Ce livre explore les réseaux de circulation qui ont permis aux hommes de traverser le désert Oriental égyptien sur près d'un millénaire, entre la fin du IV? s. av. J.-C. et le début du III? s. ap. J.-C., en exploitant les résultats des fouilles conduites par la mission française du désert Oriental et des travaux menés par le projet ERC Desert Networks.La première partie retrace l'évolution de l'occupation du désert Oriental entre la période hellénistique et l'époque romaine, à travers l'étude de plus de 150 sites classés en deux grandes catégories: les sites routiers et les sites d'exploitation des ressources naturelles. Grâce à un modèle théorique adapté au pas du chameau et à la topographie de la zone étudiée, enrichi par l'expérience de voyageurs modernes qui ont traversé la région, les réseaux routiers de chaque période sont ensuite reconstitués, comparés et analysés. La singularité du maillage ptolémaïque, souple et adapté aux contraintes du désert, est mise en évidence pour la première fois, par rapport à un réseau romain dense, centralisé, mais également plus divers que généralement présenté.La seconde partie donne toute sa place à l'unique voie dotée d'une infrastructure routière à l'époque ptolémaïque, la route qui relie Edfou au port de Bérénice, sur la mer Rouge. À partir des données archéologiques et textuelles issues de la fouille des stations routières de Bir Samut et d'Abbad, l'autrice reconstitue la logistique des grandes expéditions de chasse lancées vers la Corne de l'Afrique par l'État lagide pour approvisionner son armée en éléphants de combat. Cinq phases expéditionnaires sont identifiées, entre le début des années 260 et la révolte de Thébaïde à la fin du III? s. av. J.-C. Le dispositif, remarquablement organisé, est fondé sur l'expérience égyptienne dans le domaine des expéditions transdésertiques, en même temps qu'il s'inspire du système des routes royales achéménides. Il inclut aussi des nomades, dont le savoir sur les ressources locales est mis à profit.En insistant sur l'occupation hellénistique de la région et ses spécificités, l'ouvrage renouvelle en profondeur notre compréhension des dynamiques d'occupation et de circulation dans le désert Oriental.
L'Empire romain, le plus vaste et le plus peuplé du monde, avec sa société très urbanisée et son impressionnante architecture, ne sera jamais dépassé durant toute la période préindustrielle européenne. Si Rome a bénéficié d'un gouvernement central et d'une bureaucratie efficaces, d'une armée professionnelle bien entraînée, d'un appareil monétaire stable et d'un système juridique fonctionnel, l'Empire a pourtant fini par décliner et disparaître.On a longtemps attribué les succès puis les échecs de l'Empire au fait que sa richesse et sa splendeur ne résultaient pas d'une économie performante, mais de l'exploitation que subissaient les pauvres et les provinces. Cet ouvrage brasse un grand volume de nouvelles données archéologiques qui modifient la vision historiographique établie : il montre en effet que la société romaine pratiquait très largement le commerce et avait développé une production qui impliquait des innovations technologiques considérables.
Les principaux accès à l'orchestra et aux gradins dans les théâtres et les odéons grecs ou romains étaient partagés par les artistes comme les spectateurs. Essentiels pour l'usage des monuments, ils ont été en grande partie négligés dans la mesure où, comme tout passage, ils se définissent par un vide. Aucun ouvrage ne leur a été entièrement dédié. Aucune synthèse sur le théâtre antique ne comporte de chapitre qui en retrace l'histoire.
Le présent recueil tente de combler une lacune en envisageant l'évolution de ces accès depuis la naissance du théâtre grec jusqu'à la mort du théâtre romain, du Portugal au Proche-Orient. Il comporte sept synthèses régionales et autant de présentations monographiques, regroupées en trois zones géographiques : l'Orient, l'Italie et l'Hispanie, les Gaules et les Germanies.
Ces contributions témoignent de l'importance essentielle de ces passages dans le fonctionnement des édifices de spectacles antiques et la diversité régionale de leur configuration. Elles invitent à s'interroger sur la pertinence même de l'usage des termes " parodos " et " aditus " en soulignant les normes qu'ils véhiculent dans l'analyse architecturale.
L'organisation de la ville grecque et en général de l'habitat groupé antique par " quartiers spécialisés " constitue un leitmotiv de l'archéologie classique. Le renouvellement des approches sur la ville et sur les implantations des activités économiques passe, entre autres, par l'étude des concentrations des activités de production en milieu urbain. Le concept de " quartier " et notamment de " quartier spécialisé " est souvent plaqué de manière réductrice sur les réalités urbaines antiques. Dix-neuf contributions d'approches générales ou d'études de cas renouvellent sur plusieurs aspects la question des " quartiers d'artisans " en Grèce dans une perspective chronologiquement et géographiquement plus large.À partir de données archéologiques, confrontées le cas échéant aux sources textuelles, ce sujet est éclairé d'une lumière neuve. Des archéologues et des historiens de sept pays différents mettent en exergue la complexité et la diversité des implantations, réexaminent la nature des concentrations spatiales et réévaluent souvent des idées reçues à partir d'une documentation récente ou bien en reconsidérant des vestiges connus. L'ensemble contribue au débat et propose de nouvelles pistes de réflexion pour aborder le fonctionnement de la ville grecque antique.
