Santa Monica, Venice, Malibu… Les noms des plages de Los Angeles sont connus dans le monde entier et évoquent à eux seuls un paysage naturel paradisiaque où se côtoient, sur un sable immaculé, surfeurs et stars hollywoodiennes. Pourtant, au début du XXe siècle, les habitants de Los Angeles se plaignaient régulièrement de l'état lamentable du littoral: les plages, quand elles étaient accessibles, étaient trop souvent bondées, étriquées et érodées, sans même parler des déchets qui en jonchaient le sol. La ruée vers le sable raconte l'histoire de la grande campagne de modernisation des plages qui, tout au long du XXe siècle, transforme les grèves d'autrefois en espaces de loisir modernes et fait de Los Angeles le modèle incontournable du loisir balnéaire de masse. À partir des années 1920, des ingénieurs, urbanistes, hommes d'affaires et notables se constituent en lobby afin de sauver les plages du désastre. Cette obsession, véritable " ruée vers le sable ", donne lieu à une transformation radicale de l'écosystème côtier. Dans l'après-guerre, un nouveau paysage littoral surgit de terre: de vastes plages de sable fin, élargies artificiellement, dotées d'immense parkings et de sanitaires pimpants et bordées d'autoroute urbaines voient le jour. Mais, en aménageant le littoral selon les désirs et les peurs des familles blanches de la classe moyenne, les " modernisateurs " contribuent aussi à en chasser certains groupes, en particulier Africainsaméricains, classes populaires et homosexuels. Mêlant histoire sociale, environnementale et culturelle, cet ouvrage propose une relecture inédite de l'histoire de Los Angeles tout en renouvelant les approches sur l'histoire de la nature en ville et le loisir de masse.
Silence et morales d'entreprise à la Business School de Harvard
Comment sont formés les futurs patrons américains? Quel sens moral retirent-ils de leur passage sur les bancs des fameuses business schools où ils acquièrent leur formation? L'analyse ethnographique de la plus emblématique de ces écoles: celle de Harvard, apporte des réponses. Michel Anteby nous découvre les rouages d'une institution centenaire et dresse des parallèles frappants entre la socialisation des professeurs et celle des élèves. De la préparation des séances de cours à la circulation dans les tunnels du campus, du système d'évaluation et de notation aux suspensions pour motif d'insuffisance académique, ce livre retrace le parcours éducatif, à la fois mythique et singulier, de ceux qui aspirent à devenir patrons. Car ils évoluent dans un contexte qui promeut un silence normatif relatif. Arguant de respecter une multitude de points de vue, l'école se refuse à prôner ouvertement une norme. C'est donc une étrange idéologie de la non-idéologie qui est interrogée ici, et un silence bien plus parlant qu'il n'y paraît.
L'ouvrage " Théâtre Politiques : (en) Mouvement(s) " s'attache aux différents concepts et réalités liés au théâtre politique hier et aujourd'hui dans le monde et cherche à montrer l'aspect non dogmatique d'un théâtre ouvert aux problématiques artistiques et anthropologiques contemporaines. Dénommé " théâtre militant ", " théâtre ethnique ", " théâtre populaire ", la richesse du théâtre politique vient de l'entrelacement des différents concepts qui permet son actuel renouvellement tout en s'ancrant dans une démarche de création contemporaine qui dépasse les formes de son engagement. Ainsi, en faisant appel à des expériences brésiliennes, irakiennes, nord-américaines, anglaises, portugaises, françaises, italiennes, algériennes, mexicaines, allemandes, grecques antiques ou encore d'Afrique noire francophone et anglophone, ce recueil prend la dimension de l'actualité du théâtre politique. D'ailleurs, le DVD qui accompagne cet ouvrage présente sept performances contemporaines de théâtre politique et permet d'envisager l'extrême vivacité de ce théâtre en friction permanente avec un monde en mouvement.
Il y a 470 ans, l'Occident " découvrait " les Pueblo, des peuples qui étaient alors installés depuis des siècles dans la région qu'ils occupent encore au Nouveau-Mexique, aux États-Unis. L'identité des Nations Pueblo a survécu à la colonisation espagnole, à la domination mexicaine, puis à la prise en main de la région par les États-Unis. Si les Pueblo ont été les perdants d'une histoire qui s'est écrite sans eux, par des peuples qui ne leur ont laissé que d'infimes parcelles du territoire ancestral, ils ont toujours refusé de se considérer comme des vaincus qui devaient se soumettre à l'occupant.
Ces peuples de culture et de mémoire orales n'ont laissé de traces écrites qu'à partir de la fin du XXe siècle. Préférant la politique du secret à celle de la médiatisation, ils acceptent aujourd'hui une visibilité strictement cadrée dans l'État du Nouveau-Mexique et refusent d'être des sujets d'étude. Cet ouvrage retrace la présence de leurs voix dans les textes des vainqueurs, voix souvent violentes qui s'expriment à travers - et malgré - le discours colonial. Loin du manichéisme qui est souvent de mise dans tout discours sur les autochtones, cet ouvrage analyse la voix des peuples pueblo qui affirment leur présence et leur identité.
Les églises spirituelles noires américaines de la Nouvelle-Orléans
La Nouvelle-Orléans est une ville singulière. Les influences françaises, africaines et anglo-saxonnes en ont fait une cité des Caraïbes déplacée sur le continent. Berceau du jazz, du blues et du gospel, mais aussi lieu d'effervescence et de créativité religieuse extraordinaire. Parmi les centaines d'églises existantes certaines sont connues sous le nom d'églises spirituelles. Fondées dans les années 1920 par des femmes, elles présentent des caractéristiques très originales dans le paysage religieux des États-Unis. Ce sont des églises noires dont le clergé est toujours majoritairement féminin. On y connaît la transe, la possession et la divination. Elles sont officiellement chrétiennes, mais on y voue pourtant un culte à des esprits combattants amérindiens. Toutes ces traits font des églises spirituelles une voie d'accès privilégiée à la compréhension de la ville elle-même. En fin de volume est encarté un dévédé documentaire (DVD, 48 mn, sous-titres français) réalisé par l'auteur en 2002 à Chicago, lors de la convention annuelle d'une église spirituelle, Israel Universal Spiritual Churches of Christ.
Les territoires de la nation, les identités urbaines, les espaces interculturels constituent des domaines sensibles pour l'étude des espaces et des stratégies identitaires. Face à une période de reconfiguration des identités, qui remet en cause les manières de penser leur fonctionnement, les auteurs partagent l'idée que l'identité est construite. Le Québec est pris comme terrain d'observation des nouvelles articulations entre le local et le global que provoque la tourmente planétaire d'aujourd'hui.
Le marché pétrolier américain dans l'entre-deux-guerres
Après avoir atteint son paroxysme au cours des "chocs pétroliers", la crainte que ne soient prochainement épuisées les réserves pétrolières s'est estompée, sans que même la guerre du Golfe ne l'ait ranimée. Mais les forces innombrables qui décident de la production et des prix du jour ne risquent-elles pas de sacrifier des générations futures que personne ne représente ? À moins que nous ne subissions, sans le savoir, des privations inutiles tant il est vrai que les possibilités de substitution énergétique et d'innovation sont immenses ? Cet ouvrage engage un vaste projet : mettre les concepts théoriques élaborés par les économistes à l'épreuve de l'histoire et de la critique historique. L'auteur fait apparaître ainsi comment la raréfaction résulte non pas seulement d'une logique d'allocation par les prix, mais de l'affrontement entre des concurrents très inégalement armés, sous le rapport à la fois économique et culturel.