Fondée en 1971 par un groupe de médecins et de journalistes à Paris, Médecins Sans Frontières (MSF) est passée de quelques volontaires à plus de 70'000 personnes avec un budget supérieur à deux milliards d'euros. Néanmoins, l'organisation transmet encore aujourd'hui sa mythologie, soit "une parole choisie par l'histoire", où des French doctors s'opposent au silence du Comité International de la Croix-Rouge pendant la guerre du Biafra.Figure du héros sauveteur souvent mise en image dans une communication qui se veut aujourd'hui plus inclusive, principes fondamentaux alliant neutralité, impartialité et indépendance, cette iconographie est aujourd'hui battue en brèche. À l'ère post Covid, une autre réalité s'opère, qui associe crispation souverainiste des États, baisse des financements des principaux bailleurs de fonds, présence d'acteurs non étatiques dans un contexte de lutte contre le terrorisme, voire criminalisation de l'aide humanitaire. De nouvelles problématiques émergent, telles que les questions de sécurité sanitaire, les défis autour du changement climatique ou la protection des données personnelles des patients.Il apparaît donc indispensable de s'interroger sur la place de l'aide humanitaire face à ces enjeux et de réfléchir aux adaptations nécessaires pour maintenir un impact essentiel auprès des populations les plus vulnérables. Cet ouvrage propose un examen critique de MSF, dont on peut espérer qu'il fera écho aux préoccupations d'autres agences du secteur de l'aide et du grand public.
Dans un contexte de dématérialisation des pratiques, des ressources et des modes d'appropriation de l'information, les bibliothèques se réinventent et se réaffirment plus que jamais en tant que lieux physiques. Ce dossier explore la matérialité de la bibliothèque comme lieu d'expérience et de cohabitation des usages, impliquant une réflexion sur l'aménagement et l'occupation des espaces. Lieu de savoir et lieu de vie, la bibliothèque s'avère également un espace privilégié de sociabilités et d'inclusion.
Qu'est-ce qu'un auteur à l'ère du numérique ? Le développement des sites d'écrivains, des blogs de lecteurs et de bande dessinée, des réseaux sociaux, des chats, des forums et autres formes d'écriture collective modifient les configurations et stratégies auctoriales. Dans quelle proportion et selon quelles modalités cela nous invite-t-il à repenser l'ancrage historique de la figure de l'auteur ? Qu'autorise Internet que refuse le système de l'imprimé, fondé notamment sur la singularisation de quelques auteurs et l'exclusion de la majorité ? Peut-on surtout y faire autorité et si oui, comment ?L'apparition de formes nouvelles de publication et de circulation de l'écrit amène à faire le point sur des trajectoires d'écrivains dans l'univers numérique, à penser la construction symbolique de l'auteur en prise avec les dispositifs matériels et techniques qui en composent le paysage, à analyser les postures de l'auteur en réseau. Sur Internet, les relations d'un auteur avec ses réseaux professionnels (éditeurs, libraires, bibliothécaires) et avec ses lecteurs sont-ils reconfigurés ? D'un genre littéraire à l'autre, les figures de l'auteur se construisent-elles de la même manière ? Qu'en pensent les écrivains eux-mêmes ?Autant de pistes qu'explorent les contributeurs de ce volume collectif dans une approche résolument pluridisciplinaire (sociologie, littérature, sciences de l'information et de la communication) soucieuse d'articuler mises au point théoriques, cas concrets et paroles inédites d'écrivains.
L'évolution des bibliothèques est permanente ; du traitement des collections, sanctuarisées, protégées, le métier de bibliothécaire, après s'être emparé des technologies de l'information, est devenu plus technique ; il doit aujourd'hui se tourner vers un public plus exigeant, plus inconstant, aux attentes plus imprévisibles et plus diverses.Depuis le vote de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités, dite loi LRU, en août 2007, et le passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE), les missions, la place de la bibliothèque au sein de la communauté académique ne vont plus de soi. Cet ouvrage s'intéresse donc particulièrement aux bibliothèques universitaires ; il installe l'usager, le lecteur, l'étudiant au centre des réflexions ; il traite des usages des étudiants, du devenir des collections, du rôle des personnels, de la politique de services au public, des indicateurs appropriés et conclut par une vision prospective et stratégique de la bibliothèque.Au-delà des personnels des bibliothèques universitaires, cet essai s'adresse à tous les directeurs et professionnels, quel que soit le type d'établissement ; il nous interroge sur le devenir de nos professions et sur la plus-value apportée à la communauté nationale ; il intéressera à ce titre un lectorat plus large, soucieux de comprendre la place qu'occupe aujourd'hui la bibliothèque dans la construction du savoir.Coordonné par Florence Roche et Frédéric Saby, conservateurs des bibliothèques au SICD2 de Grenoble, ce volume réunit les contributions de conservateurs, d'un maître de conférences et d'un sociologue.
