Derrière l'exaltation identitaire dont le tereré et les Pohã Ñana sont l'objet et la chaîne de distribution officielle de ces derniers, des femmes et des hommes se consacrent à leur vente et leur collecte, en retrait et pourtant essentiels à la consommation de la boisson phare avec ses remèdes. De mains en mains, des marchés ou angles de rues aux terres d'extraction en passant par le domicile familial, l'ouvrage remonte la trajectoire des yuyos ou plantes médicinales pour mieux mettre en relief le quotidien et le travail de celles et ceux qui les vendent et les collectent au Paraguay. Ce livre suit la piste des plantes pour retrouver celle des personnes en toute part et si invisibles à la fois.
Extrêmement difficile d'accès pour sa plus grande partie, située aux confi ns de la Guyane française et du Brésil, la région du Jari a fasciné les colonisateurs et les a aimantés pendant plusieurs siècles. On y a cherché l'Eldorado, le lac Manoa ou plus prosaïquement (mais cela revient au même) de fabuleuses mines d'or. Une rude compétition entre la France et le Brésil a rendu un verdict amer pour la première, vainqueur de la bataille de la connaissance avec des explorateurs comme Jules Crevaux et Henri Coudreau, mais défaite dans la bataille diplomatique, qui donna au Brésil le bassin du Jari il y a un peu plus d'un siècle. L'histoire et la configuration actuelle de ce territoire en font à la fois un symbole et un condensé de l'histoire de toute l'Amazonie brésilienne. Le Jari a tout connu, et dans la plupart des cas en excès : des dizaines d'explorateurs, allant de nobles français à des scientifiques de l'Allemagne nazie, croisant en tous sens des régions supposées impénétrables et entrant en contact avec des ethnies jusque-là inconnues ; un baron du caoutchouc qui construira l'un des plus grands latifundios du monde ; un projet industriel majeur, commandé par un milliardaire américain qui y perdra partiellement son combat contre la nature amazonienne ; des forêts immenses et intactes contrastant avec des bidonvilles sur pilotis ; des orpailleurs, des ruées vers l'or et, aujourd'hui, la plus vaste mosaïque continue d'aires protégées du monde… Fruit d'une abondante documentation historique restituée par de très nombreuses illustrations, cet ouvrage cherche à retracer l'histoire de ce territoire fascinant, et à en montrer les dynamiques actuelles, y compris les plus récentes explorations, comme l'expédition géographique menée en 2011 qui a permis de remonter le Jari et son affluent le Mapaoni jusqu'à la borne de trijonction Brésil/Surinam/Guyane française.
L'ouvrage " Théâtre Politiques : (en) Mouvement(s) " s'attache aux différents concepts et réalités liés au théâtre politique hier et aujourd'hui dans le monde et cherche à montrer l'aspect non dogmatique d'un théâtre ouvert aux problématiques artistiques et anthropologiques contemporaines. Dénommé " théâtre militant ", " théâtre ethnique ", " théâtre populaire ", la richesse du théâtre politique vient de l'entrelacement des différents concepts qui permet son actuel renouvellement tout en s'ancrant dans une démarche de création contemporaine qui dépasse les formes de son engagement. Ainsi, en faisant appel à des expériences brésiliennes, irakiennes, nord-américaines, anglaises, portugaises, françaises, italiennes, algériennes, mexicaines, allemandes, grecques antiques ou encore d'Afrique noire francophone et anglophone, ce recueil prend la dimension de l'actualité du théâtre politique. D'ailleurs, le DVD qui accompagne cet ouvrage présente sept performances contemporaines de théâtre politique et permet d'envisager l'extrême vivacité de ce théâtre en friction permanente avec un monde en mouvement.
Ces actes matérialisent les discussions et échanges qui ont eu lieu lors des Journées Internationales de Réflexion organisées à l'UPVD (du 9 au 11 mai 2007) par le Groupe de Recherches et d'Etudes sur les Noir-e-s d'Amérique Latine (GRENAL-CRILAUP) autour des enjeux de " race/s ". Bien qu'opératoires ces enjeux continuent, y compris à l'université, d'être niés, tenus pour superfétatoires ou sont considérés comme de simples projections.
