de quelques points de repères généraux issus des recherches, on y trouve plus particulièrement la description, la caractérisation ou encore l'analyse des effets de formations initiales ou continues à la programmation et à l'investigation dans le primaire ou encore à l'autonomie et à l'enseignement des SVT dans le secondaire.
Les recherches consacrées à l'éducation scientifique et technologique des très jeunes élèves connaissent un développement important depuis quelques années en France comme dans d'autres pays. Cependant, ces recherches sont encore peu nombreuses comparativement à celles concernant les élèves plus âgés. Par ailleurs, la nature même de cette éducation scientifique et technologique précoce ne fait pas l'objet d'un consensus (ou est encore un objet de débat) ni au niveau des différentes prescriptions institutionnelles ni au niveau des chercheurs qui s'y intéressent. Faut-il considérer cette éducation en la pensant à partir des contenus des niveaux supérieurs ou faut-il avant tout prendre en compte les spécificités de ce segment scolaire? C'est dans le cadre du développement de cette problématique de recherche encore émergente que la revue RDST a décidé de consacrer le dossier du n°22 à l'éducation scientifique et technologique d'élèves de 2 à 6 ans. Ce dossier comporte 6 articles présentant des approches variées sur divers contenus relevant du monde de la matière ou des objets. Trois perspectives de recherche complémentaires sont présentes dans ce dossier: les apprentissages des élèves, les pratiques enseignantes et les contenus curriculaires. Les articles réunis dans ce dossier apportent certains éléments de réponse dans ces trois directions, ils pointent aussi des questions qui restent encore ouvertes.
Les problématiques curriculaires tiennent au sein des recherches en didactique des sciences et des technologies une position paradoxale. Au moment où les enseignements scientifiques et technologiques connaissent de profondes reconfigurations, suscitant ainsi des recherches privilégiant des points de vue curriculaires, celles-ci peinent, en effet, à structurer une perspective curriculaire thématisée en tant que telle. Les articles de ce dossier thématique offrent un aperçu des problématiques didactiques selon des perspectives curriculaires variées et visent à en dégager quelques caractéristiques. Ainsi, le premier article questionne la prise en charge par les enseignants de la connexion entre le domaine " explorer le monde " et les autres domaines de l'école maternelle, en tant qu'élément d'un curriuculum non disciplinaire. Le deuxième article interroge les effets du choix curriculaire d'enseigner la notion d'énergie, dans le cadre d'un enseignement transversal commun aux quatre spécialités de la filière STI2D, par des enseignants ayant des ancrages de spécialité différents. Le troisième article étudie l'évolution de la construction de l'élève en tant que sujet à travers la discipline des sciences de la vie depuis 1958. Il analyse des interprétations du curriculum prescrit que constituent les manuels scolaires. Le dernier article discute les conditions de possibilité d'un curriculum en enseignement professionnel. Il en propose, plus particulièrement, un modèle didactique pour une ingénierie cohérente avec une approche par compétences.
Pourquoi un dossier sur la validité des recherches en didactique des sciences et des technologies (DST)? Après tout, dans un grand nombre de disciplines on s'en tient à faire de la recherche et à soumettre à la critique des pairs chaque projet de publication. Mais il se trouve que les recherches en didactique cumulent un certain nombre de handicaps: elles prétendent dire quelque chose sur l'École, sujet sociétal sensible; elles revendiquent, en particulier au travers de leurs méthodes, leur appartenance aux sciences humaines que des relents de scientisme dévaluent par rapport aux sciences dites " dures "; elles sont jeunes et se sont développées, au moins au départ, en tension avec les institutions. Le but de ce dossier pas de régler une fois pour toute cette question de la validité des recherches en DST mais de participer à resituer ce problème dans son contexte historique et scientifique et d'appeler les chercheurs, les chercheuses du domaine à échanger à ce sujet. Les contributions qui structurent ce dossier offrent une variété intéressante pour discuter de la validité des recherches en DST. Ainsi, les deux premiers articles présentent un éclairage méthodologique d'une recherche, l'un sur la validité et la fiabilité d'un outil questionnaire et l'autre sur la validité des résultats produits par une étude des réponses d'enseignants à des questions ouvertes. Le troisième article prend la forme d'une méta-analyse méthodologique et revient sur les fonctions des études de cas dans les recherches en DST.
