Pierre Desproges (1939-1988) semblait pouvoir rire de tout. Rire de tout, mais pas n'importe comment ni avec tout le monde. L'humoriste n'avait pas seulement un style d'humour, il avait un style. Il a renouvelé la manière d'aborder les sujets tabous (la religion, la mort, l'antisémitisme). Avait-il un humour de droite, ou s'inscrivait-il dans la lignée de nos moralistes, en " artiste dégagé " ? Lui-même se définissait comme un " écriveur ". Ses qualités littéraires, son amour de la langue, de la phrase, son art de débusquer les clichés, méritaient que ce livre lui fût consacré, révélant un auteur à la fois " grammairien " et humaniste.
Cet ouvrage recense un grand nombre d'expression, locutions et proverbes utilisés en grec moderne dans le langage parlé et que les dictionnaires courants ne contiennent souvent pas. Quelque 2 000 expressions françaises, avec renvoi aux expressions grecques qu'elles traduisent, sont rassemblées en fin de volume, ce qui rend ce lexique également précieux pour les hellénophones.
" Une anticipation qui tient du rêve " : c'est en ces termes qu'Adorno caractérisait rétrospectivement ses premiers écrits philosophiques. Contemporains du livre sur Kierkegaard (1933), " L'actualité de la philosophie ", " L'idée d'histoire de la nature " et les " Thèses sur le langage du philosophe " font ressortir l'unité et la continuité de cette pensée dont ils marquent le coup d'envoi. Témoignage essentiel sur la situation de la philosophie en Allemagne à la veille du nazisme, ces trois textes montrent Adorno aux prises avec Husserl, Heidegger, Lukács, à la recherche d'une nouvelle pensée de l'histoire et de la société qui permette à la philosophie de répondre à la crise de l'idéalisme et à la menace de liquidation que les progrès des sciences font peser sur elle. Profondément marqué par la lecture de Benjamin, le contre-programme que formule Adorno constitue également une sorte de " discours de la méthode " qui fixe le cadre théorique où se déploieront tous ses travaux à venir, jusqu'à la Dialectique négative et la Théorie esthétique.
" Une anticipation qui tient du rêve " : c'est en ces termes qu'Adorno caractérisait rétrospecti-vement ses premiers écrits philosophiques. Contemporains du livre sur Kierkegaard (1933), " L'actualité de la philosophie ", " L'idée d'histoire de la nature " et les " Thèses sur le langage du philosophe " font ressortir l'unité et la continuité de cette pensée dont ils mar-quent le coup d'envoi. Témoignage essentiel sur la situation de la philosophie en Allemagne à la veille du nazisme, ces textes montrent Adorno à la recherche d'une nouvelle pensée de l'histoire et de la société qui permette à la philosophie de répondre à la crise de l'idéalisme et à la menace de liquidation que les progrès des sciences font peser sur elle.
En Afrique, au sud du Sahara, les différentes strates de l'histoire longue se sont accumulées pour faire de cette région celle où les inégalités de ressources et de conditions d'existence sont les plus élevées du monde. Dans les deux dernières décennies, la faillite des institutions extractives héritées de la colonisation, puis la vague de démocratisation ont contraint les nations africaines à affronter ces inégalités. La fragmentation de l'espace et le dualisme des sociétés ont conduit à une ethnicisation clientéliste du jeu politique et aux conflits que l'on observe aujourd'hui. Denis Cogneau souligne le poids de l'héritage inégalitaire, tout en montrant qu'il ne constitue pas une fatalité.
Ce volume s'ouvre avec des pages inédites du Journal d'Alain sur la littérature. Elles permettent d'entrer immédiatement au cœur d'une œuvre qui mêle étroitement philosophie et littérature, tant par ses thèmes que par sa forme, ainsi que le montrent les textes ensuite réunis. Ayant pour ambition de " changer la philosophie en littérature et, au rebours, la littérature en philosophie ", Alain pense la littérature et l'écriture, philosophe à partir de romans, de poèmes (Balzac, Stendhal, Valéry), et fait de sa propre écriture philosophique un travail littéraire, s'attachant au " style ". Sa postérité témoigne également de ce lien : comme professeur de philosophie, comme écrivain et journaliste (on lui doit 3 498 Propos quotidiens de 1906 à 1914), il a influencé toute la pensée et l'écriture entre les deux guerres et au-delà – de Georges Canguilhem ou Simone Weil à Jean Prévost ou Julien Gracq.
