À partir de la traduction d'analyses critiques de l'antiféminisme dans différents contextes sociaux et d'échanges avec des chercheuses spécialistes du sujet, ce numéro de NQF offre une vision globale et contemporaine sur ce mouvement qui s'oppose à l'émancipation des femmes et au progrès social. Les différentes stratégies des antiféministes visent à faire passer les féministes pour déviantes, à dépolitiser leur lutte et à détourner la question de l'émancipation des femmes et des violences qu'elles subissent pour alimenter un discours raciste qui stigmatise les hommes musulmans. Tapis dans un discours de promotion des droits, ce mouvement constitue aussi une menace très pernicieuse contre les droits reproductifs des femmes au travers d'offensives qui visent de manière détournée l'avortement. Enfin, au niveau international, l'antiféminisme s'attelle à détériorer des normes et à affaiblir des organisations particulièrement importantes pour l'égalité et la santé des femmes.
L'agenda 2026 de l'association Plan Méduse combine un usage classique à celui du suivi des règles avec des espaces dédiés et des pictogrammes. À l'heure du numérique et de la protection des données, cet agenda est une alternative réinventant les outils à disposition, encourageant l'auto-observation et l'échange de connaissance intergénérationnel.Chaque mois, un thème sur la santé menstruelle est développé à travers des textes d'informations, des conseils fondés sur des recherches scientifiques, des conseils de grands-tantes ou de copaines, le tout illustré. Des listes de ressources diverses – lieux et techniques de soin (plantes, huiles, médicaments, etc.), protections menstruelles et sexuelles, livres et podcasts, etc. – ont été compilées pour une meilleure accessibilité des informations pouvant servir durant la vie d'une personne menstruées.Cette année, un nouveau thème fait son entrée dans l'agenda: les règles et le sport. La phase du cycle a une influence importante sur les pratiques sportives. La dose d'énergie à disposition, la souplesse, la capacité à porter des charges ou encore la capacité émotionnelle à encaisser la difficulté peuvent variés de manière importante durant les règles. Comment peut-on adapter son entraînement? Comment prévenir les blessures? Est-ce ok de pas avoir envie d'aller boxer le premier jour des règles? Durant le mois de X, plongez dans une exploration de ces questions et découvrez les conseils glanés par le Plan Méduse.L'agenda 2026 est écrit par deux autrices et illustré par quatre artistes.
Que font nos institutions publiques pour véritablement lutter contre les violences patriarcales? Pourquoi des femmes meurent-elles de féminicides alors qu'elles avaient alerté la police de la violence de leur conjoint? Pourquoi les agressions sexuelles sont-elles si répandues, si banales et si peu sanctionnées par la Justice? Il faut bien constater que les politiques publiques ne sont pas à la hauteur des enjeux et de nos légitimes attentes. L'indignation face à cette situation a déclenché une vaste mobilisation féministe, à l'échelle mondiale, qui a abouti en ce début des années 2020 à l'obtention de nouvelles mesures, que les articles réunis dans ce numéro ont décidé d'examiner avec minutie. Au Chili, des Centres d'accueil pour victimes de violences sexuelles ont été mis en place. En France, Le Téléphone Grave Danger et les bracelets anti-rapprochement ont été adoptés pour protéger les victimes de violences conjugales, tandis que des cellules d'écoute ont été mises sur pied dans les universités pour accompagner les victimes de harcèlement sexuel. Ces dispositifs sont-ils efficaces et apportent-ils les réponses espérées? L'analyse critique menée par ces équipes de recherche témoigne de certaines avancées, mais aussi des obstacles qu'il reste à surmonter.
L'égalité est déclarée comme une préoccupation centrale de la pratique sportive, de son éthique du fair play et de la (ré)affirmation de l'égalité citoyenne. Pourtant, le sport reste aujourd'hui encore un haut lieu de la reproduction de l'ordre de genre. Ce Grand angle de la revue Nouvelles Questions Féministes investira le champ de l'olympisme mais interrogera plus largement les liens entre féminismes et sports.
