Longtemps ignoré ou méprisé, le patrimoine industriel fait aujourd'hui l'objet d'une reconnaissance institutionnelle : les vieilles usines sont réhabilitées, les puits de mine inscrits dans les circuits touristiques et les objets de l'industrie muséifiés. Après avoir beaucoup détruit, on rêve désormais de tout conserver car les vestiges de l'industrie sont perçus comme constitutifs d'identités professionnelles ou locales dignes d'être valorisées. Si les sciences sociales ne peuvent ignorer ce désir de "patrimonialisation" qui vient d'en bas, elles ne doivent pas cependant se laisser submerger par ces mémoires singulières. Aussi, dans une visée critique qui associe chercheurs et professionnels du patrimoine et fait voyager le lecteur de la Lorraine sidérurgique au Nord minier et de Turin à Billancourt, le livre s'interroge sur le processus qui transforme l'usine en patrimoine, la seconde vie que lui donnent les nouvelles fonctions qui l'investissent et les conditions d'une histoire qui fasse toute sa place aux traces matérielles de l'industrie.
L'ouvrage contient huit contributions qui étudient les rapports entre la médecine, les malades et les institutions sociales, sur une longue durée de l'Antiquité à nos jours : le rôle du médecin dans une société donnée, le traitement collectif des épidémies, la prise de conscience de la nécessité d'une politique de santé, la place de la médecine dans certaines institutions, la prison par exemple, l'émergence de la médecine préventive. Il ne s'agit pas d'étudier les relations personnelles entre le médecin et le malade, mais de montrer l'organisation de la médecine en réseau. Les exemples pris en Italie voisinent avec ceux issus de régions françaises, Bretagne, Normandie, Savoie et Lorraine.
Les chercheurs des régions de Franche-Comté, de Bourgogne, d'Alsace et de Lorraine trouvent ici l'occasion de partager leurs réflexions avec ceux des pays limitrophes d'Allemagne et de Suisse en présentant des travaux le plus souvent inédits. L'ouvrage introduit de nouvelles perspectives et offre l'image d'un débat foisonnant autour de diversités culturelles, issues du brassage consécutif aux grandes invasions des 4e et 6e siècles ap. J.-C. : l'archéologie, par le biais d'approches constamment renouvelées, tente d'appréhender l'interpénétration de différentes traditions dans le quotidien des populations, annonçant les mutations du Moyen Âge.
Cet ouvrage n'est pas seulement une histoire de l'immigration polonaise dans le bassin potassique de Haute-Alsace, mais se situe au carrefour de l'histoire sociale, économique, politique et culturelle.L'auteur analyse un cas unique en France par son inscription dans un cadre atypique, celui de l'Alsace récemment recouvrée et qu'il faut franciser. Aussi, au lieu de se trouver dans le binôme habituel Français/immigrés, se retrouve-t-on avant 1940 devant le trinôme Français/Alsaciens/immigrés, puis Allemands/Alsaciens/immigrés pendant la Seconde Guerre mondiale : un jeu à trois partenaires bien différent de ce qui se passe ailleurs.L'étude fait une large part à l'histoire comparée. Elle met en relief le rôle primordial des Mines d'État qui incarnent dans l'Alsace, la France et la République alors que la seconde entreprise d'extraction, entreprise privée n'a pas ces préoccupations. De la même façon, l'auteur montre, pendant la Seconde Guerre, une différence importante entre les Polonais du Gouvernement général et leurs compatriotes du bassin potassique, moins persécutés que laissés de côté.
