La crise sanitaire qu'a engendré le Coronavirus-19 nous oblige à comprendre quelles sont nos priorités. Dans ce contexte de repli sur l'essentiel, où toute action, aussi minuscule soit-elle, est signifiante, la lutte reste notre choix. Pourquoi persister à vouloir publier le numéro " Nos terrains c'est la lutte " du Journal des anthropologues, issu des mobilisations pour défendre nos métiers et nos idéaux de service public ?
Ce numéro est né à cheval entre les luttes sociales de 2019-2020 et l'émergence sanitaire. Les mobilisations contre le projet visant les retraites, contre la réforme de l'assurance chômage adoptée fin 2019 et contre la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) nous poussaient dans la rue. La pandémie nous pousse à nous cloîtrer, et ceci seulement quelques jours après nos mobilisations. Nous pratiquons désormais la " distanciation sociale ". Une accélération de l'histoire que nul d'entre nous n'avait prévu.
Notre consolation est que dans l'urgence absolue, nous comprenons plus que jamais que tout est lié. Au " jour moins 1 " du confinement, nous étions des Cassandre, hurlions sans être entendu.e.s, criions et agitions des pancartes contre des projets de lois tuant le service public, tous secteurs confondus. Doit‑on rappeler qu'avant d'être applaudis et célébrés par les confiné.e.s depuis les balcons de France en signe de solidarité, nos personnels soignants étaient parfois battus par la police lorsqu'ils protestaient pour préserver les budgets des secteurs de la santé lors de luttes qui avaient tant en commun avec la nôtre …
Un dossier qui témoigne de l'intérêt et de l'efficacité de la méthode ethnographique dans l'aperception et la caractérisation des faits de culture corporelle.
Le Journal des anthropologues est né en 1990 de la volonté de transformer le Bulletin de l'AFA en une véritable revue de référence pour l'anthropologie. En plus de vingt ans, l'évolution de la revue a été notable mais ses grandes orientations éditoriales demeurent identiques.Le Journal des anthropologues a pour vocation de se porter au devant de champs de recherche à défricher ; il s'agit d'explorer et de rendre compte des domaines de recherche novateurs susceptibles d'ouvrir de nouvelles perspectives pour la discipline et d'en refléter les avancées.
Le Journal des anthropologues est né en 1990 de la volonté de transformer le Bulletin de l'AFA en une véritable revue de référence pour l'anthropologie. En plus de vingt ans, l'évolution de la revue a été notable mais ses grandes orientations éditoriales demeurent identiques.
Le Journal des anthropologues a pour vocation de se porter au devant de champs de recherche à défricher ; il s'agit d'explorer et de rendre compte des domaines de recherche novateurs susceptibles d'ouvrir de nouvelles perspectives pour la discipline et d'en refléter les avancées.
Les rapports de sexe sont-ils solubles dans le genre ?
Dossier présenté par Annie Benveniste et Adelina MirandaCe dossier se propose de faire un retour sur la connaissance anthropologique et l'usage qu'elle fait, dans les études féministes, des concepts de sexe et de genre. Si le " genre " a contribué à poser la question de la construction de la différence des sexes sous un nouvel angle, en étant attentif à la façon dont les frontières entre sexe et genre sont flexibles, il est de plus en plus utilisé comme variable pour mesurer les écarts entre les femmes, considérées comme représentantes de la permanence de cultures spécifiques et localisées. La banalisation de la notion et le risque d'essentialisme qu'elle entraîne sont interrogés dans un premier ensemble d'articles critiques. La conception du genre comme construction culturelle de la différence sexuée doit être dépassée ; les performances de genre soumises à la critique féministe de la hiérarchisation des sexes. Le deuxième ensemble d'articles abordent les rapports sexe/genre sous l'angle de la division sexuelle du travail en intégrant les contributions des premières études féministes en anthropologie. Le troisième ensemble d'articles porte sur la réflexivité et interroge la proximité sexuée de l'ethnologue avec ses sujets et le processus d'altérisation qu'il-elle peut construire en tant qu'homme ou femme.
Quel est le devenir de l'anthropologie dans la formation universitaire et dans les champs professionnels, en France et ailleurs ?Dans un contexte universitaire en évolution rapide, où l'anthropologie elle-même se renouvelle profondément, l'enseignement de la discipline est confronté à de nombreuses questions. Quels contenus des enseignements sont privilégiés ? Quelles nouvelles combinaisons se dessinent avec le développement, l'éducation, le travail social ? De quelle manière les connaissances anthropologiques sont-elles mobilisées dans d'autres disciplines ? Le défi d'un enseignement de l'anthropologie à visée professionnelle peut-il être relévé ?