En lien avec l'étalement des villes, l'artificialisation des sols est devenue un phénomène d'envergure planétaire, sujet d'inquiétude à l'heure de l'érosion de la biodiversité. Après avoir tenté d'en mesurer l'ampleur, cet ouvrage reviendra sur ses multiples conséquences. En quoi constitue-t-il un problème majeur et à quoi la lutte contre l'artificialisation sert-elle précisément? Quelles réponses sont apportées pour réduire l'artificialisation, notamment en Europe et en France où la loi sur le " Zéro artificialisation nette " suscite de vifs débats et réinterroge nos modèles de développement et d'aménagement du territoire.
Les villes se caractérisent par leur pluralisme. Ce fait gagne en importance dans la pratique de la gouvernance et de la planification urbaines. Le traitement des différences repose généralement sur une conception qui privilégie une seule caractéristique individuelle (telle que le revenu) et ne s'adresse qu'à des groupes spécifiques. Il s'agit d'une compréhension restrictive des différences, une compréhension qui impose des caractéristiques exclusives aux individus ou aux groupes et simplifie ainsi les identités complexes. En fait, dans notre conception, il est nécessaire d'inclure dans le concept de différences de nombreuses autres caractéristiques existantes telles que l'âge,
le sexe, la langue, le handicap et la religion, afin de comprendre
ces caractéristiques dans leur combinaison intersectionnelle et de dissoudre les représentations de groupes supposés homogènes. L'urbanisme orienté vers les différences est une approche que nous suggérons pour conceptualiser les différences dans la théorie et la pratique de la planification.
Cette étude, à la fois architecturale, urbanistique et sociale, se propose de faire revivre les maisons du Havre dans les anciens quartiers de la ville, Notre-Dame et Saint-François, anéantis par les bombardements de 1944.Grâce à une minutieuse étude des archives et des documents iconographiques conservés des fonds publics et privés, il a été possible de retrouver les traces des constructions, de leurs architectes et entrepreneurs, de leurs décors mais aussi de leurs habitants. Parmi les nombreuses sources, les dessins réalisés en 1942 par de jeunes élèves sous la direction de Georges Priem, historien passionné de sa ville, ont constitué un apport déterminant.Ce livre rend compte de l'ampleur et de l'originalité d'une telle recherche, qui n'avait jamais encore été réalisée. En grand format et en couleur, il met à la disposition du lecteur une iconographie exceptionnelle: plus de 215 images, le plus souvent inédites ou inaccessibles.
Les projets de " ville durable " se sont aujourd'hui multipliés à travers le monde. Comment interpréter cet engouement généralisé ? Est-ce une nouvelle façon de concevoir les relations entre sociétés urbaines et environnements naturels ?
Dans un contexte d'accélération de l'urbanisation, plutôt que d'acter l'inauguration de nouvelles politiques urbaines, la nécessité d'une analyse des pratiques, représentations et discours de la durabilité urbaine, assortie d'un recul critique s'imposent. C'est l'objectif de cet ouvrage. Il rassemble les travaux actuels de spécialistes en géographie, sociologie et urbanisme, ainsi qu'en architecture, agronomie, lettres, paysagisme, et interroge les dynamiques socio-spatiales de diffusion et de traduction du mot d'ordre désormais mondial de " durabilité urbaine ", sur des aires différenciées, en conjuguant les regards " macro " et " micro ". Confrontant de façon originale villes du nord et villes du sud, l'ouvrage donne des clés de compréhension sur la façon dont le projet de " ville durable " a pu devenir le symbole de ce contre quoi il est censé lutter : un " verdissement " inégal de la ville, facteur de ségrégation sociale. Si une ville naturalisée apparaît bien au cœur de la " ville durable ", elle procède moins de l'application d'un paradigme idéologique, d'une régulation politique " par le haut " que d'une mosaïque d'initiatives, croisant ambiances, pratiques sociales et récits ordinaires.
Le déchet est un marqueur social des modes de consommations, des processus de productions agricoles, artisanales et industrielles. La gestion des déchets concerne surtout l'intégration des innovations sociales et territoriales, au- delà des seuls enjeux techniques. Mais quel challenge que de faire travailler ensemble des chercheurs et des professionnels autour de cet objet, d'échanger expériences, savoirs et savoir-faire, afin que le déchet ne soit plus considéré comme un rebus mais une ressource secondaire valorisable. L'ouvrage traite des processus territoriaux et sociaux de la structure des filières de gestion des déchets, s'appuyant sur l'écologie territoriale et les systèmes d'acteurs depuis les filières de collecte, jusqu'au traitement et à la valorisation. L'acceptabilité des pratiques sociales et techniques ne passe que par des moyens de prévention et de communication qui permettent de mobiliser les acteurs, sachant que l'Homme et le territoire sont au cœur de cette question. Des exemples multiples dans des pays du Nord comme du Sud éclairent ces questionnements et s'inscrivent dans une démarche allant vers une économie davantage circulaire.
Visites préalables à la réception d'un chantier, visites d'appartements à louer, vraie-fausse visites de théâtre de rue, visites urbaines des divers projets de la métropole, visites d'un bâtiment par des critiques d'architecture... Expériences a priori peu en rapport, elles sont pourtant le point de départ de l'auteur qui a choisi de les combiner car toutes ces situations constituent la visite comme une expérience spatiale particulière, fondamentale aujourd'hui dans l'approche de l'urbain. Croisant géographie de la spatialité et sociologie de la perception, le livre d'Anne Bossé s'appuie sur une enquête empirique pour faire de la visite un être-en-ville-ensemble problématisé. La visite comme moyen de connaissance, les compétences du visiteur dans l'action, la nature de l'expérience eue en public sont les principales questions abordées. Chaque fois, l'attention est portée à la condition de l'in situ dans le faire avec l'espace, l'émergence de savoirs en actes ou la fabrique d'interprétations partagées. L'ouvrage permet ainsi de nourrir le regard à porter sur la multiplication des usages de la visite dans les mondes de l'architecture et de l'urbanisme. Il engage à réfléchir au voir-la-ville dans ses multiples dimensions, y compris politique.