En Suisse, les femmes ayant mis au monde un enfant hors mariage sont englobées dans plusieurs catégories et représentations légales, médicales et sociales qui ont varié au cours du temps. Néanmoins, les mères célibataires ressortent le plus souvent dénigrées, tandis que les pères peuvent plus aisément se récuser de leurs responsabilités. Une mère, voire une femme, de bonne moralité n'existe-t-elle donc qu'à la condition d'être mariée ?Cet ouvrage propose des études sur diverses contraintes à l'encontre des femmes élevant seules leur enfant. Les chapitres abordent un État fondamentalement construit au masculin, ainsi qu'un droit civil les ayant considérées illégitimes jusqu'en 1978. En face, des instances publiques inclines à placer les enfants et à interner les mères suivant les circonstances. Un tournant plus compréhensif advient dans le sillage de la libération sexuelle, et la catégorie de mères célibataires englobe progressivement les mères non mariées, les divorcées et les veuves qui se regroupent afin de faire advenir l'image publique plus positive des familles monoparentales. Les autrices et les auteurs montrent toutefois la persistance des coûts de l'enfant et la précarisation de ces mères par manque de politique familiale active.
Ce numéro offre une analyse du travail concret de confection des repas et des tâches et savoirs qu'il implique. Il rend compte des rapports de pouvoir – notamment de sexe – qui traversent les cuisines, qu'elles soient professionnelles ou domestiques, et les normes sociales qui encadrent la transformation des aliments. Le Grand angle éclaire ainsi l'organisation sociale de ce travail dans des espaces et à des époques variées. Les trois articles qui le composent soulignent l'intérêt d'investiguer ce quotidien et imaginaire des cuisines en réunissant ce que la division sociale du travail a dissocié. Il aborde ainsi des utopies qui, au tournant du 20e siècle, visaient à libérer les femmes de l'asservissement domestique par des coopératives de cuisine: celles de la britannique Melusina Fay Peirce et de l'allemande Lily Braun (Carmen Dreysse). Il montre également la division genrée du travail dans des cuisines professionnelles en Chine, et comment les femmes sont maintenues à distance, y compris spatiale, de la " virtuosité culinaire " (Aël Théry). Enfin, il poursuit l'examen du travail de transformation des aliments jusqu'à leur métabolisation. À travers l'étude de traités scientifiques hygiénistes du 19e et du 20e siècle, sont dévoilées les matérialités oppressives des imaginaires entourant les produits ingérés (Hourya Bentouhami). Ainsi, ce numéro de NQF offre au lectorat de nouveaux repères pour penser en féministe la production culinaire et plus largement le travail alimentaire.Fondée en 1981 par Simone de Beauvoir, Christine Delphy, Claude Hennequin et Emmanuèle de Lesseps, NQF fait suite à la revue Questions féministes créée en 1977. Depuis 2001, NQF s'est dotée d'un comité de rédaction franco-suisse, sous la responsabilité de Christine Delphy et Patricia Roux. Ce comité est actuellement composé de 25 femmes dont les formes d'engagement et les ancrages disciplinaires sont multiples (sociologie, anthropologie, science politique, histoire, droit, philosophie, économie, littérature). Publiée deux fois par année, NQF est éditée à Lausanne par les Editions Antipodes.
Ce numéro de Nouvelles Questions Féministes répond à ces questions selon divers points de vue historiques, sociologiques et militants. Il propose plusieurs pistes de réflexion: l'autonomie relative des groupes minorisés, le difficile équilibre entre un " entre-soi minoritaire " et la nécessité vitale des alliances, enfin l'importance de soulager les groupes minorisés de la charge de l'éducation pour réduire les dominations. De manière transversale, le Grand angle, le collectif et les parcours rappellent que la lutte féministe, dans son organisation et dans la définition de ses objectifs, ne peut être que collective.