Pour une archéologie des espaces ruraux du Néolithique au Moyen Âge
Objet d'étude complexe inscrit à la croisée des disciplines, l'espace rural est défini par Georges Bertrand comme " le milieu naturel aménagé pour la production au sens large, animale ou végétale, par des groupes humains qui fondent sur lui la totalité, ou une partie, de leur vie économique et sociale ". Cette construction protéiforme se manifeste notamment à travers les établissements ruraux et systèmes agro-paysagers au sujet desquels l'archéologie préventive livre chaque jour de nouvelles données (fermes, systèmes parcellaires, etc.). Au cours de cette dernière décennie, ces objets de recherche désormais spécifiques de l'archéologie du monde rural ont connu un large renouvellement épistémologique et méthodologique. Les dynamiques naturelles, sociales et territoriales, les formes d'habitat et les modes de mise en valeur, l'interaction des sociétés et des milieux, sont au cœur d'une réflexion globale, positionnée sur la longue durée de l'histoire des terroirs et des systèmes agraires qui les sous-tendent, et qui concerne tout autant les archéologues du monde rural que les spécialistes des paysages et des paléoenvironnements. De fait, l'objet de la table ronde organisé à Caen en 2008 n'était pas de s'en tenir à une simple déclinaison des grands types d'établissements agricoles et de paysages agraires identifiés par l'archéologie dans le Nord de la France, du Néolithique au Moyen Âge. Jusqu'alors, ces données étaient le plus souvent abordées sur un plan chronologique strict, à l'occasion de rencontres réunissant des chercheurs impliqués dans l'étude de la ou des seules périodes considérées (colloques Internéo, AFEAF, AGER, AFAM…). Les deux journées de la table ronde étaient davantage envisagées sous l'angle de la longue durée. L'accent était porté sur la réunion, l'interrogation et la confrontation critique d'un choix de données et points de vue récents concernant le fonctionnement interne comme les traductions spatiale et paysagère des agrosystèmes passés, du Néolithique au Moyen Âge, de la ferme au village, et du terroir cultivé aux espaces réputés marginaux. Tout en renouant avec les directions antérieures impulsées notamment par Jean Guilaine autour du concept d'archéologie agraire.
La beauté des carquois et fourreaux d'or qui sont le sujet de cet ouvrage justifie à elle seule qu'on leur accorde une attention particulière. Retrouvés dans des sépultures de Russie et d'Ukraine, ces armements typiquement scythes sont pourtant ornés de décors tout à fait grecs et témoignent donc de l'acculturation qui s'est produite au IVe siècle avant J.-C. chez les Barbares au contact des Grecs. De quel pouvoir politique sont-ils les emblèmes ? La présence de l'un de ces gorytes dans l'antichambre de la tombe II de Vergina, dite de Philippe II, a mis en lumière de façon surprenante les rapports qui ont existé entre la Macédoine et les populations de la mer Noire. Mais lorsque l'analyse scrupuleuse des décors permet de découvrir que les scènes figurées sur ces panoplies sont des illustrations d'épopées cycliques disparues, comme les Chants Cypriens ou les Epigones, on ne peut que s'émerveiller, dès l'abord, de la culture des artistes qui les ont réalisées et se féliciter d'obtenir ainsi la preuve que ces poèmes étaient encore très connus à leur époque. On en vient ensuite à s'interroger sur l'origine de ces objets. Le fait qu'ils existent en plusieurs exemplaires, les rapprochements que l'on peut établir entre leur décor et les peintures ou le mobilier funéraire des tombes de Macédoine laissent supposer qu'ils proviennent d'ateliers macédoniens encouragés par Philippe II, désireux d'étendre son influence au-delà de la Thrace. Michèle Daumas, spécialiste d'iconographie grecque, a été Maître de Conférences en Histoire de l'Art et Archéologie à l'Université de Paris Ouest Nanterre la Défense. Elle est agrégée de lettres classiques et habilitée à diriger des recherches.
