" Quelle langue ! ", Jean Ziegler. " Vos interventions dans Libération bougent l'esprit ", le philosophe Gilles Châtelet." Christophe, pourquoi nous détestez-vous autant ? ", une association de motards." Doux et féroce ", Le Temps. " Une analyse incisive, percutante et brillante ", Jack Lang." Vers les cimes d'une sociologie que ne renierait pas le philosophe allemand Georg Simmel ", Le Nouveau Quotidien. " Tu nous pompes l'air ", anonyme. " Merci pour vos splendides analyses du dimanche qui réconfortent et donnent doux et beau courage ", Jean-Luc Godard. Christophe Gallaz a publié des milliers de chroniques et d'autres textes dans les quotidiens et les revues de Suisse romande et de Paris. Une sélection méticuleuse en a dégagé cet ouvrage préfacé par Christian Ciocca, qui perçoit chez son auteur un " don de double vue " nécessaire aux dévoilements de notre monde-spectacle éperdu. De quoi convier les lecteurs de ces pages au coeur de leur propre existence qui balance elle aussi des arts au sport, de la littérature aux champs de l'amour ou de l'angoisse, de l'enfance aux animaux de compagnie, du langage à ses tics ou de la ville au crime environnemental. Une invitation majeure à traquer les signes éclatés de notre époque – puis à les relier pour mieux la comprendre et s'y comprendre.
Clickbait, SEO, plateformisation des contenus, publicités programmatiques, systèmes demanagement de l'information, applications numériques dédiées: la transformation numérique du journalisme a considérablement modifié les pratiques et les outils d'écriture. Les journalistes sont désormais accompagnés d'autres acteurs, pris dans des impératifs spécifiques, qui consistent principalement à " séduire " les algorithmes des réseaux sociaux, afin que la " bonne information " rencontre ses publics. À travers une plongée au cœur de plusieurs rédactions, ce numéro analyse les étapes et les enjeux propres à ces nouveaux réglages, avec lesquels doivent composer les équipes éditoriales, marketing et managériales.
Les digital natives au prisme des inégalités socio-culturelles
La révolution numérique a profondément modifié les manières de s'informer, de se cultiver et de participer au débat public. Les jeunes nés au tournant des années 2000 sont à l'avant-poste de ces mutations. Qualifiés de "digital natives" par le monde du marketing, on les pense spontanément à l'aise avec les outils numériques, et capables d'en tirer le meilleur. Les jeunes seraient ainsi les fers de lance de cette nouvelle société numérique. Cet ouvrage dépeint une situation moins enchantée. À partir d'une enquête multi-méthodes (questionnaire, entretiens et observation en ligne) menée auprès de différents publics (E2C, BTS, IUT, licences d'AES, de science politique, IEP, etc.), elle met au jour les inégalités socio-culturelles nouvelles qui traversent cette génération. En matière d'information, de participation politique ou de culture, les jeunes développent des usages socialement différenciés du numérique, que l'ouvrage propose d'éclairer.
Dans un contexte de défiance vis-à-vis des partis et des hommes politiques (éloignement des arènes politiques, brouillage idéologique, affaires politico-financières, "dérives" de la communication politique, etc.), de dénigrement du travail des journalistes (discours "anti-système") et de la montée en puissance des réseaux sociaux, cet ouvrage interroge le rôle des médias et les spécificités (ou non) du travail des professionnels de la communication politique et des journalistes en période de campagne électorale. L'ambition est notamment de porter le regard sur les reconfigurations liées à l'usage intense des réseaux sociaux, tout en considérant les permanences de certaines pratiques et manières de faire. Cet ouvrage repose sur des études de cas inédites qui analysent l'actualité très récente, en s'intéressant aux campagnes des primaires, présidentielle et législatives de 2017.
Évoquer les questions financières dans le milieu culturel n'est pas une chose simple. Mais la crise économique a contraint à redéfinir ces rapports complexes, en incitant ses acteurs à faire des arbitrages de plus en plus affinés, et en inventant de nouvelles formes de valorisations et de partenariats. Cette salutaire démarche permet de dégager de " bonnes pratiques " et de se montrer ingénieux dans la recherche de financements, à la condition de n'être pas une simple gestion de la pénurie.
