Dans le numéro 102 de 1895 revue d'histoire du cinéma, on trouve deux ensembles de textes autour d'Alice Guy et de John Ford. La première est au centre depuis quelques années d'une " réévaluation " qui a ouvert une polémique à l'endroit des historiens du cinéma qui auraient occulté la " première femme metteur en scène ". Les trois articles retournent aux sources, aux faits, à la documentation et montrent que ce n'est pas à cause des historiens qu'Alice Guy est restée mal connue du public mais malgré leurs travaux et malgré plusieurs moments de promotion dans l'édition, la presse, la télévision – en particulier après 1945. L'engouement actuel est donc à interroger en tant que demande sociétale. Quant à John Ford, le processus contradictoire de sa reconnaissance en France en tant qu'auteur et le rôle que la critique britannique a joué pour ouvrir les yeux de la française est retracé, ainsi que les rapports du cinéaste avec la censure. En outre une étude s'attache à la carrière en Russie d'un employé de Charles Pathé, Maurice Hache entre 1907 et 1913, tandis que dans la partie Archives le fonds Chantal Akerman est exploré et les usages possibles que l'on peut en faire. Les Chroniques s'attachent aux colloques, ouvrages et publications concernant l'histoire du cinéma.
Le dernier numéro de 1895 revue d'histoire du cinéma (n°103, automne 2024) est en partie consacré à la question du travail. Il est introduit par Guilherme da Silva Machado qui analyse les dispositifs esthétiques de contrôle dont participe le cinéma. Deux études de cas examinent l'un, la mise en scène du travail dans les mines et la sidérurgie dans une perspective pédagogique (Nadège Mariotti), l'autre, les films de commande et le façonnage de la psychologie ouvrière selon Charles Dekeukeleire (Mathilde Lejeune). En Archives est publié un scénario inédit de Robert Linhart pour une série d'émissions télévisées. En outre ce numéro publie une réflexion philosophie de Ioulia Podoroga sur la photogénie du gros plan à partir de Bergson et un scénario inédit de Jean-Luc Godard, Odile, présenté par Michel Gribenski et la présentation d'un fonds d'archives inédit ayant appartenu à Ivan Mosjoukine. La rubrique des Chroniques présente des comptes rendus de festivals, colloques, expositions et livres et DVD, parmi lesquels le Napoléon d'Abel Gance.
p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 13.0px 'Helvetica Neue'}Le nouveau numéro de 1895 revue d'histoire du cinéma (n°104, Hiver 2024) est un varia. En " Point de vue ", Laurent Véray s'interroge sur les dangers que fait courir l'I.A. aux images d'archives. En " Études ", Elisabeth Magotteaux examine la réception que reçut Ballet mécanique de Fernand Léger aux États-Unis et au Canada dans les années 1930-1940 et l'influence qui fut la sienne. Jean-Pierre Berthomé s'affronte à la rude tâche d'identifier les lieux de tournage d'Othello d'Orson Welles. Alessia Botani revient sur un moment particulier de l'histoire des festivals et des cinémathèques avec le Festival du film de demain (Bâle, 1957). En " Archives ", Rafael Zanatto analyse le rôle qu'a joué Georges Sadoul dans le développement de l'historiographie du cinéma brésilien. Les " Chroniques " rendent compte de festivals, colloques, livres et DVD. Enfin la revue rouvre le dossier " musée du cinéma en France " après la tribune de Costa-Gavras et la réponse de la ministre de la Culture. Avec deux collages inédits de Jean-Michel Alberola et une riche iconographie.
