Qu'est-ce que le patrimoine culturel immatériel ? Pourquoi inventer une nouvelle catégorie de patrimoine dans un monde déjà obsédé par la conservation des traces du passé ? Peut-on protéger des expressions culturelles vivantes sans les figer ? À qui revient la charge de le faire ? À qui appartient ce patrimoine ? À travers une analyse des politiques culturelles récemment engagées par les États à la suite de la Convention de l'Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003), cet ouvrage propose de premières réponses à ces questions. En effet, cette catégorie patrimoniale, qui suscite des attentes et un engouement croissants parmi les acteurs sociaux et politiques à l'échelle planétaire, est à l'origine de vives controverses entre acteurs institutionnels et scientifiques. Modelée sur une acception anthropologique de la culture, cette notion ne peut que retenir l'attention des ethnologues, qu'ils choisissent de s'investir dans le chantier d'élaboration de ce patrimoine, ou d'observer à distance l'" effet Unesco " sur des objets tels que la samba de roda ou les fêtes de la Tarasque. Au cœur du débat anthropologique contemporain, l'institution du patrimoine immatériel est trop récente pour avoir déjà fait ses preuves. Mais les difficultés qu'elle pose, aux acteurs sociaux comme aux institutions, en France aussi bien qu'à l'étranger, montrent que loin de simplement élargir le champ patrimonial elle implique des changements profonds. Les contributions ici réunies en analysent certaines des limites et des potentialités.
Jardins et plantes cultivées, fruits et légumes ou végétaux d'ornement sont entrés depuis peu dans le domaine du patrimoine. Sauvegarde des espèces en voie de disparition, redécouverte et restauration des jardins historiques, expositions-ventes de plantes rares, floraison de collections inédites, combat d'associations pour la préservation des variétés locales et renaissance de l'art des jardins mobilisent de plus en plus responsables publics, professionnels et gens ordinaires. L'auteur y décèle bien plus qu'un phénomène de modes : l'éclosion de formes nouvelles de sensibilité à la nature et au passé. Le patrimoine végétal - vivant et donc impossible à muséifier - met à l'épreuve les procédures et les modes de gestion traditionnels, il oblige à tenir compte des dimensions du temps et de l'usage, donc à penser en termes nouveaux la question du patrimoine.
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