Cette publication est le fruit d'une recherche collective intitulée "Approche sociohistorique de sites sacrés et enjeux contemporains autour de la préservation de ce patrimoine", menée de 2008 à 2012 au Kenya, en Ouganda et à Madagascar par des chercheurs en sciences dociales (anthropologues, historiens, géographes, archéologues et conservateurs), dans le cadre d'un appel d'offres CORUS sur "L'Homme et son environnement".La revalorisation patrimoniale dont il est question ici renvoie à l'histoire de chaque site et à la manière dont il est valorisé par les usages rituels, par des processus de conservation et de transmission, voire par l'enjeu et la compétition dont il fait l'objet entre divers acteurs impliqués, y compris pour un classement patrimonial institutionalisé, au niveau national ou mondial (sur les listes de l'Unesco). Ce que l'Unesco nomme "sites naturels sacrés" a été défini par les anthropologues comme "forêts ou bois sacrés" ou "sanctuaires boisés". Nous retracerons brièvement l'histoire des travaux qui ont problématisé et documenté cet objet, avant de présenter nos contributions sur l'Afrique de l'est et Madagascar.
Jean Rouch a fait toute sa carrière au CNRS en tant que chercheur. Pour tout un chacun, cette dimension-là de son travail s'est progressivement estompée au profit de celle de cinéaste. C'est sur elle que nous mettons l'accent dans ce numéro spécial du Journal des africanistes. Le point remarquable, dans le positionnement de "Rouche-chercheur", ce sont les imbrications et superpositions opérées dans ces deux modes d'observation, d'analyse de restitution des faits de société que sont l'ethnologie et le cinéma ou, en d'autres termes, que sont les publications scientifiques et les récits cinématographiques. De ces questions les dix-huit articles rasssemblés ici en cinq "chapitres" rendent comptent à des dégrés divers, en interrogeant l'originalité, l'actualité, l'héritage et les prolongements des travaux de Rouch, mais aussi des épisodes mal connus de ses activités.
Numéro varia qui aborde successivement les questions de l'enseignement de l'histoire en Afrique occidentale française (début du XXème siècle), de la situation des familles d'immigrés africains en Ile-de-France, de l'héritage coloniale (XVIIe-XVIIIe siècles) chez les marrons businenge, de la valorisation du sec dans l'alimentation en contexte saharien (sud-est marocain), des mégalithes du Sénégal et des pratiques sépulcrales.
Professeur d'anthropologie à l'université d'Aix-Marseille et chercheur à l'Institut des mondes africains, Bruno Martinelli était avant tout un chercheur passionné aux investissements variés: l'enseignement, la formation à la recherche, les terrains ethnographiques qui se sont diversifiés avec le temps (Provence, Togo, Burkina Faso, Mali, Centrafrique et Tchad) et la coopération interuniversitaire entre la France et l'Afrique.Ses premières recherches, en Provence, axées sur une ethnologie des techniques, ont forgé la matrice d'ensemble de ses travaux, qu'il s'agisse des systèmes de production dans la société rurale française, de l'étude des identités "de pays" en Provence intérieure ou de l'anthropologie appliquée au développement en Afrique. Dans la lignée d'André Leroi-Gourhan, ses études les plus connues portent sur la circulation des techniques de la métallurgie du fer en Afrique. Son intérêt pour l'étude des savoir-faire, l'ont amené ensuite à développer une politique du patrimoine "immatériel". Ses recherches l'ont également conduit à développer une anthropologie des matières et des styles esthétiques, des interdits et du pardon dans la gestion des différends, puis de la justice et de la criminalisation dans les affaires de sorcellerie.Très impliqué dans les actions de transmission et de coopération, Bruno Martinelli était un homme de terrain à l'ethnographie rigoureuse. Sa contribution à la réflexion sur l'histoire et les pratiques de l'ethnologie, à la lumière de ses quarante années d'enquêtes ethnographiques sur de multiples terrains, ses réflexion sur épistémologie pratique de l'"empathie", constitue la pierre angulaire d'une œuvre qui ne cesse d'interroger, en filigrane, la place et le rôle de l'ethnologie dans la société.Ce sont les différentes facettes de ce chercheur que donnent à voir les six articles de ce volume.
Ce volume varia présente cinq articles, les deux premiers articles portent que les années 1930 et les problèmes de la colonisation, tandis que trois articles suivants analysent des phénomènes de période contemporaine sur des thèmes variés, élevage, littérature et habillement féminin.Réfléchissant sur les années 1930, Eric Jolly s'interroge sur les engagements de Marcel Griaule et la politique coloniale de l'époque tandis que Christian Seignobos analyse le mouvement anticolonial et millénariste qui se développe au Nord Cameroun autour de la figure du "dieu Lam".Revenant à l'époque contemporaine, Jean Boutrais explore l'importance respective du sel et du matron pour les populations peuls de l'Adamaoua de Centre Afrique; Françoise Ugochukwo évoque la littérature igbo du Nigeria autour de la personne de l'écrivain Chinua Achebe; Hervé Maupeu et Yvan Droz, quant à eux, analysent les problèmes posés par le port de la minijupe au Kenya.
Ce numéro thématique présente au travers d'articles pluridisciplinaire (anthropologie, sociologie médecine, psychologie, psychanalyse) les difficultés et les réaménagements familiaux, sociaux et culturels vécus par les jeunes ayant des origines subsahariennes en Europe. Il présente en outre l'originalité de réserver pour la première fois une place aux thérapies transculturelles en EuropeLes trois premiers textes retracent des histoires de vie de personnes originaires d'Afrique. Simona Taliani présente l'histoire de sept femmes catholiques nigérianes, immigrées en Italie, exploitées économiquement et sexuellement et leur lutte pour conserver des liens avec leurs enfants nés en Europe; Charles Henri Pradelles de Latour analyse la thérapie d'un père de famille soninké et l'éradication du maraboutage dont il était victime avec sa femme et ses enfants; Claire Mestre présente le travail réalisé par l'équipe de soins de la consultation ethnopsychiatrique du CHU de Bordeaux, composée de psychiatres, psychologues, anthropologues, dans leur prise en charge des mineurs non accompagnés arrivés récemment dans le Bordelais.Les trois textes suivants, rassemblent des textes écrits à plusieurs voix. Le premier, de Doris Bonnet et Daniel Delanoë, s'appuie sur des consultations de pédopsychiatrie transculturelle pour analyser les parcours de jeunes mineurs non accompagnés. Le second, de Maria Teixeira, François Lionnet, Malika Benkerrou, Serge Gottot et Constant Vodouhe, rassemble une anthropologue, des médecins et le président d'une association de lutte contre la drépanocytose pour analyser le vécu de la douleur et de la souffrance de jeunes atteints de cette pathologie. Enfin, le troisième article, de Gilbert Coyer, Aliou Sy et Fanta Fadiga, s'inscrit dans une approche associant anthropologie et psychologie interculturelle pour identifier les difficultés de communication et les incompréhensions rencontrées par les professionnels de la petite enfance, les parents d'enfants pris en charge et les enfants eux-mêmes.