Je voudrais que ma poésie soit comme une boule de cristal dont on ne verrait plus que la clarté. J'écris pour que même la plus humble des servantes me comprenne " : c'est le souhait que fait Maurice Carême dans une lettre écrite à Jeannine Burny, la femme qui fut le grand amour de sa vie, qui l'a inspiré, a collaboré avec lui et veille sur son œuvre depuis sa disparition.Une boule de cristal est un objet qui paraît d'une limpidité toute simple. Mais que de travail pour parvenir à ce résultat… Pour qualifier la poésie de Maurice Carême, on a souvent employé les termes de simplicité, de naïveté. Mais simplicité n'est pas simplisme et, à travers cette étude et les entretiens avec Jeannine Burny, on découvrira que Maurice Carême a su puiser à la fois à la source de la chanson populaire et à celle de la poésie savante.Un grand choix de poèmes, dont une section de 32 inédits, ponctue cette analyse de l'œuvre, et des photographies de la " Maison blanche " de Maurice Carême permettront de comprendre combien l'art du poète était indissociable de son art de vivre.
Introduction............................................................................................ 9 I – Écritures Hugo Hengl " Le silence est l'événement " : la théorie dramatique de Rilke au carrefour de la modernité................. 25 Sandrine Le Pors Le corps-accord : réflexions sur le corps musical dans les écritures théâtrales contemporaines ......................................... 35 Simon Chemama Texte dramatique et partition : réflexions sur L'Ordinaire de Michel Vinaver....................................... 43 Floriane Rascle Musicalité et politicité de l'œuvre dramatique d'Elfriede Jelinek......... 57 Raphaëlle Tchamitchian Le corps jazzistique de Suzan-Lori Parks.............................................. 79 Lea Sawyers " Voicing dark matter(s) ". Enjeux politiques de la musicalité sur la scène " In-Yer-Face " de debbie tucker green.............................. 89 David Ferré Le corps musical du traduire. Des mots sans musique .......................... 103 Conversation avec Eugène Durif, David Ferré et Michel Simonot ....... 119 II – Scènes Muriel Plana Usages et significations idéologiques du modèle musical dans quelques théories du théâtre .......................................................... 133 278 " CORPS MUSICAL " Pierre Longuenesse Corps musical, de l'acteur à la marionnette : Beckett, Philip Glass et les Mabou Mines ............................................. 153 Frédérique Aufort Étude de la composante musicale de L'Homme de février mis en scène par Gildas Milin : quand la scène transforme par le son .... 169 Amandine Mercier Quand la voix se fait chair : les créations de la Societas Raffaello Sanzio ......................................... 183 Claudie Servian Musique et danse dans les créations chorégraphiques américaines du XXe siècle : des domaines réservés ?................................................ 195 Aurore Heidelberger Comment la musique contribue-t-elle à l'affirmation d'une esthétique de la marginalité chez Alain Buffard ? ....................... 219 Corps, texte, musique : conversation avec Richard Dubelski, Alexis Forestier, Jean-Jacques Lemêtre................................................. 229 Envoi Aliocha Wald Lasowski Le tempo intime : Roland Barthes......................................................... 249 Bibliographie ........................................................................................ 263 Bio-Bibliographie des auteurs............................................................. 269
La crise irakienne a affecté et éclairé d'un jour nouveau les relations entre l'Europe et les États-Unis. Cet ouvrage envisage certains aspects de ces relations : la définition philosophique et historique de la " vieille Europe " et de l'Amérique, le lien originel hispanique de la découverte et de la rencontre entre deux mondes, la dimension théorique et politique du transatlantisme, notamment avec la réaction de Pierre Hassner et de Jean-Marc Ferry à la thèse de Robert Kagan, la perception réciproque des deux continents, ainsi que la dimension littéraire, à partir des travaux de Flannery O'Connor, T. S. Elliot et Henry Adams.
"Où est ce corps que j'entends ?". Cette interrogation extraite d'Enfonçures de Didier-George Gabily est emblématique de toutes les formes de dissociation de la voix et du corps telle qu'elle se manifeste dans le théâtre moderne et contemporain. A travers un vaste corpus, qui aborde aussi bien les théâtres francophone, anglophone, hispanophone, que germanophone, scandinave ou russe, cet ouvrage prend la mesure de ce qui, dans la voix, est révélateur de nouvelles modalités de figurations et de représentations du corps. Sont ainsi examinées les multiples frictions et relations entretenues entre le corps et la voix – des voix sans corps aux corps sans voix en passant par ces corps délocalisés, lointains, fantasmés, étranges, étrangers, malades ou malmenés, tour à tour commentés ou mis en fiction par les voix. Révélatrices des principales mutations des écritures théâtrales et de la scène aux 20e et 21e siècles, ces nouvelles relations entre corps et voix ne sont pas pure affaire de forme?; elles sont à penser en regard des représentations sociales, politiques, médicales, culturelles du corps et de la parole dans le monde contemporain.
