Faut-il instaurer un couvre-feu ? Confiner ? À quelle échelle ? Pour combien de temps ? Qui cibler ? Les plus vulnérables ? Les plus jeunes ? Les personnes âgées ? Doit-on opter pour des mesures légères, au risque de pertes humaines massives, ou imposer des restrictions sévères, quitte à porter atteinte aux libertés fondamentales ? Autant de dilemmes auxquels les gouvernements du monde entier ont été confrontés lors de la crise du Covid-19. Confinements, pass sanitaires, traçage numérique ; Si ces mesures exceptionnelles particulièrement attentatoires aux libertés semblaient nécessaires, elles ont soulevé des interrogations majeures sur l'équilibre entre protection collective et droits individuels. Pourtant, cinq ans plus tard, les réponses demeurent incertaines. La tâche est ardue, certes, mais il est impératif de s'y atteler, car, de l'avis des spécialistes, une nouvelle crise sanitaire surviendra. Et nul ne comprendrait qu'aucune leçon n'ait été tirée de cet événement tragique ayant causé près de 7 millions de morts. À la croisée du droit, de la médecine, de la sociologie, de la philosophie et de l'éthique, cet ouvrage pluridisciplinaire ne se contente pas de dresser un constat : il éclaire les enjeux internationaux, met en perspective les choix réalisés et propose des pistes pour mieux concilier demain la protection de la santé publique et le respect des libertés individuelles.
Avaler la pilule ou faire avaler la pilule ? En contexte de " crise de la pilule " en France, la centralité de la contraception orale dans le panel contraceptif français persiste. À travers une immersion ethnographique en consultations gynécologiques, l'ouvrage questionne l'envers d'une prévalence contraceptive élevée qui ne suffit pas à garantir un accès égal à l'ensemble du panel contraceptif pour toutes les femmes, selon les membres du corps médical qu'elles consultent et les caractéristiques des structures médicales. Après dix ans de recherches, la publication de cette enquête sociologique rend compte de la complexité de la réalité à l'heure des controverses autour des violences gynécologiques, en identifiant des outils prémunissant de ce risque, et favorisant le choix libre et éclairé des usagères, afin que la contraception puisse constituer un réel levier d'émancipation. L'ouvrage participe ainsi à la mise au jour de mécanismes qui freinent ou favorisent l'accès à la contraception libre et gratuite, attendu depuis plus d'un demi-siècle.
" Nul n'est inemployable ! " disait la ministre du Travail française en 2018. " Tout le monde est employable " renchérissait la secrétaire d'État aux personnes handicapées. Les décideurs publics français répètent sans cesse leur volonté d'inclure les personnes handicapées sur le marché du travail. Les personnes handicapées restent toutefois globalement en marge de l'emploi et le nombre de travailleurs d'ESAT ne diminue pas. Comment expliquer cette difficulté à développer l'inclusion des personnes handicapées en France alors que d'autres pays comme la Suède y parviennent ? Sur la base d'une analyse comparative des politiques publiques françaises et suédoises, cet ouvrage propose des clés de compréhension de cette situation. La France comme la Suède se réclament d'un État-providence fort. Mais ces deux pays diffèrent par leur conception de la place et des rôles des personnes en situation de handicap dans la société qui se traduit par des approches contrastées des modèles d'autonomie, d'inclusion et de protection. Il ne s'agit donc pas seulement d'améliorer les établissements et services spécialisés mais de transformer la société dans son ensemble pour permettre l'inclusion pleine et entière. Cette enquête sur le travail protégé invite ainsi à une réflexion plus globale sur le handicap comme enjeu socio-politique.