Dans l'histoire de la linguistique, le Français Antoine Meillet (1866-1936) occupe une place très importante. Professeur à l'École pratique des hautes études et au Collège de France, célèbre comparatiste et spécialiste de quasiment toutes les langues indo-européennes, il fut considéré comme un maître des études linguistiques. Aujourd'hui encore, il est par ses travaux presque unanimement reconnu comme une figure incontournable de la discipline linguistique.Consacré à la vie et l'œuvre de Meillet, ce numéro propose des réflexions à la fois linguistiques et historiques, des réévaluations mises à jour des apports de ses orientations significatives (la linguistique grecque, la linguistique arménienne, les études homériques) et des contributions abordant des aspects encore peu traités de son œuvre, notamment son rôle d'historien de la linguistique ou ses très nombreux comptes rendus comme source pertinente d'analyse.
Malgré son insularité, Mayotte a toujours été ouverte aux apports étrangers. Sa situation géographique — à l'entrée du canal de Mozambique — l'expose à l'arrivée de tous ceux qui empruntent cette voie maritime sans obstacles. Historiquement, elle a des liens de proximité forts avec les autres îles de l'archipel des Comores et la grande île de Madagascar, ce qui explique la présence, sur son territoire, de deux langues locales, l'une d'origine bantoue, le shimaore, l'autre d'origine malgache, le kibushi. Celles-ci cohabitent avec la langue institutionnelle et officielle, le français.Exposée à une démographie galopante, une immigration massive et une mondialisation grandissante, Mayotte est aujourd'hui en pleine mutation socioculturelle.Rassemblé par Foued Laroussi, les textes composant cet ouvrage ne portent pas exclusivement sur Mayotte ; il nous a semblé pertinent de tenir compte des expériences et actions qui ont été menées dans d'autres pays ou sur des situations linguistiques semblables. Par la diversité des regards qu'elles apportent sur Mayotte, ces contributions enrichissent le débat sur la situation linguistique mahoraise.
Inventaire et explication des mots évoquant la montagne, ses ressources et son exploitation par les hommes au Moyen Âge dans les Hautes Pyrénées. Collection de textes médiévaux sur la montagne et ses ressources, en gascon, traduits et commentés
Les linguistes spécialistes de l'espace francophone usent depuis plus d'une vingtaine d'années du concept de norme(s) endogène(s) élaboré initialement à partir de situations africaines. La question est de savoir si ce concept peut être étendu à d'autres situations de plurilinguisme, et à quelles conditions. Elle est posée depuis les aires franco-créolophones que sont les DOM, dans une démarche de confrontation avec d'autres situations de francophonie (Wallonie romane, Côte d'Ivoire, Louisiane, Maghreb). L'observation attentive de ces situations de contact révèle une permanente activité de brouillage et de négociation des lignes frontières antérieurement posées. Partant, les auteurs de cet ouvrage avancent que l'heure est davantage aux appartenances multiples qu'à une allégeance à une norme unique ; mais aussi, que la langue doit s'appréhender en termes de projet négociable, et non plus d'objet préconstruit, c'est-à-dire d'essence. La question des normes endogènes ou plus exactement du processus de leur production s'actualise alors non pas à partir d'une langue artificiellement coupée de son milieu écologique, mais à partir de ce qui se parle, un vernaculaire marqué par le plurilinguisme, même si les valeurs assignées aux différentes formes linguistiques demeurent, quant à elles, inscrites dans une sémiotique résolument discrète et socio-historiquement marquée.
