The seventeenth volume of European Studies in Sport History is devoted to one of the most debated and interdisciplinary themes in sports historiography: the relationship between sport and politics. Based on contributions first presented at the 2021 CESH Congress in Lisbon – held jointly with the ISHPES Congress – this issue brings together a selection of studies that reflect the diversity of approaches, chronologies, and contexts through which this intersection has been explored and reinterpreted in recent years. Building on the framework developed by Allen Guttmann, who identified six key areas – from totalitarian regimes to Olympic policies, from racial and gender politics to class dynamics – the articles in this volume extend the conversation by asking new questions and adopting innovative methodologies. Political dimensions of sport are examined in colonial contexts, such as football in Mozambique under Portuguese rule, and in symbolic rivalries between sporting heroes, such as that between Fausto Coppi and Gino Bartali in postwar Italy, laden with ideological and religious meaning. The issue also explores how sports clubs became spaces for political resistance and social integration, as seen in the case of C.F. Estrela da Amadora in Portugal, and how sport was managed under authoritarian systems such as Francoist Spain and Pilsudski's Poland. Local studies, such as the case of Rijeka/Fiume, and broader investigations like the dissemination of Italian fencing in Argentina, reveal how power, identity, and belonging intersected in the sporting world of the twentieth century. Collectively, the articles offer a critical perspective on sport's role in shaping national imaginaries, producing social hierarchies, and negotiating collective identities. The volume confirms the value of sports history as a privileged lens through which to understand the political and social dynamics of modernity.
Ce numéro de la Revue du Philanthrope est essentiellement consacré à de nouvelles approches de l'Abolition de la traite et de l'esclavage atlantiques et de leurs mémoires. Des contributions de Marie-Jeanne Rossignol, Simon Ferelloc, Germaine Lemétayer et Fernando Marques traitent de thèmes aussi variés que le maintien de la défense de la cause abolitionniste sous le Directoire, les conditions d'apparition des thèses abolitionnistes dans le mouvement quaker, la place qu'elles occupent dans la mémoire protestante, les stratégies discursives adoptées par les militants abolitionnistes et la complexité des relations entre l'antiesclavagisme et des milieux philanthropiques emblématiques comme la franc-maçonnerie. Il s'achève par des contributions sur les libres de couleur dans le plus grand port de traite français (Nantes), sur les positions du judaïsme devant l'esclavage et les premiers planteurs de Guadeloupe.
Peu avant 1200, alors qu'émerge une pensée originale de la Nature au croisement de la théologie chrétienne et de la philosophie gréco-arabe, une nouvelle forme de décor commence à se répandre dans la sculpture et les vitraux des églises comme dans les arts précieux. La tradition des artistes médiévaux avait emprunté bien des motifs à la Nature comme aussi à l'art de l'Antiquité, mais en les soumettant à d'infinies transformations stylistiques. Au XIIIe siècle surgissent sous la main des artistes arbres, fleurs et surtout feuilles imitant des formes naturelles scrupuleusement observées. Le style "naturaliste" éclos en France, greffé sur les édifices du Gothique rayonnant, a ensuite été disséminé en Europe pendant un bon siècle. Profondément ancré dans les grands chantiers de l'époque gothique, ce mouvement fut pourtant éphémère: dès le tournant du XIVe siècle, il en sortit de nouvelles stylisations, longtemps répétées jusqu'à ce que les artistes de la Renaissance, à leur tour, se mettent à l'école de la Nature. Neil Stratford invite tous ceux qu'intéressent les monuments et l'art du Moyen Âge à explorer cette saison méconnue à travers une riche sélection d'œuvres, commentées de près sous les regards croisés de l'historien et du botaniste.
Ce septième numéro de Football(s) explore les représentations des ballons ronds et parfois ovales au cinéma, entre fiction, documentaire et récits médiatiques. Du regard stylisé de Paolo Sorrentino à l'engagement de Ken Loach, en passant par les déclinaisons culturelles du " football ", les articles interrogent les usages narratifs et symboliques du football à l'écran. Football féminin, stars médiatiques, miracles sportifs ou formes hybrides comme le football-rugby: ce dossier révèle la richesse d'un sport devenu objet cinématographique, reflet des sociétés, de leurs passions et de leurs enjeux.
Né en 2000, le séminaire "Histoire culturelle du cinéma" a contribué à un véritable changement de paradigme en matière d'histoire du cinéma, en œuvrant activement, suivant une méthodologie résolument historienne, à la prise en compte de ce dernier par la recherche comme un fait social global.L'histoire culturelle du cinéma s'est intéressée très tôt au spectacle cinématographique, aux publics ainsi qu'aux diverses modalités de réception des films, sans négliger pour autant les auteurs (de scénarios), les producteurs, les métiers du cinéma, ni les institutions cinématographiques. Diversification des terrains de recherche, élargissement des territoires d'étude à d'autres espaces que la France, reconfiguration des questionnements offrent aujourd'hui à l'histoire culturelle du cinéma de nouveaux horizons.En donnant la parole à treize chercheurs et chercheuses internationaux, à tous les stades de leur carrière, et en reflétant la dynamique caractéristique du séminaire qui l'a inspiré, cet ouvrage associe les interventions d'historiennes et d'historiens se revendiquant de l'histoire culturelle du cinéma et celles d'autres collègues aux méthodologies et aux regards proches souhaitant y contribuer. Représentations et formes filmiques, actrices et acteurs sociaux, transmission et patrimonialisation sont autant de voies que les directeurs et directrices d'ouvrage invitent à emprunter pour appréhender, grâce à cette sélection d'études, le cinéma comme fait social et culturel.
Collections et archives : quelles enquêtes pour l'historien de l'Antiquité ?
