Les transformations agricoles et rurales durant la deuxième moitié du XXe siècle ont été si importantes et rapides qu'elles ont bouleversé le monde rural. Les campagnes ont connu un exode profond et prolongé et certaines sont menacées, nous dit-on, par le " désert ". Les systèmes agricoles diversifiés dans lesquels l'autosubsistance tenait une place notable ont cédé la place aux systèmes intensifs qui sont peu respectueux de l'environnement et générateurs d'excédents structurels qu'il faut résorber à des coûts élevés. Cette modernisation s'est accompagnée de changements radicaux dans le paysage et d'une recomposition des populations dans l'espace rural qui doit répondre à de nouvelles fonctions et aussi faire face à de nouveaux problèmes.
Cet atlas montre qu'avant les conséquences encore incomplètement manifestées de la nouvelle Politique agricole commune et des accords du gatt, une évolution importante, quoique sans rupture brutale, avait affecté l'agriculture de la Normandie au cours du dernier quart de siècle. Le handicap des trop petites exploitations de la moitié occidentale a été atténué par la concentration. La Normandie a confirmé la place éminente de ses productions de lait, de lin, de chevaux, de produits aoc. Elle a entamé la rénovation de son verger cidricole et développé un tourisme vert. Ses usines agro-alimentaires forment une part remarquable de son tissu industriel. La Basse-Normandie n'est plus la province où on regarde l'herbe pousser avant la traite du lait ; les cultures fourragères et les élevages à viande y progressent dans un bocage éclairci. En Haute-Normandie, la polyculture cauchoise s'est effacée devant les systèmes de grande culture conquérants. Ici et là les foyers d'innovation préparent les transformations futures.
Dans les montagnes tyroliennes, en Autriche et en Italie, tout est mis en œuvre avec succès pour conserver les hommes dans l'espace rural, en insérant le tourisme dans l'agriculture au Nord et en développant une agriculture performante au Sud. En est‑il ainsi ailleurs, notamment dans les montagnes norvégiennes et les montagnes françaises comme l'Oisans et le Massif Central ? Cet ouvrage essaie aussi de répondre à cette question.
L'idée d'Europe est jalonnée par quelques dates importantes : le Traité de Rome en 1957, l'Acte unique européen en 1986, le Traité de Maastricht en 1991. Malgré certaines réticences nationales, les réalisations concrètes font avancer parmi les Européens l'idée qu'ils appartiennent à ce grand ensemble géopolitique qu'est l'Europe. Cet ouvrage, qui reprend les dotations communautaires aux régions de 1975 à 1987, analyse la logique de leur attribution et s'interroge sur les formes de développement régional.
L'aménagement rural fait l'objet de politiques nationales différentes, mais ces dernières ne sont pas seules à influer sur l'organisation des espaces ruraux. Le comportement des populations et les investissements des acteurs économiques dessinent des paysages ruraux très différents qui témoignent de pratiques spatiales variées d'une région à l'autre, d'un pays à l'autre dans le monde rural européen.
Cet ouvrage rend compte des très riches échanges entre géographes britanniques et français. Cinq thèmes principaux regroupent les contributions des chercheurs : le rôle des industries agroalimentaires dans le développement rural ; les cas régionaux de l'influence de l'agriculture dans le développement rural ; l'impact touristique dans l'espace rural ; les changements sociaux des campagnes et leurs répercussions sur l'habitat, les structures de la population et les pratiques scolaires ; enfin, les répercussions de la Politique agricole commune (pac) sur les systèmes agricoles régionaux.
Cet ouvrage traite de nombreuses questions relatives à la production et à la consommation des fromages. Pour de nombreux fromages français sont précisés les techniques, les lieux et les entreprises de production. Mais sont étudiés aussi les relations avec les systèmes d'élevage (Munster, Fromagée du Perche, Gruyère, Roquefort, Crottin de Chavignol, Pecorino des Abruzzes), les rapports entre producteurs de lait et industriels fromagers (Meuse), l'évolution industrielle ou coopérative (Camembert, Pyrénées, région du Pays d'Auge, du Poitou-Charentes et de la Meuse), le rôle des industriels dans la création des fromages nouveaux (Bongrain) comme les efforts de promotion ou de défense du patrimoine fromager traditionnel (Maroilles, Beaufort, Bleu des Causses, Conservatoire des techniques de Normandie). La consommation ne s'explique pas séparée des sociétés ou de leurs composantes (fromages de riches ou de pauvres, Munster). La carte si dense des fromages français est éclairée par les faits culturels et historiques, par le rôle des marchés urbains et des situations géographiques. Au-delà de la période récente, l'histoire nous renseigne sur la place des fromages dans l'alimentation des Romains de l'Antiquité, sur leur production dans le monde anglo-normand médiéval, sur l'approvisionnement des halles de Paris au XIXe siècle, sur les changements d'aire de production (Brie de Meaux). Hors de France, des tableaux de la situation dans l'Europe septentrionale (Scandinavie, pays celtes), le monde méditerranéen (Espagne, Italie) et le Moyen-Orient (Turquie, Afghanistan) montrent la diversité des évolutions. Enfin le rôle complexe et primordial de l'Europe dans le commerce croissant des fromages est mis en valeur.
Entre la mer et la montagne, sous un climat sub‑humide, les collines de l'Abruzze maritime associaient en 1950 le surpeuplement rural, la misère et une polyculture arbustive non irriguée. En vingt-cinq ans ce mezzogiorno a été transformé sans rupture. Une industrialisation légère a entraîné le doublement de la ville de Pescara. Une viticulture familiale conquérante s'est étendue. De nouveaux systèmes agricoles ont vu le jour. Autour de Pescara et de Chieti s'est formée une unité régionale.