Entre le 15e et le 18e siècle, l'élaboration d'un ouvrage réunit aux côtés de l'auteur de multiples intervenants qui participent à la production du texte, sans forcément laisser de marques explicites de leur travail. Quelle est la part de chacun dans cette oeuvre collective qu'est un livre à cette période ? La contrainte de l'impression pèse-t-elle réellement sur l'idée qu'on se fait de l'auteur ? Qui compose ces très nombreux livres qu'on ne " lit " pas, parce qu'ils ne sont pas de la littérature, mais des manuels, textes de classe et sommes de science ? Comment vit-on quand on est savant, érudit, et responsable en même temps d'une presse avec ses contraintes commerciales ? Le présent ouvrage voudrait non tant répondre définitivement à toutes ces questions, que donner des pistes pour réfléchir à cet étrange objet qu'est un livre, en un temps où la différenciation des statuts sociaux et le partage des tâches sont moins clairs qu'ils ne le sont de nos jours.
Depuis une trentaine d'années, la tradition latine qui a permis à l'Europe de s'inventer occupe une place croissante dans les études littéraires en Europe. Et l'humanisme franco-italien est au centre de l'histoire de l'Europe latine parce qu'il est lié à la redécouverte des textes classiques. C'est pourquoi la philologie des humanistes, organisée par les questions de la réception des textes et de leur influence, occupe la première partie des travaux ici présentés. La deuxième partie des études s'attache à la question des parallèles et de l'émulation. De façon naturelle, enfin, la traduction des œuvres latines de la Renaissance italienne dans la langue française ménage une voie à double sens entre l'Italie et la France.
Cuestión de amor figure parmi les best-sellers du XVIe siècle, avec plus de vingt éditions en castillan et une traduction française. Traditionnellement rattachée au roman sentimental, l'oeuvre anonyme convoque un large éventail de genres en vogue à la Renaissance : question d'amour, poésie cancioneril, emblématique, relation de fêtes, églogue, épître et chronique. L'action se situe à la cour hispano-italienne de Naples de 1508 à 1512, sur fond de guerres d'Italie. L'accent est mis tout particulièrement sur les fêtes de cour (chasse, joutes, jeu de javelines et représentation pastorale) donnant lieu à de brillants défilés mondains en costumes à devises.Mais Cuestión de amor est aussi un roman à clés, qui met en scène les personnages importants de la cour du vice-roi Ramón Folch de Cardona et des Reines Tristes, Jeanne III et Jeanne IV de Naples, ainsi que les grands capitaines des guerres d'Italie. Cet aspect engage à le considérer comme un maillon essentiel sur la voie des portraits du Courtisan qu'élaborent un peu plus tard Baldassar Castiglione, et Luis Milan à la cour des vice-rois de Valence.Cette édition s'inscrit dans le programme collectif actuellement développé par le Centre de Recherche sur " Naples, entre Italie et Espagne aux XVIe et XVIIe siècles ".
Le volume réunit des explications littéraires et stylistiques ainsi que des lectures synthétiques de quelques nouvelles de l'Heptaméron de Marguerite de Navarre, à l'attention d'un large public d'étudiants de lettres et d'amateurs éclairés : tous pourront trouver, à travers ces approches variées, les clefs qui demeurent un préalable nécessaire pour aborder le texte de Marguerite de Navarre. Les éclairages proposés par les différents auteurs se gardent de figer l'interprétation. Ils se contentent de suggérer des échos et d'esquisser une trame commune autour de la question du déchiffrement, formant une suite à la fois convergente et polyphonique, à l'instar des commentaires ouverts de l'Heptaméron : un tel opuscule invite à goûter les plaisirs inhérents à l'extrême subtilité narrative et herméneutique d'un recueil dont la lecture appelle la mise en œuvre active d'un savoir et d'une imagination critique.
L'ouvrage en anglais examine les adaptations filmiques de Richard III et déploie tout l'éventail des méthodologies qui permettent d'étudier Shakespeare à l'écran. Le livre propose des questionnements multiples sur ce que ces films font de Shakespeare et suggère que le film shakespearien est une créature hybride.
Ce livre a pour objet l'étude des représentations du Songe d'une nuit d'été à l'écran, la pièce ayant fait l'objet d'un colloque qui s'est tenu à Rouen sous les auspices de la Société française Shakespeare. Les plus grands spécialistes de Shakespeare et de Shakespeare au cinéma ont contribué à l'ouvrage. Monolingue anglais, le livre contient en outre une bibliographie exhaustive sur le sujet.
