Victor Hugo et les Hauts-de-France. Textes et dessins
La revue nord', à l'occasion de son quarantième anniversaire, a souhaité publier un numéro qui puisse concerner l'ensemble des lecteurs des Hauts-de-France: Hugo, qui a beaucoup évoqué la Picardie, le Nord et le Pas-de-Calais, permettait de réaliser cet objectif.– Ce numéro pourra être apprécié pour son exhaustivité puisqu'il présente la totalité des textes ainsi que des dessins de Hugo sur les Hauts de France.– La plupart des textes font l'objet d'une présentation.– On trouvera dans ce numéro la version intégrale du célèbre discours sur les caves de Lille, disponible dans les éditions savantes mais proposé ici à la lecture du grand public.– L'ensemble sera précédé d'une étude (jamais réalisée jusqu'à présent) sur les rapports de Hugo avec les Hauts-de-France, étude proposée par le grand spécialiste de la biographie de Victor Hugo, Jean-Marc Hovasse.
Après la Seconde Guerre mondiale, le bloc de l'Est n'oublie pas Zola, l'auteur de Germinal, l'intellectuel engagé; il est vu comme un grand "défenseur de la vérité", et ce malgré les réticences de grandes figures marxistes, d'Engels à Lukács. L'analyse de la réception de cet auteur en URSS et au sein de sept démocraties populaires montre que s'il y a bien des invariants dans le discours marxiste porté sur Zola, chaque pays traite à sa façon de son œuvre et de son engagement.Ce livre constitue ainsi une synthèse inédite d'une réception idéologique et transnationale attentive aux particularités nationales.
Jamais étudiées jusqu'à présent, les relations d'Henri Bosco avec Frédéric Mistral, père de Mireille et du Félibrige, et les résonances entre leurs œuvres, font l'objet d'un dossier exceptionnel dans ce volume 55 des Cahiers Henri Bosco: cinq poèmes de jeunesse inédits de Bosco en hommage au " Maître de Maillane ", récemment retrouvés, et plusieurs études et témoignages de Christian Morzewski, Michel Compan, Jean-Yves Casanova (spécialiste de langue et littérature provençale) et Joyce Zonana (traductrice américain de Bosco et de Joseph d'Arbaud) sur la " provençalité linguistique " du romancier de Malicroix. Sandra Beckett revisite aussi dans ce volume Le Récif, l'un des derniers et très troublant roman de Bosco, et Hervé Signore y présente la belle édition du Trestoulas illustrée par Edy Legrand. À noter en fin de volume, outre la bibliographie annuelle établie par Arnaud Dhermy: un index complet de près de quarante années de publications dans les Cahiers Henri Bosco recensant tous les textes (y compris ceux de Bosco) et articles parus de 1972 à 2020.
L'histoire littéraire a été centrée sur les hommes, au détriment d'un nombre considérable d'œuvres de femmes. Certaines d'entre elles ont été cependant reconnues, mais leur travail réduit à la seule expression de leur féminité. L'ambition de cet ouvrage est de montrer que ces femmes poètes ont réfléchi à la nature de l'acte poétique, contestant la façon dont le masculin était devenu le mètre étalon de l'originalité.
Lumière de l'enfance et œuvre majeure du romantisme allemand, les contes de Grimm font désormais partie du patrimoine mondial de l'Unesco. Traduits dans toutes les langues ou presque, ils bénéficient d'une très large diffusion. Le but de cet ouvrage a donc été d'interroger les aspects les plus marquants de ces reconfigurations et métamorphoses qui font du conte un objet infini, intemporel, absorbant les strates socio-historiques et les cultures qu'il traverse sans se laisser réduire par elles. Depuis les nombreuses réécritures réalisées par les Grimm eux-mêmes jusqu'aux adaptations pour le théâtre, l'opéra, le cinéma, et aux livres illustrés pour la jeunesse ou pour les adultes, les reconfigurations des contes présentent une variété extrême, obligeant la recherche scientifique à décloisonner ses méthodes herméneutiques. On trouvera ainsi dans cet ouvrage des enquêtes concernant la génétique des textes, encore peu étudiée en France pour les Grimm (on commence tout juste à redécouvrir le manuscrit de 1810 et les versions d'avant 1857), ainsi que des travaux croisant l'analyse littéraire et l'histoire de l'art, la psychanalyse et l'anthropologie. Enfin, seront proposées des approches historiques et stylistiques de contes peu connus car échappant au répertoire pour la jeunesse: contes cruels, contes macabres, qui sont autant d'allégories d'une grande complexité, sans doute venues du fond des âges, superbement questionnées et remises à l'honneur, récemment, par de grands illustrateurs.
Le Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki, écrit en plusieurs versions entre 1794 et 1814, est un univers, une somme de tout ce qu'a pu inventer, collecter et charrier la tradition narrative occidentale depuis l'Antiquité. Ce roman met en intrigue les dérisoires tentatives de compréhension et d'explication totales du monde qui s'inscrivent dans des systèmes, des doctrines et des croyances, comme dans des fables, des figures ou des images. Roman du multiple, il invite à la pluralité des lectures; c'est ce que proposent ces Entretiens, où se croisent et s'entrecroisent des approches fondées dans différents terreaux disciplinaires et méthodologiques. C'est une polyphonie qui imite, à l'échelle du commentaire, celle que fait jouer Potocki devant ses lecteurs ou encore, à une autre échelle, celle qui se joue au quotidien dans une Faculté de lettres.
