La révolution de 1848 a des origines politiques: le refus de la réforme électorale par le roi Louis- Philippe et son ministre Guizot. Or sous la monarchie de Juillet, la Chambre des députés avait aussi son mot à dire. Les députés étaient désignés par une minorité d'électeurs censitaires et accordaient leur confiance aux ministres du roi. Il s'est trouvé qu'en 1846, les élections législatives donnèrent au gouvernement une solide majorité parlementaire. Et celle-ci partagea les vues du roi sur la réforme électorale. Toute la question est donc de savoir si les élections ne furent pas corrompues et si ces députés une fois élus soutinrent Guizot sans menace ou intimidation. L'étude montre que l'osmose était profonde entre cette majorité et le gouvernement de Louis- Philippe au point qu'on peut se demander si ce n'était pas elle qui imposait ses vues à ce dernier. Aussi par dérision, la presse d'opposition qualifia ces députés ministériels de "satisfaits".
L'organisation de la ville grecque et en général de l'habitat groupé antique par " quartiers spécialisés " constitue un leitmotiv de l'archéologie classique. Le renouvellement des approches sur la ville et sur les implantations des activités économiques passe, entre autres, par l'étude des concentrations des activités de production en milieu urbain. Le concept de " quartier " et notamment de " quartier spécialisé " est souvent plaqué de manière réductrice sur les réalités urbaines antiques. Dix-neuf contributions d'approches générales ou d'études de cas renouvellent sur plusieurs aspects la question des " quartiers d'artisans " en Grèce dans une perspective chronologiquement et géographiquement plus large.À partir de données archéologiques, confrontées le cas échéant aux sources textuelles, ce sujet est éclairé d'une lumière neuve. Des archéologues et des historiens de sept pays différents mettent en exergue la complexité et la diversité des implantations, réexaminent la nature des concentrations spatiales et réévaluent souvent des idées reçues à partir d'une documentation récente ou bien en reconsidérant des vestiges connus. L'ensemble contribue au débat et propose de nouvelles pistes de réflexion pour aborder le fonctionnement de la ville grecque antique.
Cet ouvrage de réflexion sur l'une des plus méconnues des littératures d'aujourd'hui introduit le lecteur dans un monde paradoxal, si accessible et pourtant si étrange. Les auteurs présentés s'inscrivent certes dans la sphère culturelle germanique, mais ne souhaitent en aucune façon être considérés comme allemands ; beaucoup d'entre eux se tournent volontiers vers la France, qui les ignore presque totalement, faute de traductions et d'études accessibles aux lecteurs français . Depuis la disparition de Max Frisch et Friedrich Dürrenmatt cette production littéraire a perdu son côté didactique, et se révèle être le terrain de multiples tentatives originales, oscillant entre la tentation autobiographique, les différentes déclinaisons de celle-ci dans des fictions romanesques étrangement familières et dépaysantes tout à la fois, et l'exploration non conventionnelle de toutes les possibilités de l'écriture contemporaine, dont la moins révolutionnaire n'est pas le recours sans complexe de nombre d'écrivains à un style d'une limpidité classique.Jamais hermétique, pratiquant volontiers l'intertextualité et le clin d'œil littéraire, cette production séduit par sa diversité ; elle laisse aussi à penser que les paradoxes qui la sous-tendent sont ceux qui dynamisent toute la création littéraire contemporaine, quel que soit son pays d'origine.Elle est aussi le lieu d'une réflexion fondamentale sur l'avènement d'une nouvelle esthétique, que l'on pourrait qualifier, à la suite d'Hugo Loetscher, d'esthétique de la simultanéité, ouvrant le champ des possibles littéraires par redistribution des rôles de la réalité et de la fiction.
"C'est ainsi que l'on crée un joyau!" s'exclame euphoriquement le personnage central de La Main heureuse, manifestant par là son émerveillement devant sa mystérieuse faculté de créer, sans effort, sans peine, comme spontanément, sous la dictée du génie. Métaphoriquement, l'oeuvre participe en effet chez Schoenberg au questionnement global, mené tout au long de sa vie, de l'origine évanescente de la création artistique. Mais si, vers 1910, le compositeur fait une absolue confiance à l'insconscient génial, il en vient peu à peu à nuancer sa position pour reconnaitre puis revendiquer la participation de la conscience et de la volupté. Ce livre propose à son tour d'interroger l'énigmatique avènement de l'oeuvre d'art, les conditions à la fois historiques, biographiques, intellectuelles et esthétiques de son apparition. Et c'est précisément La Main heureuse, oeuvre à travers laquelle Schoenberg avait scruté l'énigme de l'origine, qui constitue le medium de cette étude. Si l'invention artistique est bien le propre d'un esprit individuel capable de donnner une forme unique à un matériau - anciennement ou nouvellement constitué -, l'oeuvre est loin d'être le fruit d'une génération spontanée; elle se nourrit tant du terreau que lui fournit la collectivité humaine - "l'air du temps" - que des mythes et archétypes ou de l'histoire personnelle de son créateur. Ainsi toutes les forces de la collectivité humaine sont engagées du côté du créateur lui-même et parfois même, à son insu, dans la naissance de l'oeuvre d'art. C'est ce qui justifie la participation à notre étude de nombreuses disciplines intellectuelles: musicologie, littérature, histoire, philosophie, poïétique... toutes croisant leurs éclairages pour tenter de cerner au plus près, à partir du cas particulier que constituent La Main heureuse, les multiples conditions de cet avénement. Le livre s'adresse de ce fait autant à des musicologues qu'à des lecteurs moins spécialisés mais interressés par l'inscription de l'art dans l'activité humaine en général ou, plus spécifiquement, dans un moment de culture.
