Le doctorat n'est pas un diplôme comme les autres: puisque la thèse sert à prouver la capacité à produire des savoirs nouveaux, la soutenance est le seul examen où le jury en sait moins sur le sujet traité que le ou la candidat·e. Mais comment un grade universitaire en est-il venu à certifier l'originalité et la nouveauté, plutôt que la conformité et la maîtrise de savoirs acquis? Quelles en sont les conséquences sur le travail intellectuel et ses pratiques, sur l'organisation des mondes savants et sur la structuration des disciplines? Qui s'engage dans une telle aventure, avec quels objectifs et pour quels résultats?
Trente-cinq ans après la consécration du concept de "?développement durable?" dans le rapport Brundtland et à mi-parcours de l'agenda 2030 de l'ONU sur les Objectifs du développement durable (ODD), les initiatives dans le domaine de la recherche et de l'enseignement supérieur visant à leur réalisation sont foisonnantes. De fait, le nombre des publications sur le développement durable a crû de manière exponentielle. Les formations en Sustainability Studies ou Sustainability Science prolifèrent et les programmes de recherche et les chaires dédiées se multiplient dans les universités. En France et dans le monde, un nombre croissant d'établissements se placent sous les bannières de la durabilité?; certains en font leur raison d'être.
La crise climatique, l'effondrement de la biodiversité, la vulnérabilité des systèmes agricoles et alimentaires, la pandémie de Covid-19, les tensions géopolitiques croissantes, tous ces phénomènes concourent à la fois à produire un sentiment d'urgence et à promouvoir des approches de la science à la fois systémiques et tournées vers l'action.
Mus par le souci de leur responsabilité, des chercheurs de plus en plus nombreux s'alarment du déni des connaissances scientifiques dans le débat public et de la faiblesse de l'action publique au regard des urgences de notre temps.
Le projet de ce livre, fondé sur une enquête approfondie dans les textes fondateurs des sciences de la durabilité et auprès des porteurs de la mémoire et des dynamiques actuelles de ce champ, est de donner à comprendre au grand public la genèse, le développement et l'affirmation de la communauté internationale des sciences de la durabilité comme réponse inédite des mondes de la recherche à la crise écologique globale qui affecte l'habitabilité de notre Terre.
Cet ouvrage collectif interroge le champ du design en privilégiant une approche pluridisciplinaire et en questionnant ses fondements épistémologiques. Cette contribution au design se consacre à ses enseignements et plus précisément aux compétences et aux valeurs indispensables à tout système démocratique. Dans cette perspective, nous proposons des débats menés au sein des différents chapitres sur la nécessité de former des citoyens et des citoyennes capables d'agir dans nos démocraties pétries d'enjeux techniques. C'est en ce sens qu'enseigner le design implique de revenir sur les formations des concepteurs et des conceptrices et, de ce fait, sur l'activité de conception comme enjeu profondément démocratique.Cette activité considérée comme complexe se situe au cœur de l'enseignement du design. Son apprentissage est développé dans cet ouvrage en interrogeant les enjeux d'une démocratie technique et en approfondissant ses possibles compétences et valeurs. Celles-ci participent au développement d'une posture citoyenne amenée à concevoir des artefacts et des systèmes techniques.Auteurs: Pierre Baumann ; Gwenaëlle Bertrand ; Suzanne Boulet ; Marcelo Falcon Roberto ; Maxime Favard ; Joëlle Forest ; Claire Griffon ; Anja Küttel ; Marie-Pierre Labrie ; Martin Lalonde ; Mathieu Laporte ; Pierre Litzler ; Guillaume Massy ; Christophe Moineau ; Émeline Roy ; Apolline Torregrossa ; Eric Tortochot ; Frédérique Vuille
Nous avons choisi de centrer notre premier volume sur les archives périssables du militantisme artistique que nous avons intitulé L'inarchivable en résistance. Il s'agit de réfléchir à la façon dont l'archive interagit avec des contextes en tension, en période de troubles politiques, en temps de guerre ou de censure, mais aussi lorsque le média ne permet qu'un processus d'archive à la marge. Qu'est-ce qui fait archive dans ces conditions et, son corollaire, qu'est-ce qui fait œuvre ?Maël Forlini questionne l'archive au regard de la mort et plus particulièrement dans le contexte de la pandémie de VIH ou dans l'univers carcéral. Que peut l'archive dans ces situations extrêmes et que peut-elle faire de sources vocales et sonores qui sont par