Une comparaison internationale de l'économie de la connaissance
Appelées de plus en plus à participer à des projets de développement basés sur la connaissance, les universités subissent de fortes pressions, pour se réorganiser autour de pôles d'innovation, s'ouvrant davantage vers l'extérieur et favorisant les interactions avec le territoire. Les universités, il est vrai, ont déjà fait l'objet d'études, de réflexions ou de critiques, par le passé. De nouveaux enjeux les ont remis à l'ordre du jour, un peu partout dans le monde, au point que les territoires sont amenés à se restructurer autour d'elles alors que la notion de " ville apprenante "se développe. Que faut-il voir derrière cet engouement nouveau pour les universités "porteuses" d'innovation? Quels effets, au plan économique, social et spatial peut-on envisager? Les expériences de 4 continents, représentés dans cet ouvrage divisé en trois parties: stratégies de développement, projets d'aménagement et nouveaux marchés, nous restituent un univers complexe où les universités sont vues comme des réservoirs de connaissances aptes à réfléchir aussi sur les compétences et les métiers à venir pour relancer la croissance. Chaque pays pourra en tirer profit.
Situé dans le cœur historique du Marais à Paris, les Archives nationales conservent les documents qui émanent des organes centraux de l'Etat, du VIIe siècle jusqu'à l'époque contemporaine. Dotées, en 1867, d'un musée destiné à faire connaître au grand public l'Histoire de France, les Archives nationales ont bénéficié, sous l'impulsion de l'archiviste Charles Braibant et de l'historienne Régine Pernoud, de la création du premier service éducatif d'archives, dès le début des années cinquante. Le service éducatif des Archives nationales accueille, depuis, élèves et enseignants, dans le cadre de dispositifs destinés à leur faire découvrir le patrimoine national écrit, tout en favorisant l'interdisciplinarité, voire la transdisciplinarité. Souvent pionnier en terme de valorisation culturelle et pédagogique, il entend, par cet ouvrage, mettre le résultat de ses pratiques et de ses réflexions, à la disposition des étudiants et des acteurs de l'enseignement et de la culture. Élaboré en lien étroit avec des responsables et des personnels des services de conservation, de valorisation ou d'autres acteurs de l'éducation, il attire l'attention sur les pratiques pédagogiques les plus à même de répondre à la préoccupation fondatrice qui a présidé à son création : mettre les élèves en contact direct avec une source essentielle de l'écriture de l'Histoire.
A l'heure où l'on débat de la présence de la culture française sur la scène internationale, et de celle de la littérature dans le champ culturel, cet ouvrage manifeste l'importance de la littérature moderne et contemporaine française dans les Universités étrangères. Il établit et commente l'état actuel des recherches, travaux et publications qui lui sont consacrés dans le monde. Il fournit aussi une précieuse réflexion sur l'évolution des méthodes critiques :après la domination successive des écoles formalistes et structurales, puis, dans un grand nombre de pays, de celles issues de la " French Theory " et du " déconstructionnisme ", aucune école ni méthode ne semble avoir aujourd'hui pris la relève, et la recherche universitaire, désormais plus syncrétique, préfère croiser des approches de nature diverse. Mais qu'en est-il en fait ? Peut-on constater des particularités observables selon les diverses zones géographiques, linguistiques et les diverses aires culturelles ? Ces études, présentées par les meilleurs spécialistes mondiaux de la littérature française moderne et contemporaine, montrent quelles sont, depuis le basculement d'un siècle à l'autre, les esthétiques les plus volontiers étudiées, les approches critiques privilégiées et leurs articulations éventuelles avec les autres disciplines de la pensée dans les principaux pays ouverts à notre littérature.
Les contributions de cet ouvrage prolongent la réflexion engagée lors du colloque sur les dispositifs de médiation, organisé par l'Association des jeunes chercheurs du Centre de recherche sur les médiations (AJC CREM). L'objectif est de discuter et d'interroger les théories, les méthodes et les spécificités de cette notion. Dans le cadre d'échanges pluridisciplinaires, plusieurs caractéristiques des dispositifs de médiation, qui permettent de préciser les fonctions et le sens de ceux-ci, ont été relevées.Les contributions des trois parties de l'ouvrage – " Images et événements ", " Technologies de l'information et de la communication " et " Organisations et institutions " – définissent et questionnent les différents usages et enjeux des dispositifs de médiation. Finalement, dans des dispositifs culturels, technologiques et/ou institutionnels, la médiation atténue le cadrage formel et initial des dispositifs et vient se heurter à ses logiques de fonctionnement.