Le dossier Architectures du BBF n° 4 invite à découvrir des projets récents de constructions ou de restructurations de bibliothèques françaises. Donnant la parole à des architectes et à des bibliothécaires, ce dossier porte des réflexions professionnelles sur la façon de concilier bâtiments, matériaux et usages, notamment à travers les questions de l'aménagement des espaces, la prise en compte des usages contemporains, les exigences de conservation, le dialogue avec l'environnement extérieur...
Quels sont les facteurs de la croissance urbaine? À quelles conditions une ville devient-elle grande? Comment explique-t-on, inversement, qu'une population cesse d'augmenter? Autant de questions propres aux sciences sociales modernes qui orientent déjà la réflexion que Botero consigne dans ce petit livre, publié pour la première fois à Rome en 1588 puis annexé aux nombreuses éditions de son traité De la raison d'État. Une réflexion qui se nourrit de l'information géographique produite par l'extension considérable du monde connu au XVIe siècle et d'une forme nouvelle de comparatisme témoignant déjà d'une approche " globale ". Chef-d'œuvre de l'histoire de la géographie et de la pensée urbaine, Des causes de la grandeur des villes n'avait jusqu'à présent jamais fait l'objet d'une édition scientifique systématiquement annotée, ni d'une traduction française.
Dans les villes contemporaines, les situations dans lesquelles des résidants s'opposent à l'implantation d'un équipement, protestent contre des nuisances, s'organisent pour obtenir la préservation d'espaces chargés de valeurs environnementales ou patrimoniales sont souvent considérées comme des manifestions d'une tendance généralisée au repli sur l'espace de résidence qui contribuerait à la fragmentation urbaine. Ce livre propose une perspective différente permettant de construire une réflexion sur la productivité sociale et territoriale de ces situations d'action. Quatre hypothèses d'interprétation des effets des conflits de proximité sont ici développées, ceux-ci peuvent être analysés comme des processus de territorialisation, comme des modalités d'actualisation locale du droit ou de production d'un espace public (politique) intermédiaire et comme des transactions sociales. Il s'agit donc de considérer les conflits de proximité dans leur dimension d'action collective et d'interroger l'apparent paradoxe entre renforcement du cadre juridique urbain et environnemental, approfondissement des procédures de participation et multiplication des conflits. Pour contribuer à une meilleure intelligence de ce phénomène, souvent présenté comme une tendance internationale ce livre analyse des situations d'action en France et dans deux autres contextes nationaux (Canada, Mexique).
L'architecture des bibliothèques, point de départ ou d'aboutissement à l'existence même de celles-ci, cristallise les questionnements professionnels, et cela de manière encore plus aiguë à l'heure des mondes virtuels : quelles spécificités sont attachées à la construction de tels bâtiments culturels et comment envisager, dans l'architecture même, les évolutions du futur ? Quelles sont les attentes des professionnels, mais aussi des publics? Comment peut-on insérer un projetde bibliothèque dans le maillage urbain et comment travailler avec les élus ?Pour répondre à ces questions, l'ouvrage Architecture et bibliothèque, 20 ans de constructions a réuni architectes, programmiste, journaliste spécialisée en architecture, conservateurs des bibliothèques, élus, et même dessinateur.Leurs discours s'entrecroisent, tissent un panorama de l'architecture desbibliothèques en France depuis plus de vingt ans et proposent quelquespistes de réflexion pour les évolutions à venir.
Ce livre publie le rapport officiel de la commission Merruau (1862) ainsi que le contenu de deux grands tableaux conservés à la bibliothèque de l'Hôtel de Ville, inédits jusqu'ici, qui présentent les motifs de regroupement des voies ou de changements de noms. Le but de la commission est en effet de conforter, par l'adoption d'un système commun de numérotation des maisons et par le choix des odonymes, un registre identique à l'échelle de l'agglomération, et concourir ainsi à l'uniformisation de la mémoire collective. Toutes les propositions n'ont pas été suivies mais le Paris d'aujourd'hui est bien l'héritier des choix de la commission.
En France, les décennies 1950, 1960 et 1970 sont traversées par une puissante révolution urbaine. Les grands ensembles, le pavillonnaire et les infrastructures routières, les centres commerciaux et les complexes tertiaires redessinent, avec une brutalité difficile à imaginer aujourd'hui, le cadre de vie des Français. En 1950, les villes ont encore leur physionomie du XIXe siècle. En 1980, c'en est terminé de cette ville ancienne, définitivement reléguée dans le passé ; la modernité urbaine s'est installée.La période des Trente Glorieuses est aussi celle d'une extraordinaire effervescence intellectuelle. De nouveaux systèmes de pensée redéfinissent les articulations entre la science et la politique, la pensée et l'action, les réalités locales et les logiques globales. Le marxisme, le structuralisme et la sémiologie, le catholicisme de gauche et la psychanalyse lacanienne se saisissent de toutes les trans- formations sociales et en proposent des interprétations globales et engagées.La sociologie urbaine critique naît de la combinaison de ces embrasements urbain et intellectuel. Prolixe, inventive, souvent militante, elle diagnostique la fin des villes et saisit l'émergence d'une nouvelle société, " urbaine ", appréhendée à travers ses modes de vie, son insertion dans des réseaux d'échanges mondialisés et l'apparition du local dans les médiations politiques. Cette société urbaine est toujours la nôtre.