Les aventuriers de l'archéologie en Afrique du Nord (1830-1957)
La mise à disposition au public scientifique de la bibliothèque et des archives de la famille Poinssot, dont les membres sur trois générations œuvrèrent, du milieu du XIXe siècle à la fin du XXe siècle, dans les domaines de l'archéologie et de l'histoire de l'Afrique du Nord, ouvre de nouveaux champs d'étude. Ces archives de la découverte et de l'exploration de l'Afrique du Nord permettent d'interroger les modalités d'une science en marche et, surtout, de diriger les projecteurs vers des acteurs méconnus et cantonnés aux marges des territoires de l'archéologie savante. Une constellation de figures d'aventuriers, dont les productions permettent d'éclairer d'un jour nouveau tant les conditions sociales, économiques et humaines de l'exploration archéologique que la création des collections archéologiques des musées du Maghreb, comme celle des realia de l'édition scientifique.
La Vienne restait depuis 2018 le dernier département français à ne pas avoir été couvert par la Carte archéologique de la Gaule ni par aucune autre publication récente du même ordre qui en aurait présenté dans le détail l'étonnante richesse archéologique.Les Pictons entrent dans l'histoire lorsqu'à la fin de la Guerre des Gaules l'andécave Dumnacus attaque leur capitale (un site défensif que la CAG n'hésite plus à localiser à Poitiers même, grâce aux cartes du mobilier reporté sur le SIG) pour les punir d'avoir collaboré à la conquête de l'Ouest Armoricain par César en lui fournissant la flotte pour abattre la puissance vénète ! Si l'on sait par Hirtius que ce projet a échoué, les Pictons ont largement été remerciés par César Auguste qui a agrandi leur territoire d'un tiers (en leur donnant les terres des petits peuples de la Basse Loire et du littoral, c'est-à-dire tout le sud de l'actuelle Loire-Atlantique et au moins toute la Vendée qui sont devenues des " colonies pictonnes ")
La carte archéologique de l'Ain, issue d'une thèse de doctorat soutenue à Lyon, en 1982, avait déjà été publiée en 1990. Non seulement cette première édition était épuisée depuis plusieurs années (et le volume toujours demandé), mais surtout l'archéologie française a subi depuis 35 ans une profonde mutation qui imposait cette refonte totale qui explique qu'au lieu des 190 pages du volume de 1990, cette édition en compte 400 pages, avec un classement renouvelé (non plus par cantons mais par le classement INSEE des communes).
Localisé entre Lyon et la Suisse, ce département a vu, en effet, la multiplication de " grands chantiers " de constructions (liés à la péri-urbanisation et aux " grands travaux " routiers et ferroviaires) qui ont obligé les aménageurs à accepter des " diagnostics archéologiques " et des fouilles (sur des espaces de plus en plus étendus), réalisés non seulement par l'INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives qui a remplacé l'AFAN en 2002) mais aussi par des organismes privés comme Archeodunum et EVEHA. Les résultats ne pouvaient être que spectaculaires! C'est, par exemple, le gigantesque projet sur une superficie de 900 ha du Parc industriel de la Plaine de l'Ain (PIPA) (à côté de la centrale nucléaire du Bugey) qui est à l'origine de la découverte de l'agglomération romaine de Saint-Vulbas.
Enfin c'est le même auteur, André Buisson, Ingénieur à l'Université Jean-Moulin de Lyon 3 qui signe cette deuxième édition. Il a su s'entourer de collaborateurs comme Jean-Pierre Legendre (conservateur chargé du département de l'Ain à la DRAC/ SRA de Lyon), comme Isabelle Bollard-Raynaud (conservatrice à la DRAC/SRA Hauts-de-France, à Lille) et comme Anne-Claude Rémy (INRAP, Rhône-Alpes-Auvergne).
Dans l'Antiquité, le département de l'Aisne est partagé entre plusieurs peuples belges : les Nerviens à l'extrême nord, les Viromanduens au nord-est (autour de Vermand et de Saint-Quentin), les Suessions au sud et surtout les Rèmes à l'est. Si la capitale (Reims) de ce dernier peuple est située dans le département voisin (la Marne), les deux autres chefs-lieux de cités, étudiés ici, les deux villes-neuves d'Augusta Suessionum (Soissons) et d'Augusta Viromanduorum (Saint-Quentin) sont entourées de nombreuses agglomérations secondaires. Dans ce pays rural, le modèle économique de la ferme indigène (du milieu du 1er siècle av. J.-C.) a progressivement laissé la place aux "fermes gallo-romaines", puis à la classique villa romaine. La richesse archéologique départementale est attestée depuis le 19e siècle par les nombreuses fouilles, notamment de nécropoles, dont le mobilier est étudié dans le volume.