La réflexion sur le modèle de bibliothèque entamée avec Quel modèle de bibliothèque ? (Presses de l'enssib, 2008) se poursuit par une analyse comparée des modèles français et américain de bibliothèque publique.Sont ici analysés les modalités de création de ces bibliothèques, leur rapport aux pouvoirs, leur place dans la société, leurs fonctions et leurs fonctionnements. Un chapitre complète l'analyse avec une présentation des deux grandes associations professionnelles (Association des bibliothécaires de France, American Library Association).Une place importante est consacrée à l'analyse comparée des fondements et des objectifs de chacun de ces modèles : aux États-Unis, l'accent mis sur l'accès libre à l'information et sur la fonction éducative de la Public Library ; en France, sur l'offre de collections et services culturels et sur l'accès à tous (la démocratisation culturelle).Au-delà d'un socle commun de valeurs et de projets, cet ouvrage souligne l'écart entre les choix des établissements de part et d'autre de l'Atlantique, leur rapport au savoir, à l'information et à la censure, et les représentations que l'histoire récente des uns et des autres ont pu créer dans l'imaginaire collectif.
La définition mondialisée de l'orientation des années 2000 est la suivante : " Services et activités qui s'adressent à des individus de tout âge, à toutes les étapes de leur vie, pour les aider à faire leurs choix éducatifs ou professionnels et à gérer leur évolution professionnelle. Ces services peuvent se trouver dans les écoles, les universités et autres établissements d'enseignement supérieur, les établissements de formation, les services publics de l'emploi, sur les lieux de travail, dans le secteur du volontariat et dans le secteur privé. Les activités peuvent avoir lieu individuellement ou en groupe, face à face ou à distance. Ils comprennent la production et la diffusion de l'information sur les emplois et les carrières, les outils d'évaluation et d'auto-évaluation, les entretiens de conseil, les programmes de préparation à l'emploi (pour aider les individus à mieux se connaître, à saisir les options qui leur sont proposées, et à gérer leur évolution professionnelle), les stages de découverte (pour se faire une idée des orientations possibles avant de faire un choix), les programmes de recherche d'emploi et d'insertion ". Issu de la tradition francophone, cet ouvrage est une contribution majeure pour la construction d'un modèle européen de l'orientation à tout âge de la vie, qui ouvre sur la notion éthique de responsabilité des personnes dans leur auto-orientation, sans esquiver les discriminations, conflits et paradoxes liés à la question du sens de la réussite dans la vie.
Étude pluridisciplinaire de la représentation culturelle : Identité et Altérité
Des frontières de l'interculturalité. Etude pluridisciplinaire de la représentation culturelle : Identité et Altérité est la publication différée des actes d'un colloque qui s'est tenu à Lille en 2003, organisé par Salhia Ben-Messahel - australianiste de formation qui a soutenu sa thèse sur l'écrivain Tim Winton sous la direction du professeur Xavier Pons à l'Université Toulouse-Le Mirail. Cet ouvrage s'inscrit dans la mouvance postcoloniale en se plaçant d'emblée sous l'autorité d'Edouard Glissant et en abordant des notions clefs comme l'hybridité, l'altérité, l'identité, la cartographie, la dyade centre/ périphérie, le liminal, la diversité culturelle, les races, le palimpseste, pour n'en citer que quelques-unes. L'ouvrage porte en épigraphe un propos de Glissant publié dans Le Monde diplomatique en octobre 2006, propos qui nous rappelle qu'une frontière n'est pas un obstacle infranchissable mais une zone de transition et de partage qui flirte avec l'altérité sans que l'identité s'en trouve profondément bouleversée car, comme le souligne Julia Kristeva dans Etrangers à nous-mêmes, " Vivre avec l'autre, avec l'étranger, nous confronte à la possibilité ou non d'être un autre " (Paris : Gallimard, folio essais, 1991, p.25).
Une identité éclatée dans des univers en concurrence
Le chercheur du XXIe siècle est soumis à des contraintes socio-économiques et politiques fortes. Son identité professionnelle est caractérisée par la manière dont il peut résoudre la situation paradoxale dans laquelle il exerce, à savoir : un aspect collectif de la recherche marqué par le resserrement, la collaboration étroite entre secteurs, organismes de recherche dans le cadre de pôles d'excellence et un aspect individuel marqué par l'éclatement des statuts et la nécessité de compétences transversales nombreuses. Cet ouvrage se propose de contribuer au débat d'idées autour des grands enjeux actuels du métier de chercheur et de la recherche : formation, professionnalisation, construction de compétences transversales, insertion professionnelle, relations Public/Privé, utilité et valorisation des résultats de recherche. L'intérêt de l'ouvrage est double. D'une part, après la présentation de l'évolution et des caractéristiques des contextes de la recherche en France, il met en évidence, à travers l'analyse de représentations, la construction identitaire des chercheurs. Il montre également que la mise en oeuvre de leurs compétences disciplinaires et transversales s'inscrit dans une nécessaire collaboration entre les secteurs d'activité et qu'à côté des voies d'insertion dans les secteurs traditionnels de la recherche, grands organismes publics et de l'enseignement supérieur, organismes de recherche privée, il existe des activités nécessitant un haut niveau de formation, de compétences et d'expertise et à ce titre ouvertes aux chercheurs.