Le transport est un impératif dans toutes les sociétés, qu'elles soient nomades ou sédentaires. Non seulement les hommes se déplacent, mais ils acheminent des produits consommés venus d'ailleurs. L'histoire de l'humanité est marquée par cette capacité à se mouvoir dans l'espace et à transporter d'un lieu à l'autre tout ce qu'il est possible de mobiliser. Le progrès en matière de transport se caractérise d'abord par la réduction de la durée et du coût de déplacement.Dès que l'homme a su le faire, il a utilisé l'animal comme source d'énergie. Si au début de la domestication, la raison de l'élevage a été la production de viande, une poly-exploitation de l'animal vivant est instaurée au cours du néolithique. L'animal de transport assure l'essentiel de la mobilité terrestre jusqu'au XIXe siècle, lorsque les machines et les matières premières combustibles viennent remplacer peu à peu les animaux.A l'heure des débats sur la transition énergétique, il est intéressant d'engager une réflexion sur quelques unes des dimensions de l'utilisation par les sociétés du passé de l'animal comme source d'énergie.
C'est seulement depuis les années 1980 que l'animal est devenu un véritable objet de recherche, avec la parution de l'ouvrage les animaux ont une histoire. Pour la première fois, Robert Delort tentait de structurer un champ de recherches jusque-là éclatées pour en faire un domaine historique à part entière. Près de 35 ans plus tard, l'histoire des animaux a connu un développement important. Les sciences humaines ont fini par investir ce champ au moment où les débats de société questionnent le statut de l'animal, sa place dans ou à côté de l'univers des humains, la reconnaissance de sa sensibilité et de sa capacité à agir et à se comporter individuellement...Tout cela à un moment où les préoccupations environnementales autour de l'érosion de la biodiversité sont particulièrement vives au point de parler de sixième grande extinction.
Connaît-on vraiment Aragon sans avoir lu Théâtre/Roman, son "dernier roman" ? Bien que l'auteur ait précisé que son livre n'était "de bout en bout qu'une tentative d'en désorienter l'analyse", et que sa foisonnante et difficile complexité en fasse un véritable labyrinthe, les études ici réunies s'attachent à débusquer des chemins de sens, touchant au théâtre de l'Histoire, dans toutes ses déclinaisons. On verra ainsi, au-delà de la fabrique du désordre, comment ce roman véritablement testamentaire apporte un autre éclairage sur l'œuvre d'Aragon dans sa totalité.
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, au cœur du roman généalogique et du récit de filiation, l'archive familiale a un statut de trace, de marqueur d'historicité, renvoyant à un héritage mis en scène et interrogé. Elle donne à lire une relation mémorielle particulière, entre aveu et secret." Archives familiales " ? Voudra-t-on dire archives que les écrivains ont eu en main, celles qui leur ont été transmises ou qu'ils ont eux-mêmes découvertes ? Se contentera-t-on uniquement de celles intégrées dans les œuvres, mais quid inversement de celles sciemment laissées de côté ? Ne serait-il pas aussi possible de retrouver une archive familiale que les écrivains ne connaissaient pas, mais alors quel statut lui accorder ? Ne pourrait-on ici envisager une archive absente, qui vienne travailler l'œuvre à l'insu de l'auteur ? N'est-ce pas alors accepter d'appréhender toute l'ampleur de la question en passant des archives au pluriel comme productions culturelles et institutionnelles, à l'archive au singulier comme catégorie de la connaissance et de l'entendement ?Il apparaissait donc urgent d'interroger la spécificité de ces troublantes archives familiales des écrivains, au prisme des études littéraires, des études historiques et de l'archivistique.