La pensée kantienne recèle la " clef de la philosophie moderne ". C'est par de tels éloges qu'en 1904, tandis que la seconde vague du néokantisme déferle dans l'Europe entière, est saluée la mémoire de Kant. Aucune philosophie n'a pu faire l'économie d'un débat avec cette pensée. Aucun site de la culture n'a échappé à son influence : les mathématiques, la physique, la physiologie, la psychologie, la morale, le droit, la politique, la création artistique, l'esthétique, la linguistique, l'anthropologie, tous ont, dès le dix-huitième siècle, été travaillés de l'intérieur par des thèmes ou des méthodes venant de Kant. Si cette philosophie est bien un " monument d'airain ", c'est surtout une formidable source de créativité, l'origine d'une dynamique philosophique encore efficiente. Le plus bel hommage, aujourd'hui encore, consiste sans doute non pas à ajouter un élément supplémentaire aux études historiques, mais plutôt à s'efforcer de prendre la mesure de cette efficience, de ressaisir l'importance contemporaine de la pensée kantienne et d'en retracer les voies. C'est à une telle visée que correspondent les études qu'on va lire, issues de communications dans le cadre d'un colloque international à l'occasion du bicentenaire de la mort de Kant, organisé à l'Université de Lille 3 par le Centre d'études critiques (Paris IV) et le Centre Eric Weil (Lille 3) en février 2004.
Y a-t-il un lien entre les oeuvres de Husserl, Freud, Bergson, Russell, Durkheim et bien d'autres, toutes apparues autour de 1900 ? Y a-t-il un moment 1900 en philosophie ? Telle est la question posée par ce livre à travers une diversité d'études confiées aux meilleurs spécialistes et unifiées par des relations dont dépend, au-delà de 1900, tout le XXe siècle philosophique, jusqu'à nous.
Ewige Wederkehr des Gleichen ? Nietzsches Zentralbegriff kann die französische Rezeption kennzeichnen, denn er spielt nicht nur bei fast allen Kommentatoren eine Rolle, sondern zeigt auch ihre Besonderheit an. Sie erweist sich weniger als lineare Entwicklung denn als zyklisches Phänomen, insofern als eine Reihe von Themen und Fragestellungen seit einem Jahrhundert ihre Aktualität behält : Ist Nietzsche ein radikaler Zerstörer oder versucht er auch aufzubauen ? Welchen Stellenwert hat die Kunst ? Wie hält er es mit der Religion ? Hat er Einfluss auf den Nationalsozialismus ? usw. Das Buch zeichnet Nietzsches Weg in Frankreich nach, stellt ein Mosaik von Interpretationsansätzen vor entsprechend der Auffassung Nietzsches : "Je mehr Augen, wir für dieselbe Sache einzusetzen wissen, um so vollständiger wird unser "Begriff" dieser Sache sein."
Ce livre contient trois textes inédits d'Eric Weil (1904-1977), intitulés "De la nature", "L'influence de la Révolution française sur la pensée européenne" et "La Constitution anglaise". Ces textes jettent un éclairage particulièrement instructif sur les ouvrages déjà connus du philosophe, sur sa conception de la nature et sa philosophie politique.
Un maître de sagesse au 20e siècle. Vjaceslav Ivanov et son temps
Vjaceslav Ivanov fut reconnu comme maître de sagesse en son temps — l'Âge d'Argent russe — quand, en sa "tour" de Saint-Petersbourg, le poète antiquisant enseignait un dionysisme maîtrisé et ressuscitait la tradition du banquet platonicien. Poète difficile dont la poétique synthétique et les mélopées savantes tentent de capter l'antique secret des Grecs, Ivanov était aussi un prédicateur de la vie conciliaire de l'humanité et d'une grande reconciliation entre l'individu et le collectif.
Je résumérai ce que j'ai proposé dans ce livre, et qui est en réalité fort simple. Nécros (Antiquité), faux mort ou fausse morte (Moyen Age), mort imparfaite (Encyclopédie), mort clinique ou mort relative maitenant, montrent deux choses. La première, c'est qu'on peut se tromper sur les apparences de la mort. La deuxième c'est que ce mort apparent est vivant et non pas mort, car il n'y a pas de vie du mort au sens empirique du terme, quoique la mort puisse être ou n'être pas au sens métaphysique. Or, ce qui compliqe et obscurcit tout, est la confusion ancestrale de ces survies sous l'apparence de mort, de cette manière de quatrième état de vie (une anesthésie naturelle en quelque sorte) avec une vie du mort, c'est-à-dire cette idée qu'il y a un "état de mort" comme il y a un état de vie (ou plutôt trois états de vie: veille, rêve et sommeil profond). Et que cet état de mort , que les Grecs désignaient par nécros, les superstitions médiévales par fantôme, revenant, est intermédiaire entre la vie et la négation complète et totale de la vie qu'est thanatos pour les Grecs ou, pour les chrétiens et les religions en général, la résurrection ou la vie furure.J'ai tenté de voir ce qu'il y a de positif dans des analyses dont l'apparence est négative, idéologiquement fausse et irrationnelle.