Ce numéro de Semen se propose d'interroger le témoignage comme fait de langue et de discours à partir des diverses approches permises par le développement de la recherche en sciences du langage et dans les disciplines connexes qui s'intéressent aux langages dans la variété de leurs manifestations : témoignage oral/écrit, iconique, audiovisuel ou passant par d'autres formes médiatiques.En mettant ici en lumière des contextes où les droits humains sont violés et où se manifeste la haine d'autrui, il cherche à analyser les caractéristiques sémiotiques et discursives des témoignages en croisant les perspectives énonciatives, rhétoriques et argumentatives.
Largement étudiée depuis les débuts de son processus de scolarisation, l'éducation physique et sportive scolaire (EPS) demeure paradoxalement assez mal connue lors de deux moments pourtant essentiels de son histoire: celui qui réunit Front populaire, France de Vichy et débuts de la Quatrième République (années 1930-1950) et une période plus immédiate (le court XXIe siècle). Les contributions ici réunies revisitent chacune de ces périodes en mettant en évidence les défis auxquels les acteurs de la discipline se sont trouvés confrontés, en lien avec les enjeux et débats de l'institution scolaire.
La revue Entre-temps a pour ambition d'explorer et de partager dans un format numérique les nouvelles expériences et écritures de l'histoire. Hébergée depuis 2018 par le Collège de France et animée par de jeunes chercheuses et chercheurs dans le cadre de la chaire de Patrick Boucheron, elle passe chaque semaine en revue, par des textes, des podcasts et des vidéos, les exigences et les questionnements d'une histoire engagée et savante qui ne cherche pas seulement à diffuser plus largement ses savoirs, mais aussi à les mettre à l'épreuve de publics divers, témoignant de la variété et de la créativité des mises en présence du passé historique, notamment par les arts. En ce sens, Entre-temps est bien une revue d'histoire publique, qui s'inscrit dans la mission du Collège de France de faire savoir, c'est-à-dire de mettre la science devant la société.Cet ouvrage présente une anthologie de textes issus de cette revue : suivant les grandes rubriques qui en organisent les contenus (" Façonner ", " Créer ", " Transmettre " et " Exhumer ") et donnant un aperçu des grandes séries qui l'animent, il permet de prendre la mesure des expériences narratives, visuelles et performatives qu'elle a suscitées. Car si Internet est sa propre archive, la forme du livre demeure aujourd'hui le principal vecteur du débat public. Voilà pourquoi cet ouvrage, donnant forme à une archive numérique du contemporain, entend contribuer à une discussion plus large sur ce que peut l'histoire publique aujourd'hui.
Essai, issu d'un colloque tenu à l'UPHF, autour de la logistique militaire au fil des âges, de la Rome Antique jusqu'aux guerres de l'époque moderne. Cela passe de l'approvisionnement en armes à la gestion des prisonniers de guerre.
Formé par les Barberini, s'affichant Romain dans sa propagande, Mazarin cultiva ses liens méridionaux. Il fut aussi un homme du Nord, dans l'ordre politique comme dans celui de la culture. Dans l'ordre politique, sa lutte contre les Habsbourg impliqua l'Europe nordique notamment par les traités de Westphalie. Contraint à l'exil par la Fronde, il se réfugia à Brühl en Rhénanie. Dans l'ordre culturel, sa bibliothèque était aussi une " bibliothèque nordique " largement alimentée en Allemagne. Quant aux achats d'art, ils incluaient évidemment l'Europe du Nord (tableaux, tapisseries, curiosités), à commencer par les acquisitions lors de la vente des collections de Charles Ier d'Angleterre.
Le 10 juin 1944, Oradour-sur-Glane entrait tragiquement dans l'Histoire. Ce nom, désormais associé à l'innommable, évoque l'un des massacres les plus atroces de la Seconde Guerre mondiale. Mais au-delà de l'horreur et du silence des ruines, Oradour est aussi devenu, au fil du temps, un lieu de mémoire, de reconstruction et d'espoir.
Ce livre explore avec justesse et sensibilité le chemin complexe de la résilience. Il donne tout d'abord la parole à l'architecte du Centre de la mémoire, confronté au défi de concevoir un lieu capable de dire l'indicible, d'honorer la mémoire tout en ouvrant un espace à la réflexion. Puis il retrace la renaissance du village, la manière dont les habitants ont repris vie sur une terre meurtrie, recréé un tissu social, attiré de nouvelles entreprises, construit un avenir sans effacer le passé. Enfin, une réflexion plus large permet de mieux comprendre ce qu'est la résilience individuelle, et comment elle se bâtit grâce à l'engagement de nombreux acteurs.
Un hommage à la dignité humaine, à la mémoire vivante, et à la force de la reconstruction.
La révolte des Catalans (1640-1652) est un épisode important dans l'histoire de l'empire des Habsbourg d'Espagne. En janvier 1641, à la suite de soulèvements violents survenus dans les campagnes catalanes, les institutions de la Principauté déposent Philippe IV d'Espagne et proclament Louis XIII comme comte de Barcelone. Pendant près de douze ans, la Catalogne fut ainsi une province française, jusqu'à sa réintégration dans le giron de la Monarchie hispanique en 1652. Qu'est-ce qui a rendu la rupture pensable en 1641 ? Comment les insurgés ont-ils justifié la déposition de Philippe IV et l'alliance avec la France ? À mi-chemin entre monographie scientifique et ouvrage de synthèse, la présente étude analyse l'événement à travers sa propagande, en remontant aux débats juridiques des années 1620-1630 qui ont irrigué la production écrite des insurgés, mais aussi celle des partisans de Philippe IV.