Depuis huit millénaires au moins, les sociétés agricoles ont considéré le sel comme une source de vie et de richesse dont l'origine s'inscrivait dans les mythes. Les approches croisées des ethnologues, des archéologues, des historiens et des environnementalistes permettent aujourd'hui de renouveler profondément nos connaissances sur l'exploitation généralisée de l'eau de mer, des sources salées, des terres salées et du sel gemme. Ainsi, d'extraordinaires techniques ont été mises en oeuvre, tandis que les logiques sociales plaçaient le sel au centre des systèmes de croyance, un peu partout dans le monde.Les vingt-quatre contributions regroupées dans cet ouvrage ont été présentées en octobre 2006 lors d'un colloque international du bicentenaire de la mort de Claude-Nicolas Ledoux, l'architecte génial de la Saline Royale d'Arc-et-Senans. Rompant avec les limites entre disciplines scientifiques et les cloisonnements géographiques, les auteurs proposent une nouvelle lecture de l'exploitation du sel en abordant la longue durée, depuis la Chine et le Mexique préhispanique jusqu'à l'Europe préhistorique, ou encore des salines médiévales continentales au sel antique méditerranéen. C'est donc d'histoire technique et sociale qu'il s'agit, en relation avec les modifications environnementales.
Table ronde internationale de Pierrefort (Cantal), 19 et 20 juin 2003
Les contributions réunies ici analysent les interactions entre les systèmes écologiques et les différentes sociétés humaines depuis la Préhistoire. Elles se répartissent en trois volets : reconstitution des systèmes écologiques et évaluation des ressources spontanées exploitables par les chasseurs-collecteurs du Tardiglaciaire à la fin de l'Atlantique ; reconstitution des dynamiques de peuplement et des rythmes agropastoraux ; recherche scientifique, développement local et politiques de gestion et de conservation des milieux naturels. Ces travaux soulignent la nécessité de mettre en place des programmes scientifiques en collaboration avec les gestionnaires, œuvrant pour la préservation des sites et leur valorisation.
Du site au musée, la Préhistoire et l'Antiquité mises en espace
Grâce à la qualité des auteurs, venus pour l'essentiel du sud de la France, mais aussi d'Italie, ces textes sont autant de promenades à la fois plaisantes et instructives, guidées par les conservateurs dans des musées parfois en travaux, parfois en projet, mais toujours pensés en fonction d'une démarche généreuse : mettre le matériel exposé à la disposition du public dans les meilleures conditions possibles. De cet exercice complexe, les conservateurs ont accepté de dévoiler ici les arrière-cours, les avant-projets, les aléas et les heurs, mais aussi les arrière-pensées et les partis pris – bref, le quotidien de leur action, entre choix scientifiques et impératifs financiers, d'espace, de collection, etc.C'est aussi l'occasion de mises au point sur l'archéologie et les relations que cette science de terrain entretient avec le musée, sur le métier de conservateur et les exigences du " grand public ", sur la dimension économique et touristique des institutions et leur lien avec les collectivités territoriales...
L'ouvrage rassemble cent quarante-neuf inscriptions latines répertoriées principalement dans le Sud et l'Est du département. Après une introduction qui présente le département dans l'Antiquité selon ses aspects politiques, administratifs, économiques, sociaux et religieux, les auteurs commentent dans chaque notice, l'inscription. Ainsi celles de l'Ain apportent des informations sur le cadre institutionnel, la mise en valeur économique, le statut juridique des personnes et l'onomastique, les cultes et la vie religieuse de ce territoire à l'époque romaine. Une bibliographie sélective, des indices détaillés, des tables de concordances complètent l'ouvrage et en facilitent la consultation.
Premières traces d'anthropisation du couvert végétal à partir des données polliniques
Le volume est le fruit d'une recherche pluridisciplinaire s'appuyant sur le fait qu'il semblait exister un décalage chronologique entre la néolithisation décrite à partir des artefacts archéologiques et les traces les plus anciennes d'impact de l'homme sur le couvert végétal perçues dans les analyses des grains de pollen et des spores. Les premières preuves polliniques de l'influence de l'homme sur la dynamique naturelle de la végétation holocène sont mises en évidence suivant les régions entre la fin du 7e et le 6e millénaire avant notre ère (années solaires) ; la période-clé semble être le 6e millénaire. La plupart des réflexions réunies ici associent des spécialistes de l'évolution de la végétation et des archéologues. Presque toutes les régions de France sont abordées ; des études concernent également la Belgique, le Luxembourg et l'Espagne. À la lumière de ces découvertes, la classique rupture brutale entre le Mésolithique et le Néolithique serait remplacée par un lent processus de contacts, de diffusions partielles et d'adoptions temporaires de certaines techniques – notamment agricoles –, processus jalonné pendant environ un millénaire de périodes fastes et de phases d'abandon de ces pratiques couvrant parfois plusieurs générations.
Les chercheurs des régions de Franche-Comté, de Bourgogne, d'Alsace et de Lorraine trouvent ici l'occasion de partager leurs réflexions avec ceux des pays limitrophes d'Allemagne et de Suisse en présentant des travaux le plus souvent inédits. L'ouvrage introduit de nouvelles perspectives et offre l'image d'un débat foisonnant autour de diversités culturelles, issues du brassage consécutif aux grandes invasions des 4e et 6e siècles ap. J.-C. : l'archéologie, par le biais d'approches constamment renouvelées, tente d'appréhender l'interpénétration de différentes traditions dans le quotidien des populations, annonçant les mutations du Moyen Âge.