Vers une recomposition culturelle du monde vitivinicole
Apporter avec l'ethnologie, l'anthropologie du tourisme, une contribution théorique et pratique à la diversité des approches disciplinaires qui participent à l'analyse de l'engouement actuel pour l'œnotourisme. Valoriser le lien entre patrimoine et œnotourisme qui s'articule sur les préoccupations actuelles pour le patrimoine (labellisations UNESCO, etc.), la préservation et la valorisation des terroirs, des paysages culturels, des traditions et des identités régionales, la montée en puissance des thématiques écologiques (environnement sain, vin nature, biodynamie, etc.). Témoigner des expériences régionales (Alsace, Bourgogne, Val de Loire, Charente -Cognac). Développer les perspectives à partir de la confrontation des expériences en matière de routes des vins, stuctures œnotouristiques, analyse de la consommation des vins à l'échelle régionale, nationale et internationale (Chine). Ouvrir la voie à de nouvelles approches des enjeux culturels et économiques qui gravitent autour de l'œnotourisme. Relancer les recherches en ethnologie régionale via l'intérêt accru pour le patrimoine et les traditions orales.
Poumon de la ville, lieu de croisement des hommes et des cultures, la Garonne a toujours été une source de richesses pour Bordeaux. Un port est un carrefour où se croisent et se rencontrent des influences diverses, notamment dans le domaine de l'alimentation. Au port de Bordeaux se sont rencontrés les ressources du fleuve limoneux, de l'alose à la lamproie, les produits des terroirs aquitains, du vin au confit, et les denrées coloniales importées des Antilles. Cette ouverture du port sur l'océan participe de l'évolution de la gastronomie portuaire. À Bordeaux, à Buenos Aires, à Porto ou à Hambourg, existe-t-il vraiment une singularité des cuisines portuaires ? Afin de retrouver les influences, d'identifier les saveurs et de saisir les subtilités du goût dans les villes maritimes, le livre invite à un véritable voyage gustatif de plus de trois siècles (du 18e au 20e siècle).
Le musée de Bordeaux est une société savante éclectique plaçant son activité sous la devise éloquente de "Liberté, égalité". Réunissant un ensemble de notables principalement issus du négoce et porteurs de pratiques sociales et d'idéaux pré-révolutionnaires, elle se distingue par la réunion des sciences, de la peinture, de la littérature, de la musique et par des enseignements multiples, ainsi que dans l'attention portée aux sourds-muets dans l'esprit de l'abbé de l'Épée. Mais c'est principalement l'activité musicale qui est étudiée ici en détail, grâce à la richesse extraordinaire du manuscrit 829 de la bibliothèque municipale de Bordeaux qui comporte un ensemble archivistique unique pour une société de concert à la fin de l'Ancien Régime. Les neuf contributions d'historiens et de musicologues analysent le fonctionnement interne du musée d'un point social et économique, et les relations que la société entretient avec la ville et avec la vie musicale nationale. Les programmes musicaux des quarante séances publiques organisées entre 1783 et 1792 sont présentées en annexe et permettent de connaître dans le détail les choix musicaux des auditeurs qui revendiquent délibérément leur inscription dans la "révolution" musicale opéré par Gluck au début du règne de Louis XVI. L'orchestre du musée, composé d'amateurs et de professionnels, pratique un répertoire contemporain composé des symphonies de Haydn, des opéras français les plus récents, et de pièces lyriques et concertantes cosmopolites.
Entre Cahors et Soturac, le vignoble d'appellation d'origine contrôlée Cahors se situe dans la moyenne vallée du Lot, à terrasses étagées siliceuses, et sur ses versants et plateaux bordiers partagés entre les calcaires des ères secondaires et tertiaires. Pour étudier et cartographier les terroirs des 45 communes qui englobent l'aire (à la demande des instances viticoles locales et nationales), l'auteur a défini une grille de douze critères de différenciation des terroirs qui permettent de les décrire et de les cartographier au 1/25 000. Cette approche épistémologique et appliquée initie la recherche dans trois domaines : une étude affinée des terroirs par fosses et sondages ; une étude des topoclimats de l'aire ; et une étude des rapports entre terroirs et qualités des vins. Ces prolongements ont confirmé la cartographie, l'individualité de chaque terroir. Enfin, un des aboutissements des recherches est l'étude, à l'échelle de la parcelle, des possibilités de reconnaissance d'une appellation "premier cru Cahors", qui peut donner un nouvel élan au vignoble.