" Die Neue Zeitung ", un journal américain pour la population allemande (1945-1949) a été créé en 1945 par l'armée américaine. Ce journal annonçait ouvertement aux lecteurs sa mission de rééducation d'organe officiel. Malgré la présence de collaborateurs célèbres, tels :H. Habe, E. Kästner, S. Heym, E. Bahr, P. Boenisch, ou encore H. Hamm-Brücher, une telle mission semblait impossible à remplir, entre information et propagande ; mais ce fut un succès.Au sommaire figurèrent des noms illustres, de Ludwig Erhard à ... Thomas Mann.
S'offre ici au lecteur un Chateaubriand désoeuvré, dépossédé, aliéné à sa propre mort. Un Chateaubriand qui n'en fini pas de finir, et jouit, malgré qu'il en ait, de l'effeuillage de la mort.
L'analyse du verbe à particule pose un problème à différents niveaux. Est-ce une unité lexicale formée de deux éléments dont le sens est difficilement dissociable ? Quel est le statut exact du deuxième élément - adverbe, préposition, adprep, adverbe-préposition ou particule ? La plupart des études qui, depuis le début de ce siècle, ont essayé d'apporter une réponse à l'une ou l'autre de ces questions sont examinées dans la première partie de cette étude. Le présent ouvrage esquisse une nouvelle approche de cette structure en la situant dans le cadre théorique de la Psychomécanique du Langage. Tout en réexaminant le problème du statut de la particule, il se concentre sur la relation entre celle-ci et le verbe auquel elle se rattache. L'hypothèse formulée est que l'unité sémantique de certains verbes à particule provient de la dématérialisation de la partie verbale et de l'apport notionnel complétif fourni par la particule. La dématérialisation étant un processus dynamique, c'est précisément ce dynamisme qui rend possible le rapport variable entre le verbe et la particule qui caractérise les verbes de discours (tighten up, dry up, speak up, etc). Au terme de ce processus , la particule, devenue une notion dépourvue de forme, peut entrer dans la formation des verbes de langue (turn up, make up, etc). De l'avis général, up est la particule la plus polysémique de l'anglais. L'étude menée dans cet ouvrage montre qu'à partir d'un premier sens " historique " (mouvement vers le haut), up subit une dématérialisation qui lui permet de représenter des mouvements latéraux ou d'approche d'une limite. Ces effets de sens de la particule en discours renvoient à un sens " de base " en langues, autrement dit à un signifié de puissance beaucoup plus abstrait. Ce dernier, défini comme une visée perspective, permet de rendre compte des notions de complétude ou de résultativité qui caractérise l'emploi de up dans de nombreux verbes à particule. Trois verbes sont analysés en détail. Enfin, dans le cadre de la cohésion discursive, de nouveaux éléments de réponse sont proposés pour résoudre le problème de la position du complément d'objet.
La présente édition de la revue Vouloir a été rendue possible grâce à l'exposition consacrée au groupe Vouloir qui s'est tenue au musée Matisse (Le Cateau-Cambrésis) de mars à juin 2004. Elle a permis de réunir pour la première fois les vingt-six numéros de cette revue jusqu'alors introuvable dans les collections publiques. La place de cette revue dans la collection " Histoire de l'Art " se justifie pleinement par son lieu de création, Lille, et par sa volonté éditoriale de faire entrer la France septentrionale en pleine reconstruction dans la modernité artistique. Cette réimpression en fac-similé respecte le format original et la présentation des couvertures sur des papiers de couleur de certains numéros, sachant que l'on ignore les nuances originales. Dans la mesure du possible et compte tenu du mauvais état de certains originaux, la numérisation a été corrigée pour améliorer la lecture. Le tirage a été limité à trois cents exemplaires, non qu'il s'agisse d'un livre " précieux " mais plutôt d'une source de référence pour l'histoire artistique et culturelle du XXe siècle qui fera le bonheur des bibliothèques et des musées.
Aujourd'hui inscrite au cœur des cultures télévisuelle et adolescente, la dystopie possède une histoire riche pourtant méconnue. Cette forme d'expression qui mêle projection dans le futur et vision critique d'une société révèle les enjeux majeurs des époques qu'elle a traversées. Explorer ses caractéristiques visuelles sur un siècle, de 1840 à la Seconde Guerre mondiale, permet d'observer les lignes de forces d'un imaginaire central dans la littérature et les arts. L'imaginaire dystopique ne touche pas seulement à l'iconographie. Il concerne aussi les ressources textuelles de la description, la circulation transmédiatique des fictions et la définition même d'un univers souvent improprement qualifié par les étiquettes de fantastique et de science-fiction.Ce volume collectif abondamment illustré offre un aperçu chronologique empruntant ses approches à l'analyse de texte, à l'étude de l'image fixe ou animée, à la sociologie des auteurs et de l'édition, ainsi qu'à l'histoire des représentations. Il se centre sur les aires d'expression française, qui ont leurs propres spécificités, distinctes des réalisations anglo-saxonnes. Envisageant tant les œuvres paralittéraires que celles d'avant-garde, il met à l'honneur une production foisonnante, encore peu étudiée : de Souvestre à Bartosch, sans oublier Henriot et Robida, de l'eschatologie biblique à la poétique des ruines de la ville moderne, en passant par l'archéologie rétrofuturiste et l'imaginaire des fourmis.