Partis d'Orient et guidés par une étoile, les Mages souhaitent honorer " le roi des Juifs qui vient de naître " à Bethléem, en lui apportant trois présents : l'or, l'encens et la myrrhe. L'évangile de Matthieu est le seul à attester de cette visite dans la crèche (Mt 2, 1-12) mais il ne considère pas les mages comme des monarques, n'indique pas leur nombre et ne mentionne même pas leur nom. Face à une telle sobriété, la tradition – relayée par la piété populaire – va amplifier, préciser et compléter les quelques éléments historiques et géographiques donnés dans le Nouveau Testament. La visite des Mages fait partie des épisodes bibliques qui ont copieusement nourri l'imaginaire occidental. Jusque-là revue annuelle, Graphè devient une collection à l'Artois Presses Université. Ce vingtième volume rassemble douze études. À partir d'une analyse exégétique du passage matthéen sont retracées les grandes étapes de son interprétation, dans une démarche intertextuelle et pluridisciplinaire, à travers les relectures littéraires, philosophiques et artistiques que la péricope a pu susciter au fil des siècles, de la période patristique jusqu'aux œuvres contemporaines, et toujours en miroir du texte biblique.
Transparence et gouvernance sont devenues, en une décennie, les maîtres-mots du droit contemporain des sociétés.Cet ouvrage vise à apprécier la transparence sociétaire à l'aune de dix ans de réformes qui ont modelé l'information sous la férule des préceptes de gouvernance. Intégration de nouveaux enjeux, débats sur les rémunérations des dirigeants, aspects de droit comparé et de droit comptable, sanctions de la diffusion d'une information erronée sont autant d'éléments qui font la richesse et l'originalité des contributions réunies sous la direction du Professeur É. Blary-Clément.Destiné à tout public, étudiants, praticiens, universitaires, cet ouvrage rassemble les analyses de juristes de différents horizons, français et étrangers, Professeurs et Maîtres de conférences, ingénieurs, avocats, tous au fait des questions de transparence et de gouvernance.Il s'inscrit dans le cadre d'un projet de recherche pluridisciplinaire financé par l'Agence Nationale de la Recherche, référencé ANR-07-ENTR-012 – TIDCG (" Transparency and Information Disclosure in Corporate Governance ").
Cet ouvrage est le deuxième volume d'une sélection de travaux présentés
en 2011, à l'université de Paris Ouest Nanterre la Défense, lors d'un
colloque de l'AECSE rassemblant des chercheurs et des praticiens de
terrain autour du thème de la crise en éducation. Le premier volume est dirigé
par Marie-Anne Hugon et Bruno Robbes: Des innovations pédagogiques et
éducatives en réponse à la crise de l'école.
Il interroge le continuum des relations entre " crise " et action publique.
L'introduction revient sur les discours sur la crise de l'école ou de l'éducation et
met en évidence la nécessité de les déconstruire. Puis, les huit chapitres réunis
s'attachent à dépasser les constats de crise et à analyser les rapports entre crise
et action publique à partir d'objets, de niveaux d'analyse et de perspectives
théoriques différentes. Cette diversité témoigne de l'intérêt de réfléchir sur ces
rapports et, plus spécifiquement sur la construction de l'action publique, sa
mise en oeuvre et les effets sur les valeurs, les postures et les pratiques des
acteurs collectifs et individuels.
Longtemps intégré à la catégorie du nom avec le substantif, l'adjectif a acquis un statut de partie du discours indépendante au dix-huitième siècle. Depuis lors, les études sur l'adjectif ont permis d'en opérer non seulement une sous-catégorisation de plus en plus précise mais aussi de relever les nombreux points de contact entre cette classe de mots et les autres : substantifs, verbes, participes, adverbes, déterminants et connecteurs discursifs. Loin d'en déduire que l'adjectif n'aurait pas d'existence indépendante, les auteurs de ce volume analysent ces passages d'entités réputées " adjectives " vers une autre partie du discours, dressant ainsi le portrait d'une classe de mots à l'identité bien définie mais qui montre une souplesse extraordinaire.
A la fin du XIXe siècle, le rapporteur de l'Académie française constatait l'absence de candidat pour son concours, l'Eloge de Rotrou, et notait que désormais la critique s'était substituée à cet exercice autrefois souverain. Depuis, l'acte critique n'a cessé de se développer en affirmant son caractère autonome à l'égard de l'objet traité. Au plan de la transmission scolaire, la remise en cause de la connivence culturelle a fini de briser, du moins en apparence, ce qui restait d'empathie dans l'approche littéraire. Mais les études littéraires conservent-elles la moindre justification lorsqu'elles se fixent pour seule mission de décrire des modes de fonctionnement objectivement repérables, en évacuant les effets dès lors parasites qui viendraient d'un sentiment du beau, d'une effusion ressentie par une sorte d'instinct naturel ou au contraire dans la ligne d'un héritage socioculturel ? Aussi cet ouvrage se propose-t-il de faire rencontrer des auteurs, des critiques, des philosophes et des pédagogues autour de cette idée d'admiration, porteuse en elle-même d'une contradiction puisqu'elle peut se révéler source d'inspiration, mais qu'elle peut aussi conduire au moins provisoirement au silence, à la sidération. Admiration, sentiment qu'éprouve l'âme quand elle est ravie, frappée par les caractères du beau, disent les dictionnaires qui nous rappellent également que notre point d'exclamation peut être dit " point d'admiration ". On voit donc qu'une telle question permet aussi bien une approche historienne, – les âges classiques semblant accorder une place éminente à une admiration quelquefois théâtralement exacerbée – , qu'une approche contemporaine – les modernités entretenant un rapport plus secret, voire coupable, avec un sentiment qui paraît les mettre en défaut.