Cet ouvrage, édité 200 ans après sa parution et traduit pour la première fois en français, est considéré comme le premier traité de démographie jamais paru. Cette édition, enrichie et commentée est le fruit d'une collaboration collective et internationale.
Le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale, caractérisé par l'ampleur et la démesure des pertes humaines – 40 millions de morts sur le continent européen – l'est aussi par leur nature, les morts civils dépassant largement les pertes militaires. Un chaos qui a touché toutes les populations. Militaires, prisonniers de guerre ou politiques, populations déplacées, bombardées, massacrées, exterminées ou affamées.Cette démesure a bouleversé le destin démographique de centaines de millions d'hommes, de femmes, d'enfants. Séparations forcées, familles éclatées et décimées, deuils ont eu des conséquences sur la mortalité, la fécondité, la courbe des naissances, les mariages : des phénomènes qui se lisent sur la durée.Estimer des chiffres d'une telle envergure n'est pas allé de soi. Dès l'après-guerre, les démographes ont tenté de dresser des bilans et d'en évaluer les conséquences sur la pyramide des âges. Au fil des décennies, les estimations se sont affinées, avec la mise à disposition de nouvelles archives.70 ans après la fin de la guerre, ce recueil de textes, articles, extraits d'ouvrages de démographes et d'historiens offre une vision globale, au niveau européen, d'un tournant unique dans l'histoire de la population.
Cet ouvrage est la réédition d'un texte paru pour la première fois en 1855 par le naturaliste et démographe Achille Guillard. Pour l'histoire des sciences et de la démographie, les Éléments de statistique humaine ou démographie comparée est un ouvrage resté relativement méconnu, qui introduit pour la première fois le terme " démographie ", conçue notamment comme une science indispensable à la connaissance de la société humaine. Dès l'avant-propos de ses Éléments, Guillard précise l'objet de la science de la population qu'il conçoit d'une manière très large. Il en circonscrit en détail le domaine, qui est de " s'occuper des hommes, de leur état encore précaire, de leurs progrès encore contestés, des lois physiologiques qui les régissent, des lois sociales qui les doivent régir, de l'économie des forces humaines qui est de théorie, et de leur dissipation qui est de fait, de la liberté et de la servitude, du travail obligatoire et du repos mérité, du bien-être par hérédité, de la misère par ignorance, de la naissance et de la mort, de l'argent et du sang, de l'agriculture, du commerce, du gouvernement, de l'industrie, et de quelques autres géhennes ".
Guillard propose donc une définition large de cette discipline, incluant notamment la considération de phénomènes d'ordre culturel comme le niveau intellectuel ou moral des individus. S'interrogeant sur la place de la démographie par rapport à la science, il soutient " qu'elle en doit être le tronc " ou " le réservoir commun où doivent confluer tous les courants de la statistique ".Édition en fac-similé présentée par Jean-Marc Rohrbasser et Jacques VéronPour en savoir plus, lire le focus sur "Achille Guillard : plus que l'inventeur du mot "démographie". (http://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/memos-demo/focus/achille-guillard/)
Nos sociétés vieillissent. Les familles changent. Les comportements d'activité évoluent. Dans ce contece de vie plus longue, de basse fécondité, de travail simultanément rare et abondant, comment s'organisent et se transforment les solidarités familiales et sociales ? Les États-providence sont aujourd'hui confrontés à trois exigences principales : garantir aux populations âgées des conditions de vie satisfaisantes sans alourdir les charges pesant sur les actifs, réduire les inégalités sociales et maintenir une équité entre générations successives. Une première partie de cet ouvrage est consacrée aux aspects théoriques du débat intergénérationnel : niveau " optimal " de la redistribution entre générations actives et inactives ; organisation de l'activité au cours du cycle de vie ; changements des comportements d'activité en France ; âge optimal de la retraite. Les relations entre générations au sein des familles font l'objet d'une deuxième partie : évolution paradoxale de la législation au Québec ; transformation du réseau familial des personnes âgées et de la solidarité en leur faveur aux Pays-Bas, en France et en Grande-Bretagne ; entraide entre générations en Espagne permettant aux jeunes mères de rester sur le marché du travail. Une troisième partie s'intéresse aux niveaux de vie des personnes âgées : effets redistributifs des systèmes sociaux et plus particulièrement des pensions de retraite ; solidarité et équité intergénérationnelle. Une quatrième et dernière partie aborde la question des temps sociaux : développement et conséquences d'une téconomie de 24 heures sur 24 aux États-Unis ; conciliation entre vie professionnelle et vie familiale ; trajectoires de cessation de toutes sortes d'activités au Canada. Se dessine ainsi un regard croisé de chercheurs de différents pays sur l'avenir de la protection sociale.
Durant les années 1970, la disponibilité importante de données a été rendue possible par un développement sans précédent des enquêtes de population. En même temps, l'essor des techniques à la fois statistiques et informatiques ont permis le traitement de ces nouvelles données.Cet ouvrage présente pour la première fois une synthèse détaillée de l'ensemble des techniques de l'analyse démographiques des biographies. Il offre non seulement une description précise des modèles, mais aussi une synthèse théorique de ce nouveau champ de recherches sans perdre de vue les applications induites des mouvements sur les dynamiques de population.C'est un outil de méthodologie indispensable pour les démographes et pour tout spécialiste de sciences sociales intéressé par l'étude de l'impact des événements sur la vie d'un individu.
Au cours des dernières décennies, l'évolution de la mobilité résidentielle, des structures familiales, des études et des parcours professionnels, ainsi que l'importance de l'interdépendance entre ces différentes sphères de la vie, a suscité un intérêt croissant pour les trajectoires biographiques. Progressivement, l'analyse des parcours de vie (life course analysis) est devenue une perspective majeure des sciences sociales. Le développement de cette perspective est lié simultanément à des questions théoriques et aux progrès des techniques de collecte et d'analyse statistique des données longitudinales.L'un des principaux attraits de l'analyse des biographies tient à la manière dont le déroulement des événements au cours du temps est ressenti par les individus: "En combien de temps puis-je espérer trouver du travail? Quel serait l'effet d'une année d'étude supplémentaire?"… On retrouve cette homologie avec les modèles de régression en général mais l'analyse biographique présente l'avantage d'intégrer le temps de manière réaliste.L'analyse biographique se concentre sur les événements. Pourtant, l'ambition des recherches sur les parcours de vie est aussi d'appréhender les trajectoires dans leur ensemble. Dans la pratique, une grande partie des travaux empiriques sur les parcours de vie en sciences sociales sont basés sur des méthodes centrées sur les transitions. Il est cependant possible d'adopter une autre approche, offrant la possibilité d'étudier les parcours de vie en tant qu'unité d'analyse, comme un tout.Ce manuel pratique se penche sur la méthode la plus répandue qui est celle la construction de typologies de trajectoires. Il présente les choix successifs qu'elle nécessite, du codage des données au choix final du nombre de classes de la typologie et passe en revue les méthodes de mesure de la similarité entre trajectoires, qui constitue une étape cruciale pour obtenir une typologie. Un exemple vient enfin compléter la présentation avec une application à des trajectoires d'emploi. Un tutoriel complète l'ouvrage.