essence fragiles et évanescentes ? Raphaël Forment apporte une contribution sur le hacking et le live coding au prisme de l'archive et analyse comment l'archive se renouvelle en contact avec les nouveaux médias et la dématérialisation de certains aspects de la création. Alexandre Michaan propose d'expliquer la fabrication d'une archive a posteriori pour documenter les états d'une œuvre en devenir de par l'obsolescence de ses matériaux de constitution. Roberta Trapani aborde ainsi la mise en œuvre d'art et en patrimoine d'environnements singuliers et leur classement en archives dans des contextes de politiques territoriales parfois contradictoires. Enfin, Maurane Charles fait de l'archive ou de l'inarchivable une question de terrain en étudiant un festival de littérature indépendante, entre marge et tentation d'institutionnalisation.Ces cinq contributions interrogent la transformation des processus de création en " objets patrimoniaux " et réfléchissent à la question de ce qu'il convient et de ce qu'il est possible de conserver sans altérer l'œuvre. Demeure-t-il un chemin alternatif entre une dimension institutionnelle revendiquée et les pièges de l'hyperpatrimonialisation actuelle ?
Que se passe-t-il dans une bibliothèque ? Peu de choses en apparence, et pourtant… L'ouvrage de Joëlle Le Marec offre une analyse fouillée et percutante de ce qui se joue dans la fréquentation des établissements qui mettent à disposition du public des collections de livres, de documents d'information. Plus précisément, l'ouvrage fournit des réponses aux questions posées régulièrement dans les études de publics : pourquoi les bibliothèques sont-elles investies selon une temporalité débordant les limites attendues du simple prélèvement documentaire ? Pourquoi ces établissements sont-ils devenus des sortes d'extension de la maison, du bureau, autant de " territoires du soi " pour reprendre le fameux concept d'Erving Goffman ? Dans cet essai, nourri de ses recherches pratiquées dans les institutions culturelles, l'auteure montre que la bibliothèque contemporaine apparaît très nettement comme un haut lieu d'articulation entre pratiques de savoirs, souci de soi, et milieu de vie.
Achevé dans les nuits du printemps 68, dans des cafés ouverts tard et éloignés des manifestations de rue et des AG d'universités, Le métier de sociologue n'a pas conservé l'odeur des grèves, ni le bruit des barricades. Ce manuel en forme de manifeste a pourtant marqué définitivement l'histoire de la sociologie et plus largement celle des sciences sociales. Pierre Bourdieu, Jean-Claude Chamboredon et Jean-Claude Passeron y posent un problème crucial et toujours actuel: sous quelles conditions, épistémologiques et historiques, la sociologie peut-elle être une science " comme les autres "?Ce livre, devenu classique, compte parmi les contributions les plus importantes et les plus novatrices de la sociologie contemporaine. Il comporte près de 50 extraits de textes fondateurs, introduits et discutés par les auteurs. L'ensemble témoigne d'un regard précurseur sur le rôle de la réflexivité et de l'inventivité dans la pratique de la recherche en sciences sociales.Cette nouvelle édition au format poche est précédée d'une présentation inédite retraçant les origines, la gestation et la postérité de cette oeuvre magistrale.
Les dernières décennies, marquées par la multiplication des échanges et des débats historiographiques bien au-delà des frontières nationales, ont progressivement vu la remise en cause d'un ensemble de convictions scientifiques fortes sur lesquelles les historiens avaient longtemps vécu. La réflexion des historiens s'est d'abord éloignée des certitudes de l'histoire sociale sérielle, et s'est portée, dans le sillage de la microstoria, sur la valeur heuristique du cas et sur les difficultés de la généralisation. Plus récemment, le rôle croissant des histoires et des historiographies non européennes a profondément redessiné l'agenda de la recherche historique. Enfin, l'écriture de l'histoire et ses ressources narratives ont été de nouveau l'objet d'une intense attention. Jacques Revel n'a cessé d'éclairer et d'impulser, tout au long de sa carrière, ces mutations historiographiques. Ce volume rend hommage à l'importance et à l'influence de son travail, en proposant un ensemble de réflexions libres sur les opérations qui font le quotidien du métier d'historien et qui nous deviennent parfois si familières que nous finissons par considérer qu'elles vont de soi. Ni un manifeste ni un héritage, mais une certaine expérience commune de l'écriture de l'histoire.
