Les Chiriguano nous permettent de saisir une société amérindienne au moment précis de sa création, de son "institution". Issus de migrants d'origine tupi-guarani, ils se sont métissés avec des populations arawak, au moment où les premiers Européens parcouraient ces confins des Andes et du chaco. Ces migrants, numériquement minoritaires, ont su intégrer une masse dix à vingt fois plus nombreuse de groupes locaux tout en les maintenant dans un rapport de dépendance.
Comment l'œuvre de Louis Marin a-t-elle travaillé, dans sa grandeur discrète, depuis la disparition du philosophe, historien et sémiologue, en 1992 ? Comment sa méthode d'approche des objets, textes et images, sur lesquels il a fait porter son attention patiente depuis ses Études sémiologiques (1971) jusqu'au Pouvoir des images, dernier livre publié de son vivant, a-t-elle profondément imprimé sa trace dans un grand nombre de recherches conduites par des historiens de la littérature, de l'art, de la philosophie, et plus généralement des sociétés moderne? Les études réunies ici s'échelonnent sur les vingt-cinq ans qui nous séparent de sa mort et veulent rendre compte de l'unité d'une œuvre mais aussi de l'extrême variété de ses effets. Louis Marin n'a pas fait système, mais il a aidé de nouvelles générations à concevoir et à comprendre les systèmes de représentation au sein desquels ont été produits les gestes d'écriture et de peinture qu'il a su interroger.Avec un texte inédit de Louis Marin (proposition d'enseignement " Arts et langage " conçue pour le Collège de France en 1989)
Révolte des victimes, indignation publique, médecins et politiques sur le banc des accusés... jamais avant le sang contaminé, la santé n'avait été en France une telle affaire d'Etat. Pourtant l'épidémie transfusionnelle par le virus du sida est restée pendant des années confinée à un tout petit univers médical, l'hémophilie, composé de quelques centaines de malades et de leurs médecins. Ce livre revient sur l'expérience de ses acteurs les plus directs : les malades hémophiles et leurs proches, leur association et leurs médecins. Il propose d'entendre la parole de ces individus, de restituer leur expérience (du traumatisme), de saisir quelles ont été leurs ressources pour faire face à la crise et tenter de produire un monde médical qui ne soit plus trompeur. Ni plaidoyer, ni accusation, sa démarche produit une sociologie de l'affaire très complète, qui éclaire les transformations du monde médical. Ni plaidoyer, ni accusation, sa démarche produit une sociologie de l'affaire très complète, qui éclaire les transformations du monde médical." Lorsque je suis entrée en contact avec le monde de l'hémophilie, en 1995, il m'a surprise et désemparée. Je me suis heurtée à une grande difficulté pour penser l'affaire et la rapporter à l'expérience des malades et des médecins. Le monde social de l'hémophilie témoigne conjointement du refoulement, de l'oubli et d'une crise de conscience aiguë. il fallait s'emparer de cette boîte noire. " (E. Fillion)
Il y a quelque chose d'insaisissable dans le rapport entre autorité et obéissance : il y est question à la fois de doctrine, de droit, de règlements, de psychologie, de force, de croyance, de comportements et de valeurs culturelles. D'où vient la culture de l'autorité de la Grande Guerre ? Que signifie commander ? Comment entraîner ses hommes sous le feu ? Qu'est ce que c'est qu'un bon chef ? À qui accepte-t-on d'obéir ? Après avoir replacé la réflexion des milieux militaires dans le contexte d'une société française au sein de laquelle la républicanisation impose une redéfinition des rapports d'autorité à l'école, à l'usine et aussi à l'armée, l'auteur explore et décrit les lieux de désobéissance, les gestes, mots et objets qui symbolisent, médiatisent et actualisent l'autorité. Témoignages, correspondances, carnets et récits, archives militaires, fonds de la justice militaire, archives du contrôle postal : voici une approche documentée, toute en nuances d'une question au cœur de vive controverses dans l'histoire de la Grande Guerre.
Pourquoi la France a-t-elle fait le choix paradoxal de rendre obligatoire la vaccination anti-aphteuse en 1961 alors qu'elle abandonnait son vaccin contre la tuberculose bovine? En traitant de la construction des normes de contrôle des maladies animales dans ces deux pays depuis la fin du XIXe siècle, et des trajectoires d'innovation des vaccins contre la fièvre aphteuse et la tuberculose bovine, ce livre répond à ces questions tant historiques que d'actualité qui relèvent de circulations importantes entre médecine humaine, médecine vétérinaire et sciences de l'agriculture.L'auteure montre comment, malgré l'adoption de législations similaires visant le contrôle des épizooties, la France et le Royaume-Uni ont mis en place des normes d'application de ces législations propres à chacun des deux pays. Le livre souligne de quelle manière les interactions entre les différents acteurs impliqués dans la lutte contre les maladies animales ont contribué à la construction d'un marché des substances médicales destinées aux animaux. Il se penche ainsi sur le développement des marchés pharmaceutiques vétérinaires, sujet peu étudié en histoire de l'élevage, comme en histoire des sciences et de la médecine.