Dans un contexte où les problématiques et les pratiques de recherche académique bousculent les frontières disciplinaires et où les institutions scolaires prônent l'interdisciplinarité et multiplient les dispositifs interdisciplinaires, ce numéro se propose de présenter l'actualité de la recherche en didactique des sciences et des technologies sur la question des rencontres entre les disciplines.Après une première partie développant les évolutions de la recherche académique et de l'institution scolaire, l'article d'introduction montre comment la question de l'interdisciplinarité, la manière dont on envisage les liens entre les disciplines sont liées aux finalités attribuées à l'enseignement des sciences, avec deux orientations contrastées mais non contradictoires potentielles, celle d'une orientation de formation épistémologique et celle d'une orientation de formation citoyenne.Les contributions de la partie thématique du dossier se positionnent différemment sur ces deux orientations quant aux enjeux attribués à l'enseignement des sciences, en lien avec les enjeux de l'interdisciplinarité. Ils articulent des réflexions épistémologiques et des analyses de dispositifs interdisciplinaires en classe et en formation des enseignants.
Dans un contexte d'avancées rapides et importantes en biologie et en biotechnologie la question des limites à poser et des orientations à choisir concernant l'action de l'Homme sur les vivants et notamment leur diversité se pose avec une actualité renouvelée et interroge les valeurs sous-jacentes au rapport que l'Homme entretient avec la vie, le(s) vivant(s).Pouvoir comprendre ces questions socio-scientifiques et contribuer à la prise de décision à leur sujet est devenu au cours des deux dernières décennies un enjeu important de l'éducation scientifique.Après une mise au point sur les recherches concernant ces thèmes, les contributions de la partie thématique du dossier 18 explorent trois aspects de leur prise en charge pour l'éducation formelle:- un état des lieux de la prise en charge du vivant (enseignement obligatoire) et de la biodiversité (enseignement primaire et secondaire) par les curricula prescrits des sciences du vivant;- l'appropriation déclarée par les enseignants d'opportunités muséales ou curriculaires pour aborder la biodiversité et des enjeux sociétaux associés au vivant;- les difficultés des enseignants " scientifiques " à appréhender des contenus hybrides comme les nanotechnologies et le bien-être animal.Ces six articles invitent à interroger la cohérence et la pertinence des choix curriculaires portant sur l'enseignement du vivant et de la biodiversité à l'aune des multiples enjeux les concernant et contribuent à mieux cerner leur appréhension par les enseignants.
De nombreuses recherches en didactique des sciences et de la technologie soutiennent l'ambition d'agir avec et pour les acteurs du système éducatif. Dans cette perspective, des projets collaboratifs offrent l'opportunité de mettre à disposition de la communauté enseignante des résultats de la recherche ou d'intégrer aux objets de la recherche les savoirs d'expérience. Pour autant, les résultats de recherches, même s'ils s'appuient sur une approche praxéologique, ne peuvent être directement transposés dans la pratique. L'intégration de savoirs issus de communautés différentes conduit à interroger comment chercheurs, enseignants et formateurs parviennent à établir des ponts entre recherche, pratique et formation. Ce dossier présente des exemples de collaborations engageant des chercheurs, des enseignants et des formateurs dans différents contextes. Ces contributions témoignent du défi que pose la transposition des résultats de recherches en didactique dans la pratique. C'est l'occasion d'étudier comment se positionnent les acteurs dans cette intention d'arrimer pratique et recherche, comment l'expertise des uns et des autres est reconnue et comment elle est mise à contribution. Les trois articles composant ce dossier illustrent bien la complexité d'un maillage entre pratique et recherche contribuant à la formation et au développement professionnel des enseignants, ainsi qu'au développement de la recherche en didactique.