Destinés à des lecteurs américains ou anglais, écrits par un philosophe venu d'Allemagne en 1933, les essais traduits et réunis dans ce volume découvrent quelques traits caractéristiques de la philosophie et de la politique en France, en Europe et dans le monde après la seconde guerre mondiale, et aussi après la crise de l'Université et de la société de 1968.Dans tous ces essais se manifeste le souci de comprendre comment le dialogue, fondement de la démocratie, peut être menacé, voire rompu, et comment l'oeuvre d'éducation doit se donner pour tâche de le rendre possible et de l'instituer.
L'oeuvre philosophique d'Eric Weil (1904-1977) est l'une des plus importantes du XXe siècle et l'une des plus actuelles, puisque tournée vers ce qui a surgi au coeur de la modernité, et l'ébranle jusqu'en ses fondements: la violence extrême que l'on est tenté de dire impensable.Il s'agit de comprendre, donc de penser le problème en reconnaissant que la violence et la modernité se disent en plusieurs sens. Ainsi, par exemple, si l'affirmation de la subjectivité est constitutive de la modernité, encore faut-il en distinguer les figures pour pouvoir déterminer quelle est, pour chacune, son rapport à la violence et sa place dans la modernité: la subjectivité passe du sentiment de Dieu à sa propre négation scientiste, de la conscience morale ou ironique qui s'affirme elle-même à l'oubli de soi de l'intelligence désintéressée, de la personalité déchirée en elle-même à son auto-dépassement dans l'absolu, de la révolte muette au sentiment angoissé de la finitude, du sujet fini de l'action raisonnable à la conscience philosophique de sa propre volonté d'agir et de comprendre. Les diverses figures de la violence et de la modernité ne se comprennent que dans le discours philosophique qui les repère dans leur diversité et les situe par rapport à sa propre volonté de comprendre, mais sans se résoudre à un dualisme simpliste qui opposerait purement et simplement la violence et son autre; la philosophie est elle-même consciente de reposer sur un choix de la raison qui ne peut être justifié dans l'absolu. Les figures de la libertés ne prennent sens que les unes par rappport aux autres, sur le fond d'un dialogue que le philosophe tente d'instaurer.Le présent recueil réunit neuf études toutes consacrées à cette même problématique: les deux premières (1re Partie) peuvent être considérées comme une introduction à la philosophie d'Eric Weil; les trois suivantes (2e Partie) dégagent plus précisément et confrontent les figures déterminées de la modernité, de la violence et de la philosophie, du temps et de la présence; trois autres études (3e Partie) portent sur la lecture weilienne de Hegel et de Kant; la dernière suggère, en guise de conclusion, que le philosopher d'Eric Weil peut nous aider à nous orienter au sein du monde à la fois violent et raisonnable aujourd'hui.
Ce premier numéro des Cahiers Eric Weil contient deux textes d'Eric Weil: une réédition de "Violence et langage" de 1967 et un inédit de 1974: "L'avenir de la philosophie". Il contient également des études sur la philosophie de Weil.
L'oeuvre philosophique d'Eric Weil (1904-1977) est l'une des plus importantes de la seconde moitié du XXe siècle. Oeuvre systématique qui repense l'héritage de la philosophie en fonction du problème radicalement moderne que pose le choix de la violence absolue - dont la réalité hitlérienne est l'exemple -, la Logique de la philosophie (1950) est prolongée par une Philosophie politique (1956), une Philosophie morale (1961), qui explicitent le même problème dans les domaines déterminés de la réalité politique et de la vie morale, et elle se double de la lecture philosophique des philosophes -Hegel et l'Etat (1950), Problèmes kantiens (1963), 2è édition augmentée, 1970) - et de nombreuses études dont quelques-unes sont réunies dans Essais et conférences (1970-71). Co-fondateur de Critique, Eric Weil fut professeur aux Université de Lille (1956-68) et de Nice (1968-74).Un premier colloque sur la pensée d'Eric Weil s'est tenu à l'Ecole Normale Supérieure de Pise, les 7 et 8 novembre 1979. A l'initiative de notre Centre et des Archives de Philosophie, un second colloque aura lieu les 21 et 22 mai 1982, à Chantilly, qui portera sur l'actualité d'Eric Weil.Les membres de l'équipe qui a fondée en 1979 à l'UER de Philosophie de Lille III le Centre Eric Weil ont, pour la plupart, suivi l'enseignement de Weil à Lille et participé à son séminaire dont aujourd'hui, cinq ans après la mort du philosophe, ils entendent encore la leçon. Ces Sept Etudes sur Eric Weil, présentées et discutées lors de rencontres régulières et amicales, prennent la suite de leurs contributions au numéro spécial de 1970 des Archives de Philosophie, au colloque de Pise de 1979, aux Cahiers philosophiques de 1981/82.Ont collaboré à cet ouvrage:Gérard AlmalehAlbert BaraquinLucien BescondMireille DepadtGilbert KirscherJean QuillienJean-François Robinet