Réception, modèles, interférences. Vol. I : Réception de l'Antiquité
Avec ce dernier tome s'achève la publication des différentes communications présentées lors de journées d'étude et des séminaires organisés dans le cadre du programme pluriformation "Formes, langages et identités dans les sociétés multiculturelles". Des thématiques communes ont réuni des philosophes, des théologiens, des historiens, des spécialistes de littérature classique et de littérature médiévale. Après l'approche thématique des "Variations linguistiques" dans le premier volume, il s'agit ici d'analyser les influences réciproques qu'ont pu exercer les genres et les auteurs, les uns sur les autres.
Le présent volume regroupe les communications de la journée d'études Le Roman et la Nourriture qui s'est tenue à Amiens le 28 novembre 2001 dans le cadre du Centre d'Études du Roman et du Romanesque de l'Université de Picardie - Jules Verne. Il s'agit d'une analyse pluriculturelle de la transcription littéraire du thème de la nourriture. Le volume englobe trois siècles, le 17ème le 19ème et le 20ème et concerne trois littératures : française (Saint-Amant, Balzac, Hugo, Proust, Simenon, M. Yourcenar, G. Leroux), espagnole (C. J. Cela), allemande (Grimmelshausen, G. Grass). Le thème choisi permet d'aborder et souvent de renforcer à l'aide de détails surprenants, ironiques, cruels, la dimension historique, sociale et économique de la littérature. Les oeuvres étudiées montrent les rapports fondamentaux de la nourriture avec le temps et l'espace ainsi que la place privilégiée qu'occupe l'appétit dans le champ clos des instincts. Ceci met en valeur les couples conceptuels tels que appétit-éros, nourriture-destruction. L'analyse est complétée par les références aux genres littéraires, modes de narration et effets stylistiques.
Colloque international du Laboratoire littérature et histoire des pays de langues européennes, Besançon, 10-12 mai 2001
L'exemplum n'est pas un sujet que l'on puisse aborder d'une manière innocente, en particulier parce qu'il ne s'agit pas d'un procédé au-dessus de tout soupçon. S'agit-il d'un procédé servant à prouver ? Ou bien seulement à convaincre ? Cache-t-il les vrais arguments ou sert-il à les dévoiler ? Montre-t-il un découpage des savoirs en cours à une certaine époque et pour une discipline concrète ou bien est-il utilisé pour transgresser de manière sournoise des frontières bien établies ? Certains des intervenants de ce Colloque se sont posés au préalable ce genre de questions tandis que d'autres se sont employés plus concrètement à étudier l'emploi des exempla selon des définitions bien établies. Cette double démarche montre au mieux croyons nous la richesse d'un champ qui reste en grande partie à déblayer et à enrichir de futurs travaux. Les corpus sur lesquels ont travaillé les intervenants ont été fort variés, bien qu'ils puissent se regrouper sous quelques rubriques. Le premier d'entre eux a été sans doute le politique, dans lequel la visée pédagogique ou démagogique peuvent favoriser l'utilisation d'un procédé fort convaincant, mais ont également été étudiés certains textes à caractère philosophique, moral et religieux ainsi que des textes historiques, historiographiques, de pratique judiciaire, des textes littéraires et journalistiques.
Affirmation d'une liberté, d'une rupture, le geste créateur peut aussi porter en lui le souvenir de rencontres prolongées avec les créations antérieures, de modes d'organisation de la pensée et du savoir hérités du passé. De la Renaissance au 18e siècle, dans la culture italienne, cette médiation entre mémoire et imagination s'est opérée selon des modalités différentes soulignées, tour à tour, par les articles contenus dans cet ouvrage. Mais si, pendant cette longue période, la dualité entre ancien et nouveau est sans cesse décelable, la diffusion progressive du terme creazione atteste bien que la mémoire devient progressivement seconde par rapport à ce qui s'impose peu à peu comme un principe premier, à savoir la liberté, l'affirmation du moi du créateur.
Comment les fictions du Moyen Âge et de la Renaissance – poésie, théâtre, narration –, posaient-elles la question de la vue et de l'ouïe ? Comment ces discours sur ces sens étaient-ils porteurs d'un discours sur la création poétique ? Comment à la littera qui thématise ce discours se superposait une sententia qui pouvait rejoindre des interrogations théologiques, esthétiques, rhétoriques ou politiques ?
Regroupant des communications où l'anglicité prédomine dans les démarches critiques, cet ouvrage prend pour objet le mal et ses représentations : mythiques, poétiques, graphiques, musicales au XVIe et XVIIe. Sorcières, guérisseuses, Machiavels, Antéchrists incarnent au théâtre ou dans la littérature pamphlétaire des XVIe et XVIIe siècles des " agents du diable ". De même, la " diabolisation " du mal, au théâtre comme sur la scène politique, permet la mise en évidence des jeux pervers du discours. Cette attention à la poétique du mal s'étend également à des poètes comme Coleridge ou Robert Graves aux XIXe et XXe siècles.