Modèles et contre-modèles sociaux. Amérique latine
En Amérique latine comme dans le reste du monde, on continue de se poser les mêmes questions. Quels modèles de développement durable adopter, qui respectent les traditions locales sans toutefois les reconstruire de façon artificielle ? Quels modèles de production adopter, qui ne précipitent pas les paysans dans l'instabilité et dans une pauvreté accrue ? Quels contre-modèles élaborer, qui tiennent compte des subtilités des modes d'occupation du sol ? Quelle place accorder au foncier dans la succession des politiques agricoles ? Quel équilibre trouver entre l'individuel et le collectif ? Le productivisme agricole, " fait social total ", est-t-il toujours à l'ordre du jour ? Ces questions traversent l'ensemble du numéro, depuis le pastoralisme (Pérou, Iran) jusqu'à la gestion de la nature (Brésil, Réunion, France) en passant par le paysage (Suisse, France) et par le statut social et professionnel des travailleurs ruraux (Argentine, Vietnam). Le numéro s'ouvre sur le passé très lointain de l'agriculture amérindienne pour se refermer sur une chronique qui recense les travaux récents ayant trait à l'histoire du cadastre antique et médiéval en Europe.
Enjeux socio-symboliques de la nomination des Noir(e)s en Amérique latine
Réduire l'acte de nommer à la répétition de la geste adamique c'est faire preuve d'aveuglement et c'est se condamner à ne pas saisir la portée politique de la nomination. Outre le marquage au fer rouge, dans la Traite transatlantique (XVe-XIXe siècles) nommer le Noir/nègre, c'est affirmer le pouvoir blanc occidental et sacraliser une horreur qui ravalait l'Africain au rang d'outil et d'animal. Cet ouvrage revient sur l'archéologie des noms affublés aux Nègres/noirs à la lueur de l'affirmation politique et identitaire actuelle des afrodescendants en Amérique latine et en Caraïbe.
" Présence-Histoire " des noirs en Amérique latine - Discours et représentations
Cet ouvrage s'efforce de décrire, en les insérant dans l'histoire politique moderne et contemporaine de l'Amérique Latine en particulier, les rapports contradictoires des imaginaires sociaux à, ce qu'on appelle, la "Présence-histoire" des Noirs. L'auteur a aussi à coeur d'insister sur le devenir-sujet des noirs. Il s'agit là d'un processus qui s'est renforcé considérablement à partir de la décennie 1990. Cela a entraîné des repositionnements identitaires mais aussi une redéfinition de certaines catégories et de certains présupposés, surtout anthropologiques, au moyen desquels l'expérience des Noirs a été (et continue d'être) appréhendée.
Savants ou ordinaires, les mots qualifient, structurent l'espace urbain : ils classent les différents types d'agglomération, à l'intérieur de la ville ils en marquent les divisions, en désignent les éléments constitutifs, et le langage quotidien inscrit dans des territoires individuels et collectifs des identités qui sont à la fois sociales et spatiales. À partir de cette problématique, la nouvelle collection "Les mots de la ville" propose des ouvrages qui, en privilégiant la comparaison, appréhendent la ville à travers ses mots, à partir de sources écrites ou iconographiques et d'enquêtes orales. Ce premier volume, consacré ici aux nouveaux territoires urbains, montre comment la richesse des lexiques reflète la grande variété des modèles de croissance des villes qui n'exclut ni la monotonie des paysages ni la violence de la modernité.
L'ouvrage, issu d'une étroite collaboration entre orientalistes, historiens et ethnologues, traite des rapports du chamanisme avec trois grandes religions : le bouddhisme en Asie du Sud-Est et extrême-orientale, l'islam principalement en Asie centrale, le christianisme en Amérique latine. Les changements survenus ces dernières décennies dans le monde ont en effet fait ressurgir des questions que l'on avait, longtemps, cru réglées : les religions à vocation universaliste qui avaient accompagné les entreprises de colonisation ou de formation étatique avaient forcément, pensait-on, eu raison des coutumes des peuples chez lesquels elles s'étaient implantées. Or, les réalités contemporaines révèlent le décalage entre la puissance de la propagation et son résultat. Non seulement le chamanisme n'a pas disparu, mais il connaît aujourd'hui un nouvel essor dans nombre de sociétés confrontées à de profondes mutations. C'est précisément sur l'étude des interactions entre le chamanisme et ces trois religions que les textes réunis ici mettent l'accent.
Les Chiriguano nous permettent de saisir une société amérindienne au moment précis de sa création, de son "institution". Issus de migrants d'origine tupi-guarani, ils se sont métissés avec des populations arawak, au moment où les premiers Européens parcouraient ces confins des Andes et du chaco. Ces migrants, numériquement minoritaires, ont su intégrer une masse dix à vingt fois plus nombreuse de groupes locaux tout en les maintenant dans un rapport de dépendance.