Les collègues et amis du Professeur Claude Roussel ont souhaité rendre hommage à sa personne et à son œuvre en lui offrant un volume de Mélanges. Les trente études de langue et de littérature réunies dans cet ouvrage portent sur des sujets qui ont nourri sa recherche et façonné sa pensée: l'édition de textes, dont il est un maître absolu, et la chanson de geste composée à l'automne du Moyen Âge. Son édition de La Belle Hélène de Constantinople et l'étude littéraire qu'il a consacrée à cette œuvre ont transformé radicalement l'appréciation quelque peu réservée, voire négative, de la critique sur l'esthétique des chansons de geste tardives et sur leur place dans la culture et la production littéraire médiévales. Depuis, Claude Roussel a dédié des articles à des thèmes variés: courtoisie, hospitalité et savoir-vivre, mythe des enfants-cygnes, figure royale, croisade, culture populaire et culture cléricale, et a participé à l'édition du Devisement du Monde de Marco Polo dirigée par Philippe Ménard.Engagés à leur tour sur la voie ouverte par ces travaux, les auteurs de ce volume se sont intéressés aux motifs épiques et à leurs relectures ou réécritures (la geste), à l'exploration de mondes exotiques ou spirituels (la route) et à des problèmes éditoriaux ou de tradition manuscrite (le livre). Le " monde entour et environ " ne saurait, considèrent-ils, épuiser ni la richesse ni la cohérence des recherches de Claude Roussel, ni l'étendue de la curiosité qui les a guidées.
Symbole éternel, archétype universel, le château occupe une place privilégiée dans l'histoire de la littérature. Pourtant, c'est seulement à partir de la fin du 18e siècle, avec la vogue du roman noir, qu'il connaît une véritable résurgence. Pendant toute cette période et jusqu'à la fracture radicale que représente la première guerre mondiale, il impose dans nos lettres sa présence typique et multiforme. C'est à la richesse polysémique de la figure du château que sont consacrées les études de l'ouvrage, composé par des historiens de la littérature. Au long des différents chapitres, le château est envisagé successivement comme héritage mémorial du passé, miroir du temps, vestige enchanté, lieu identitaire ou encore scène de l'inconscient.
"Once more unto the breach, dear friends, once more!": Harry of England's rallying cry has never ceased to resonate with forceful energy to the ears of spectators far beyond the backdrop of the Anglo-French Hundred Years' War. The climax of Shakespeare's two tetralogies, which also coincided with the opening of the newly-built Globe theatre in the summer of 1599, "Henry V" has galvanized its audiences with its vibrant chorus and its battle scenes alike, while also exploring the heroic self-fashioning of a Christian king who may or may not be the noble soul that he aspires to be. "Henry V" has often been regarded as a patriotic work. Yet for all its emphasis on camaraderie, honour, power and "vasty" ambition, Shakespeare's history play resounds with the heart-rending echoes of personal loss and political division. Its compelling rhetoric, its ambivalent treatment of warfare, and its blend of humour and violence together with the complex socio-political issues at work, account for its global popularity in a post-Brexit world, on "unworthy scaffold[s]" as much as on the Hollywood screen. Following the recent inclusion of "Henry V" in the Agrégation syllabus in France (2021-2022), this volume seeks to provide new perspectives on the play and to question a variety of issues relating to politics, cultural representations, gender, class, aesthetics, materiality, and adaptation. Its four parts highlight the richness of the play and reflect recent critical trends in early modern drama studies.
Peut‑on vraiment ressusciter Les Incas ? Et comment les arracher au cimetière des œuvres mortes où ils gisent ensevelis depuis un siècle ? Comment les proposer au lecteur moderne ? Conçu dans le sillage de la première édition critique du roman publiée en 2016, le présent volume se propose de répondre à ces questions tout en apportant un regard nouveau sur l'écriture et la pensée de Jean-François Marmontel (1723‑1799). Un tel projet se fonde sur deux constats majeurs : celui, d'une part, de la timide redécouverte d'un auteur et d'une œuvre qui n'ont pas encore trouvé leur écho dans les études sur le XVIIIe siècle ; et celui, d'autre part, qui renvoie à la complexité des Incas, dont la richesse des enjeux stylistiques et philosophiques est loin d'être épuisée. C'est cette perspective, liée à la forme et aux fonctions du roman marmontélien, qui est placée au centre de ce volume.