Cet ouvrage, rédigé dans le cadre de l'Association pour la promotion de la recherche sur l'apnée et les activités subaquatiques (APRAAS), aborde tour à tour les aspects historiques, physiologiques, pathologiques, psychologiques et pratiques de l'apnée. L'Apnée. De la théorie à la pratique est donc destiné à tous ceux qui s'intéressent à ce domaine: apnéistes confirmés ou débutants à la recherche de documentation, futurs encadrants d'apnée ou de pêche sous-marine, entraîneurs et médecins en charge de groupes sportifs.
Soutenues par les élèves de la promotion 2014 pour obtenir le diplôme d'archiviste paléographe
Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 2014 pour obtenir le diplôme d'archiviste paléographe.Ces thèses ont été soutenues les jeudi 6 février 2014 et jours suivants.
Fruit de la grande expérience d'enseignement des auteurs à Agrocampus Ouest, cet ouvrage d'exercices corrigés complète le livre Statistique générale pour utilisateurs. 1- Méthodologie. Cet ensemble d'exercices corrigés de façon détaillée, dont la grande majorité correspond à des applications réelles, permet de s'approprier les principales méthodes statistiques utiles aux praticiens : statistique descriptive, estimation, tests de comparaison de moyennes et de variances, analyse de variance, régression simple et multiple, test du chi-2, plans d'expérience, analyse en composantes principales. Ce livre a été d'abord écrit pour les étudiants d'école d'ingénieurs, d'IUT ou BTS ou de l'université dans les filières des sciences de la vie, sciences sociales, sciences économiques, etc. Mais il sera utile à tout professionnel confronté à l'analyse statistique de données. La mise à disposition, sur le site d'Agrocampus, de l'ensemble des jeux de données et des lignes de code en R permet de reproduire aisément tous les résultats.
2013 est l'année du bicentenaire de la naissance de Claude Bernard, né un 12 juillet. Ce livre rend hommage à une grande figure de la science française, qui a marqué le développement de la physiologie moderne. Il montre également qu'aujourd'hui, à l'heure de l'essor d'une biologie post-génomique et systémique, de nombreux aspects du travail de Claude Bernard sont encore d'actualité pour penser le renouveau de la biologie.
Comment assurer la préparation matérielle d'un texte de sciences humaines ? Comment présenter un manuscrit de la manière la plus efficace et faciliter la collabration entre auteurs et éditeurs ?
A destination des étudiants et des chercheurs en sciences sociales, Le Tapuscrit propose un ensemble de conseils et de règles pour la présentation des travaux de recherche en sciences sociales. Il n'entre pas dans les spécificités et les usages propres à chaque discipline mais donne un cadre pour aider les auteurs à présenter leur manuscrit de la manière la plus efficace possible.
Une présentation claire et cohérente permet en effet une bonne collaboration entre auteurs et éditeurs, ce qui est indispensable non seulement pour garantir la qualité et l'intérêt des travaux publiés, mais aussi pour assurer des conditions de publication efficaces. Tout auteur remettant à son éditeur un manuscrit propre fait le premier pas vers cette collaboration.
Le choix des questions abordées et des solutions retenues dans ce manuel résulte des expériences faites au service des publications de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Le Tapuscrit se veut un guide qui doit être complété par la lecture des recommandations aux auteurs propres à chaque revue ou maison d'édition.
La première version de ce texte a été établie par Marie-Louise Dufour en 1971 et lui doit beaucoup. Elle a ensuite été revue au fil des ans au sein du service des publications de l'EHESS. La présente édition a fait l'objet d'une actualisation plus vaste pour répondre à des besoins, des exigences et des outils nouveaux, en particulier dans le domaine de la bureautique et des " humanités numériques ". Sans être un manuel, et encore moins un tutoriel pour se former à l'usage de logiciels informatiques, il tient compte des possibilités offertes par ces derniers.