La justice est le reflet des normes et des sanctions applicables dans une société donnée, mais elle ne se réduit pas à ces aspects juridiques. L'institution et son fonctionnement obéissent en effet à des choix politiques. Le prix accordé à la justice participe de ces choix essentiels, sur lesquels est susceptible de se former le consensus social. C'est dire que le prix de la justice ne se réduit pas à son aspect financier, même si cette considération apparaît éminemment importante.
Chercheurs des disciplines juridiques et historiques confrontent leurs approches à ce sujet en matière administrative et judiciaire. Traversant des domaines d'investigation souvent cloisonnés, la réflexion se centre sur les moyens de la justice. Cette question acquiert une résonance particulière grâce à une mise en perspective historique, alors même que le système judiciaire français connaît actuellement des tensions.
L'accès à la justice et la rémunération des professionnels du droit, le procès et l'exécution du jugement, le système juridictionnel en son ensemble constitue autant de thèmes abordés dans ce livre.
La Tiers-mondialisation de la planète, c'est le laminage des classes moyennes et la polarisation riches-pauvres de l'ensemble des sociétés, les ramenant toutes à l'état du Tiers-monde d'avant les "miracles".
Bernard Conte analyse le caractère universel de cette transformation sociale comme résultat des politiques économiques néolibérales mises en œuvre depuis le milieu des années 1970. Le libéralisme régulé des "Trente Glorieuses" fonctionnait sur la base redistributive du compromis fordiste au Nord et du clientélisme nationaliste au Sud. Puis la crise des années 1970 et l'implosion du bloc soviétique changèrent la donne et le capitalisme s'orienta vers la financiarisation et la dérégulation. Dans un premier temps, le monétarisme inspira les ajustements structurels : la désinflation compétitive au Nord et les programmes du consensus de Washington au Sud. Quand leur mise en œuvre buta sur l'obstacle politique, l'ordolibéralisme prit le relais et entreprit, sur la base du post-consensus de Washington, de diffuser mondialement une "économie sociale de marché" purifiée. L'économique et le social sont alors progressivement déconnectés du politique, la démocratie devient virtuelle, la redistribution s'épuise et la classe moyenne est en voie d'euthanasie... C'est la Tiers-Mondialisation de la planète.
Il est aujourd'hui communément admis que notre système éducatif est en crise. Mais les diagnostics inquiétants ne datent pas d'hier, et les remèdes qui ont été administrés au malade n'ont fait qu'accélérer son délabrement. Pourtant, malgré ces échecs répétés, toute remise en cause du discours dominant est systématiquement dénigrée. La doctrine qui a présidé à la destruction organisée de l'école républicaine, dont les principes ne subsistent plus qu'à l'état d'incantations, ne repose en effet sur aucune assise rationnelle. Il s'agit même d'une véritable mystification puisque ces fameuses compétences évaluables n'ont aucune existence vérifiable, que ce soit dans les enquêtes internationales comme PISA ou dans les évaluations nationales de la direction statistique du ministère.
Née d'une union contre-nature entre des néolibéraux, dont l'objectif est de " marchandiser " l'éducation, et des défenseurs de la démocratisation de l'école, la doctrine n'a conduit qu'à une dévalorisation intrinsèque des diplômes et à la conservation artificielle dans le système des élèves en échec. En succombant à la tentation, redoutée par Bourdieu et Passeron dans Les héritiers, " d'utiliser l'évocation du handicap social comme alibi ou excuse, c'est-à-dire comme raison suffisante d'abdiquer les exigences formelles du système d'enseignement ", les défenseurs de la démocratisation ont simplement contribué à l'élimination de l'élitisme républicain comme principe régulateur.
Cet ouvrage est le fruit de plusieurs années de recherche et d'enseignement (en master ou en doctorat) d'une équipe d'économistes bordelais dans le champ de la dynamique industrielle. Cette équipe s'est progressivement constituée en réalisant des travaux approfondis portant sur les trajectoires de différentes industries (notamment l'automobile et l'aéronautique) et sur les processus d'innovation (particulièrement la dimension territorialisée de ces processus et les innovations environnementales), tout en s'attachant à préciser le rôle des institutions dans ces dynamiques.
Les enjeux théoriques sont tout d'abord discutés en mettant en miroir approches évolutionniste et institutionnaliste de la dynamique industrielle. Cette grille de lecture est ensuite appliquée à l'analyse des secteurs et des industries, le jeu des proximités dans cette dynamique étant ultérieurement spécifié. Certains enjeux institutionnels majeurs sont enfin étudiés : la réglementation, le changement organisationnel et l'impact de la finance sur l'industrie.
Synthétisant des travaux de recherche originaux mis en perspective avec les débats scientifiques internationaux, l'ouvrage propose une vision d'ensemble des principales avancées récentes permettant de mieux appréhender les transformations de nos systèmes productifs. Il intéressera les lecteurs concernés par cette question d'actualité, qu'ils soient professionnels, chercheurs et universitaires ou étudiants de niveau master ou doctorat.Les auteurs, spécialistes des différents domaines du champ de la dynamique industrielle, sont rattachés au Groupe de Recherche en Économie Théorique et Appliquée (GREThA, UMR CNRS 5113, Université de Bordeaux).