Travail et effort de guerre à Paris sous la Révolution
1792. La guerre éclate au beau milieu de la Révolution : la République naissante est brusquement confrontée à un défi redoutable et Paris, sous la menace d'une invasion, se retrouve en première ligne.
Des centaines de milliers d'hommes partis au combat doivent être équipés et la capitale fait sa part face à un problème logistique d'une ampleur inconnue jusque-là. La ville se transforme ainsi en un vaste chantier destiné à la production d'armes, de poudres de salpêtre, d'habillement et d'équipement. S'ouvre alors un chapitre de la Révolution qui impacte profondément sur le plan économique et social et qui se poursuit tout au long de son cours.
Cet ouvrage s'intéresse plus particulièrement à la confection d'articles d'habillement qui mobilise un grand nombre d'ouvrières et d'ouvriers de la couture, dans le sillon d'une tradition productive solidement enracinée dans la capitale. Cette expérience inédite contribue à refaçonner la notion même de travail, désormais associée à l'élan patriotique. Tandis que la figure du soldat-citoyen se consolide aux frontières, celle du citoyen-soldat prend forme à l'arrière.
Si des aspects politiques et idéologiques rentrent donc en jeu, le changement d'échelle des armées pose aussi d'énormes problèmes sur le plan administratif, mettant à rude épreuve le régime révolutionnaire.
L'étude de ce secteur spécifique rejoint ainsi des questions de fond relatives au système de gouvernance élaboré par la Révolution, à l'émergence d'un nouveau protagonisme populaire et au rôle joué par l'État.
Cet abécédaire interroge la sensibilité des chercheurs et des chercheuses, quelle qu'elle soit, pour en faire une matière à penser. En fil rouge, émerge l'idée selon laquelle la connaissance sensible vient enrichir la connaissance conceptuelle et non lui faire obstacle.
Riche de quatre-vingt-quatre entrées claires et synthétiques rédigées par des spécialistes de lettres, sciences humaines et sociales, il propose une réflexion ancrée dans le monde de la recherche, et plus précisément sur sa part du " sensible ", mot dont la polysémie évoque à la fois la perception par les sens, la vulnérabilité des universitaires, et l'aspect parfois polémique de leurs travaux. Chaque contributeur, chaque contributrice décline ainsi son rapport à la connaissance sensible, toujours en lien avec l'actualité scientifique.
La réflexion collective proposée dans ces pages vise, in fine, à ausculter l'acte de recherche en lettres, sciences humaines et sociales, et à orienter le regard non vers les découvertes produites, mais bien vers celles et ceux qui en sont à l'origine.
L'époque est à la rupture. Le monde bruit de la rumeur des crises – économiques, sociales, climatiques, écologiques, migratoires, financières –, des catastrophes, d'oppositions renouvelées – du nouveau à l'ancien, des nantis aux oubliés –, d'innovations radicales – disruptions technologiques et innovations sociales –, de révolutions politiques ou scientifiques. Une prise de recul est nécessaire afin d'apprécier la réalité et la portée de ces événements qui rompent des équilibres établis. Le parti pris de ce volume interdisciplinaire n'est pas celui d'une tentative théorique originale, encore moins systématique, de " penser la rupture ". En écho à une époque éclatée, nous souhaitons plutôt proposer un parcours dans la variété des mots de la rupture, des mots qui sont ici l'occasion d'une réflexion qui pourra aider chacun à nommer, enrichir, qualifier, nuancer sa perception des ruptures dont il est le témoin, l'agent ou la victime. L'abécédaire que nous vous proposons se veut informé, parfois inattendu, et plaisant à parcourir.