Les destructions de patrimoine ont connu ces dernières années une recrudescence liée aux conflits qui enflamment de nombreuses zones géographiques, et en particulier le Proche et Moyen-Orient. Le danger qui plane sur le patrimoine culturel touche notre identité, à la fois individuelle et collective. Ce qui fait patrimoine est ce qui nous constitue, d'une génération à l'autre, d'un pays à l'autre. Des initiatives se déploient afin de protéger ces œuvres, et plus spécifiquement ici les œuvres documentaires.
Si les registres iconique et scriptural semblent bâtis et appréhendés selon des logiques divergentes, leur complémentarité est en réalité constante. Le texte et l'image se regardent et se parlent. La part du visuel dans le monde de la lecture et dans les bibliothèques est omniprésente, qu'il s'agisse du graphisme, de l'illustration jeunesse, de la bande dessinée, du roman graphique, des fanzines, des livres d'artistes ou des artothèques…Ce numéro du BBF propose une découverte de ces univers qui se complètent et s'enrichissent mutuellement.
Invention d'un dispositif à l'Office national du film, à Montréal
Autour des années 60, des cinéastes tentent de se rapprocher des personnes filmées et de donner la parole aux protagonistes dans un son direct et synchrone. Partant du point de vue des techniciens, ce livre explore les différentes manières dont les cinéastes du direct accompagnent l'évolution des techniques et des mentalités à l'Office national du film du Canada.Basée sur une exploration des archives techniques, la rencontre avec des témoins et une analyse de la production de l'Office, dont les films oubliés du Canadien-français Pierre Petel ou les classiques du cinéma québécois Les Raquetteurs ou Pour la suite du Monde, ce livre replace l'évolution légère et synchrone dans l'histoire du cinéma et des techniques. En effet, c'est en cherchant à s'adapter à la réalité filmée, au lieu d'organiser le réel en fonction de la caméra comme dans les cinémas classiques, que les cinéastes provoquent une évolution légère et synchrone des dispositifs, s'inscrivant ainsi dans une tendance alternative du cinéma.Plus largement, les techniques légères et synchrones participent à l'électrification de l'image audiovisuelle : d'un côté, cette évolution est rendue possible par la régulation des moteurs électriques et l'enregistrement magnétique du son. De l'autre, certaines des innovations proposées par les techniciens du direct (time code, lentilles, ergonomie des caméscopes ou micro-trottoir) servent de base au développement de la vidéo légère dans les années 70, modifiant notre conception de la technique audiovisuelle.
Le travail policier est depuis longtemps l'objet de récits et d'images qui ont durablement influencé notre imaginaire. Cette puissance narrative acquise fait aujourd'hui de l'univers policier l'un des arrière-plans préférés des médias.À partir de ce constat, cet ouvrage se propose d'explorer comment des représentations de la police sont produites et circulent dans, et entre, les champs du divertissement et de l'information, mais également comment l'institution policière s'est elle-même constituée en pourvoyeuse et en gardienne de son "image publique". Plus que jamais, le monde réel et le monde médiatique de la police coexistent et se confrontent, car les corps de police sont devenus des producteurs actifs d'images et de discours sur leurs propres actions.Par un double mouvement, "médiatiser la police" et "policer les médias", ce livre étudie l'imaginaire social sur la police, sa diffusion dans les médias de masse (télévision, presse, affiches, espaces muséaux…) ainsi que le travail communicationnel des polices modernes.