La dynamique industrielle comme facteur de recomposition territoriale
L'axe Rhin-Rhône aura été le seul espace européen à être concerné à la fois par un projet de canal à grand gabarit et par un projet de train à grande vitesse. Tous deux seraient susceptibles de relier le Rhin supérieur, nouveau cœur de la Dorsale européenne, au sud de la France. Pourtant, le projet du canal a été abandonné par deux fois en vingt ans et les discus-sions autour du TGV semblent interminables. Incomplètement équipé, l'axe Rhin-Rhône existe-t-il autrement que dans le mythe ? Le Sud-Alsace, la Franche-Comté et les villes de la Dorsale bourguignonne peuvent-ils imaginer un destin com-mun autour d'une telle opportunité de développement ? L'analyse des systèmes industriels permet d'apporter des éléments de réponse à ces questions. Les problématiques régionales obéissent à celles des espaces de marge : préémi-nence des fonctions d'exécution, faiblesse des activités métropolitaines, innombrables cloisonnements internes, superposition ou variété des systèmes productifs. Le livre se propose de confronter les travaux menés sur les districts industriels aux réalités observables sur Rhin-Rhône. Elle cherche à préciser les concepts de la géographie utilisés pour l'analyse des régions, des industries et de la logistique. Elle développe des pistes de réflexion pour un aménagement du territoire fondé sur la notion de réseau.
Les principautés ecclésiastiques sont une des particularités du Saint-Empire romain germanique. En Rhénanie surtout, une catégorie bien particulière de la noblesse allemande (la "chevalerie immédiate") est parvenue à établir un monopole solide et durable sur ces principautés. Comprendre la spécialisation ecclésiastique des chevaliers rhénans ne peut donc se faire qu'au travers de leurs comportements familiaux : les stratégies matrimoniales et la discipline des lignages garantissent à la fois la survie du groupe noble et celle des États d'Église. Au confluent du confessionnel, de l'institutionnel et du familial, cet ouvrage démontre le processus complexe par lequel un groupe nobiliaire s'identifie à un mode de domination. À partir du cas rhénan, cette histoire sociale des institutions du Saint-Empire mène aussi à une réflexion sur la noblesse dans l'Europe moderne.
Colloque de l'Association interuniversitaire de l'Est, Besançon, 27 et 28 sept. 1991
Actes du colloque de l'Association interuniversitaire de l'EstBesançon, 27-28 septembre 1991Le tricentenaire du transfert de l'Université comtoise de Dole à Besançon, en 1691, a orienté le choix du thème du colloque bi-annuel de l'Association interuniversitaire de l'Est, qui, depuis trente ans regroupe les Universitaires du quart Nord-Est de la France : une réflexion générale sur la situation de l'Université.L'histoire des universités de cette région — et plus particulièrement des l'universités ayant existé en Franche-Comté — constitue le premier thème du colloque. Mais cette histoire débouche sur l'analyse de la situation présente : dans un second thème, la situation internationale, marquée en 1991 par les bouleversements que l'on connaît notamment en Europe de l'Est, est étudiée dans le cadre de l'insertion de l'Université française dans le système européen.En effet, à un moment où l'unité européenne passe entre autre par une normalisation de l'attribution des diplômes, nécessaire pour qu'une libre circulation des personnes et des idées dans l'Europe de demain ne se réalise pas au détriment des uns par rapport aux autres, les universitaires se sont penchés sur les différents systèmes universitaires européens, et sur les passerelles qu'ils offrent aux enseignants et aux étudiants pour lesquels la régionalisation ne signifie pas enfermement.
Alsacienne d'origine, Montbéliardaise d'adoption, la baronne d'Oberkirch nous offre dans ses Mémoires, un tableau passionnant de la cour, de la ville et de la province à la fin du XVIIIe siècle. Historienne par inclination, elle se veut un simple témoin de son temps, mais elle résiste mal à la tentation de l'autoportrait et à son attirance pour la littérature romanesque. À propos des Mémoires de la baronne d'Oberkirch, l'auteur s'est proposé de montrer la fécondité d'un genre littéraire qui accueille et mêle des formes voisines : le journal, l'autobiographie, le roman. Cette souplesse permet à la mémorialiste, à travers sa chronique en demi-teinte d'une société aristocratique qu'elle sent menacée, de se confier sans s'épancher et de se livrer, sans déroger, au plaisir de conter et d'écrire.