La guerre en bloc et face à la mer à travers l'appareil photographique et critique d'un " révélationnaire ".
" Abandonnés sur le sable du littoral comme la mue d'une espèce disparue ", les bunkers du mur de l'Atlantique s'usent. Leur figure anthropomorphe et leur identification à l'occupant allemand ont fait scandale. Il y a cinquante ans, Paul Virilio leur a consacré un livre auquel nous ne cesserons de nous référer tant que les remparts illusoires continuent d'encombrer l'horizon de l'histoire.
En étudiant l'architecture des bunkers en temps de paix, c'est la guerre qu'il scrute. En pensant l'espace militaire, c'est la paix qu'il interroge, notre besoin de chasser la peur, d'oublier. Parce que long et patient, le regard de Paul Virilio est purement archéologique. Parce que façonné derrière les fentes de visée, il devient de plus en plus aigu, de fait philosophique. Le fait est que la guerre est rétrospective et prospective. Le réarmement accéléré de l'Europe, quant à lui, " est maintenant ".
L'essai est précédé d'une préface de Peter Geimer et suivi d'un récit autobiographique, accompagné de seize plans fixes et d'un cahier de treize photographies de Sophie Virilio. Cet appareil intime retrace la genèse de Bunker Archéologie, se saisit de son héritage, et dessine les contours d'une triple filiation : par le sang, l'écriture et l'image.
Avec 6 croquis inédits de Paul Virilio.
Le vide, lieu de toutes les interactions possibles, bouillonne et inspire. La science et l'histoire de l'art, à l'état pur et en dialogue.
La conception du vide a été profondément remise en question au début du XXe siècle par l'émergence de la mécanique quantique et de la relativité. Dans cet essai inédit, court et limpide, Achille Stocchi retrace l'histoire du vide, fait état de sa matière et de son comportement. Le vide est un état dynamique doté d'une énergie fluctuante et rempli de particules qui interagissent. Il façonne l'évolution et la structure de l'univers depuis le Big Bang.
En plus de faire avancer la science et notre compréhension de la nature, les grandes découvertes scientifiques marquent aussi la naissance de la modernité artistique. Pourtant les artistes n'en restent pas moins des miroirs déformants, inspirés qu'ils sont d'un imaginaire qui déborde toute rationalité. C'est ainsi qu'Achille Stocchi passe le relais à Christian Joschke, que la science cède sa place à l'histoire de l'art, que les sciences humaines deviennent elles aussi, en quelques pages, des particules élémentaires.