Né en 1902 dans une Alsace allemande, Alfred KASTLER devient français après l'armistice de 1918 et réussit le concours d'entrée à l'École normale supérieure en 1921.
Poète en langue allemande, son imagination créatrice s'exprime aussi dans les sciences. Il choisit lui-même le sujet de sa thèse, soutenue en 1936, sur les échanges de moment cinétique entre les atomes et les ondes lumineuses polarisées.
Dans la sérénité retrouvée de l'après-guerre, il invente la méthode de pompage optique, dont les nombreuses applications, en France comme à l'étranger, lui valent le prix Nobel en 1966.
Au-delà de son activité scientifique, Kastler fut un grand humaniste, luttant contre la violence politique, dans les mouvements pacifistes, pour la défense des droits de l'homme et pour la solidarité envers le tiers-monde. Son engagement en faveur de la construction européenne fit écho à sa jeunesse franco-allemande.
Panem et circenses ! Si l'on répète à l'envi les mots de Juvénal, on se trompe en général sur le sens de l'expression " jeux du cirque " : il ne s'agit en rien des combats de gladiateurs, mais bien du spectacle sportif qui se déroulait dans le Grand Cirque de Rome et offrait des compétitions athlétiques et surtout hippiques. Ben Hur et non pas Spartacus. Et comme le sport antique est souvent identifié à la Grèce, en raison d'Olympie et du renouveau des jeux olympiques en 1896, on a aussi tendance à oublier que ce sont les Étrusques et non les Grecs qui ont le plus apporté aux Romains dans ce domaine : il était donc nécessaire de présenter ici diverses facettes du sport étrusque.
Les jeux du cirque sont un moment essentiel dans la société romaine et les courses de chars, qui par bien des côtés évoquent notre football contemporain, s'affirment d'une incroyable modernité : un spectacle planétaire déchaînant les passions dans tout l'Empire romain, un Grand Cirque pouvant accueillir 150 000 spectateurs, une organisation en quatre factions qui avaient tout de nos grands clubs, enfin un culte de la vedette, les cochers de quadriges en l'occurrence, aux gains scandaleux, et qui étaient parfois transférés d'un club à un autre. " Allez les Rouges ! " criaient sur les gradins les supporters de cette couleur…
Avec une dépense de près de 18 milliards d'euros, les aides personnelles au logement constituent une politique publique majeure visant à soutenir les ménages les plus modestes dans leurs dépenses. Plusieurs évaluations ont cependant remis en question l'efficacité de ces aides en mettant en évidence leurs effets sur les prix des loyers et en suggérant une capture importante de ces sommes par les bailleurs. La hausse des loyers a progressivement poussé de plus en plus de ménage au-dessus du loyer-plafond, transformant incidemment une prestation à l'origine affectée à la dépense de logement, en une prestation sociale comme les autres.
À partir de ce constat, les auteurs présentent dans cet opuscule une proposition de réforme des aides au logement. Elle a pour objectif de maintenir le budget actuel des aides au logement mais d'en modifier le fonctionnement afin d'améliorer leur efficacité. Dans un premier temps, le dispositif a été repensé afin de rompre le lien direct entre le montant du loyer et le montant de l'aide. Les aides au logement dépendent alors uniquement des caractéristiques du ménage et de ses ressources, comme toute prestation sociale. Dans un second temps, une fusion des aides au logement avec le Revenu de solidarité active (RSA) et la Prime pour l'emploi est envisagée. Cette réforme vise à réduire les effets inflationnistes des aides sur les loyers, à mieux intégrer les aides en direction des bas revenus en une seule prestation et à améliorer les incitations au retour à l'emploi.