Le dernier numéro de 1895 revue d'histoire du cinéma est un varia. Il s'ouvre sur un Point de vue dû à Jean-Pierre Berthomé qui est aussi le dernier article de ce spécialiste du décor brusquement disparu au moment où l'on corrigeait les épreuves du numéro. Il dresse une typologie des ressources iconographiques touchant aux décors de film: des plans, maquettes, croquis préparatoires jusqu'aux story-boards et élabore une méthodologie pour l'étude de ces matériaux qui sont souvent difficiles à identifier et mal répertoriés dans les collections. Parmi les Études, Roxane Haessig s'intéresse à la distribution et la réception des westerns français aux États-Unis avant 1914 qui entrent en concurrence avec la production locale qui s'imposera. Karine Abadie revient sur la trajectoire et la place qu'a occupée Lucien Wahl, critique de cinéma dès l'époque du muet et qui poursuivra son travail jusqu'après la Deuxième Guerre. Les approches qui sont les siennes – dont un florilège dans la partie Archives de la revue permet d'appréhender certains aspects – ont des particularités aux résonances contemporaines touchant à l'adaptation des œuvres littéraires, à la censure ou aux altérations des films par les exploitants. Simon Rozel revient quant à lui sur le fameux film de télévision que tourna en 1969 Marcel Ophuls avec Harris et Sédouy, le Chagrin et la Pitié, qui ne put être montré à la télévision française qu'en 1981 tant son approche de la période de l'Occupation du pays par l'armée allemande, l'adhésion au régime de Vichy et la résistance prenait à revers le " narratif " gaulliste qui s'était imposé depuis 1945. En exploitant le fonds Simone Veil des Archives nationales l'auteur met en lumière l'hostilité que cette dernière manifesta à l'endroit de ce film. Dans la partie Archives, Marguerite Chabrol étudie les effets sur les adaptations littéraires et théâtrales du " code Hays " d'autorégulation hollywoodien, tandis que Francis Bordat exhume et commente un paradoxal article de soutien à Hays de la part d'un critique marxiste en 1934, David Platt. Dans la partie Chroniques, on trouve des comptes rendus d'exposition (Richard Avedon), d'ouvrages (Les spectatrices du cinéma, Godard/Averty, Truffaut épistolier, Mocky, Le spectacle du sexe) et de DVD (Hollywood interdit, Le Gorille vous veut du bien).
Dernière livraison de l'année 2025, le n°107 de 1895 revue d'histoire du cinéma est paru. Il s'ouvre sur un portfolio et un texte dus au cinéaste Sylvain George, suivi d'une réflexion théorique de Martin Lefebvre (Concordia Université, Montréal) sur la question des écrans et sur la " relocation " du cinéma. La distinction entre allographie et autographie de Nelson Goodman permet-elle de penser les nouvelles modalités du film (pellicule, video, dvd, dcp, streaming, etc.) ? Parmi les études l'une s'attache à la réception états-unienne du J'Accuse d'Abel Gance en 1921 (Richard Abel, Université du Michigan), une autre à la promotion de la haute couture française à l'écran entre 1923 et 1926 à l'initiative d'Alex Nalpas et Paul-Louis de Giafferri (Natalyia Puchenkina, Université de Namur) et la troisième s'intéresse à la critique fasciste en France entre 1940 et 1944 et son discours de " renaissance " du cinéma français corrélative, à ses yeux, de l'éviction des cinéastes juifs (Christophe Gauthier, École des Chartes). Dans la partie Archives, l'exploration de fonds liés aux gouvernements militaires français en Allemagne et Autriche occupées permet d'étudier la saisie des collections de films de Leni Riefenstahl et leur restitution entre 1945 et 1952 (François Albera, Université de Lausanne). La partie Chroniques de la revue publie des comptes rendus d'ouvrages, colloques et festivals liés à l'histoire du cinéma.
Le n°108 de 1895 revue d'histoire du cinéma (printemps 2026) est centré sur les relations entre Technique (cinématographique) et écologie. Les réflexions qui se développent à propos des médias technologiques quant à leurs dimensions " extractivistes " (ainsi la photographie, la vidéo, les arts numériques) concernent également le cinéma dont les travaux sur sa nature technique (mécanique, chimique, optique) datent de son origine. Cependant des recherches contemporaines découvrent des aspects peu étudiés jusqu'à ce jour en histoire du cinéma : la place de l'énergie électrique, non seulement comme ressource pour éclairer et motoriser les appareils mais comme vecteur économique et d'emprise sur l'industrie hollywoodienne avec Edison s'assurant la mainmise sur les cascades et torrents environnant Hollywood. Ou les effets induits par les expériences atomiques américaines sur le développement des pellicules argentiques, faisant de celles-ci des indicateurs de la pollution nucléaire. Comme sur les liens complexes entre cinéma et électricité au prisme des pays pauvres qui ne disposent pas des ressources nécessaires et doivent créer des moyens alternatifs.
Sommaire :
Portfolio : " Où vas-tu, glacier ? " Par Georges Descombes, architecte
Point de vue : Vers une histoire environnementale du cinéma Par Teresa Castro
Études : Le cinéma électrique et l'industrie de la nature-culture à Hollywood Par Brian Jacobson
Les retombées nucléaires et le film : histoire d'une conflagration à l'aube de la Guerre froide et de l'anthropocène Par Alice Lovejoy
Une sale histoire. Cinéma, électricité, écologie et colonialité Par Benoît Turquety
Archives : Edouard Tissé, Eisenstein et la caméra Parvo Par Laurent Mannoni ;
Tissé : L'art de l'opérateur Par Vladimir Nilsen ;
Méthodes d'exposition du matériau cinématographique (1928) Par Mikheil Kalatozichvili [Kalatozov]
Chroniques
Comptes rendus de livres, colloques, expositions, festivals