L'ouvrage est une contribution importante à l'histoire des Parlements et des institutions judiciaires de l'Ancien Régime. Issue de deux journées d'études, la quinzaine de communications rassemblées ici explorent la fonction du parlement normand dans la ville de Rouen. Jusqu'ici peu d'études ont été consacrées aux rapports de l'institution avec la ville, la grande partie d'entre elles étant dédiées aux rapports avec le pouvoir royal. L'implication du Parlement, en accord et en association avec la municipalité, garantie la cohésion sociale de la ville et veille à la vie quotidienne des rouennais par des fonctions de police, de justice, d'assistance publique et de lutte contre les épidémies — notamment contre le long fléau de peste noire. En dehors de Rouen, les études examinent également les rapports des Parlements de Dijon, Besançon, Bordeaux, Grenoble et Rennes.
Le livre est une histoire sociale et politique de l'Aquitaine au 17e siècle. Une chronologie de la mise en place de l'intendance de Guyenne, à travers les sources locales et les archives nationales, et une étude sur Jean de Lauson, intendant de 1641 à 1648, donnent un éclairage indispensable à l'action des intendants au service des politiques initiées par Richelieu et poursuivies par Mazarin. L'histoire de la prise en main administrative par le centre sur la périphérie est approfondie avec des chapitres sur l'administration royale en Béarn, sur les vérifications des dettes de la ville d'Agen. Cette prise de contrôle politique est aussi examinée à Bordeaux où s'affrontent deux logiques : celle qui, au nom de la liberté du commerce, dénonce les privilèges dépassés, et celle qui met en avant le rendement immédiat de l'impôt, pour le plus grand profit de l'État royal sous la direction de Colbert. Cette centralisation administrative est la cause de soulèvements populaires : l'émeute paysanne de Benauge, la révolte des marins du Labourg et la sédition bordelaise de 1675. L'importance de ces études repose sur le déplacement des problématiques historiques et géographiques.
Pouvoir, culture, identité. Colloque de Limoges, 11-12 avr. 1997
Les dix-huit contributions du volume abordent divers aspects des officiers "moyens" jusqu'alors peu présents dans les préoccupations d'une histoire politique, juridique et sociale de l'état de la première modernité en plein renouvellement. Trois angles d'approche ont été privilégiés : les relations des officiers "moyens" avec l'argent, le crédit public ou privé, les placements fonciers et financiers ; les voies et manifestations de leur domination politique et symbolique dans leurs villes d'exercice ; leur "outillage intellectuel", leurs sensibilités et curiosités culturelles, avec en filigrane une interrogation sur leur éventuelle professionnalisation. Cette brassée de textes, confrontant des situations françaises à des réalités espagnoles et anglaises, est un premier bilan sur ces élites provinciales et secondes du pouvoir. Elle inaugure également un chantier de recherches attentif à ces officiers qui, fort nombreux, incarnèrent l'état de justice et de finance dans les provinces du royaume, tout en adoptant des postures seigneuriales nourries par l'imaginaire.
C'est à la fin du 17e siècle que les premiers Allemands sont venus s'installer à Bordeaux. A ces premiers migrants sont venus s'en ajouter d'autres tout au long des siècles, aussi intégrés que leurs prédécesseurs. Ils ont en effet contribué de façon décisive au spectaculaire essor économique de Bordeaux, en particulier à l'âge des Lumières, et marqué d'une empreinte durable certains de ses modes de sociabilité, de ses choix intellectuels et de ses goûts artistiques. Cette présence de l'Allemagne dans la capitale girondine depuis deux siècles, constitue un champ de recherches passionnant pour qui s'intéresse aux mécanismes complexes présidant aux transferts culturels d'un pays à un autre. C'est une contribution à cette étude que nous offre cet ouvrage, en réunissant une quarantaine de réflexions dans tous les domaines (de l'économie à la religion, en passant par les arts et les sciences) où l'influence de l'Allemagne est patente.
Voici un ouvrage qui sera une mine pour les férus de lexicologie romane ; pour ceux qui restent attachés à leurs racines occitanes, en particulier limousines ; pour les découvreurs et curieux de toute origine qui ne souhaitent pas rester indifférents ou fermés à la profonde diversité culturelle européenne.