La multiplicité des langues, combinée à l'importance plus ou moins grande de leurs locuteurs, tant sur le plan politique que social, a engendré à travers le temps une multitude de conflits. Mais, à côté de cette " guerre des langues " si souvent évoquée, il existe toute une palette d'actions et de réactions – résistances, contournements, astuces de toutes sortes (hybridation, dérision, parodie, etc.) – par lesquels les dominés essaient de se soustraire à l'influence, parfois très lourde, des dominants. Et l'on pose même l'hypothèse que le choix de certains alphabets traduit peut-être la volonté de certains peuples de se démarquer de leurs voisins jugés trop puissants. En tout cas, toutes ces stratégies de résistance contribuent sans doute à expliquer le paradoxe observé à propos de la langue anglaise : langue de domination s'il en est, elle se trouve aujourd'hui mise à son tour en situation de dominée.
Après une phase de conquête d'autonomie, l'avenir de la Catalogne est devenu, depuis quelques années, une question âprement débattue et récurrente. Quels sont les principaux défis auxquels doit désormais faire face cette " nation sans état " ?
Béziers revendique et affiche depuis quelques années son " occitanité " : la Festa d'oc, les Caritats, le Bus occitan… le drapeau occitan flotte dans la ville aux côtés des drapeaux français et européen. Mais quelle est la réalité de la place de l'occitan dans l'histoire de Béziers ? Qu'est-ce que Béziers a pu apporter à la culture occitane ? Qu'a apporté l'occitan à Béziers ? Et, en fin de compte, comment articuler cette occitanité avec une ou d'autres identité(s) (dont l'identité hispanique, qui se manifeste de plus en plus) ? Cet ouvrage rassemble les travaux présentés lors des XVIIe Rencontres de Béziers (18 novembre 2006) par des enseignants et chercheurs ainsi que par quelques-uns des acteurs de la diffusion de la langue et de la culture occitanes à Béziers.
" Ecrire en situation bilingue ", c'est aussi bien pratiquer le " bilinguisme d'écriture " que " écrire en situation diglossique ". Choisit-on une langue d'écriture ? en fonction de quoi ? comment intégrer à un texte deux langues ou plus ? quelle diffusion, quel retour, en fonction des choix opérés ? Le propos est ici, par delà la diversité des terrains et des individus, de tenter de repérer les récurrences, voire les invariants dans la production et la réception de fictions narratives et poétiques.
"Ecrire en situation bilingue", c'est aussi bien pratiquer le "bilinguisme d'écriture" que "écrire en situation diglossique". Choisit-on une langue d'écriture ? en fonction de quoi ? comment intégrer à un texte deux langues ou plus ? quelle diffusion, quel retour, en fonction des choix opérés ?
La francophonie dont on parle ici concerne la zone indiaocéanique. Le français dans cette région a évolué de manière très diverse : menacé à la Réunion, occulté à Madagascar, il semble se maintenir à l'Île Maurice. Il se caractérise par le contact entre les créoles des différentes îles et les différentes variétés de français, plus ou moins éloignées du français standard. Il s'agit alors de savoir si, par delà les variétés régionales de français, il existe un français du Sud-Ouest de l'Océan indien, une supravariété régionale dont le lexique comprendrait des mots communs aux trois variétés ? De plus existe-il une conscience de l'unité supravariétale ou des indices d'appartenance à une communauté indiaocéanique ? Par ces questions les contributeurs du volume remettent en jeu le concept de polynomie, créé par J.-B. Marcellesi, et montrent en quoi il est plus pertinent et opératoire que celui de variation.
Savants ou ordinaires, les mots qualifient, structurent l'espace urbain : ils classent les différents types d'agglomération, à l'intérieur de la ville ils en marquent les divisions, en désignent les éléments constitutifs, et le langage quotidien inscrit dans des territoires individuels et collectifs des identités qui sont à la fois sociales et spatiales. À partir de cette problématique, la nouvelle collection "Les mots de la ville" propose des ouvrages qui, en privilégiant la comparaison, appréhendent la ville à travers ses mots, à partir de sources écrites ou iconographiques et d'enquêtes orales. Ce premier volume, consacré ici aux nouveaux territoires urbains, montre comment la richesse des lexiques reflète la grande variété des modèles de croissance des villes qui n'exclut ni la monotonie des paysages ni la violence de la modernité.