Échafauder l'avenir des territoires et leur aménagement en choisissant une démarche humaniste, émancipée des seuls cadrages d'ingénierie vis-à-vis des lieux, des terrains, des espaces et des paysages, telle est la démarche proposée ici. Celle d'une géographie humaniste parce qu'ouverte sur nos sensations et sur nos sentiments, sur l'écoute et les envies des citoyens, sur la prise en compte de la poésie des lieux, du souffle qui y est perçu, de la bigarrure des couleurs et des sons qui les traversent. Car instiller de la sensibilité et de l'aménité dans nos façons de voir l'espace et de le vivre est plus que jamais nécessaire. C'est à une position de résistance face aux changements à envisager, et contre l'affolement du temps, que nous invite cet essai. Avec sa conviction profonde : le filtre du sensible est un passeur de frontières nous permettant d'aménager les lieux, les espaces, les territoires et les paysages afin de transmettre durablement, intelligemment, précautionneusement, le legs reçu au profit de ceux qui nous succèdent.
Entre 1998 et 2007, Raymond Depardon a régulièrement filmé des paysans en Lozère, Ardèche, Haute-Loire et Haute-Saône. En résulte une " trilogie paysanne " initiée par deux films réalisés pour la télévision – Profils paysans. Chapitre 1 : L'Approche (2000) et Profils paysans. Chapitre 2 : Le Quotidien (2004) – et couronnée par un film produit pour le cinéma, La Vie moderne (2008). Avec Claudine Nougaret (au son et à la production), Depardon recueille la parole – tantôt aisée, tantôt difficile – de paysans en fin de vie et de quelques jeunes paysans en début de carrière. Marcelle Brès, Raymond et Marcel Privat, Paul Argaud, Robert et Paulette Maneval ou encore Jean-François Pantel, deviennent ainsi les protagonistes d'une trilogie portant un regard sociologique et anthropologique sur un monde paysan à bout de souffle. Cette trilogie revêt également une dimension d'ordre autobiographique puisque Depardon vient de ce milieu-là. L'ombre de la ferme du Garet où il est né en 1942, et qu'il a quittée très jeune pour assouvir sa passion pour la photographie, plane en effet sur les trois films qui visent aussi à surmonter un complexe vis-à-vis du monde paysan.
Comment comprendre la relation de Simone de Beauvoir à Jean-Paul Sartre ? À quel type d'emprise Simone de Beauvoir semble-t-elle avoir été assujettie à la personne du philosophe ? Faut-il parler d'emprise, faut-il parler de soumission en totale et surprenante contradiction avec les récits autobiographiques de Simone de Beauvoir et avec son grand livre théorique Le deuxième sexe ? Pour tenter de répondre, la méthode ici mise en oeuvre consiste à remonter à la relation matricielle que Simone de Beauvoir a eue avec sa mère, Françoise de Beauvoir. Cette remontée à la source permet de penser au-delà des critiques, voire des attaques d'un point de vue éthique, qui ont été adressées à Simone de Beauvoir. Elle permet aussi, plus généralement, de mieux comprendre les impacts de cette relation somme toute ordinaire pour toute mère, toute fille que sont toutes les femmes.
Durant la longue période du Moyen Âge, les liens entre l'art et la théologie sont si intimes que l'histoire de l'art médiéval nous apparaît tout à fait étrange. Pour éclaircir cette étrangeté, le livre présente une première synthèse destinée à un large public : au lieu d'étudier, comme de l'extérieur, les formes et les styles de l'art du Moyen Âge, il tente de nous mettre dans le regard et dans l'esprit même de cette longue époque. Comment ? À partir de la présentation et de l'analyse de dix oeuvres prises dans des formes artistiques variées (enluminure, sculpture, vitrail, architecture…), il tente de percer la nature profonde des pensées qui lient indissociablement les théologiens et les artistes du Moyen Âge. Chaque oeuvre est étudiée dans son contexte historique. Chacune d'elles est décrite et interprétée de façon à immerger le lecteur au coeur de la richesse et de la complexité de la théologie chrétienne faite image : une image d'un Dieu qui s'est incarné.