Ce livre, rédigé à la suite d'une enquête ethnographique entre 2012 et 2013, met en lumière la situation des travailleuses domestiques au Mexique, à travers l'analyse et l'articulation de trois systèmes d'oppression: le genre, la classe et la "race".Les dynamiques sous-jacentes aux rapports de pouvoir sont importantes parce qu'elles permettent de comprendre non seulement les conditions de travail, mais encore, plus largement, les imaginaires qui traversent la société mexicaine (un panel large entre servante et employée de maison).Cependant ces femmes travailleuses, loin d'être les victimes d'un système, ne sont pas totalement surdéterminées par leur statut. Elles sont aussi capables d'agir et d'élaborer des stratégies, individuelles ou collectives, pour essayer d'éviter la discrimination, l'exploitation, le harcèlement, le classisme et le racisme.C'est grâce à une approche interdisciplinaire et féministe que nous interrogeons les conditions matérielles et subjectives des travailleuses domestiques.
Quelques mots sans fard sur la condition des femmes
Vie professionnelle, amour et sexualité, charge maternelle, travail domestique, droits politiques: voilà les principaux sujets auxquels Iris von Roten (1917-1990), intellectuelle suisse du XXe siècle, consacre sa vaste fresque de "la condition des femmes" à son époque. Loin de se limiter au combat pour le suffrage féminin, cette avocate et journaliste tenait à exposer l'aspect systémique de l'oppression des femmes. Par sa véhémence et son intransigeance, elle s'est attiré les foudres aussi bien des représentants de la domination masculine que des groupes féministes de son époque. Dans une langue aussi furieuse que grinçante, son livre fait l'état des lieux des droits des femmes, dépeint les humiliations et les luttes du quotidien, et imagine une société épanouissante et égalitaire.En livrant une étude approfondie des rapports de domination, Femmes sous surveillance renseigne autant sur les mécanismes d'hier que sur les problématiques contemporaines. Par sa véhémence et sa radicalité, ce manifeste nourrit la pensée féministe et apporte une contribution significative aux questions et combats d'aujourd'hui. Paru en 1958, cet ouvrage a d'abord fait scandale avant de sombrer dans l'oubli pendant quelques décennies. Cette première traduction française, réalisée par Camille Logoz, est une façon de rendre honneur à cette figure incontournable de l'histoire des idées en Suisse. C'est surtout l'occasion de se confronter à ses arguments puissants, sa réflexion complexe et sa parole percutante.
Les déportées de répression dans les camps nazis 1940-1945
À l'occasion du 70e anniversaire de la libération des camps de concentration nazis, La contemporaine-BDIC et l'université Paris Nanterre organisaient en décembre 2015 le premier colloque consacré à l'étude des femmes déportées par mesure de répression depuis la France vers l'Allemagne. Associant témoins, chercheurs et archivistes, cet évènement permettait de faire le point sur les recherches déjà entreprises, souvent par les associations de rescapées, puis par les fondations mémorielles. À la lumière des recherches récentes, fondées sur l'exploitation de ressources inédites, dont les archives de l'Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR) conservées à La contemporaine, de nouvelles pistes de réflexion sont apparues.Femmes en déportation met en lumière les différences de parcours des déportées et internées, la pluralité des causes de leur engagement dans la Résistance et les conditions particulières de la réinsertion des rescapées après-guerre. Chacune des contributions montre la nécessité d'appréhender la déportation féminine du point de vue de l'histoire des femmes et révèle l'apport indispensable d'une telle approche à la compréhension de cette période.
La lutte pour l'égalité des sexes occupe une place centrale dans l'actualité. Pour autant, le féminisme suscite encore des incompréhensions.
Afin de tenter de les dissiper, cet ouvrage présente les multiples courants du féminisme contemporain, ses fondements théoriques et son histoire encore très méconnue. Il ne s'agit pas d'une histoire qui viendrait retracer un progrès linéaire de la cause des droits des femmes, mais bien d'une histoire discontinue, faite d'avancées et de retours en arrière, traversée de conflits et d'élans de sororité.