Chercheurs et artistes expérimentent l'opérativité et l'efficacité du concept de dé-coïncidence forgé par le philosophe François Jullien en le mettant à l'épreuve des arts. Le concept de dé-coïncidence proposé par le philosophe, helléniste et sinologue François Jullien a fédéré, pendant une année, une équipe de chercheurs et artistes venus de différents horizons : des philosophes, des psychanalystes, des artistes peintres, des compositeurs, des enseignants-chercheurs de l'université d'Aix-Marseille et un metteur en scène ont lancé une véritable expérience de recherche à laquelle François Jullien lui-même s'est associé. Ensemble, ils ont cherché à rendre compte de l'opérativité et de l'efficacité du concept de dé-coïncidence à l'épreuve des arts. De leurs diverses rencontres est né cet ouvrage, organisé selon cinq axes thématiques qui ont émergé de leurs rencontres : " Dé-coïncidence : décapement, décalement, découvrement " ; " Réel, raté, inouï " ; " Écart, effet (entre) " ; " Rouvrir des possibles " ; et enfin " Différence et dé-coïncidence ". Chaque chapitre de ce volume résulte donc d'une nécessité d'approfondir une thématique en particulier, soit du fait de son caractère insistant, soit parce qu'elle soulève des questions, voire des points de confrontation, lors des rencontres interdisciplinaires, notamment le concept même de dé-coïncidence en lien avec la notion de différance, ou celui d'inouï avec la notion de réel.
Nietzsche et l'art contemporain ? Voilà une alliance pour le moins paradoxale, du moins en apparence. Et pourtant, voici comment une lecture attentive d'un philosophe intempestif peut nous éclairer sur l'art et les artistes de notre temps.
L'auteur est à la fois philosophe de formation (agrégé de philosophie, professeur d'Université) et connaisseur de l'art contemporain. Au moins depuis l'exposition Dionysiac au Centre Pompidou (2005), il constate les liens récurrents entre la philosophie de Nietzsche d'une part, et sa récupération ou son interprétation du côté des artistes et critiques contemporains d'autre part. Il s'agit donc de faire le lien entre les deux, pour une meilleure compréhension de ce qui apparaît encore à beaucoup comme une terre inconnue. L'art dit " contemporain " désigne désormais un genre, voire un paradigme, alors qu'il devrait seulement désigner une époque — celle dont, précisément, nous sommes les contemporains, au sens large après 1945, au sens étroit après 1960 (avant, c'est l'art " moderne " ; après, c'est l'art " actuel "). Cet ouvrage n'appartient à aucune partie prenante de ce qu'on a pu appeler la " crise " de l'art contemporain : a priori, il ne démonte ni ne défend l'art contemporain en général, il essaie juste de jeter un regard différent sur certaines œuvres en particulier, à partir d'un point de vue philosophique global.
Ces contributions en esthétique, sociologie, anthropologie et philosophie interrogent l'étroite articulation entre laideur, altérité et exclusion, montrant le renversement opéré du confort esthétique du beau au culte de l' " im-beau " contemporain.
Les contributions en esthétique, littérature, sociologie, anthropologie et psychanalyse réunies dans ce volume interrogent l'étroite articulation entre laideur, altérité et stigmatisation sociale ou condamnation morale?; elles montrent comment la fabrication de la laideur résulte d'une émotion socialement fabriquée mettant en jeu la relation entre individu et communauté?; la catégorie du laid apparaît comme historiquement et culturellement construite?; elle vise aussi à rejeter comme dépassée la norme du "?beau?" pour mettre en œuvre une esthétique de l'expressivité, voire de l'"?im-beau?".
Souvent refoulée, la laideur constitue un fondement essentiel du dialogue des arts franco-allemands depuis 1750, où sa puissance expressive, sa dimension humaniste, sa force provocatrice et sa fonction critique se sont révélées toujours plus puissantes.
Depuis le milieu du xixe siècle, les " arts qui ne sont plus beaux " ont conquis une place toujours plus grande dans l'art et dans l'esthétique. Mais la réflexion sur le laid est restée souvent superficielle, la condamnation esthétique du laid se doublant souvent d'un jugement de valeur moral. Cet ouvrage entend montrer en quoi la laideur artistique constitue un fondement essentiel du dialogue des arts franco-allemand, une catégorie esthétique autonome et un facteur déterminant du passage d'une esthétique de l'impression à une esthétique de l'expression, de la résistance et de la provocation.
Le philosophe Michel Guérin, auteur de Qu'est-ce qu'une œuvre ? (1986) et du Temps de l'art (2018), se confronte à nouveau au problème de la création. Cette fois le processus créatif est abordé à travers la relation – où le conflit et la solidarité négocient un équilibre tendu – entre l'expérience (attestant le réel) et l'intention de l'artiste qui vérifie la ténacité du désir.
Michel Guérin s'attaque dans ce livre au problème de la création. Les exemples sont pris dans le domaine de l'art, mais l'analyse vaudrait pour toute forme de création, pourvu que, de la confrontation d'une intention et de l'expérience, résulte une oeuvre.L'intention, ainsi que le désir ou le vouloir qui lui donnent sa tension propre, renvoient à ce qui se passe à l'intérieur, tandis que l'expérience implique l'existence du monde extérieur. Entre les deux pôles se joue une négociation qui n'est pas un compromis, maisun ajustement. L'oeuvre est d'autant plus libre qu'elle dit quelque chose du réel.
Elia Kazan (Un tramway nommé Désir, À l'est d'Éden, La Fièvre dans le sang) est aujourd'hui reconnu comme un classique de l'histoire du cinéma, dont les films sont pourtant, sinon méconnus, du moins mal connus. Il est urgent de les redécouvrir. Pendant longtemps, appréhender l'œuvre d'un réalisateur, hollywoodien ou tout autre, a amplement consisté à passer par une lecture "?auteuriste?". Les deux directeurs de cet ouvrage ont fait un autre pari?: celui de revenir aux cinéastes par une autre articulation des régimes d'écriture en faisant se croiser la logique des œuvres avec des propositions de recherche parmi les plus actuelles (esthétique environnementaliste, approches matériologiques) mais aussi des perspectives scientifiques confirmées (analyse de séquences, histoire des genres, études actoriales).
Elia Kazan (Un tramway nommé Désir, À l'est d'Éden, La Fièvre dans le sang) est aujourd'hui reconnu comme un classique de l'histoire du cinéma, dont les films sont pourtant, sinon méconnus, du moins mal connus. Il est urgent de les redécouvrir. Pendant longtemps, appréhender l'œuvre d'un réalisateur, hollywoodien ou tout autre, a amplement consisté à passer par une lecture "?auteuriste?". Les deux directeurs de cet ouvrage ont fait un autre pari?: celui de revenir aux cinéastes en faisant se croiser la logique des œuvres avec des propositions de recherche parmi les plus actuelles (esthétique environnementaliste, approches matériologiques) mais aussi des perspectives scientifiques confirmées (analyse de séquences, histoire des genres, études actoriales). L'ensemble offert ici au lecteur présente la gamme d'entrées la plus diversifiée à ce jour pour se plonger dans cette aventure cinématographique d'exception, tout en ayant un riche aperçu de l'état des études cinématographiques contemporaines.