Poumon de la ville, lieu de croisement des hommes et des cultures, la Garonne a toujours été une source de richesses pour Bordeaux. Un port est un carrefour où se croisent et se rencontrent des influences diverses, notamment dans le domaine de l'alimentation. Au port de Bordeaux se sont rencontrés les ressources du fleuve limoneux, de l'alose à la lamproie, les produits des terroirs aquitains, du vin au confit, et les denrées coloniales importées des Antilles. Cette ouverture du port sur l'océan participe de l'évolution de la gastronomie portuaire. À Bordeaux, à Buenos Aires, à Porto ou à Hambourg, existe-t-il vraiment une singularité des cuisines portuaires ? Afin de retrouver les influences, d'identifier les saveurs et de saisir les subtilités du goût dans les villes maritimes, le livre invite à un véritable voyage gustatif de plus de trois siècles (du 18e au 20e siècle).
Pouvoir central et pouvoir local en Méditerranée occidentale, 15e-18e siècles
De l'Espagne à l'Italie en passant par le sud de la France, l'évolution du système des ordres est fortement différenciée du 15e au 18e siècle. Les multiples relations entre pouvoir local et pouvoir central apparaissent comme déterminantes. Les hiérarchies juridiques entre ordres et entre communautés, les rôles au sein du lignage sont à la base de constructions politiques ("partis", factions), qui s'édifient et évoluent en utilisant les mêmes matériaux dans un système "répétitif" où l'innovation et le changement ont, paradoxalement, leur place. Des comportements nouveaux s'affirment au cours des 17e et 18e siècles, en particulier la primogéniture. Le rôle, jusqu'alors déterminant, de la parenté et de l'alliance s'efface. Une nouvelle architecture politique encadrée par des rapports de pouvoir nouveaux entre le centre et la périphérie s'affirme : c'est celle que, globalement, nous connaissons encore aujourd'hui.
En France, contrairement aux pays d'Europe du Nord, l'histoire rurale porte sur une faible profondeur historique, ses études s'exerçant majoritairement du plein Moyen Âge aux 19e et 20e siècles. Les contributions rassemblées dans le volume restituent à l'époque gallo-romaine les paysages anthropisés et leurs transformations, en France principalement. La collaboration entre plusieurs disciplines archéologiques (carpologie, palynologie, anthracologie…) permet aussi d'approfondir sur le long temps, la gestion de l'espace rural et d'en généraliser progressivement les modèles.
Au sommaire : C. Lévi-Strauss, "La leçon de sagesse des vaches folles" ; E. Florescano, ""Titres primordiaux" et mémoire canonique en Méso-Amérique" ; L. Bianco, "Conflits villageois dans le Chine du xxe siècle" ; É. Conte, "Affinités électives et parenté arabe" ; J.-P. Digard, "Les courses de chevaux en France. Un jeu/spectacle à géographie variable" ; F. Saumade, "Du taureau au dindon. La domestication du métissage dans le Nouveau Monde mexicain" ; D. Dossetto, "Produits carnés, sensibilité animalière et tradition. Les bœufs festifs de Barjols (Var)" ; C. Baroin, "La contestation chez les Toubou du Sahara central" ; J. Milian, "Le projet Natura 2000 et la protection du patrimoine naturel. L'exemple des sites expérimentaux pyrénéens" ; F. Alcaraz, "L'utilisation publicitaire des paysages de terrasses" ; P. Pesteil, "Au carrefour de l'économique et du culturel. La filière castanéicole corse comme marqueur de l'identité".
Topographies littéraires du 19e siècle. Colloque de Rouen, 19 et 20 mars 1999
Le volume regroupe vingt-cinq communications présentées lors du colloque. Il revient d'abord aux historiens de situer dans le siècle, les enjeux du rapport tendu entre capitale et province. Les études littéraires se distribuent ensuite autour du paradigme balzacien : l'antithèse des "Scènes de la vie de Province/parisienne" organise les parcours romanesques et distribue les valeurs. La relation Normandie-Paris fait l'objet d'un intérêt particulier, avec Barbey d'Aurevilly, Flaubert, Maupassant et Jean Lorrain.
Essai sur la genèse des structures urbaines à Marseille
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond cet ouvrage. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée ; d'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle "libéral", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au 19e siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire.
Morphologie sociale et luttes de factions, 1559-1596
Au temps des guerres de Religions, les luttes de factions aboutissent à Marseille à l'instauration d'une "dictature populaire" ; la ville devient pour cinq ans, sous Charles de Casaulx, une "république" quasi-indépendante au sein de la Ligue catholique. Une faction bien définie sur le plan religieux et social réussit alors à réaliser pour un bref moment le rêve d'une cité catholique : rêve sans avenir sans doute, mais qui montre la force conservée de la notion médiévale de bonne ville et qui ne survivra pas à la fin des guerres de Religions.