L'université Savoie Mont Blanc (USMB) a fêté ses quarante ans. Pour une institution comme une université, c'est l'occasion de porter le regard sur les décennies écoulées et d'envisager les perspectives futures. Pas plus que pour les hommes et les femmes, quarante ans ne sont, pour une université, une durée exceptionnelle. Que l'on songe aux universités de Paris, Bologne ou Londres, pour ne citer qu'elles, qui plongent leurs racines dans le Moyen Âge. L'université de Savoie, devenue Savoie Mont Blanc depuis le 1er janvier 2015, ne peut certes pas exhiber une telle ancienneté, du moins sous une forme statutaire officielle. Certes, l'université de Savoie voit bien le jour en 1404. Mais elle se situe alors à Turin. Son histoire sur le versant français des Alpes est d'abord celle d'un long combat pour obtenir un établissement d'enseignement supérieur de plein exercice qui réponde aux besoins d'un territoire transfrontalier spécifique, entre Suisse et Italie.
A, premier numéro d'une collection qui en comptera 28, porte sur l'analyse du tableau de Jacques-Louis David, La mort de Marat. L'objectif de cet ouvrage est de donner un regard croisé sur l'oeuvre, selon les thématiques de recherches de chaque auteur, et de créer un lien entre pédagogie et recherche, entre littérature, art et communication.
Fondée au tournant du XIIe siècle par des chanoines de Saint-Maurice d'Agaune, l'abbaye savoyarde d'Abondance insuffle dès ses origines un vent nouveau sur le monde canonial. Elle se trouve rapidement à la tête d'une congrégation resserrée et dynamique comptant une dizaine d'abbayes et de prieurés établis du Jura à la Chautagne et de la vallée du Rhône aux portes de Genève.Ses archives ne révèlent pourtant rien de cette vigueur, et pour cause : à quelques exceptions près, les centaines de parchemins et autres vieux papiers composant le chartrier ont disparu, victimes des vicissitudes de la conservation du temps même de la présence de la communauté.Tel un enquêteur, l'auteur s'est attaché à retrouver les traces discrètes et ô combien dispersées que laisse pourtant toujours un acte perdu. La réunion de ces copies et de ces mentions permet de porter à la connaissance du public 206 actes pour la période 1108-1300 outre de nombreuses annexes. Cette investigation révèle l'influence d'Abondance sur le monde canonial alpin, la grande force puis le relâchement des liens entre les membres de la congrégation ou encore la gestion de l'espace économique. Les chercheurs comme les amateurs d'histoire locale y trouveront leur compte.
Les nombreuses publications de Jean-Pol Madou, placées sous le signe de la rencontre et du dialogue critique, privilégient des œuvres où se confrontent les formes narratives, l'expression poétique, et l'interrogation philosophique.
L'acquisition des langues étrangères est un phénomène complexe, et l'investigation scientifique des acquisitions en classe de langue peut contribuer concrètement aux réflexions méthodologiques dans le domaine de la didactique des langues. Les neuf articles de ce volume – issus pour la plupart de communications dans le cadre du colloque international de l'Association for French Language Studies qui s'est tenu à Chambéry en septembre 2005 – attestent du riche potentiel d'un dialogue entre recherche en acquisition et préscriptions méthodologiques pour la classe de langues.Regroupant des investigations menées en France, en Russie, en Israël et au Nigéria auprès de natifs de diverses langues, ce recueil présente quelques nouvelles données concernant l'acquisition lexicale et morpho-syntaxique du français et de l'anglais langues étrangères. Les linguistes trouveront ici des études intéressantes sur les associations collocationnelles, l'article français, le présent simple, la passivation et l'acquisition des cadres temporels dans le discours écrit. Les praticiens apprécieront des suggestions concrètes pour l'apprentissage lexical et morpho-syntaxique ; les chercheurs découvriront des conseils méthodologiques pour la constitution d'un corpus de productions orales en L2.
Alberto Moravia est l'écrivain italien qui a le plus voyagé et écrit sur ses voyages. Au fil des ans, les fonctions du voyage sont différentes, les destinations changent, les centres d'intérêt de l'intellectuel se déplacent, les liens entre littérature, écriture et voyage s'intensifient. Cette évolution est retracée à travers l'étude des récits et livres de voyage de Moravia qui sont mis en relation avec son Suvre de fiction, ses écrits politiques ainsi qu'avec les Suvres d'autres écrivains et poètes européens. Expression d'une vision originale du monde, l'Suvre de voyage de Moravia est l'occasion d'une traversée de la vie politique et culturelle de l'Italie du 20e siècle.
