Les inégalités d'apprentissage constituent une problématique centrale dans les systèmes éducatifs contemporains. Or, pour comprendre ces inégalités, on privilégie en général soit des raisons sociales en s'appuyant sur la sociologie, soit des raisons cognitives en s'appuyant sur la psychologie. Pour la première fois, cet ouvrage propose de croiser les apports de la sociologie et de la psychologie cognitive.Au travers de sept chapitres véritablement coécrits par des binômes constitués pour l'occasion d'un ou une sociologue et d'un ou une psychologue, l'ouvrage explore ainsi à nouveaux frais la manière dont s'articulent les facteurs familiaux, institutionnels, cognitifs et biologiques pour expliquer les différences d'apprentissage.Sont tour à tour abordées les inégalités sociales, le rôle joué par les pratiques familiales, la question du cadres scolaire, notamment en maternelle. Deux focus sont fait sur des sujets essentiels, d'une part l'apprentissage de la lecture, d'autre part la dyslexie.Cet exercice original démontre la complémentarité des approches sociologiques et cognitives et ouvre des perspectives enthousiasmantes tant pour la recherche que pour les politiques éducatives visant à réduire les inégalités scolaires.
En 1994 paraissait aux PUL l'ouvrage dirigé par le sociologue Guy Vincent : L'Éducation prisonnière de la forme scolaire ?, qui fit date dans le champ des sciences de l'éducation. Dès lors, le concept de " forme scolaire " allait donner lieu à autant d'interrogations que de réappropriations, notamment à travers le célèbre Culture écrite et inégalités scolaires de Bernard Lahire (PUL 2000, 2021). Pourquoi relancer le débat 30 ans après ?
Fort de son succès dans le champ des sciences de l'éducation, le concept de " forme scolaire " fait aujourd'hui l'objet d'une variété d'usages pouvant avoir des effets problématiques, notamment sur la compréhension et sur la critique de l'école. Il était donc nécessaire de le redéfinir avec précision et d'en interroger tant la permanence que la pertinence pour analyser l'école actuelle.
Cet ouvrage collectif commence par donner une définition extrêmement claire du concept et des trois dimensions qui le constituent : l'autonomisation de la relation d'apprentissage, la transmission de savoirs fondés sur la culture écrite et la soumission des socialisés à des règles impersonnelles.
S'appuyant sur des enquêtes de terrain récentes menées tant auprès des socialisés (enfants, collégiens, lycéens) que des agents de socialisation (enseignants, CPE, animateurs, médiateurs culturels), ce livre analyse l'activité d'enseignement dans l'institution scolaire, notamment pendant la crise du confinement de 2020. Il s'aventure également aux frontières de l'école, parcourant des espaces aussi variés que la formation musicale supérieure, un musée d'art moderne ou des accueils de loisirs en quartier populaire.
Un constat s'impose alors : la forme scolaire constitue aujourd'hui le mode dominant de socialisation non seulement à l'école, mais aussi dans l'enseignement professionnel ou dans les institutions culturelles, et gagne finalement la société.