" Évoquer la mort " relève d'une problématique relativement différente de celle qui sous-tendait la livraison précédente, laquelle s'intéressait aux moyens utilisés pour " annoncer la mort " et à leurs enjeux. En effet, il s'agit encore, dans cette livraison comme dans la précédente, de dire et de montrer la mort, mais ce n'est souvent pas le cadrage principal donné à l'événement : ici, l'objet essentiel est d'expliquer la survenue du décès en tentant d'en circonscrire les raisons. Si l'on voit dans la mort un processus biologique de disparition naturelle et inéluctable d'un organisme vivant, cela peut sembler avoir un côté absurde. Cependant, l'évocation de la mort porte précisément sur des morts dont la manifestation paraît souvent dérangeante, voire scandaleuse, dans la mesure où ces morts-là donnent l'impression de pouvoir être évitées, comme dans le cas des conflits individuels, familiaux ou collectifs, ou encore dans des décès où le processus de la mort a pu être modifié en fonction d'une intervention humaine, comme dans les cas d'euthanasie, de suicide... En d'autres termes, évoquer la mort, c'est tenter d'évoquer la part de la responsabilité humaine, personnelle ou collective dans le déroulement d'un processus qui est certes un terme inéluctable mais que l'action humaine peut rendre plus ou moins proche, plus ou moins douloureux, plus ou moins (in)acceptable.
L'élargissement des échanges de programmes audiovisuels suppose que ceux-ci doivent nécessairement être traduits en de nombreuses langues, afin d'être compris par un public le plus large possible. Souvent, le public peut choisir à partir de toute une palette de possibilités quant au choix des langues et le type de traduction souhaitée. Cette ouverture rapide aux langues dans les médias suscite cependant des réflexions concernant les défis du transfert linguistique et culturel, et parfois des réserves sur la qualité des traductions et sur la manière dont celles-ci sont reçues par leurs différents publics. Ce volume présente une analyse critique des formes les plus importantes de traduction dans les médias audiovisuels (sous-titrage, doublage, surtitrage, et traduction pour personnes ayant un handicap auditif ou visuel). Il aborde les évolutions récentes dans plusieurs pays et soulève des questionnements multiples qui se posent quant à la réception des œuvres traduites sur les écrans ou sur les scènes. La traduction audiovisuelle est abordée ici sous l'angle de plusieurs disciplines différentes et complémentaires, notamment les études cinématographiques et culturelles, la traductologie, la linguistique et la psychologie cognitive, en mettant l'accent tant sur les aspects théoriques que sur les enjeux pratiques.
Théories de la réception filmique comme phénomène collectif en France (1908-1930)
Chacun va au cinéma, aujourd'hui, avec le sentiment de vivre une expérience partagée, mais en même temps intime et singulière. La réception filmique ne fut pourtant pas toujours envisagée ainsi. Durant la période " muette ", en France, elle était considérée comme un phénomène ressortissant aux lois de la psychologie collective. Les films ne s'adressaient pas à des individus mais à la foule.La foule était au centre des préoccupations d'une époque que Gustave Le Bon a baptisé d'" ère des foules ". Sa Psychologie des foules est demeurée l'emblème de la psychologie sociale naissante. Pourtant, la vision négative des foules qui s'y dessine ne fut pas la seule manière de concevoir ce phénomène. La foule est aussi apparue comme l'expression d'une volonté de renouveau du communautarisme et du spiritualisme, au sein d'un monde moderne qui s'orientait vers l'individualisme et le matérialisme.C'est par rapport à ces débats que des critiques, cinéastes et théoriciens (Canudo, Gance, Delluc, Epstein, L'Herbier, Moussinac, Faure) envisagèrent d'octroyer au cinéma un rôle capital. Ils voulurent que ce spectacle populaire devienne l'art des foules. Ce n'était qu'ainsi qu'il pouvait offrir aux foules des moments de communion et d'élévation spirituelle, et qu'en même temps, cette mission " religieuse " conférée à l'art par le romantisme serait sauvée. Il était donc destiné à prolonger les idéaux romantiques dans le monde moderne, tout en préparant la venue d'un homme nouveau capable de fusion psychique, voire de télépathie.Psychologies des foules, histoire de l'art, pacifisme, universalisme, socialisme, occultisme et sciences psychiques sont ici convoqués pour exhumer les enjeux idéologiques de cette grandiose et utopique théorisation du cinéma comme Septième Art et de la réception filmique comme phénomène collectif.