S'appuyant sur un large éventail de sources orales et d'archives en plusieurs langues collectées dans cinq pays, La Mouridiyya en marche retrace plus d'un demi-siècle d'histoire des Mourides, en mettant l'accent sur la mobilité et les transformations culturelles en milieu urbain. Cheikh Anta Babou s'inscrit dans la recherche émergente sur les migrations musulmanes transnationales en explorant la vie religieuse de cette confrérie sénégalaise à travers leurs migrations et leur installation dans certaines villes sénégalaises, ivoiriennes, gabonaises, françaises et américaines depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la première décennie du xxie siècle. En se concentrant sur leur utilisation de l'espace, il met en lumière les relations entre la création de lieux, l'identité religieuse et les comportements d'appartenance, à travers l'habillement, l'utilisation d'une musique dévotionnelle, et la composition de récits sacrés. La quête d'un espace pour soi et la création d'associations, surtout celles dévolues à la promotion des valeurs culturelles et religieuses, constituent l'un des moyens que les immigrants emploient pour se faire accepter et s'insérer dans la communauté citoyenne du pays d'accueil. Tout au long de l'ouvrage, il décrit les forces économiques et sociopolitiques qui ont alimenté ces mouvements de population, notamment la domination coloniale, les crises économiques de l'ère postcoloniale et les catastrophes naturelles.Ce travail fascinant sera autant apprécié des familiers de la mouridiyya que de ceux qui découvrent la dynamique de cet ordre soufi.
Ce livre parle de Dakar. Et de l'argent. À Dakar, l'argent est roi. Il est le revers de toutes les relations, des plus commerciales aux plus intimes.Ce livre parle des femmes. Et de l'argent. À Dakar, les femmes dépensent avec faste des sommes démesurées pour honorer des relations de parenté, en particulier à l'occasion des cérémonies de mariage et de naissance — ce que, paradoxalement, hommes et femmes dénoncent comme un gaspillage contraire à la rationalité économique et aux valeurs de l'islam.Ce livre parle d'anthropologie. Et d'argent. À Dakar, si la finance est reine, la vie sociale n'est pas pour autant soumise à la seule loi du marché: le système cérémoniel, qui associe étroitement échanges féminins et rituels religieux, y joue un rôle de premier plan.Nourri d'enquêtes de terrain menées dans un quartier populaire de l'agglomération dakaroise, l'ouvrage d'Ismaël Moya, en suivant la piste de l'argent, éclaire d'un jour nouveau la place de l'économie, les hiérarchies statutaires, la parenté et les rapports complexes entre hommes et femmes dans cette société musulmane. S'y dévoilent, au sein de la finance, les valeurs qui structurent la vie sociale d'une métropole africaine contemporaine.
L'ouvrage " Théâtre Politiques : (en) Mouvement(s) " s'attache aux différents concepts et réalités liés au théâtre politique hier et aujourd'hui dans le monde et cherche à montrer l'aspect non dogmatique d'un théâtre ouvert aux problématiques artistiques et anthropologiques contemporaines. Dénommé " théâtre militant ", " théâtre ethnique ", " théâtre populaire ", la richesse du théâtre politique vient de l'entrelacement des différents concepts qui permet son actuel renouvellement tout en s'ancrant dans une démarche de création contemporaine qui dépasse les formes de son engagement. Ainsi, en faisant appel à des expériences brésiliennes, irakiennes, nord-américaines, anglaises, portugaises, françaises, italiennes, algériennes, mexicaines, allemandes, grecques antiques ou encore d'Afrique noire francophone et anglophone, ce recueil prend la dimension de l'actualité du théâtre politique. D'ailleurs, le DVD qui accompagne cet ouvrage présente sept performances contemporaines de théâtre politique et permet d'envisager l'extrême vivacité de ce théâtre en friction permanente avec un monde en mouvement.
Dans les sociétés civiles des nations concernées, on assiste à une recomposition des affiliations tribales au sein de réseaux financiers, commerciaux, mutualistes et autres. Étudiant le vote tribal, les analystes constatent que les tribus font et défont les positions politiques. En appeler au tribalisme pour le condamner renouvelle les représentations d'un monde tribal qui s'oppose à l'État, à la modernité. Les stratégies de la mondialisation renouent avec " le grand jeu tribal " des empires coloniaux, source de conflits violents et fortement médiatisés, de la Somalie et du Soudan à l'Afghanistan et au Pakistan... Jusqu'à présent, pour construire leur modèle, les sciences sociales n'ont retenu qu'un trait exclusif de la tribu : le développement des rapports de parenté en fonction de la filiation unilinéaire. Les recherches de terrain présentées ici invitent à une relecture critique de " la tribu des anthropologues ". Elles soulignent la permanence de valeurs relevant non seulement de pratiques communautaires mais aussi du genre, de la compétition et de l'honneur, valeurs qui commandent les comportements tribalistes et qui s'observent aussi bien là où la tribu voit son rôle décliner que là où elle n'existe pas même institutionnellement.
Koumen est le récit initiatique des Pasteurs Peul. Jamais écrit, ni même enregistré, les conditions rituelles étant extrêmement strictes, il fut pour la première fois publié en 1961 par Hampate Ba et Germaine Dieterlen. Il relate l'initiation du premier silatigi, Silé Sadio ou Soulé, diminutif de Souleyman c'est-à-dire de Salomon. Il présente l'initiation comme un enseignement progressif de la structure des éléments, de l'espace, du temps dont l'essence doit pénétrer le postulant : c'est aussi une succession d'épreuves — le postulant doit pénétrer successivement dans douze clairières —, symboles de la lutte qu'il doit entreprendre sur lui-même avec l'aide de Dieu, et de Koumen, son auxilaire-berger, pour progresser dans la connaissance. Les Éditions de l'EHESS et l'IFAN permettent aux étudiants et lecteurs africains, et plus particulièrement aux Peul du Sénégal, d'avoir à nouveau accès à un texte fondamental.
Le mythe d'Aura Poku (Côte d'Ivoire) - Réforme des paroisses orthodoxes (Éthiopie) - La cosmologie igbo ppendant l'esclavage (Nigéria) - Diffusion de l'islam et enseignement (Burkina Faso)
Tourismes. La quête de soi par la pratique des autres
Depuis les Indépendances, le tourisme en Afrique a été appréhendé par les chercheurs tour à tour comme une forme de néo-colonialisme, un facteurde développement, comme destructeur des sociétés traditionnelles locales, puis comme facteur de paix et de rencontre entre les peuples. La figurenéo-coloniale du touriste blanc, riche et puissant, tant décriée par les chercheurs des années 1970, laisse de plus en plus la place à celle du touriste culturel, solidaire ou équitable, en quête de rencontre avec l'autre.La vingtaine de contributions réunies dans ce numéro visent à déplacer la réflexion d'une problématique trop souvent basée sur l'impact du tourisme enAfrique à un questionnement sur les imaginaires touristiques portés sur ce continent, sur la manière dont les acteurs locaux et les autorités publiques participent à leur création, se les approprient ou les contestent.