El presente volumen tiene el propósito de contribuir a la reflexión sobre una América latina transfronteriza, tanto desde una perspectiva de los intercambios, debates y aportes mutuos de diversos autores y artistas, como de los desafíos culturales y geopolíticos que existen entre los diferentes países de la región. El libro presenta diez contribuciones de investigadores de diversas áreas –la literatura y las artes, la ciencia política, la filosofía y la sociología– que plantean una serie de intercambios con el fin de cruzar diferentes enfoques en torno a la noción de lo transfronterizo y de sus representaciones. Las distintas colaboraciones interrogan las relaciones que existen en el interior de América latina, así como sus vínculos y aperturas hacia el exterior; los trabajos se estructuran en torno a tres capítulos temáticos que tienen como eje la representación literaria y artística del cruce de fronteras, la lengua y los intercambios lingüísticos, así como las migraciones.Cabe destacar la voluntad de apertura de las diversas perspectivas de análisis y acercamiento a lo transfronterizo en el ámbito latinoamericano, que dan cuenta del nudo de vínculos y tensiones entre territorios, donde cada espacio cuestiona los límites de la cooperación entre países y cuestiona la necesidad de concertación para enfrentar de manera común y estructurada los desafíos regionales.
Parallèlement au développement de la jurilinguistique, de la terminologie, de la traductologie et des recherches en langue de spécialité, il apparaît que la dimension culturelle des concepts juridiques mérite de retenir toute notre attention. En plus d'une réflexion théorique et pratique sur la traduction et la traductologie juridique (notamment en tant qu'activité professionnelle), le présent ouvrage met en évidence la richesse passée et présente de langues-cultures européennes qui se co-construisent, tout en affirmant leur identité culturelle et linguistique par l'émergence ou la consolidation de politiques linguistiques menées sous les auspices d'institutions ou d'organisations et malgré la prédominance de l'anglais (comme en témoignent le fonctionnement linguistique des institutions européennes et des logiciels de TAO fondés sur les progrès de l'intelligence artificielle) et des cultures juridiques des pays anglophones, qui se surimpriment aux cultures nationales dans l'imaginaire des citoyens de nombreux pays.Les auteurs explorent un concept juridique dans un contexte précis, celui-ci étant plus ou moins connecté à l'ici et maintenant (la France du début du XXIe siècle), ancré dans le passé (de la Première Modernité au XXe siècle) ou l'ailleurs (les pays européens au sens large, l'Espagne, le Royaume Uni, l'Allemagne, la Roumanie, la Suisse…). Les langues de travail sont également variées et comprennent des langues nationales (français, anglais, espagnol, allemand, italien, roumain...), mais aussi des langues régionales bénéficiant d'une reconnaissance institutionnelle.
La présente étude porte sur le parcours idéologique et littéraire de l'écrivaine italienne Anna Maria Ortese (1914-1998) dans les trois grands moments qui caractérisent la période 1937-1965 et selon une méthodologie qui associe approche diachronique et thématique, de façon à mettre en évidence, pour chacune des trois phases considérées, la manière dont l'écrivaine dévoile ses rapports au monde et notamment son rapport au pouvoir politique, à la religion et à la société, aussi bien dans ses recueils que dans ses textes et récits parus en périodiques ou revues mais non encore publiés en volume.L'analyse de recueils et de textes peu ou pas étudiés par la critique permet, dans une première partie de l'ouvrage, de mettre en lumière toute la portée idéologique et polémique du premier recueil ortésien. Dans une deuxième partie, l'analyse entend éclairer une nouvelle période de la production ortésienne?: les années du conflit mondial qui voient Ortese développer des récits fondés sur l'attirance pour le non humain, conséquence d'une aspiration spirituelle mais aussi d'une volonté de s'opposer à une vision du monde anthropocentrique. L'étude, enfin, fait ressortir, dans un troisième temps, la manière dont Ortese traduit dans son écriture son engagement communiste après la guerre, la désillusion politique de la fin des années cinquante et enfin le dépassement de cette désillusion par l'affirmation d'un nouvel espoir d'ordre spirituel et moral, par l'expression d'une vision du monde qui restera fondamentalement inchangée jusqu'à la mort de l'écrivaine, en 1998.