Irène Némirovsky : David Golder, Le Vin de solitude et Suite française
Seront étudiés un des premiers et le dernier romans d'Irène Némirovsky : David Golder et Suite française, ainsi que Le Vin de solitude. David Golder (1929), immédiatement adapté à l'écran par Julien Duvivier, eut un grand succès. Il raconte la carrière d'un grand banquier juif, qui se sacrifie jusqu'à la mort pour celle qui n'est même pas sa fille. Suite française parut de manière posthume en 2004 et obtint le Prix Renaudot. Il s'agit du récit de la manière dont un grand nombre de personnages vivent les premières années de la Seconde Guerre mondiale. Le Vin de solitude (1935) est une transposition romanesque de la jeunesse d'Irène Némirovsky, marquée par la haine de sa mère.Ces trois romans décrivent avec un puissant réalisme la société française dominée par les puissances d'argent ainsi que le milieu de la bourgeoisie juive depuis son émigration hors de la Russie jusqu'à son intégration plus ou moins réussie. Ayant des bases autobiographiques, ils nous font connaître la personnalité, volontaire, voire cynique, de leur auteure.
L'écriture romanesque des révolutions de Victor Hugo à George Orwell
Cet ouvrage propose une réflexion sur la destinée romanesque de l'idée même de révolution. Comment la posture révolutionnaire romantique caractéristique d'un Michelet ou d'un Hugo se résout-elle dans des oeuvres plus tardives, ou dans des romans de la désillusion révolutionnaire ?La première partie, " Dire la Révolution ", s'articule autour de questions narrative et génériques. Suivant le contexte d'écriture et les modèles adoptés, réalisme du 19e siècle ou mise en cause de ce réalisme au 20e, ainsi que suivant le rapport entretenu avec l'événement historique, les romanciers opèrent des choix variables qui infléchissent déjà la représentation des faits révolutionnaires.La deuxième partie, " Penser la Révolution ", tente précisément de mettre au jour les présupposés philosophiques et politiques qui apparaissent au sein des romans. Chaque auteur y exprime en effet de manière plus ou moins explicite sa définition de la Révolution, perçue comme une catastrophe ou une nécessité historique, comme un événement rationnel ou irrationnel, s'appuyant sur des conceptions particulières de l'homme et de la société.Enfin, la troisième partie, s'attache à montrer que la représentation romanesque de la révolution use intensément d'images et de mythes, soulignant à quel point la pensée mythique s'associe à la pensée rationnelle dans la conception de la révolution.
Le soleil se couche sur l'histoire de la peinture.Triomphe de l'image que les Salons de Baudelaire, sans doute. Mais c'est un triomphe au sens où l'entendent les baroques, une pompe funèbre.Si une phénoménologie de la perception vient relayer après coup l'œuvre de Flaubert, s'ouvrir à elle comme l'un de ses débouchés philosophiques, si l'œuvre de Flaubert de ce point de vue ne demeure pas sans postérité, c'est une fin en revanche que consacre la réflexion esthétique de Baudelaire.Le règne de l'image s'éteint doucement à l'occident de la littérature. L'image s'enténèbre, cependant que monte cette aria, petite phrase plaintive qui naît tout juste où meurt le nom de Charles Baudelaire.L'air de la pourriture, avec ses charognes mélodieuses, et ces cercueils qui chantent comme des boîtes à musique…
Ce numéro propose une réflexion sur ce qui fait aujourd'hui la singularité de l'œuvre de Victor Hugo (philosophie, politique, théâtre, roman, esthétique...). Les auteurs se sont attachés ici à jeter un nouvel éclairage sur l'œuvre hugolienne, en tenant compte de la fascination extraordinaire que celle-ci exerce encore sur ses lecteurs. Ils examinent autant le contenu de l'œuvre que la forme qui en rend possible la production, cette singulière façon d'écrire, afin de mieux faire apparaître la force propre de la pensée de l'écrivain. Il s'agit de répondre à cette question ambitieuse : qu'est-ce qui fait la singularité de Victor Hugo et comment se manifeste-t-elle ? ou : comment (re)lire Hugo aujourd'hui ? C'est-à-dire : sans le simplifier ni l'étouffer, en lui rendant sa liberté de pensée et de parole.Voici l'occasion de reprendre ainsi l'image du kaléidoscope chère à Hugo et de revisiter l'œuvre sous différents angles, lui rendant ses couleurs, en en faisant surgir le tranchant de la pensée, les résonnances politiques, la musique des mots, les interrogations philosophiques, la question du nom, l'éclat de la langue : en bref, de faire tourner l'œuvre sous tous les angles de la littera.
L'émotion semble avoir retrouvé droit de cité dans le discours critique. La peur, qu'elle soit terreur sacrée, frisson érotique, esthétique, ou angoisse du vide, traverse la littérature américaine, façonne et défait le texte et la lettre, des récits Puritains au roman contemporain. Paradoxale, la peur figure l'écriture tout en mettant en péril le processus de figuration. Défi lancé à la lettre même, qui ne peut en faire son objet sans s'en défaire, ni la défaire, la peur resurgit pourtant dans les turbulences du texte, narratives, poétiques ou figurales, au moment où l'écriture tremblait de la perdre vraiment.
Cette peur de "perdre" la peur habite la littérature de Nouvelle-Angleterre, à laquelle est consacrée la première partie de cet ouvrage quant aux articles de la deuxième partie, ils s'attachent à débusquer l'omniprésence de la peur dans des romans et nouvelles des XXe et XXIe siècles.