L'art peut-il être véritablement local ? Existe-t-il, par exemple, des oeuvres strictement " toulousaines ", " françaises " ou " japonaises " ? Loin d'être anecdotique, cette question est au coeur des tensions identitaires, culturelles et patrimoniales. À l'heure où celles-ci se trouvent ravivées, il devient nécessaire de prendre du recul sur les débats et de s'outiller théoriquement pour mieux comprendre la géographie à l'oeuvre. Sachant que les artistes n'ont jamais été complètement coupés des échanges, comment penser l'" ailleurs " dans l'" ici et maintenant " de la création ? La réflexion s'appuie ici sur l'étude concrète d'une centaine d'objets choisis de l'Océanie aux Grandes Plaines d'Amérique du Nord, depuis le Paléolithique jusqu'à la période contemporaine. Au plus près de la micro-histoire, mais dans une approche résolument globale, il s'agira de démêler les fils de la notion trop vague d'" influence ", et mieux cerner des termes fréquemment employés, comme " métissage ", " mondialisation " ou encore " globalisation ".
Le conte de fées est souvent pensé comme un sujet essentiellement littéraire. Dans cet ouvrage, il est question d'explorer les liens que tisse le conte avec de nombreux arts comme la danse, le théâtre, la peinture, la photographie, l'art lyrique, le cinéma ou le spectacle vivant. Le féerique est envisagé chez des artistes classiques (Shakespeare, Watteau, Blake, Fuseli, Rossetti, Dadd) et contemporains (ORLAN, Partington) mais également dans des territoires plus inédits comme les séries télévisées, l'art brut, la joaillerie, la mode ou la céramique. Sortir la féerie du domaine exclusif du lectorat jeunesse permet également d'inclure d'autres regards, adultes cette fois, sur le merveilleux et le réenchantement du monde.
Goût pour les sciences naturelles, les antiques, la numismatique, les pierres gravées, les exotica, la sculpture et les arts graphiques, estampe et dessin : tel est le collectionnisme du XVIIIe siècle en France. Par l'étude de nombreuses collections tant à Paris qu'en province, le livre dresse dans chaque grand domaine, un nouvel état du savoir, richement documenté et souvent original. L'ouverture aux objets non européens ou aux Antiquités nationales met en évidence la complexité croissante de culture de la collection, du phénomène de la curiosité au XVIIIe siècle, puis son passage vers le cabinet encyclopédique, juste avant l'arrivée des musées du XIXe siècle. Par sa vision panoramique, l'ouvrage est une encyclopédie du collectionnisme en France au temps des Lumières. Ce faisant, il participe à l'histoire des savoirs et à l'histoire culturelle de la France du XVIIIe siècle. Il constitue le second volet d'une histoire du collectionnisme en France au XVIIIe siècle après le livre Peinture et plaisir. Les goûts picturaux des collectionneurs parisiens au XVIIIe siècle, paru aux PUR en 2010.
Comment l'affiche polonaise – sous forme de production graphique si libre, si expressive, liée à l'art moderne occidental et qui transgresse les frontières entre le graphisme et la peinture – a-t-elle conquis une légitimité artistique aussi considérable dans une Pologne communiste où l'art était soumis à la censure et aux directives propagandistes du parti ? Le livre étudie ce fascinant phénomène en observant en détail la manière dont évoluait au fil du temps la configuration sociale liant dans des rapports d'interdépendance, les différentes catégories d'acteurs, individuels ou collectifs : artistes, commanditaires, hommes politiques, critiques d'art, historiens de l'art, conservateurs de musée, éditeurs ou enseignants, tous jouent un rôle dans le processus de légitimation artistique de l'affiche. Le livre prend ainsi la forme d'une énigme à résoudre dont les différents éléments se succèdent comme les pièces d'un puzzle.
La critique d'architecture, affaire publique ou domaine de spécialistes ? Les débats actuels sur l'architecture et l'aménagement franchissent assez peu les cercles d'experts : ce livre se saisit de cette question, en retraçant les mutations de la critique architecturale française des décennies 1950 à 1970. Cet ouvrage examine un espace traversé par des tensions multiples. Il analyse les controverses sur la spécificité de la critique d'architecture, sur les compétences nécessaires à son exercice et sur son efficacité. Centré sur la France du second XXe siècle, il ancre néanmoins ces débats dans une période et dans un contexte international plus amples, des années 1920 au seuil des années 1980. Il interroge le fonctionnement de la critique en s'intéressant à ses acteurs – architectes, historiens ou critiques d'art – à leurs trajectoires intellectuelles et leurs organisations professionnelles. Il scrute la place de l'architecture au sein des congrès de l'Association internationale des critiques d'art et restitue la genèse, à la fin des années 1970, du Comité international des critiques d'architecture. Quel a été le rôle de la critique de l'architecture et de l'urbanisme, confrontée à la modification irréversible des paysages urbains français et à la modernisation du pays ? À travers les cas des grands ensembles et de l'aménagement parisien, cet ouvrage explore les différents registres de la critique d'architecture. Il dévoile ses interférences avec la critique sociale et politique de l'environnement urbain. Ce livre propose ainsi une lecture inédite des rapports de la critique architecturale avec le public et l'opinion publique.
Convoquant plusieurs sciences humaines et s'appuyant sur de vastes sources - traités, manuels de savoir-vivre, dictionnaires spécialisés, rapports d'expositions, correspondances et chroniques journalistiques -, cet ouvrage entend définir les contours d'une ontologie du bijou afin de sonder la diversité des relations dans lesquelles il se trouve impliqué.